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Muddy blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de l’Amérique profonde et du Breizh Cola light réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 30 avril 2013, autant dire que c’est la fin du mois. C’est aussi le onzième jour de Floréal dédié à la rhubarbe. Vous ai-je déjà parlé de Muddy Waters ?

Né McKinley Morganfield le 14 Avril 1915 à Rolling Fork, Mississippi. Comme beaucoup de musiciens du Delta du Mississipi, Muddy Waters naquit dans une famille de Muddy_Waters_t607-234x300métayer. Sa mère mourut lorsqu’il avait 3 ans et il fut élevé à la plantation Stovall près de Clarksdale. Vers 7 ou 8 ans il apprit à jouer de l’harmonica et attendit ses 17 ans pour commencer à jouer de la guitare. Il joua dans les parties et les picnics. A cet âge il était déjà impressionné par Son House. plus tard il emprunta des trucs à Robert Johnson. C’est surtout Son House qui influença son jeu, y mêlant accord ouvert de Sol et le bottleneck. Avant 1941 il était encore fermier, bien qu’il dirigeait un petit tripot lui rapportant quelques dollars issus des jeux et de la vente de whisky de contrebande. Tiens écoutez ça, ça gratte mais c’est du tout bon…

 

En 1941 il enregistra quelques morceaux pour Allan Lomax qui collectionnait des bandes pour la Library of Congress. Le succès tarde à venir et Muddy Waters décide de partir pour Chicago en 1943. Il commença à y enregistrer quelques morceaux et électrifia son style. En 1948 il enregistra I Can’t Be Satisfied et Feel Like Going Home pour le label Aristocrat des frères Chess. En moins d’un jour le stock de ce disque fut entièrement vendu. Muddy Waters connut donc un grand succès et se produisit dans les clubs de Chicago, avec Jimmy Rogers derrière lui à la seconde guitare. Dans les imagesannées 1950 il enregistra ses meilleurs morceaux, Mannish Boy, Got My Mojo Working, et Hoochie Coochie Man écrite par Willie Dixon. En 1958 Muddy Waters part faire une tournée en Angleterre. L’accueil qu’il y reçu fut très enthousiaste de la part du public anglais. C’était le début du Blues Revival où tous les musiciens de rock se plongeaient dans les racines du blues. Se souvenant du soutien que lui avait procuré Big Bill Broonzy, il enregistra un album complet de reprises de son collègue. En 1977 il cessa sa longue collaboration avec Chess et signa chez CBS. Il fut produit par le guitariste Johnny Winter. C’est celui ci qui produisit ses deux derniers albums, Muddy « Mississippi » Waters Live et King Bee. Il finit sa vie en jouant dans de grands concerts avec des artistes célèbres lui rendant hommage. Il est mort le 30 Avril 1983 d’une attaque cardiaque pendant son sommeil.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

My name is J.B. Lenoir…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la blanche hermine et du kig ha farz réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 29 avril 2013 et ce jour correspond au 10è de floréal dans le calendrier républicain. Il était dédié au rateau.

J.B. Lenoir, né à Tilton (Mississippi) le 5 mars 1929 et mort à Champaign (Illinois) le 29 avril 1967, est un bluesman américain comme je les aime et comme j’aime à vous les faire découvrir,52487325_p guitariste, chanteur et compositeur. Nommé J.B. par ses parents (ces initiales ne signifient rien en particulier. Pour les non-initiés encore moins, pour les autres elles désignent les colonnes du temple mais je doute que ce soit cela qui ait guidé les parents), Lenoir commence à jouer très tôt. Il laboure dans la journée puis joue de la guitare le soir, en apprenant un peu de tout.

Dans les années 1940, il travaille avec Sonny Boy Williamson et Elmore James à la Nouvelle Orléans. En 1949, il déménage à Chicago et commence à jouer dans des clubs avec Memphis Minnie, Big Maceo et 52487360_pMuddy Waters. Dans les années 1950, Lenoir enregistre plusieurs chansons sur différents labels. À cette époque, on le connaît surtout pour ses costumes rayés, sa voix féminisée et pour son jeu à la guitare électrique.

Lenoir avait la réputation d’être exceptionnellement amical et doux. Il se prit d’amitié et encouragea de nombreux jeunes artistes de blues, noirs et blancs.

Certains disaient même qu’il ressemblait à Martin Luther King car ils avaient beaucoup de points communs, dont le fait d’être père et d’avoir eu une fin tragique. Il n’aura pas vécu assez longtemps pour nous dévoiler toute l’étendue de son talent. En effet, Lenoir, à 38 ans, s’éteint le 29 avril 1967 chez lui à Champaign, à la suite d’une hémorragie interne. Cette dernière fait suite à un accident de voiture dans lequel il était impliqué trois semaines plus tôt, l’hôpital n’ayant pas pris au sérieux ses blessures. On lui doit entre-autres:My name is J.B. Lenoir que j’ai posté en vidéo, et qui fut repris par James Brown, imagesAlabama. Le documentaire The Soul of a Man (2003) de Wim Wenders, qui fait partie de la série The Blues, a Musical Journey de Martin Scorsese, est consacré en partie à ce bluesman. En fait, la chanson de John Mayall marqua tellement Wim Wenders, étudiant en cinéma à l’époque, qu’il se demanda qui était J.B. Lenoir. Puis Wim Wenders devient réalisateur et rencontre plusieurs fans de Lenoir. Cependant, ils ne trouvent aucun document filmé sur lui. Mais un jour, on découvre des images inédites de Lenoir tournées au début des années 1960 par deux étudiants (allemand et suédois) en art à Chicago. En 2002, Wim Wenders rend visite à ces deux anciens étudiants, le couple Seaberg, désormais marié. Ces derniers croient rêver : leurs images étaient restées sur une étagère sans que personne ne les ait jamais vues pendant 35 ans. Ils avaient perdu espoir que le monde (et particulièrement la Suède où ils avaient proposé leur film) s’intéresse à leur musicien préféré, qui était aussi leur ami proche.

C‘est une belle histoire, non ! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Moeurs attaque…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la gent féminine et du roti Wellington réunis, bonjour !

Nous voici le dimanche 28 avril 2013, neuvième jour de Floréal dédié à la Hyacinthe. Pourquoi dit-on LA alors que Hyacinthe était un beau jeune homme qui fut aimé d’Apollon et de Zéphyr ? Mais comme dit l’autre, les histoires d’amour finissent mal. Alors 64121739_pqu’Apollon lui apprend à lancer le disque, Hyacinthe est accidentellement (ou à cause de Zéphyr, selon la version) frappé à la tempe par le disque, et meurt. De son sang naissent des fleurs qu’on appelle Jacinthe, d’après le nom du jeune homme, qui ne sont probablement pas des jacinthes mais plutôt des iris; mais bon, on va pas chipoter. Voyez cette représentation de la mort de Hyacinthe par Jean de Broc. C’est-y pas mignon ça, madame Michu. Ah, on se prenait pas la tête avec le-mariage-pour-tous à cette époque là…

 

 

Aucune représentation antique connue ne montre Hyacinthe et Apollon ensemble , à imagesl’exception peut-être d’une coupe du peintre Akestorides (460 avant JC), montrant un jeune garçon à califourchon sur un cygne. En revanche, il est souvent représenté dans la céramique attique en compagnie de Zéphyr, soit qu’il soit enlevé par ce dernier, soit que ce dernier pratique un coït intercrural couché.
Comme diraient les anti mariage pour tous, les peine-à-jouir, les empêcheurs de s’aimer en rond, les culs serrés: avec des moeurs comme celles là, faut pas s’étonner que la Grèce ait des problèmes.

Allez, passez un bon dimanche, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

LES TROIS HUIT…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la libre pensée et du Fernet branca réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 27 avril 2013, huitième jour de Floréal dédié au champignon.

Le 27 avril 1906, l’assiette au beurre, journal satirique, soutenait à sa manière la CC_33776revendication de la journée de huit heures. Les « trois huit » comme le montre cette
reproduction que l’on doit à l’affichiste Grandjouan. Et, puisque nous approchons du 1er mai, rafraichissons un peu nos mémoires. Nous sommes le samedi 1er mai 1886, à Chicago : cette date, fixée par les syndicats américains et le journal anarchiste The Alarm afin d’organiser un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures, aura des conséquences inattendue pour la classe ouvrière internationale. La grève, suivie par 340 000 salariés, paralyse près de 12 000 usines à travers les USA.

 

Tiens, petite pause musicale en compagnie de Gaston Montéhus qui nous assure: y’a que des honnêtes gens dans l’gouvernement…

Le mouvement se poursuit les jours suivants. Le 3 mai, le meeting qui se tient près des usines McCormick donne ensuite lieu à des affrontements avec les vigiles privés qui protègent les « briseurs de grève ». La police appelée en renfort tire sur la foule, provoquant la mort de deux ouvriers. Le 4 mai, tout Chicago est en grève et un grand rassemblement est prévu à Haymarket dans la soirée. Alors que celui-ci se termine, la spip.phppolice charge les derniers manifestants. C’est à ce moment-là qu’une bombe est jetée sur les policiers, qui ripostent en tirant. Le bilan se solde par une douzaine de morts, dont sept policiers. Cela déclenche l’hystérie de la presse bourgeoise et la proclamation de la loi martiale. La police arrête huit anarchistes, dont deux seulement étaient présents au moment de l’explosion. Mais qu’importe leur innocence ; un procès, commencé le 21 juin 1886, se clôt le 20 août par sept condamnations à mort. Malgré la mobilisation internationale, quatre seront pendus le 11 novembre 1887 (Louis Lingg s’étant suicidé la veille, dans sa cellule). Trois ans plus tard, en juillet 1889, le congrès de l’Internationale Socialiste réuni à Paris, décidera de consacrer chaque année la date du 1er mai : journée de lutte à travers le monde. Le « 1er mai » sera d’abord récupéré par les bolchéviques, puis par les nazis, et enfin par le régime de Vichy (en France), qui le transformera en « Fête du travail », sans jamais réussir totalement à lui enlever son origine libertaire.

Voilà pour ce petit rappel historique du samedi. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

26 AVRIL 1937, GUERNICA…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Bonjour à tous, nous sommes le vendredi 26 avril 2013, 7è jour de Floréal dédié au muguet. Hier on se souvenait avec émotion d’un certain 25 avril au Portugal; c’était en 1974. Aujourd’hui ayons une pensée pour ce 26 avril 1937 au pays Basque Espagnol, plus précisément à Guernica. Nous en parlions il y a peu de temps avec un ami qui est aussi Asturien que je suis Breton. Les Asturiens ont construit leur nation à peu de chose près en même temps que les Bretons armoricains. Quelques décennies avant que le Dux Nominoë ne rassemble la Bretagne, en Asturies c’est Pelayo qui devenait le premier roi. D’où la célèbre expression qui a depuis fait le tour du monde: « Ah, te voila toi, Pelayo ! »

Le bombardement de Guernica, le lundi 26 avril 1937, fut un événement majeur de la DownloadedFileguerre d’Espagne, qui contribua à internationaliser la médiatisation du conflit, par l’intermédiaire notamment du célèbre tableau de Pablo Picasso représentant la scène.

En raison de l’apparente faible valeur stratégique militaire que représentait la ville et de l’énorme disproportion entre les capacités de riposte des défenseurs et la violence de l’attaque, ce bombardement a souvent été considéré comme un des premiers raids de l’histoire de l’aviation militaire moderne sur une population civile sans défense, et dénoncé pour cela comme un acte terroriste.

Cependant, d’après certains historiens, Guernica aurait été un objectif militaire de première importance. Pío Moa affirme que trois bataillons (7.000 hommes) des forces 52360449_prépublicaines y stationnaient le jour du bombardement. Le lundi 26 avril 1937, jour de marché, quatre escadrilles de Junkers de la Légion Condor allemande ainsi que l’escadrille VB 88 de bombardement expérimental (composée de Heinkel et de Dornier ), escortées par des bombardiers italiens (Savoia-Marchetti SM.79) et des avions de chasse allemands(Messerschmitt), procèdent au bombardement de la ville afin de tester leurs nouvelles armes. L’attaque commence à 16h30, aux bombes explosives puis à la mitrailleuse et enfin aux bombes incendiaires. Après avoir lâché quelques 50 tonnes d’engins incendiaires, les derniers avions quittent le ciel de Guernica vers 19h45. Après le massacre, 20% de la ville était en flammes, et l’intervention des pompiers s’avérant inefficace, le feu se propagea à 70% des habitations.

Depuis, les controverses ne se sont jamais vraiment éteintes. Responsabilité unique GCE_1026_Anon_GN1201des nazis  de la légion Condor commandée par Von Richthofen de sinistre mémoire ou complicité de Franco. Les historiens estiment le nombre de victimes entre quelques centaines et quelques milliers… Macabre comptabilité qui n’enlève rien à la force du symbole. Avec mon pote asturo-espagnol, nous sommes tombé d’accord sur le fait que si Franco est bien mort, le franquisme lui, il bande encore. Les nostalgiques sont là, guettant les faiblesses de nos démocraties et prèts à ressortir les griffes. Toujours les crises ont servies de révélateurs aux forces de l’extrême-droite. Chez nous aujourd’hui, ce sont les débats, dits sociétaux, qui les voient s’afficher de plus en plus ouvertement aux côtés des droites traditionnelles.

Allez hop, a las barricadas, haut les coeurs, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Grandola vila morena…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la mécanique quantique et du bacalao réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 25 avril 2013, sixième jour de Floréal dédié à l’ancolie. Ceux d’entre vous qui suivent ce blogue depuis un certain temps connaissent la ficelle; lorsque je suis un peu débordé par les aléas de la vie domestique, je poste un billet déjà paru il y a quelques mois ou quelques années. C’est le cas aujourd’hui et il se trouve que chaque année à cette période mon esprit vagabonde facilement du côté de lisbonne.

Or donc, les hasards de la vie et une amie lusitanophile m’ont permis de me trouver au Portugal à cette époque là. Il régnait dans les rues une ambiance comme je n’en ai images-1jamais rencontré nulle part ailleurs. J’imagine que les berlinois ont connu la même chose lorsque le mur est tombé. Je possède encore sur une vieille cassette l’enregistrement de la célèbre chanson, Grandola vila morena, qui, diffusée à la radio, déclencha les évènements. Des noms résonnent encore en ma mémoire: Cunhal, Suarez, De Carvailho, Eanes… Le 25 avril 1974, le Portugal se libérait d’un demi-siècle de fascisme. L’espace d’une nuit, une révolution pacifique fut menée par les forces militaires et fit tomber la dictature en place. Le pouvoir se rendit presque sans résistance, s’apercevant bien vite qu’il n’avait aucune chance, et qu’il s’était laissé dépasser par les événements.

Le 25 avril au matin, le soleil sur le Portugal était particulièrement radieux. Il n »avait plus la même couleur, car teinté de liberté, cette liberté qui coulait soudain à flots dans images-2les larmes de joie, et jaillissait à nouveau comme l’eau d’une fontaine abreuvant d’espoir tout un peuple jusque là opprimé. Les portugais, tous les portugais, enfin presque, se sont joints aux forces armées avec une ferveur indescriptible. On dansait, on jubilait, on criait autant que l’on pouvait le mot interdit jusqu’alors… le mot « Liberté », partout dans les rues. au petit matin nous étions dans la Confeitaria nacional dans la Baîxa pour déguster leurs fameux pastei de nata. Essayons d’imaginer un instant la vie de millions de portugais pendant une cinquantaine d’années, opprimés, sans aucune liberté d’expression, espionnés et enfermés à tour de bras par une police politique noire et pesante, dans une société sclérosée, fermée à tous égards sur elle même, et en complet déclin économique. Le Portugal pourrissait peu à peu, ses infrastructures se sont dégradées pendant des dizaines d’années, la misère battait son plein dans un pays situé en pleine Europe, et les portugais devaient émigrer vers dautres pays pour prétendre à un minimum de décence de vie. Maintenant, tout allait changer…Cette révolution du 25 avril 1974 fut un modèle, tant par son organisation que par sa non violence. Quelqu’un eut l’idée d’offrir à un soldat un œillet, qu’il s’empressa de mettre symboliquement au bout de son fusil. Tous les soldats l’imitèrent, et furent bientôt suivis par la population. Les œillets apparurent alors aux fenêtres, partout à travers le Portugal, en signe de joie, de victoire, de paix et de délivrance.Le mythe étaitimages-3 né. Cette révolution du 25 avril fut appelée « Révolution des œillets », depuis, les choses ont évoluées. On a oublié l’utopie, la terre redistribuée aux paysans, les coopératives ouvrières, les quartiers auto-gérés… Il a fallu géré les « retornados » c’étaient leurs pieds- noirs à eux, ceux qui rentraient des colonies portugaise libérées, Guinée-Bissau, Angola, Mozambique, Cap Vert. Le 25 avril est depuis cette date un jour férié au Portugal. Voilà donc un anniversaire qu’il ne fallait pas manquer. Chaque fois qu’une nation se libère du joug d’une quelconque dictature, on devrait en faire un jour férié dans le monde entier. Allez, merci de votre fidélité, portez vous bien et à demain peut-être. Aujourd’hui ce n’est plus la bande à Salazar qui impose au peuple portugais une politique inacceptable mais la troïka des banksters (UE,Banque centrale,FMI). Ah, que revienne le temps des oeillets et celui des cerises…

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Le chaland qui passe…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la tradition et du café-cognac sans café, bonjour ! Nous sommes le mercredi 24 avril 2013, c’est vous dire que les choses ne traînent pas et c’est le cinquième jour de Floréal dédié au rossignol. Ah, Luis Mariano ! Vous vous souvenez: il était une fois, une fille de roi, au coeur plein de tristesse… Voilà qui devait plaire à Alexandre Jacob, honnête cambrioleur (rossignol, la pince…). Bon d’accord, je vous en reparlerai, maisimages
n’hésitez pas à visiter ce blog de l’atelier de création libertaire… Pour l’heure, en Bretagne on célèbre (où pas) les Felan (Phelan en irlande). J’ai bien connu un Phelan-Ségur du côté du bordelais qui faisait la part belle au Merlot et au Cabernet-Sauvignon. On dit qu’à l’origine de ce domaine il y a un irlandais du nom de Bernard Phelan au début du XIXè siècle. Aujourd’hui on écrit Phélan-ségur avec un accent allez savoir pourquoi. A n’en point douter c’est bien un saint-Estèphe dans toute sa splendeur alors que le St Felan de Bretagne se distingue par sa discrétion et son absence totale de notoriété.

Le 24 avril 1905, naissance de Jean VIGO à Paris. Cinéaste libertaire, (fils de l’anarchiste Eugène VIGO dit Miguel ALMEREYDA). Son enfance, misérable, est o_de_conduitedurement marquée par les activités de son père et ses fréquents séjours en prison. A la mort « mystérieuse » de celui-ci dans sa cellule, en 1917, (et le scandale politique qui s’en suit), Jean n’a que 12 ans, et est déjà atteint de tuberculose. C’est grâce à sa rencontre avec Lydou, fille d’un industriel polonais, qu’il peut entamer sa courte vie de cinéaste engagé.En 1930 son premier film voit le jour : « A propos de Nice ». Il s’agit d’une virulente satyre sociale. En 1933, il tourne « Zéro de conduite ». Ce film est immédiatement la cible des ligues de vertu et interdit par la censure pour « Eloge de l’indiscipline et atteinte au prestige du corps enseignant ».

Un autre film « Evadé du bagne », censé retracé la vie d’Eugène Dieudonné, restera en projet, et ne pourra être tourné, et c’est « L’Atalante », tournée début 1934, qui voit le52300236_p jour. Jean VIGO est déjà très malade. Mais, sous des prétextes commerciaux et par peur de la censure, le film ne sortira pas dans sa version intégrale. Ah, le géantissime Michel SIMON ! La Gaumont ira même jusqu’à remplacer la musique du film que l’on devait à Maurice Jaubert par une chanson à succès de Lys Gauty « le chaland qui passe ». C’est Henri Langlois de la Cinémathèque Française qui, dans les années 50 tentera de restaurer ce qu’il restait du film. Jean Vigo était membre de l’association des écrivains et artistes révolutionnaires dès 1932, il continua à fréquenter les libertaires (notamment Jeanne Humbert qui était sa marraine laïque). Sa carrière de cinéaste sera stoppée par la maladie, il meurt le 05 octobre 1934, âgé seulement de 29 ans. Sources: Ephéméride anarchiste.

Allez, réussir à citer Luis Mariano et Tino Rossi dans le même billet, c’est pas rien. En attendant de nouvelles aventures, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

L’aubépine

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis des lendemains qui chantent et du vin chaud réunis, bonjour! Vous voudrez bien noter, chers lecteurs, que nous sommes le mardi 23 avril 2013, autrement dit le 4è jour de floréal dédié à l’aubépine. Comme celle-ci à Bouquetot dans l’Eure, et que l’on dit la plus vieille de France, puisque plantée en 1355 au début du règne de Charles V pour aubc3a9pine-de-bouquetot-carte-postale-ancienne-1907célébrer le rattachement de la Normandie à la France…. Ah l’aubépine, outre le fait qu’elle vient souvent au secours du contrepèteur de base, c’est une fleur qui illumine nos talus de la plus belle façon. Que n’a t-on raconté sur cet arbuste si décoratif… Son bois était parait-il le mieux adapté pour fabriquer les pieux qui convenaient pour se débarrasser des vampires. Sa facilité d’hybridation fait qu’on en recense plus de 1200 espèces. D’ailleurs, un jardinier espagnol, Miguel Sulcudor, de la ville de Vigo, s’était passionné pour les greffes sur les aubépines. il greffait de l’aubépine rose, du DownloadedFilepoirier, du néflier, en mélangeant sur un même arbre ces variétés. Il produisait ainsi des arbres qui donnaient des fruits d’un côté et des fleurs de l’autre. Il réalisait aussi des greffes en écusson sur un même tronc en panachant aubépine rose, poirier, néflier, ce qui donnait des arbres où chaque branche était différente. Bref, le mariage pour tous…

 

 Il donna à ces créations le nom de Sulcudus et plusieurs dizaines de ce type d’arbres furent plantées dans les différents parcs et jardins de la ville. Faute d’entretien, beaucoup de ces arbres ont dégénéré et seul subsiste le greffon d’aubépine rose qui a supplanté le reste ; néanmoins, on peut encore admirer quelques magnifiques spécimens de Sulcudus dans le parc de Pontevedra où chaque année au mois de mai, ces arbres se  couvrent de fleurs roses et blanches aubépine et poirier et qui dès août 63968810produisent profusions de belles poires pour le bonheur des promeneurs. En France, des greffeurs amateurs se sont inspirés des créations de Miguel Sulcudor et l’on peut trouver, notamment en Bretagne, sous le nom de « Soulcoudus » des aubépines donnant plusieurs sortes de fleurs et de fruits sur un même arbre.Voilà pour la petite histoire de l’aubépine qui a séduit Marcel Proust lui même dans A la recherche du temps perdu: « je revenais devant les aubépines comme devant ces chefs-d’oeuvre dont on croit qu’on saura mieux les voir quand on a cessé un moment de les regarder … ». Et puis, si le coeur vous en dit, vous pouvez vous lancez dans la culture de l’aubépine bonsaï, c’est très zen !

Allez, je m’en retourne aux champs, comme le sous-Préfet de la fable. Je vous salue, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Nicola Sacco…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, HISTOIRE

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Amis de la révoltation (je viens de l’inventer) et de la rebellitude (id) réunies, bonjour ! Nous sommes le lundi 22 avril 2013, troisième jour de Floréal dédié à la fougère.

L‘actualité (hélas brûlante) nous invite à assister à la folie meurtrière de deux émigrés dans les rues de Boston (USA). Il y a un siècle un jeune italien du nom de Nicola Sacco, agé de dix sept ans, émigrait lui aussi vers Boston où il devait trouver un emploi d’ouvrier dans la métallurgie puis dans l’industrie de la chaussure. Quelques 52198326_pannées plus tard, militant anarchiste, il fut victime, non pas des actes aveugles et criminels des fous de Dieu, mais du terrorisme d’Etat. Il était né un 22 avril 1891. D’abord socialiste, il rejoint ensuite, en 1913, le cercle anarchiste d’Etudes Sociales où il participe avec sa compagne aux activités politiques ou culturelles du groupe jouant des pièces de théâtre.

 

En 1916, lors d’une manifestation de soutien à la grève de Mesabi Range, dans le Minnesota, il est arrêté avec les compagnons du Cercle social. Condamné pour trouble à l’ordre public, il sera finalement gracié en appel. En 1917, les Etats-Unis entrent dans le conflit mondial. Pour échapper à la mobilisation, Sacco se réfugie au Mexique avec une trentaine d’insoumis, dont Bartolomeo Vanzetti c’est celui qui a une grosse moustache, dont il fait la connaissance. Sacco rentre trois mois plus tard aux Etats-Unis sous un faux nom. En 1918-1919, les nouvelles lois sur l’immigration suscitent la colère des anarchistes et des attentats visent les responsables du mouvement anti-étrangers. En 1920, la répression policière s’abat sur le mouvement anarchiste, provoquant la mort d’Andréa Salsedo. Par ailleurs, deux braquages ont lieu, 56407660_ple 24 décembre 1919 à Bridgewater, et le 15 avril 1920 à South Braintree, où deux convoyeurs sont tués. Le 5 mai 1920 Sacco et Vanzetti sont arrêtés par la police. Le 16 août, Vanzetti est condamné pour le premier braquage à 15 ans de prison. Le 11 septembre 1920, Sacco et Vanzetti sont accusés du meurtre des convoyeurs. C’est le début de l’affaire Sacco & Vanzetti. Le procès du 31 mai au 14 juillet 1921 les déclare coupables. Des comités de soutien se créent dans le monde entier pour clamer l’innocence des deux inculpés. Mais ni les immenses manifestations internationales, ni le manque de preuves formelles ne feront reculer la « logique » juridico-politique. Le 12 mai 1926, leur condamnation à mort est confirmée. Dans la nuit du 22 au 23 août 1927, Sacco et Vanzetti sont exécutés sur la chaise électrique, suscitant une réprobation mondiale. En 1977, 50 ans après leur exécution, leurs noms sont réhabilités par le gouverneur du massachusetts… La belle affaire !

Allez, le printemps est bien là, j’ai aperçu les premières hirondelles, et pourtant, hier matin il gelait encore. Portez vous bien et à demain peut-être.

 

NE ME QUITTE PAS…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’humanisme et du Picon-bière réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 21 avril 2013, deuxième jour de Floréal dédié au chêne.

Il y a un siècle exactement, le 21 avril 1913, sur le boulevard Arago à 52190395_pParis, devant la prison de la Santé, exécutions capitales par la guillotine d’André SOUDY, de Raymond CALLEMIN, et d’Elie MONIER , tous les trois membres de la bande à BONNOT.

 » C’est fini. La société a fait justice. Justice? Cette opération odieuse, dans ce décor de deuil, sous ce ciel bas et impavide? Justice, ce triple meurtre, préparé dans tous ses détails, réglé, ordonné avec précision, parmi tous ces soldats, ces pelotons de gendarmes et de gardes? Justice, cette méthode sournoise de suppression? Mais à quoi bon philosopher ? Les hommes n’ont encore découvert d’autres moyens que de punir le meurtre par le meurtre. »  Il faudra attendre l’année 1981 pour voir disparaître ce « type d’humanisme français ». Victor Méric dans « Les bandits tragiques » (1926). La litho est de Steinlein.

Et puis tiens, pour ne pas rester sur une note d’amertume, souvenons de cette voix magnifique qui nous a quitté un 21 avril en 2003. Large , grande, magnifique (j’aime bien cette photo avec sa coupe à la Angéla Davis), Nina Simone jouait du piano habillée en peau de panthère ou 52190027_pcoiffée d’un turban. Femme noire longtemps exploitée par les hommes de son entourage, traitée par le milieu musical comme il se devait à l’époque de ses débuts, c’est-à-dire très mal. Nina Simone avait changé les paroles du classique de Jacques BrelNe me quitte pas, car elle ne supportait pas que quiconque, et surtout pas une Noire, prononce des mots aussi dégradants que « Laisse-moi devenir l’ombre de ton chien ». Nina, portée sur l’alcool et les paradis artificiels, fut lâchée et lâcha tout le monde, entama un chemin de croix solitaire, borné d’humeur et d’envies, de petits escrocs amoureux qui partaient avec la caisse. Des humeurs, des envies… Elle eut de brusques illuminations qui la faisaient abandonner les salles de concert au désespoir de tous. D’autres, belles et profondes, qui lui firent porter des stades et des salles vers le swing et la chaleur. Nina Simone était aussi une voix, spéciale, inimitable, grave, avec laquelle elle pouvait chanter aussi bien My Way, I Love’s You Porgy, ou un classique du blues.

Nina Simone avait chanté Brel, mais aussi Brassens   »Il n’y a pas d’amour heureux », évidemment. Dans les années 1980, un ami lui avait offert une cassette de Jacques Brel. « J’étais à New York, je l’écoutais et à chaque fois que Brel disait : « Ne me quitte pas », je pleurais. Puis, je suis parti en Suisse et j’ai appris la chanson avec un professeur. Je l’ai répétée pendant trois ans avant d’oser la chanter.« 

Allez, merci à vous d’être passé par ici en ce dimanche matin frisquet (belle rosée sur les jardins de Keramoal) portez vous bien et à demain peut-être.