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Le cénobite enfonce le clou…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis des fontaines miraculeuses et du pain perdu réunis, bonjour !

Nous sommes le samedi 10 novembre 2012, vingtième jour de Brumaire dédié à la herse.

Mes biens chers frères, si vous le voulez bien, aujourd’hui nous allons évoquer Govrian. D’origine vannetaise, ce saint guérisseur serait né vers 670 dans une famille noble. Après ses études, il se consacre à la vie monastique et se retire à l’abbaye de Rhuys (56). De retour à Vannes, il rejoint le clergé de la cathédrale. Au décès de Mériadeg, il est désigné « à l’insu de son plein gré » pour le remplacer  et sera sacré à Dol (35).

Après 17 ans sur le siège épiscopal, il établit son ermitage à Saint-Servant-sur-Oust (56) et y meurt en 725 ; une chapelle a été construite sur les lieux mêmes de son ermitage, à Saint-Gobrien. (photo de gauche)

Si les eaux de la source de la chapelle St-Gobrien ont soigné, pendant longtemps, le « mal des ardents », par la suite, elles attirèrent les personnes souffrant de furoncles ou d’abcès. La légende dit qu’il fallait déposer une poignée de clous sur le tombeau, dans la chapelle. Lorsque le clou était rouillé, le malade était guéri… Voilà de quoi combler le trou de la sécu. De nombreuses plaques votives sont fixées sur le mur de la chapelle, à côté de la statue polychrome du Saint. En 1900 l’eau soulageait encore certaines maladies d’enfants. Les mères laissaient alors dans les Interstices des pierres de la fontaine les linges ayant servi à humecter les parties traitées. Une légende prétend aussi que les jeunes filles désireuses de prendre époux dans l’année devaient faire 7 fois le tour du tombeau en se gardant d’effleurer le mur et la sépulture pour voir leur vœu exaucé. Mais ça, c’était avant…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Rappelle toi Barbara…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de le paix universelle et du gin tonic réunis, bonjour !

Le 9 novembre correspond au 19è jour de brumaire et nos amis républicains, toujours à l’affut d’une plaisanterie, l’avaient dédié à la grenade (le fruit bien entendu).

A l’heure ou nous nous apprètons (ou pas) à commémorer la fin de la grande boucherie de 14/18, je pense à ces deux grand-pères que je n’ai pas eu l’heur de connaître pour la mauvaise raison qu’ils sont resté couchés là bas quelquepart au chemin des dames. Sans doute, comme le dormeur du val avec un grand trou dans la poitrine… On dit que près de 200 000 bretons y sont restés ! Tous les ans, à Primelin, c’est dans le cap sizun, les libres penseurs se réunissent devant le monument aux morts, seul monument pacifiste que l’on recense dans le département. Ils réclament entre autre, que soient réhabilité les « fusillés pour l’exemple » de la première guerre mondiale.

Qu’aurais-je appris de ces deux grand-pères qui n’ont pas vu grandir ni leurs enfants ni leurs petits enfants. Ces hommes, nés dans le 19ème siècle, possédaient à coup sur, tant et tant de choses à raconter; tant de richesses à partager. Et pourtant, ils sont partis, fleur au canon, en clamant haut et fort que c’était la der des der. Après celle de 70 et avant celle de 40. Avant l’Indochine, l’Algérie, le Viet-nam et puis maintenant, l’Irak, l’Afghanistan, la Syrie, la libye, et demain peut-être l’Iran. Oui vraiment, quelle connerie la guerre !

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.


Trompette de la renommée…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du cornet à pistons et des moules marinières réunis, bonjour !

Nous sommes le jeudi 08 novembre 2012,18è jour de Brumaire dédié à la dentelaire, encore appelée Plumbago car elle était censée guérir du saturnisme. Le 08 novembre 1999 a vu la disparition de Lester Bowie que beaucoup considèrent comme un des plus grands trompettistes de jazz de tous les temps: Rien que pour vous, ce morceau de Cole Porter.

 

Et puis tiens, voici un « prière d’insérer » de la part de Jean-Yves, lecteur assidu de ce blog. Ses compagnons et lui accueillent une expo à ne pas manquer si vous êtes du côté de Nantes ou Saint-Nazaire. Cette exposition à caractère pédagogique présente 

une soixantaine de planches de bédés originales des deux premiers tomes Bulambemba et En naviguant vers les Indes de la série « Mémoire de l’esclavage », bande dessinée parrainée par l’Unesco et portant sur l’histoire de l’esclavage.

L‘exposition très documentée sur l’histoire du commerce triangulaire, inclut aussi les neufs siècles de traite orientale précédant la traite occidentale et ses abolitions. Elle est l’aboutissement d’un travail de recherche au côté de Joseph N’Diaye, conservateur de la maison des esclaves sur l’île de Gorée au Sénégal, et auteur du livre Il fut un jour à Gorée…L’esclavage raconté à nos enfants.

La Maison des Hommes et des techniques Bd Léon Bureau à Nantes, va accueillir une partie de l’exposition « Mémoire de l’esclavage » jusqu’au 18 novembre, la suite des planches de bande dessinée se trouvera à la médiathèque Luce-Courville.(1 Rue Eugène Thomas, 44000 Nantes)

Idée de sortie, allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Le coup de la panne…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis du thermolactyl et du bar de ligne réunis, bonjour !

Nous sommes le mercredi 07 novembre 2012, 17è jour de Brumaire dédié au cresson.

Et voila, c’est reparti ! Tous les ans, à l’approche de l’hiver, ils nous refont le coup de la panne. Enfin, celle qui devrait immanquablement se produire vu que la bretagne est largement déficitaire en électricité. Le lobby nucléo-électrique ne désarme pas. Ils mettent tout en oeuvre pour nous refiler une de leurs foutues centrale du 1er, 2ème, ou 3ème type. Nous pensions, pauvres de nous, qu’ils avaient compris la leçon après avoir du plier bagage dans le cap sizun. Mais, la rapacité n’a pas de mémoire. Dans le film « des pierres contre des fusils » on voit comment la résistance à Plogoff les a amené à reculer (comme ils reculeront à Notre-Dame-des-Landes) malgré tous les moyens mis en oeuvre.

J‘ai souvenir d’avoir trainé du côté du Loc’h, d’Esquibien, de Goulien et même d’avoir participé à un immense concert, donné en plein air dans le cadre de la baie des trépassés (baez an anaon), c’était en mai 1980, avec notamment un jeune chanteur plein d’énergie qui s’appelait J. Higelin. La nuit était tombé, les deux versants de la baie étaient occupés par des milliers de personnes et chacune d’allumer un briquet; c’était magique. Comme si tous les korriganed de Bretagne et d’ailleurs s’étaient donné rendez vous dans ce lieu mythique où le Treizour (le passeur) vient chercher l’âme des défunts, pour crier ensemble: Nann, trugarez ! C’était dans les années soixante dix, les seventies comme on dit de nos jours, et déja la grande peur du noir était utilisée. (La photo est de Georges Tane) Vous allez voir ce que vous allez voir… D’ailleurs vous n’y verrez plus rien… Cet hiver, il va faire très froid, plus de chauffage, plus d’eau chaude, plus de télé. Vous imaginez ça, vous ? Obligé de se passer de Laurent Delacouette Delahousse, de Calvi, de Denisot et tous ces saltimbanques pendant des jours et des jours… Chacun se rappelait le plasticage du pylône de télévision dans les monts d’Arrée et les veillées retrouvées, la lecture réhabilitée et, quelques mois plus tard, c’est la démographie qui était à son tour dynamitée. Je ne sais plus qui a dit que l’histoire est un éternel recommencement mais ça commence bigrement à y sessembler.

Voila, c’était l’humeur du jour, sous un ciel d’averses. Rappelle toi Barbara: Il pleuvait ce jour là sur Brest… Et bien mon vieux Prévert… Il pleut toujours ! Allez, portez vous bien et, à demain… Peut-être.

 

La Commune n’est pas morte…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR, PORTRAIT

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Amis de la Commune et du velouté de potimarron réunis, bonjour !

Nous sommes donc le 06 novembre 2012, c’est vous dire comme les choses vont bon train. C’est le 16è jour de brumaire dédié au Chervis, plante dont les racines sont comestibles, ça fait penser un peu au panais, mais tant qu’à manger des plantes par la racine, je préfère le chervis au pissenlit…

Lorsque j’étais enfant, à Douarnenez, le fond de la ria du Port-Rhu était notre terrain de jeu. Il y avait là près du cimetière des bateaux, un vieux thonier qui attendait sa fin en s’envasant paisiblement et qui portait le nom de « Eugène POTTIER ». A cette époque là, on laissait les bateaux mourir de leur belle mort; le moment venu,on les remorquait vers un coin de rivière ou de plage et on laissait le temps faire son oeuvre. Je ne savais pas encore ce que nous lui devions à ce grand monsieur et entre-autres, les paroles de l‘Internationale.

Révolutionnaire, il participe à la commune de Paris en 1871 et d’ailleurs, en fera le thème de magnifiques chansons. Marc OGERET en a fait un disque tout à fait sublime. On célèbre aujourd’hui l’anniversaire de sa disparition. Condamné à mort par contumace, il choisit l’exil et s’en va aux Etats Unis. Humaniste et Franc-maçon il nous lègue un héritage qui mériterait d’être largement diffusé. Jean Ferrat évoque Pottier dans sa chanson La Commune. Ses chansons sont reprises après sa mort, que ce soit par des artistes d’inspiration socialiste, anarchiste ou libertaire comme Pierre Degeyter. En 2010, Sébastien Ducret a mis en musique plus d’une vingtaine de textes d’Eugène Pottier. Le premier disque entièrement consacré à Eugène Pottier est sorti en décembre 2011, il s’intitule Quel est le fou ?. Eugène Pottier est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Kog indez, evel just…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la lexicographie et du canard laqué réunis, bonjour !

Nous sommes donc le lundi 05 novembre 2012, il vous reste 56 jours pour préparer le réveillon…

Voici que  Martial Ménard vient de se livrer à un travail de titan:   sortir, quasiment seul, un dictionnaire français-breton de 51 000 entrées (ed. Palantines)Il y a 510 ans, jour pour jour, un certain CALVEZ, imprimeur à Tréguier, faisait paraître le premier dictionnaire breton-français-latin: LE CATHOLICON. C’est un dénommé Jehan Lagadeuc qui eut cette riche idée et, il faut reconnaître que ça a pas mal marché. Les trégorrois ont toujours été forts dès lors qu’il s’agissait de primeur. La génération de mes parents, cinq siècles plus tard, a appris le français à travers un petit livre qui s’intitulait: « La vie des saints ». Ne pas s’étonner que les bretons d’aujourd’hui veuillent leurs dédier une vallée…

Vous allez voir comme les choses sont parfois étranges. Figurez vous que que le monsieur ici caricaturé, est né un 5 novembre. Et en quelle année ? Je vous le donne en mille… En 1948. Avouez que je l’ai échappé belle. A quelques heures près j’aurais du assumer des accointances astrologiques avec ce germano-pratin endimanché. A choisir, je préfererai m’accointer avec la belle Arielle qui lui sert de compagne. Les voies du zodiaque sont impénétrables.

Voilà pour aujourd’hui, 15ème jour de Brumaire. Je n’ai pas voulu insister car, nos amis républicains et néanmoins révolutionnaires, qui avaient des idées sur tout et surtout des idées, en avaient fait le jour du dindon. Allez, portez vous bien et, à demain…Peut-être.

Arrête ton char …

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la Démocratie et des praires farcies réunies, bonjour !

Nous sommes le 4 novembre 2012. Pour les Républicains ce 14è jour de Brumaire n’est pas seulement le jour de l’endive, ni la date anniversaire de la naissance de votre serviteur, c’est surtout un triste souvenir de cette journée de 1956 qui vit les chars soviétiques mater dans le sang les espoirs du peuple Hongrois. 12 années plus tard je me trouvais à Prague lorsque… Les mêmes chars !

De l’eau a coulé sous les ponts de la démocratie mais les mêmes bruits de bottes se font entendre et les pluies d’acier de feu et de sang continuent de tomber sur la tête des paures gens. Les mêmes gougnafiers continuent de s’en mettre plein les fouilles au détriment du petit peuple qui n’en peut mais. Les banksters se font du gras sur le dos des travailleurs, les spéculateurs spéculent, les glaciers fondent d’effroi, les palestiniens plient l’échine, le Saint-Emilion est inabordable, le gasoil se vend au prix du caviar dont les producteurs iraniens scrutent le ciel se demandant ce qui va leur tomber sur le coin de la barbe… Et le docteur Coué veut me convaincre que tout va bien dans le meilleur des mondes.

 

Or donc, il y a maintenant fort longtemps de cela, un petit bonhomme vit le jour dans la maison familiale sur les bords du Port-Rhu à Douarnenez. (Notre terrain de jeux ressemblait à cela avant l’installation du grand barnum encore nommé « le port-musée ».) Très tôt il montra tous les signes du révolté chronique, vilipendant la
famille, l’école, l’armée, les patrons, les curés, les flics et tutti quanti. Comme Jean kemener, de Recouvrance, il grandit puis il devint grand… Il fêta son vingtième anniversaire en 1968 ; autant dire que l’air du temps lui convenait parfaitement. Le stalinisme et les atermoiements de la sociale-démocratie achevèrent sa conversion et il se rangea définitivement dans le camp des non-alignés. Depuis, il a campé sur le plateau du Larzac, il a défilé contre la guerre au Viet-Nam, il a castagné à Plogoff, au Joint Français, contre les fachos de La Janais et a décidé qu’il n’irait pas à Notre Dame des Landes. Aujourd’hui, après une carrière, somme toute bien remplie, il a posé son sac dans son ermitage à la pointe du Finistère et vous abreuve quotidiennement de ses modestes billets sous le pseudonyme du cénobite.

C‘est donc en compagnie de sa tendre amie qu’il s’en va fêter cet événement historique non sans vous avoir remercié pour votre fidélité. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Les femmes sont des hommes comme les autres…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’égalité des sexes et des soeurs Tatin réunies, bonjour !

Et bien voilà, à force d’en parler ça devait finir par arriver, nous sommes le 3 novembre. Treizième jour du mois de brumaire consacré au Topinambour. Curieuse plante à la vérité qui doit son nom à celui d’une tribu brésilienne dont certains membres furent
amenés en France au début du XVIIè les Topinamboux (tupinambas) ce qui amena Carl Von Linné à croire en l’origine brésilienne de la plante. On la nomme aussi artichaut de Jérusalem; cela viendrait là encore d’une déformation linguistique de l’Italien Girasol, le topinambour appartenant à la même famille que le tournesol.


Le 5 septembre 1791, Olympe de Gouges présentait la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Ce texte devait être présenté à l’assemblée Nationale le 28 octobre de la même année. Ainsi se voyait dénoncé le fait que la révolution oubliait les femmes dans son projet de liberté et d’égalité.  La phrase la plus célèbre de sa Déclaration est : « La Femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune ». Elle ne croyait pas si bien dire et est morte guillotinée le 03 novembre 1793.

Marie-Olympe de Gouges est une des très rares femmes de l’histoire ancienne a avoir été exécutée pour la publication d’écrits politiques. Pourtant cette femme engagée, belle figure humaniste de la fin du XVIIIe siècle, n’a été redécouverte que récemment au titre de précurseur dans l’histoire des idées. Elle demeure en effet une figure d’exception, non seulement pour son engagement politique dans la durée, mais surtout pour ses positions d’avant-garde, courageusement exprimées, sur la condition des Noirs et celle des femmes. Il a fallu attendre que les grandes questions de société sur les femmes, le racisme et les minorités se posent avec une nouvelle acuité au lendemain de la seconde guerre mondiale pour mettre enfin en lumière le souvenir tragique de de Gouges.

Cette Déclaration est sans valeur légale car ce projet fut refusé par la Convention à laquelle elle avait été proposée et resta à l’état de projet. D’une part, elle n’a paru qu’en cinq exemplaires et a été politiquement complètement ignorée tandis que, de l’autre, il a été dit que « la Déclaration a fait sensation dans toute la France, et même à l’étranger. » Il faut attendre 1840 pour que quelques extraits de cette Déclaration soit publiée, et l’intégralité du texte ne l’a été
qu’en 1986, par Benoîte Groult.

On peut-être révolutionnaire et néanmoins macho… Et Olympe est resté sur son petit nuage en attendant que ces messieurs daignent se rendre compte que les femmes sont des hommes comme les autres. Le terme anglo-saxon de Human Right semble plus approprié en parlant de droits humains.

Les hommes (et les femmes) naissent et demeurent libres et égaux en droits… Quelle belle et magnifique phrase. Je propose qu’elle soit affichée dans tous les commissariats de France et de Navarre et qu’elle soit éditée sous forme de carte postale afin que chaque « expulsé » puisse nous donner de ses nouvelles. Sources

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Evit an anaon…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la tradition Celtique et du lait ribot réunis, bonjour !

Nous voici le 2 novembre, dans le calendrier Républicain c’est le jour de la Mâcre, plante aquatique que l’on nomme aussi la châtaigne d’eau, on dit que les Chinois en sont très friands. Pour les Bretons, 2 miz du, c’est an anaon. Pour ceux qui consultent ce blog depuis peu, je remets en ligne ce billet déjà paru il y a deux ans (paresseux).

En Bretagne c’est un grand jour que celui-là. Il est consacré aux trépassés, ici on dit Anaon. Peut-être connaissez vous ce recoin de côte entre pointe du Van et du Raz, c’est la baie des trépassés, bae an anaon. Mon aïeule m’a souvent conté l’histoire du Treizour (le passeur) chargé de mener les âmes vers l’autre monde et qui accostait la nuit venue sur ses rivages. Voici le début de Kanaouenn an Anaon (le chant des trépassés) publié en 1839 dans le Barzaz Breiz par Hersart de la Villemarqué.

An’ Tad ar Mab ar Spered-Glan,
Yec’hed mat deoc’h, tud an ti-mañ,
Yec’hed mat deoc’h war bouez hor penn
Deut omp d’ho lakaat er bedenn. (Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, bonne santé à vous, gens de cette maison; bonne santé nous vous souhaitons : nous venons vous mettre en prière.)

Dans la tradition celtique c’est le début de l’année, Samain, ce moment particulier où le temps et l’espace, le monde visible et invisible communiquent. Ce jour est consacré à la rencontre entre les habitants de ce monde et ceux du Sidh, l’autre monde, à ne pas confondre avec l’au-delà. Le Sidh est un monde intermédiaire, ses habitants peuvent en sortir et même inviter des humains à y entrer. Pour les Celtes c’est donc, avant le début de l’année, un seuil hors du temps, un point de rupture.

Il existe à Plougastel-Daoulas (près de Brest – Finistère) une tradition qui à ma connaissance n’existe nulle part ailleurs et que je m’en vais vous décrire. Sans doute le caractère d’isolat qui a longtemps marqué cette commune y est-il pour quelque chose. Il s’agit des Breuriez.

Le terme de breuriez, du breton breur, frère, pourrait se traduire par clan, et représente l’une des vingt-et-une petites unités territoriales de la commune de Plougastel. La cérémonie du breuriez se déroule l’après-midi du 1er novembre de chaque année. Elle regroupe les habitants faisant partie de la frairie qui se retrouvent autour de l’arbre à pommes. L’arbre, garni de pommes par les soins de l’acquéreur de l’année précédente, est présenté à l’assemblée avant le début des enchères. L’arbre revient à celui qui a misé le dernier. L’ancien acquéreur ôte alors la pomme du sommet et la garde pour lui. Le nouvel acquéreur distribue ensuite les pommes de l’arbre aux enfants présents.

L‘ensemble des sommes recueillies par la vente de petits pains bénits, de nèfles et de pommes est remis au clergé (y-a pas de petits bénefs), pour les messes à l’intention des défunts de la frairie. Cette cérémonie du breuriez, transmise à Plougastel par tradition, de génération en génération, n’a pas d’équivalent connu, et trouve probablement son origine dans les coutumes celtiques.

Il s’agit là d’une très vieille et très ancienne coutume qui montre combien les anciens avaient dans leur culture  ce culte des trépassés. La religion Catholique Apostolique et Romaine a vite fait de récupérer tous ces signes et de les intégrer dans ses propres rituels. Je me souviens étant tout minot d’un pilhouer (chiffonnier) qui quêtait en murmurant evit an anaon.

Voilà pour ce clin d’oeil à la tradition celtique dont on peut trouver encore quelques traces malgré les récupérations en tous genres, et en particulier la christianisation forcenée sans parler des marchands du temple qui veulent à tous prix nous imposer halloween…

 

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Cornegidouille…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la pataphysique et du boudin blanc réunis, bonjour !

Nous sommes le 1er novembre 2012, encore nommé jour de la Toussaint alors que nos amis républicains avaient dédié ce 11è jour de Brumaire au salsifis…

Ha setu breman: Miz du (e Brezhoneg evel just). Voici venir novembre qui ouvre le chemin de l’hiver par la grande fête de la Samain. On rit, on chante, on boit beaucoup,
on célèbre la mort du roi soleil. Bien sur, c’était avant ! Avant que que les « pisse-vinaigre » de la papauté ( Grégoire IV, 8ème siècle environ) n’en décident autrement. Il faut dire qu’ils furent bien aidé par Louis le Pieux qui instaura sur toute la Carolingie chrétienne cette obligation de fêter tous les saints. Voila pourquoi au lieu de faire la fiesta, on se traine dans les cimetières les bras chargés de chrysantèmes ridicules. Notons au passage, qu’en ce sens nous commettons une grossière erreur car la fête des morts elle, ce n’est que le lendemain. A Carnoët, quand tous les saints seront bien installés dans leur vallée, c’est par camion qu’on va voir débarquer les chrysantèmes, à tous les coups, ils vont remporter la palme des villages fleuris.

Et puis tiens, une pensée pour un maître en absurdie: Alfred JARRY. Il est décédé un 1er novembre en 1907. Il a fréquenté le lycée de Saint-Brieuc jusqu’en 1888 avant d’émigrer pour Rennes. Il va s’inspirer de son professeur de physique, M. Hébert, pour créer le personnage de UBU, interprété récemment par Eric Cantona (?). La vie ne lui a guère laissé le temps de produire davantage, il est mort à 37 ans non sans nous avoir légué la pataphysique…

 

 

Chez vous, je ne sais pas, mais ici, il fait un temps à ne pas mettre un saint dehors. Un temps de chien quoi. Pluie, vent… Pour un peu on se croirait à la Toussaint. Un temps à faire du feu dans la cheminée (je reviens demain) un temps qui sent le Kig-ha-farz, la veillée, un temps à relire l’oeuvre complète de Pêr Jakez Hélias; un temps qui fait l’humilité comme disait Jacques Brel. En attendant, ici, il fait plutot l’humidité comme en témoigne cette vue sur les jardins de l’ermitage.

Allez, couvrez vous, portez vous bien et, à demain peut-être.