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La philosophie sans boudoir…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la chapelle sixtine et de la cousine Bette réunies, bonjour ! Nous sommes le dimanche 31 mars 2013, onzième jour de germinal dédié à la pervenche; pas la contractuelle, non la fleur.

Le 31 mars 1888, mort de Jean-Marie GUYAU à Menton. Poète et philosophe libertaire f1.highresfrançais. Il naît le 29 octobre 1854, à Laval (Mayenne), dans une famille bourgeoise. Elevé par sa mère, Augustine Tuillerie, jusqu’à l’âge de 12 ans, celle-ci est l’auteure d’un fameux livre « Tour de la France par deux enfants » publié en 1877 sous le pseudonyme de G. Bruno en référence à Giordano Bruno. Il obtient une licence de philosophie à 17 ans. A dix-neuf ans, il est lauréat de l’Académie des Sciences morales et politiques, et à vingt ans, il donne à Paris ses premiers cours de philosophie au lycée Condorcet. A l’âge de trente ans, il a déjà écrit une dizaine d’ouvrages, fruits de son intense activité intellectuelle. Mais réfugié sur la Côte d’Azur, dans l’espoir de combattre par le soleil une maladie qui le minait, il succombe prématurément dans sa 34e année.

Il nous laisse sa poésie et ses ouvrages philosophiques : « Morale d’Epicure »,  et encore « Problèmes de l’esthétique contemporaine » et « l’Art au point de vue sociologique », mais 51412507_pc’est surtout à ses derniers ouvrages « Esquisse d’une morale sans obligation ni sanction » (1884) et l’Irreligion de l’avenir » (1887) qu’il doit sa notoriété internationale et rejoint les préoccupations des anarchistes dans son approche d’une société libertaire et d’une morale au service de l’individu. Il sera abondamment cité par Nietzsche dans son « Ecce homo ». Pierre Kropotkine  s’y réfère également dans La Morale anarchiste, allant même jusqu’à faire de Guyau le « jeune fondateur de l’éthique anarchiste », éthique qu’il définit comme « la science de la morale des sociétés ».

Voici une citation qui mérite qu’on s’y arrête un instant et qu’on y réfléchisse à deux fois avant de trimballer sa poussette à la manif pour tous: « Le jour où les religions positives auront disparu, l’esprit de curiosité cosmologique et métaphysique qui s’y était fixé et engourdi pour un temps en formules immuables sera plus vivace que jamais. Il y aura moins de foi, mais plus de libre spéculation; moins de contemplation, mais plus de raisonnements, d’inductions hardies, d’élans actifs de la pensée; le dogme religieux sera éteint mais le meilleur de la vie religieuse se sera propagé, aura augmenté en intensité et en extension. Car celui-là seul est religieux, au sens philosophique du mot, qui cherche, qui pense, qui aime la vérité » Jean-Marie Guyau, L’Irréligion de l’avenir, 1886

Allez c’est sympa à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Charles MAURIN, peintre…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du symbolisme et du canard laqué réunis, bonjour !

Nous sommes le samedi 30 mars 2013, dixième jour de germinal dans notre calendrier républicain et, dédié au couvoir. Je voulais attendre le 1er avril pour accrocher son portrait aux cimaises de notre galerie virtuelle, mais bon…

Le 1er avril 1856, naissance de Charles MAURIN au Puy (Auvergne). Peintre graveur et anarchiste, il excelle justement dans la technique du portrait et de l’auto-portraits 63272115_pcomme celui que l’on voit ici à droite. En 1875, il obtient le Prix Crozatier qui lui permet de venir à Paris étudier aux Beaux-Arts puis à l’Académie Julian (où il enseignera ensuite). Il expose au « Salon des Artistes Français » et devient membre de la Société en 1883. Ami de Toulouse-Lautrec, ce dernier fera sa première exposition particulière avec lui en 1893. Il puise son inspiration des artistes japonais, révolutionne la technique de l’eau-forte, et réalise également des bois-gravés. Il collabore à « La Revue Blanche » dirigée par Fénéon et initie Félix Vallotton à la gravure et à l’anarchisme.

C‘est lui qui a réalisé le bois gravé de Ravachol ( ici à gauche), le torse nu,
63272134_pentre les montants de la guillotine.

Maurin met parfois la perfection de son dessin au service de l’idée et cela explique qu’un tel artiste ait pu à la fois fréquenter les milieux anarchistes et exposer au Salon de la Rose+Croix en 1892. Sa virtuosité atteint un sommet dans le fameux triptyque de l’Aurore, exposé au salon de la Rose+Croix et dont on a souvent raillé la présence dans cette exposition. Ou encore Maternity (1893) que l’on voitCharles Maurin 1856-1913, Maternity 1893 ci-dessous à droite.

 

 

 

 

 

 

La fascination du peintre pour l’enfance, dont la pureté serait à ses yeux un antidote à la laideur sociale d’un monde qu’il réprouve, se trouve amplement illustrée ; on ne peut63272201_p certes qu’être charmé par ces images gracieuses tant peintes que gravées, mais il faut aller au-delà de l’amabilité du sujet pour reconnaître en Maurin un artiste solide. La fillette à la poupée que l’on voit ici à droite est visible au musée d’Orsay. Enfin, le tableau, pas la fillette, gros dégoutants ! Maurin fait partie de ces anarchistes qui étaient plus habiles au maniement du pinceau que de la bombinette et c’est fort heureux pour nous. Je vous fais remarquer au passage que c’est le 1310è billet des « cénobites tranquilles », blog d’humeur et d’humour, qui poursuit son bonhomme de chemin cahin-caha et qui vient de franchir la barre des 110 700 visiteurs; merci à vous pour votre fidélité et votre indulgence à l’égard de l’auteur.

En attendant le prochain, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Saint Malo…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la concorde universelle et de la pince du même nom réunies, bonjour!

Nous sommes le vendredi 29 mars 2013, 9è jour de germinal dédié à l’Aulne, pas la rivière mais l’arbre qui peuple ses berges. On dit aussi Vergne, en breton Gwern. Tiens, justement, à propos de Bretagne; dans les années 480, un 29 mars, naissance de celui qui allait devenir Saint Malo ou Saint Maclou si vous préférez mais son paternel a trouvé que ça ferait un peu trop moquette pour un futur saint.

C‘est un des septs saints fondateurs de la Bretagne. Vous vous souvenez, c’était le trophée Jules Vernes de l’époque. Ils arrivaient d’Irlande ou du pays de Galles sur leurs DownloadedFile-2multicoques en granite de Landéda pour évangéliser les armoricains. Malo lui, il a débarqué à Cézembre. Vous connaissez Cézembre ? En face de Saint Servan, c’est la seule plage de la côte nord exposée au sud, avec les Ebihens peut-être. Enfin, c’est ce que me disait à chaque fois le père La rouille quand il m’emmenait aux homards de ce côté là. Il grandit puis il devint grand, travailleur et intelligent, il fait le petit séminaire et il devient l’évèque d’Aleth. Plus tard, beaucoup plus tard, pour améliorer les recettes de la paroisse et face à la baisse inquiètante du denier du culte, il donnera son nom à une marque de yaourt.

Avec son copain Aaron, plus cénobites qu’anachorètes, il partage une vie érémitique DownloadedFile-1du coté de la cité d’Alet. C’est à dire qu’ils vivaient du RMI que leur versaient les paroissiens sous forme de dons en nature. Il serait décédé pieusement un 15 novembre vers 620 à moins que ce ne soit 640; on ne sait pas exactement mais, il est mort depuis longtemps. Aujourd’hui il a rejoint l’armée des saints de Bretagne dans la vallée éponyme de Carnoët.

Voilà, portez vous bien et à demain peut-être.

 

La vie en reuz…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la fiesta, de la nouba, de la noce et de la java réunies, bonjour !

Nous voici le jeudi 28 mars 2013, 8è jour de germinal dédié à la jonquille.

Voici donc la nouvelle affiche de La vie en reuz 2013. Pour les non-initiés je conçois que le jeu de mots ne soit pas évident mais, pour qui a traîné un tant soit peu ses guêtres du côté du Rosmeur (à Douarnenez – 29) le terme de reuz est très familier. 392890_10151362560098807_1828419345_nExplication de texte par Gérard Alle: « A Douarnenez, on aime faire la fête. La réputation de la cité sardinière n’est plus à faire… elle est FÊTE ! Et si la sardine fait la tête, se fait plus discrète, si les bateaux de pêche se font plus rares, si c’est le boulot qui trinque, plutôt que se morfondre, le Douarneniste préfèrera toujours lever le coude que baisser les bras… ».

Or donc, faire du reuz, cela revient à faire du bruit, à en parler exagérement; aujourd’hui on dirait peut-être faire du buzz. Suite au concours qui mettait en lice douze candidats, c’est le travail de Kevin Kergoat qui a été retenu. Il recevra en récompense l’équivalent de son poids en boîtes de sardines : « On aurait peut-être dû choisir l’artiste le plus léger… », s’interrogeaient avec humour les membres du collectif. Kevin Kergoat, infographiste de métier, a proposé un travail très stylisé avec des couleurs franches. Un travail qui n’est pas sans rappeler le style de Juan Miro. Et c’est justement sur le thème de Miro que seront travaillés les décors de la fête lors des ateliers. De même, le visuel de l’affiche sera repris sur les boîtes de thon millésimées 2013 « grâce à la complicité de Chancerelle-Cobreco et de la Franpac ». A retenir donc les dates des 17, 18, 19 mai 2013 pour ce rendez vous avec une quinzaine de fanfares, batucadas et arts de rue. Je vous recommande particulièrement La fanfare Toto: Des mélodies foraines, cinématographiques, du vieux jazz,des trads, des vieux airs et des compositions…

La vie en reuz donc, est une sorte de réplique à la déprime généralisée façon DownloadedFiledouarneniste: Dans les années 1980, à chaque printemps, «Les arrivées d’airs chauds» déferlaient joyeusement sur Douarnenez. Dans les années 2000, tous les étés, ce furent «Les arts dînent à l’huile». Des rencontres de musique et d’arts de la rue qui ont fait émerger une vie associative et un beau savoir-faire. Pour combler le manque, faire un pied de nez à la morosité ambiante, une quinzaine d’associations se sont fédérées en un collectif pour que naisse un nouveau rendez-vous. Les trente ans de la fanfare locale, À bout de souffle, ont été le détonateur. Il fallait fêter cela dignement. Tous les détails sur leur site.

Allez, à bientôt sur le port, en attendant portez vous bien et à demain peut-être.

SARAH VAUGHAN…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la philosophie et des paupiettes de veau réunies, bonjour !

Nous sommes le mercredi 27 mars, septième jour de germinal dédié au bouleau qui est, comme chacun le sait, le premier arbre du calendrier celtique. Ce matin j’évoque une immense interprète de jazz: Sarah VAUGHAN (prononcer Sara Vauhn).

Comme beaucoup de chanteurs et musiciens de jazz, elle est née (27 mars 1924 à Newark – New Jersey) dans une famille aussi religieuse que musicienne et elle apprend le chant et l’harmonium au sein de l’Église baptiste. Comme quoi, la religion mène à tout…A condition d’en sortir.

Elle garde la double spécialité (chant et piano), jouant du piano dans l’orchestre de son 220px-Sarah_Vaughan_1946_(Gottlieb08821)école et chantant dans les chœurs à l’église ; elle se consacre au chant lorsqu’elle gagne le concours d’amateurs du Théâtre Apollo à Harlem, dix ans après Ella Fitzgerald qui vient la féliciter. Elle rejoint l’orchestre d’Earl Hines puis l’orchestre moderniste, qui introduit le Be Bop dans la musique de Big Band, de Billy Eckstine. Elle est notamment influencée par Charlie Parker et Dizzy Gillespie, alors membres de l’orchestre. En décembre 1944, elle enregistre sous son nom une splendide version de « A Night in Tunisia » sous le nom « d’Interlude » avec Charlie Parker et Dizzy Gillespie en sidemen de luxe. Ecoutez Tenderly en live 1958, moi je démarre illico un slow ravageur avec ma fiancée…

 

En 1949, elle signe chez le label Columbia et y enregistre abondamment. Dans les années cinquante, elle alterne des faces plutôt commerciales avec grand orchestre pour51259730_p Mercury et des faces accompagnée par de petites formations souvent de grande qualité comme celle de l’album historique With Clifford Brown (1954). En 1958, elle enregistre un album avec l’orchestre de Count Basie, No Count Sarah. Magnifique interprète de ballades, elle est aussi une chanteuse de scat accomplie. Je ne lui connaît guère de rivale dans ce domaine, hormis Ella Fitzgerald. Toutes ces qualités se retrouvent dans ses performances scéniques d’autant qu’elle sait les mettre en scène avec humour, comme dans sa version de « Tenderly », enregistrée au Tivoli en 1963. Personnellement je la considère, avec Ella Fitzgerald et Billie Holiday, comme l’une des trois plus grandes chanteuses de jazz. Maintenant, les goûts et les couleurs hein…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

RAYMOND LA SCIENCE…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la libre entreprise et de la De Dion-Bouton réunies, bonjour !

Nous sommes le mardi 26 mars 2013, sixième jour de germinal dédié à la Bette. Ne pas confondre avec le chiffre de la bête, 666, quoique. Le 26 mars 1890, naissance de Raymond CALLEMIN dit Raymond la science, à Bruxelles.

Anarchiste individualiste et illégaliste, membre de la bande à Bonnot. Fils d’un cordonnier socialiste, il devient ouvrier typographe, milite un temps très bref aux images-2Jeunesses socialistes avant de rallier, à 16 ans, les anarchistes individualistes puis la communauté d’Emile Chapelier à Stockel-Bois et collabore au journal « Le Révolté » belge. En 1910, insoumis au service militaire, il se réfugie en France où il va retrouver ses amis de jeunesse belges : Jean De Boë, Edouard Carouy et Victor Kibatchiche qui vivent en communauté avec d’autres anarchistes individualistes à Romainville (banlieue de Paris) et éditent le journal « l’anarchie » pour lequel il se charge de la gestion, mais aussi de la typographie avec Valet. Regardez cette vidéo; en 68 il n’y avait pas que des manifs…

Scientiste et végétarien, Raymond est avide de connaissances et de lectures, il est rapidement surnommé « Raymond la science », par les membres de la bande qui images-1commettent pour vivre diverses actions illégalistes. Mais après l’arrivée du chauffeur-mécanicien Jules Bonnot, les coups de mains vont passer à une vitesse supérieure et Raymond va prendre part au premier braquage en automobile, le 21 décembre 1911, à la Société Générale de la rue Ordener, à Paris, où un garçon de recette sera grièvement blessé. Lors des derniers braquages à Montgeron puis Chantilly, le 25 mars 1912, ils laissent plusieurs morts dans leur sillage. La presse se déchaîne contre les « bandits en auto », et la police les traque.

Callemin qui est hébergé chez un camelot anarchiste insoumis du nom de Pierre Jourdan et sa compagne anarchiste néo-malthusienne Louise Hutteaux, rue de la tourimages d’Auvergne, à Paris, est finalement arrêté au matin du 7 avril 1912. »Vous faites une bonne affaire! Ma tête vaut cent mille francs, chacune des vôtres sept centimes et demi. Oui, c’est le prix exact d’une balle de browning! » déclare-t-il aux policiers qui l’arrêtent. Accusé de tous les délits liés aux actions de la bande, il est jugé par la cour d’assises de la Seine et est condamné le 27 février 1913 à la peine capitale, en compagnie d’André Soudy, d’Elie Monier et d’Eugène Dieudonné.  Il sera guillotiné le 21 avril 1913, après avoir tenté de disculper Dieudonné.

Bon, d’accord, pas franchement des enfants de Marie… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Le combat des trente…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’histoire bretonne et de la froment-beurre réunies, bonjour !

Nous sommes le lundi 25 mars 2013, cinquième jour de germinal dédié à la poule. C’est le 25 ou 26 mars 1351 que se déroula en Bretagne, entre Josselin et Ploermel, le fameux « combat des trente ». La rencontre eut lieu au « chêne de Mi-Voie ».

En 1317, le duc Jean III réunit au profit de son frère aîné, Guy, les comtés de Tréguier et Penthièvre. Le 30 avril 1341, Jean III mourut sans héritiers directs. Son demi-frère,DownloadedFile Jean de Montfort marié à Jeanne de Flandre, et sa nièce Jeanne de Penthièvre, épouse du neveu de Philippe VI de France, Charles de Blois, revendiquent chacun pour son compte le trône ducal. Le parti de Blois est soutenu par la France, les grands seigneurs bretons, le haut-clergé, le pays Gallo et les principales villes du Trégor. Le parti de Montfort est soutenu par l’Angleterre, la petite noblesse, les recteurs et leurs paroissiens du pays bretonnant. Une trêve avait été signée. Mais au mépris de cette convention les anglais, sous prétexte de soutenir la cause des Montfort rançonnaient et pillaient la Bretagne. Les paroisses qui ne pouvaient payer étaient détruites, incendiées et saccagées.

En 1351, un baron de la Bretagne, nommé Jean de Beaumanoir, capitaine du château _0011409de Josselin, eut l’occasion de reprocher aux Anglais leur conduite odieuse et de s’écrier en s’adressant à Brembo, gouverneur de Ploërmel, place forte anglaise « Dieu soit Juge entre nous ! Que chacun de nous choisisse trente à quarante champions pour soutenir sa cause. On verra de quel côté est le droit ». Les conditions de la lutte furent celles du « combat à volonté », c’est-à-dire que chacun des soixante champions eut toute liberté de se battre comme il lui plairait, soit à pied, soit à cheval, avec les armes qu’il voudrait, sans autre obligation que d’observer dans ce combat les règles de la loyauté chevaleresque. Il est vrai qu’à cette époque là, on s’étripait élégamment entre gentlemen. Il existe encore un monument visible sur la commune de Guillac (56) et que l’on doit à l’ingénieur du corps royal des ponts et chaussées Jacques PIOU, inauguré le 11 juillet en 1819 par le Comte de Coutard, Lieutenant-Général des armées du roi, sur lequel le nom des trente combattants bretons y est gravé.  Cette bataille ne résout rien, mais la chronique de Froissart en a fait le modèle des exploits de chevalerie, et la célèbre Ballade des Trente,(stourm an tregont) que La Villemarqué publiera en 1838 dans son Barzaz Breiz, non sans avoir plagié un poème basque, s’achève ainsi : « Il n’eut pas été l’ami des Bretons, celui qui n’eut pas applaudi dans la ville de Josselin en voyant revenir les nôtres, des fleurs de genêt à leurs casques ». C’est ainsi que se bâtissent les mythes et légendes.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

C’EST PAS FO…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la comedia dell’arte et des farfalle al dente réunis, bonjour !

Nous sommes le dimanche 24 mars 2013, quatrième jour de germinal dédié à la tulipe mais, malgré cela, je vous surprends devant votre écran alors que la nature s’éveille. Narcisses, primevères et jonquilles décorent les talus, le merle moqueur s’égosille et la bière de mars est en bouteille… Quand à moi, pressé par le temps, j’utilise un subterfuge désormais connu de tous, en postant un billet déjà paru ici même.

Le 24 mars 1926, naissance de Dario FO à San Giano, village de Lombardie au bord du lac Majeur, dans une famille prolétaire de tradition démocratique et antifasciste. Il 51149355_pdécouvre très jeune le théâtre populaire et la tradition orale, par l’intermédiaire de son grand-père, « fabulatore » connu. Doué en dessin et en peinture ( talent qui lui permettra de dessiner lui-même les affiches de ses spectacles )il commence par étudier l’art et l’architecture à Milan.

En 1952, il écrit pour la radio ses premiers monologues comiques, intitulés Poer nano, « Pauvre nain ». Il découvre le Piccolo Teatro de Giorgio Strehler, fait ses débuts d’acteur et monte des revues de satire sociale et politique.

En 1954, il épouse Franca Rame, fille d’une grande famille de comédiens populaires, qui devient son inséparable partenaire. Ensemble ils reprennent à leur façon des farces traditionnelles et écrivent de grandes comédies où ils fustigent les institutions et les classes dirigeantes tout en déployant une fantaisie débridée. En 1968, ils fondent l’association « Nuova Scena » avec l’aide du PCI, « au services des forces révolutionnaires » et s’éloignent des circuits traditionnels du théâtre.

En 1970, Dario Fo rompt avec le parti communiste et crée, avec ses camarades, un 51149178_pautre collectif théâtral : « La Comune ». Ces années sont celles des grands succès : Mystère Bouffe, en 1969, épopée des opprimés inspirée de la culture médiévale, apporte à Dario Fo une renommée mondiale. Inspiré d’un réel fait divers, en 1970, « mort accidentelle d’un anarchiste » (Morte accidentale di un anarchico) donne avec humour et brio, sa version abracadabrante du cas de l’anarchiste Giuseppe PINELLI, dont la garde à vue, à la questure de Milan, s’était soldée par une défenestration mal expliquée; ainsi que « Faut pas payer » en 1974. Elles  sont écrites en liaison, l’une avec la demande de révision du procès de l’anarchiste Guiseppe Pinelli défenestré à Milan, l’autre avec la campagne d’autoréduction des factures en période d’inflation.

L‘anti-conformisme de Dario Fo, ainsi que son engagement politique et social l’entraînent dans d’innombrables procès et controverses en Italie, avec l’Etat, la police, la télévision, le pape : son émission Canzonissima est censurée ; selon le pape, Mistero buffo offense  » les sentiments religieux des Italiens ». En collaboration avec timthumb.phpFranca Rame, il écrit une série de monologues inspirés par la lutte des Italiennes pour le droit au divorce et la légalisation de l’avortement. Il est souvent appelé à l’étranger pour donner des spectacles et faire des mises en scènes d’œuvres lyriques ou théâtrales, comme en 1991 Le Médecin volant et Le Médecin malgré lui de Molière à la Comédie Française.

Artiste hors normes, il reçoit en 1997 le Prix Nobel de Littérature pour avoir « dans la tradition des bateleurs médiévaux, fustigé le pouvoir et restauré la dignité des humiliés. » Il devient aussi un des premiers Satrapes étrangers du collège de pataphysique en 2001 avec notamment Umberto ECO . L’arrivée du deuxième gouvernement Berlusconi lui a inspiré L’Anomalo Bicefalo, écrit avec Franca Rame. Bref, un théatreux comme je les aime, dans la lignée de Brecht ou de Vilar ! Bon anniversaire donc…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Cyprus, two points…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis libres penseurs, athées et autres mécréants, bonjour !

Nous sommes le samedi 23 mars 2013, troisième jour de Germinal dédié à l’asperge.

Comme on dit au concours de l’eurovion: Cyprus, two points. Cette fois ci, ce confetti Levantin fait trembler l’Europe. Quand on songe que l’année dernière ce minuscule Etat de la Méditerranée à présidé l’Union Européenne, ça fait sourire ou pleurer, c’est selon. Voici comment leur agence de com. présentait leur présidence sur le site officiel.

« Au cours de sa Présidence, Chypre travaillera Pour une meilleure Europe, plus pertinente aux yeux de ses citoyens et du monde; à savoir38621_BnHover une Europe plus  efficace, contribuant à la croissance et à la création d’emplois. Une Union européenne œuvrant sur la base du principe sous-jacent de solidarité, s’engageant à garantir un avenir meilleur, promouvant la  cohésion sociale et redonnant l’espoir à ses citoyens ;  une Europe jouant un rôle accru sur la scène internationale. Tous les efforts viseront à léguer une meilleure Europe aux générations plus jeunes. » C’est beau comme du Jean-Marc Sylvestre.

En vérité je vous le dis, amis républicains, il nous faut raison garder! Ne nous laissons pas emberlificoter par les diatribes nauséeuses de ceux qui, au nom d’une réélection improbable, distillent leurs théories foireuses auprès des couches dites populaires. Ce sont ces classes Karl Marxlaborieuses qui ont permis au siècle des lumières d’exister et d’éclairer le monde. Ils ont fait 1789, abolit l’esclavage, initié la Commune de Paris, le front populaire, la résistance au nazisme… Ils ont détrôné des rois et des tsars, des empereurs et des dictateurs, ils pourraient bien aujourd’hui  (ou en juin 2014 – élections européennes) se rappeler au bon souvenir de cette oligarchie qui finira bien par se prendre les pieds dans le tapis à force d’y dissimuler leur incompétence. Un autre vieux barbu a écrit en 1864 à propos des luttes du peuple « Les prolétaires n’ont rien à y perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »  Car c’est bien de cela qu’il s’agit, les possédants ont, eux, tout à gagner, à nous faire prendre l’ Helvétie pour une lanterne, la burqua pour une arme de destruction massive, et les milliards russes pour des billets du Monopoly. Pendant ce temps, ils vaquent à leurs funestes occupations qui consistent précisément à nous saigner à blanc.

Bon, je m’arrête là car cela commence à ressembler à du Mélenchon. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Histoire et/ou légende…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis soixante-huitards et néanmoins optimistes, bonjour!

Nous sommes le vendredi 22 mars 2013,  deuxième jour de Germinal et c’est le jour du platane alors, soyez prudent si vous prenez la route. Tiens, à propos du cumul des Germinalmandats dont on parle ces jours ci, le 22 mars 1871, la Commune de Paris décrète que les membres de l’assemblée municipale sont contrôlés, révocables, comptables et responsables et que leur mandat est impératif. C’est pas interdit de rêver. En 68 on rêvait de renvoyer tous ces chers (très chers) élus à leurs études et de les remplacer par des comités de citoyens. On l’oublie souvent mais, mai 68 a en fait débuté au mois de mars. Certains disent même que cela a commencé en Bretagne un an plus tôt. Laissons aux historiens le soin de trancher. Le 22 mars 1968, à la cité Universitaire de Nanterre région parisienne, le mouvement contestataire étudiant qui va prendre le nom de « mouvement du 22 mars », occupe les locaux de l’Université. Il est l’aboutissement d’une contestation grandissante emmenée par des groupes d’extrême-gauche, des anarchistes et des situationnistes. Né d’abord de revendications solidaires, comme la libération des manifestants arrêtés lors des actions contre la guerre du Viêt Nam, il déborde rapidement sur des questions de société comme la remise en cause du puritanisme social avec la revendication du droit d’accéder à la résidence universitaire des filles. Mais, j’ai déjà évoqué tout cela dans différents billets.

Pour l’heure je voulais dire quelques mots à propos de Darerca (Dalerc’ha en gallois) que l’on trouve encore dans quelques calendriers pitre-chevalierbretons en ce 22 mars. C’est intéressant car cette gente dame, légendaire ou pas, est peut-être à l’origine de ce qui allait devenir la
Bretagne armoricaine. Elle est dit-on, fille de Calphurnius, petit prince d’ Ecosse et soeur de St Patrick. Fuyant les barbares elle s’enfuit en Armorique où elle est accueillie par Conan Meriadec qui s’empresse de l’épouser. 
C’est en effet de Conan Meriadec que datent les invasions successives qui justifient le nom de Bretagne. Ce prince, qui jouissait en Grande-Bretagne d’un assez grand crédit, proposa, en 382 ou 383, à Maxime, gouverneur de l’île, de l’appuyer f7.highresdans sa révolte contre l’empereur Gratien, et il lui fournit 10 000 hommes. Vainqueur et maître de plus de la moitié de l’empire d’Occident, Maxime accorda à son allié la souveraineté de la plus grande partie de l’Armorique, souveraineté que Conan sut faire reconnaître par Valentinien II et Théodose, et qu’il rendit complètement indépendante sous le règne du faible Honorius. Dès lors affluèrent de la Grande-Bretagne et même de l’Irlande en Armorique, non seulement des soldats, des artisans, des cultivateurs, des familles entières, mais encore de saints personnages, évêques, ermites et missionnaires. Le premier « DUX » de Bretagne ne serait donc en fait qu’un sbire Britto-romain installé par l’Empire.

Allez, voilà pour la petite histoire; et pour le reste, portez vous bien et à demain peut-être.