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Critique de la raison…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la raison pure et du miel d’acacia réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 20 novembre 2012, 30è jour de Brumaire dédié au rouleau (l’engin agricole).

Je cherchais une opportunité pour évoquer devant vous ce philosophe cher à mon coeur et à mon esprit: Georges Palante. Profitons du 150è  anniversaire de sa naissance, 20 novembre 1862, pour en dire quelques mots. Philosophe et libertaire, prônant un individualisme aristocratique, il découvre dès l’adolescence quil est atteint d’une maladie rare et invalidante, l’acromégalie, dérèglement hormonal, provoquant l’allongement des membres qui l’incite à s’isoler. Après des études à Arras, Paris et Douai (licence en 1883), il obtient en 1885 un premier poste à Aurillac comme professeur de philosophie. Influencé par l’oeuvre de Schopenhauer, de Nietzsche et de Stirner, il développe une philosophie individualiste radicale et « une morale désespérée, mais élégante, de la résistance ». En 1911, il entame pour le « Mercure de France » une chronique philosophique. En 1916, à St-Brieuc où il exercera jusqu’à sa retraite, il fait la connaissance de l’écrivain Louis Guilloux. Celui-ci s’inspirera de la vie de Georges Palante dans son roman « Le sang noir » 1935.

J’ai eu le bonheur de rencontrer Louis Guilloux quelques années avant sa mort par l’intermédiaire d’un ami historien de Saint Brieuc. Il avait encore pour Palante une immense affection et un profond respect. Son personnage de Cripure, c’est Georges Palante, son professeur de philosophie au lycée de St Brieuc. Il était un fanatique de la Critique de la raison pure de Kant, d’où la contrepèterie : Cripure de la raison tique… En 1925, le pessimisme prenant le pas sur la lutte, Palante met fin à ses jours en se tirant une balle dans la tempe. Palante fait le constat quil existe des antinomies entre l’individu et la société, et que ces dernières ne peuvent en aucun cas être résolues. Pour autant, Palante ne condamne pas l’idée même de société, et il préfère opposer à cette dernière un combat que mènera chaque individu, afin d’éviter pour ces derniers de tomber dans les pièges que tend la société. Ainsi, sa vision de l’individualisme se veut constructiviste : il faut construire lindividu, afin de lui permettre de vivre au sein de la société, tout en évitant que cette dernière ne le broie. Ainsi, Palante se déclare « athée social », condamnant l’esprit grégaire qu’il n’aura de cesse de pourfendre tout au long de sa vie.. .Voila qui me plait bien et qui ne va pas déparer aux cimaises de notre galerie de portraits.

Allez, vous revenez quand vous voulez, la clé est sur la porte ! En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

 

La légende de Bran…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, TRADITION

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Amis de la peinture à l’eau et de la sardine à l’huile réunies, bonjour !

Nous sommes le lundi 19 novembre 2012, 29è jour de brumaire dédié au cormier. Il s’agit d’un bel arbre reconnu pour la dureté de son bois. Il a longtemps été le plus prisé pour la confection des fûts d’outils de corroyage (rabots, rifflards, varlopes, guillaumes…), le pommier massif ou en semelle rapportée étant moins apprécié. Il fut aussi utilisé pour réaliser des outils de traçage, règles, trusquins, et de toise. Dans les moulins , les dents rapportées sur la couronne en fonte de l’engrenage multiplicateur étaient faites en cormier. Les fruits, cormes ou sorbes, comestibles après blettissement (comme la nèfle), servaient aussi à préparer une boisson faiblement alcoolisée (piquette de cormes). Ils existent quelques spécimens remarquables de cormier qui peuvent être plusieurs fois centenaire comme celui-ci dans le parc du château du Martreil non loin de Chemillé dans le Maine et Loire. Par chez moi, le 19 novembre, on célèbre les Bran. Oyez cette histoire.

Pas très loin de l’ermitage de Keramoal où réside votre serviteur, face à la mer, du côté de Kerlouan, quelques vieux connaissent encore la légende de Bran. Elle raconte le souvenir d’un combat livré par Even le Grand aux hommes du Nord. L’illustre chef breton les força à la retraite, mais ils ne s’embarquèrent pas sans emmener des prisonniers, parmi lesquels le petit-fils du Comte Even, celui qu’on appelle Bran le corbeau, l’oiseau divin des celtes. Il ne reverra jamais les côtes de Bretagne. 

Le temps a passé ; à Kerlouan, sur le champ de bataille de Neiz-Vran, un grand chêne domine le rivage. Chaque année, en novembre, des oiseaux de mer se posent sur ses branches, des oiseaux au plumage noir et blanc, avec une tâche de sang au front. Au cœur de la nuit apparaît un jeune corbeau, bien fatigué, qui se repose en haut du chêne et dit «chantez pour moi, oiseaux de mon pays, vous qui n’êtes pas mort loin de la Bretagne ». Alors les oiseaux entonnent un chant si beau que la grande mer salée s’arrête de bouger et fait silence pour les écouter ! 

C‘est la même légende qui est attachée à la présence des fameux corbeaux de la tour de Londres. Six corbeaux entretenus par le gouvernement. La légende des corbeaux de la Tour fut mise en place, principalement, par le chroniqueur médiéval Geoffrey de Monmouth, qui relata de nombreux mythes et légendes gallois. En 1136 Geoffrey de Monmouth écrivit Historia Regum Britanniae (Histoire des Rois de Bretagne). Dans ce livre, il mentionne un ancien roi britannique, Bran Hen de Bryneich (né vers 485), tué à la bataille, et qui avait demandé à ce que sa tête soit enterrée, comme talisman contre les invasions, à Gwynfryn (la Butte Blanche), lieu où la Tour de Londres se tient aujourd’hui. Un Yeoman Warder (nom des gardes de la Tour) tient le rôle particulier de ‘Maître-corbeau’ et s’occupe de les nourrir et de les soigner. Lorsque John Flamsteed, l’astronome, se plaignit au roi du fait que les corbeaux gênaient ses observations, Charles II fit déplacer l’observatoire jusqu’à Grennwich plutôt que de toucher aux corbeaux… Etonnant, non !

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.


 

Jazzatao…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ

Amis de la poésie érotique et du riz pilaf réunis, bonjour !

Nous sommes le dimanche 18 novembre 2012, 28è de brumaire dédié au coing… Pendant que les banksters qui nous gouvernent continuent d’ajouter les réformes aux réformes, l’austérité à la rigueur et la chienlit au menu quotidien des peuples qui n’en peuvent mais… Le cénobite se retourne plein de zénitude vers les chemins du Jazzatao. C’est un concept nouveau qui remplace avantageusement le Jabadao… Bon, je reconnais qu’il faut posséder quelques accointances bretonnes pour saisir toute la subtilité du propos mais, nobody perfect, comme disait mon aïeule qui devait sa connaissance de la langue de Shakespeare à un aviateur anglais malencontreusement atterri dans les serres de la maison familiale.

le 18 novembre 1994, disparaissait celui qui à mes yeux, et surtout à mes oreilles, reste le roi du swing: CAB CALLOWAY. Il était sans doute le génial inventeur du scat. Chacun se souvient du fameux Zah Zuh Zah, thème du non moins fameux « Cotton Club ». C’est dans ce music hall de Broadway qu’il se fit connaître dès 1933, et pourtant ce n’était pas gagné d’avance quand on sait qu’il succédait à Duke ELLINGTON.

Le cabaret devait fermer en 1940 et Cab CALLOWAY se réfugia au « Zanzibar ». Une différence majeure avec ce qui se faisait jusqu’à lors, c’est qu’ici, on acceptait les noirs, pas seulement comme musiciens, mais aussi dans le public. Cab CALLOWAY a apporté sa musique à de nombreux films, il a même participé à plusieurs d’entre eux et, comment ne pas se souvenir de sa prestation dans le cultissime « The Blues Brothers ». J’ai découvert récemment qu »un site en français lui était enfin consacré: the hi de ho blog et ce n’est que justice.

Il faut vraiment que j’arrive à vous parler d’autre chose que de nos chers disparus. Mais, comme le dit avec son bon sens populaire notre ami Job Larigou: « Plus qu’on ira, plus qu’y en aura !« . Si je n’y prends garde, ce blog risque fort de virer à la chronique nécrologique. Je crois que c’est ce temps de toussaint qui influe sur nos inspirations. Fort heureusement, ne disparait pas cette musique extraordinaire que nous ont légué Calloway, Ellington, Fats Domino,Lionel Hampton,Count Basie et tant d’autres. Pas un jour sans que l’un d’entre eux ne fasse résonner son talent entre les murs de  l’ermitage de Keramoal.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Journal extime…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la quadrature du cercle et du canard à l’orange réunis, bonjour !

Nous sommes le samedi 17 novembre 2012, 27è jour de Brumaire dédié au Macjonc. Il s’agit de la gesse tubéreuse autrefois nommée « souris de Hollande ».

C‘est à Michel TOURNIER que l’on doit me semble t-il cette merveilleuse expression: « le blog est un journal extime ». Chaque fois que je le peux, je consacre un peu de temps à voyager dans cet espace minusculement gigantesque qui s’étend entre mon écran et le reste du monde et que les spécialistes ont nommé: La blogosphère. Je m’intéresse particulièrement à la catégorie dite des journaux intimes (d’ou le titre), tellement intimes qu’ils sont éventuellement partagés par la planète entière ou, pour le moins par ceux qui accèdent aux technologies nouvelles. Le résultat est assez édifiant pour ne pas dire affligeant. Et pourquoi en serait-il autrement ? Depuis les états d’âme de la midinette jusqu’au dernier conseil en matière de point de croix, en passant par la santé du p’tit dernier, on assiste à un étalage assez navrant de poncifs, d’idées toutes faites, de clichés et surtout, de « copier-coller ».  Mais l’intérêt des blogs, c’est aussi les commentaires qu’ils suscitent. Là encore, force est de constater que cela relève plus souvent de la conversation de cour de récré ou de salon entre thé et petits fours (sauf les vôtres bien entendu), autour des dernières nouveautés de Tupperware ou des sex toys en polyglute de molygraillon de la Redoute, plutôt que du débat d’idées. Mais bon, ne soyons pas plus royaliste que Ségo l’est…(et celle là, vous la trouvez comment ?)  Continuons notre chemin en privilégiant l’humour, cela évite de se laver trop souvent car, comme le disait Pierre DAC: Le rire est le propre de l’homme. Des blogs et des bons il en existe fort heureusement. La liste de liens en répertorie quelques uns que j’apprécie particulièrement et je vous invite à les visiter.

Autant dire que l’actualité, elle, ne me fait pas rire franchement. Il se fait à nouveau un bruit de bottes, là-bas, de l’autre côté de la Méditerranée, qui aurait plutôt tendance à me faire frissonner. Netanyahou ayant besoin de se faire réélire, il met le paquet. Les frangins musulmans au pouvoir dorénavant en Egypte, haussent le ton et se hérissent la barbe. L’Iran tousse un peu plus fort que d’habitude, et la Russie poutinienne dit qu’elle ne laissera pas faire.Les roquettes croisent les drones au dessus de la tête des pauvres gens et l’ONU se réunit comme elle sait le faire… Ben oui, faut préparer l’expédition au Mali !

Bon, c’est pas tout ça, j’ai de la cuisine à faire. En attendant la suite portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

 

Va, cours, vole et nous venge…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis du paranormal et de la soupe à l’ortie réunis, bonjour !

Petits veinards que vous êtes, vous lisez le 1165è billet des « cénobites tranquilles« . Nous sommes le vendredi 16 novembre 2012, 26è jour de brumaire dédié à la pistache. Notons au passage que ce fruit, riche en nutriments mais pauvre en calories n’offre que des avantages. Elle contient des bons acides qui permettent de réduire le mauvais cholestérol. Ses antioxydants font merveille contre le stress. Et j’en connais qui vont en avoir besoin…

« La rumeur approche, l’écho la redit » c’est dans « Les Orientales » de V. HUGO. Pas un jour sans que le Net justement ne se fasse l’écho d’une nouvelle rumeur aussi invérifiable que la précédente. Extraordinaire caisse de résonnance mondialisée, le réseau s’empare d’un bruit, d’un murmure, d’un chuchotement, d’un soupçon et, en quelques heures, c’est le « buzz », l’info a fait le tour de la planète, tel un torrent cévenol elle a grossit et, très vite sort de son lit. Dès lors elle devient incontrolable. Depuis la maladie d’une star jusqu’à la présence d’huile de vidange dans les bouteilles Lesieur, en passant par le grand complot au nom de code H1N1, tout est bon pour alimenter la rumeur, y compris et surtout les démentis. Exemple: Au mois d’août à Carnoët (29), il y avait tellement de guèpes qu’ils ont failli rebaptiser le site: « la vallée d’essaim » . (comique de répétition)

Pascal FROISSART, qui enseigne à l’université de Paris VIII en avait fait un livre remarquable: « La rumeur, histoire et fantasmes » aux éditions Belin et dont je m’étais fait l’écho ici. Mais, l’intéret de Internet, c’est qu’on y trouve aussi, les contre-poisons. Par exemple, vous pouvez utiliser des sites comme hoaxkiller.fr  ou bien encore le site hoaxbuster.com  Pour ma part, j’aime bien le site du « démonte rumeur » (c’est quand même plus franchouillard) hébergé par Rue 89;  on y trouve le classement des dernières rumeurs et surtout, enquètes, contre-enquètes, démonstrations et autres preuves permettant de démonter le mécanisme de la rumeur.

Voilà, voilà, vous glissez tout cela dans la catégorie « conseil du jour » et vous êtes doté
d’un outil supplémentaire pour ne pas mourir idiot. Si vous connaissez d’autres sites de ce genre, je suis preneur. D’ici là, informez vous, ne vous laissez pas séduire par le chant des sirènes (on dit que la ville d’YS n’est pas loin d’ici) vérifiez, recoupez, comparez et, en dernier lieu faites vous une opinion. Et puisque vous semblez insister, je peux bien vous le dire, concernant Rachida DATI, je ne suis pas le père de l’enfant…

 

Et puis tiens, aujourd’hui, un bonus dédicacé à Jean-Yves, en toute sympathie. C’est chanté par La parisienne libérée qui est aussi une blogueuse engagée:

Allez, merci à vous pour votre indulgence à l’égard de l’auteur; portez vous bien et, à demain peut-être.

 

Par tous les Dieux…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis du panthéon nordique et des chaussettes à clous réunis, bonjour !

Nous sommes le 15 novembre 2012, 25è jour de Brumaire dédié au faisan.

Aujourd’hui, c’est Jeudi, et le Jeudi…Et ben, c’est Jeudi ! In english Thursday, signifiant le jour de Thor; pour nous c’est plutôt Jupiter alors on dit Jeudi. Tout comme Sunday est le jour du Soleil, oui parce que Monday c’est le jour de la Lune. Prenez Mardi par exemple, pour les ultra-manchots c’est Tuesday à cause de TIW, équivalent germanique du dieu romain Mars. Le Mercredi pour nous correspond à Mercure et en breton on dit Merc’her, au pays de Galles Dydd Mercher et les anglais,qui tiennent toujours à se singulariser, Wednesday en référence à Woden (du proto germanique Wotan ou si vous préférez Odin) et ainsi de suite, jeudi Jupiter, vendredi Vénus et samedi Saturne. Pour résumer tout cela voici une dédicace spéciale pour Rigolus:

C‘est pour cela que votre fille est muette et c’est pour cela que Pluton n’est plus une planète. Parce que pluday ça n’existe pas, ni pludi, sauf à Groland peut-être. En Bretagne pour se venger, on a mis des Plu, des Plou, des Plo, des Ple, quasiment partout. Dans le Trégor, c’est plutôt Plou-dalmézeau plouider, Plouvorn. Chez les cornouaillais et les bigoudens, c’est plutôt Plo-zévet, Plomodiern, Plovan. En pays gallo c’est plutôt Ple-dran, Pleucadeuc, pleuhiden. Et en Belgique, c’est plutôt plat (humour). Bon, j’arrête là car cela part dans tous les sens. Maintenant que j’y repense, mon Paracétamol avait un drôle de goût ce matin.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Gwin ar C’hallaoued…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la liberté de conscience et de l’entrecôte marchand de vin réunies, bonjour !

Nous sommes le mercredi 14 novembre, 24è jour de Brumaire dédié à l’Orange. Il vous reste 47 jours avant la fin de l’année. Enfin, peut-être… D’après le calendrier de Maya l’abeille, je vous rappelle que la fin du monde est fixée au 12/12/2012. A Brest le salon des vins vient de fermer ses portes mais hélas, il aura du se passer de ma visite pour cause de lombalgie aigüe. Je m’étais pourtant promis de laisser traîner une narine intéressée du côté de saint-Emilion notamment. Et là, je voudrais en profiter pour rétablir une vérité trop longtemps ignorée… Oui, Saint Emilion était Breton ! J’ai déjà publié cette petite histoire mais la station assise devant le clavier m’étant déconseillée, je fais au plus court et donc, rediff…

Emilianus naquit à Vannes au début du VIII ème siècle. Laïc, il se signala dès sa jeunesse par sa charité et son attention envers les pauvres. Le Comte de Vannes l’engagea comme intendant de sa maison. Il fut très vite en butte aux lazzis comme dit Brassens et se décida à l’exil. Sur son chemin vers St Jacques de Compostelle il est accueilli par Martin, un abbé bénédictin du Saintonge qui l’engagea à devenir moine. A nouveau il fut la cible des envieux, c’est Don Mabillon, lui même Bénédictin et historien au 17è siècle qui le raconte. Emilianus décida dès lors de se retirer pour vivre une vie d’anachorète. Que n’a t-il choisit les cénobites ! Il s’arrêta dans la forêt de Combes et cet ermitage est aujourd’hui devenu la ville de Saint Emilion. L’ermite s’installa dans une des grottes et y fixa son oratoire.

Mais, l’odeur de sainteté attire et une fois de plus le saint se vit recherché. On venait le voir, lui poser des questions, l’entendre et se convertir. Enfin, il se résolut à fonder un
monastère et il y mourut en 767. L’église de Saint Emilion, monolithe, creusée dans la pierre est peut-être ce qu’il en reste. Vous connaissez la suite, quand il y a des moines, il y a des vignes, fussent celles du seigneur, elles donnent aujourd’hui quelques grands crus à faire pâlir un saint homme.

En bonus je poste une version rare de « Gwin ar C’hallaoued » par les « Ar Skloferien ». Un disque paru en 1973 je crois. On dit que cette chanson était entonnée par les Bretons qui s’en allaient piller les caves françaises pour leurs vins réputés.

Allez, à la vôtre, portez vous bien et à demain peut-être.

 

La chanson de Craonne…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis du calendrier des postes et du boudin aux pommes réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 13 novembre 2012, 23è jour de Brumaire. C’est le jour de la Garance, plante aujourd’hui tombée en désuétude qui servait essentiellement à produire de la teinture pourpre. A tel point qu’on la nommait « rouge des teinturiers ».  les racines et les tiges souterraines contiennent de l’alizarine, qui a la propriété de donner aux tissu une belle couleur rouge. Les uniformes de l’armée française l’employaient abondamment avant la première guerre mondiale. « Le tristement célèbre pantalon rouge « garance » faisait des soldats des cibles parfaites pour l’ennemi, Le képi est aussi rouge et bleu, mais depuis 1913, il est prévu en campagne de le couvrir de bleu. La lourde capote est, elle aussi, de couleur bleue. Les pans sont remontés lorsque le fantassin est en campagne. »  Cette teinture naturelle a été remplacée par des colorants synthétiques. La culture de la garance, très ancienne (elle est attestée depuis plus de 3000 ans en Inde) n’est plus qu’un souvenir. Au milieu du XIXè siècle, on comptait encore une cinquantaine de moulins à Garance dans le Vaucluse.

Tiens, pour ne pas oublier, je vous propose d’écouter « la chanson de Craonne » recueillie par Paul Vaillant-Couturier en 1917 et interdite en france jusqu’en 1974. Ce dernier la publiera en 1919 sous le titre « La chanson de Lorette ».

Cette chanson restera à jamais le symbole de ceux qui disent non à la guerre. Il y a quelques années, Daniel Mermet lui a consacré une émission ( là bas si j’y suis) sur France-inter. A l’époque où les mutineries se multipliaient dans les unités sur le front, les autorités promettaient une somme astronomique à qui en dénoncerait les auteurs. Peine perdue, elle est restée anonyme, et sans doute pour toujours.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Pissarro ci, Pissarro là…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des postes et télécommunications et du Paris-Brest réunis, bonjour !

Ce lundi 12 novembre 2012, 22è jour du mois de Brumaire, est dédié à l’azérole… Ah, vous ne connaissez pas l’azérolier ? C’est un joli petit arbre fruitier du même genre que l’aubépine que l’on trouve dans le bassin méditerranéen. Dans le sud de la France, ils appellent cela la pomette. On dit qu’en décoction c’est excellent pour lutter contre l’hypertension artérielle, personnellement je préfère le Lagavulin. Ses fruits sont généralement utilisés en gelée ou en confiture. A propos de décoction, je lance un appel à tous ceux qui voudraient m’en conseiller une contre le mal de dos. A l’heure où je poste ce billet, vous me voyez ci, plié en deux par une vieille lombalgie qui a brusquement décidé de se rappeler à mon mauvais souvenir. C’est aussi le jour ou jamais pour souhaiter une bonne fête aux « Christiane »; voilà qui est fait, elle se reconnaîtra.

Tout à fait autre chose.

Le 12 novembre 1903 voit la disparition de Camille PISSARROPeintre de talent de l’école impressionniste et anarchiste de convictions.

Son enfance se passe dans les Antilles. En 1855, il est à Paris pour suivre les cours des Beaux-Arts. Passionné par le dessin et la peinture, il devient l’ami de Monet, Renoir et Cézanne. En 1863, il expose au « Salon des Refusés ». Durant la guerre de 1870, il se réfugie en Angleterre, mais il est contraint d’abandonner de nombreuses toiles qui seront détruites par la soldatesque. De retour en France, il participe dès 1874 aux premières expositions des impressionnistes (qui ne rencontrent qu’incompréhensions).

En 1884, une exposition de ses toiles aux U.S.A, est couronnée de succès. Il se lie avec Signac et Seurat, découvre les idées anarchistes (comme bon nombre de néo-impressionnistes) et fait la connaissance de Pouget et de Grave, à qui il apporte un soutien financier, aidant également les familles d’anarchistes emprisonnés ou des compagnons italiens en exil. Mais après l’assassinat de Sadi Carnot par Caserio, il est recherché par la police. Il se réfugie en Belgique, et y rencontre Elisée Reclus.

Pissarro partage avec l’avant-garde littéraire et artistique de la fin du XIXe siècle l’esprit de pitié, de générosité et de révolte sociales – la mal-pensance, pour l’époque… Il n’en laisse passer que des traces discrètes dans ses paysages, ruraux et urbains. Mais en novembre – décembre 1889, dans le secret, il compose vingt-huit dessins à la plume sur le thème du malheur des pauvres et de la cupidité indifférente des nantis : Turpitudes socialesRestés inconnus jusqu’en 1972, conservés à Genève dans la collection Jean Bonna. Aux ed. PUF, coll. Sources.(cliquez sur le lien pour voir ces dessins)

Lecteur de Kropotkine et de Jean Grave, ami de Mirbeau et de Fénéon, Pissarro se fait ici le continuateur de Daumier, et se rapproche de Steinlen, Vallotton, Luce, comme du Zola de L’Assommoir. De retour en France, il participe à la parution des « temps nouveaux », et s’engage contre l’antisémitisme lors de « l’affaire Dreyfus ».

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Je voudrais sans la nommer…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, HISTOIRE

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Amis de la mélancolie au lit et du munster au cumin réunis, bonjour !

Nous sommes le dimanche 11 novembre 2012, 21è jour de
Brumaire dédié à la Bacchante; ces nymphes qui célébraient les mystères de Dionysos au cours des fameuses Bacchanales. On dit qu’e
lles couraient çà et là, échevelées, à demi nues ou couvertes de peaux de tigres, la tête couronnée de lierre, le thyrse à la main, dansant et remplissant l’air de cris discordants. Elles répétaient fréquemment le cri Évoé, comme pour rappeler les triomphes de Bacchus sur les Géants.

Alors que beaucoup (trop) entretiennent la flamme des boucheries passées, les anarchistes ont une pensée pour leurs compagnons sacrifiés sur l’autel du capitalisme. C’est en effet, le 11 novembre 1887, à Chicago, à 11h 30 dans la cour de la prison que sont exécuté par pendaison les anarchistes August SPIES, Albert PARSONS, Adolph FISCHER, et George ENGEL. Samuel FIELDEN et Michael Schwab sont envoyés au bagne à perpétuité. Quand à Louis LINGG, il s’est suicidé la veille dans sa cellule. Avant de vous conter leur histoire, écoutons Moustaki.

Tout a débuté le samedi 1er mai 1886, à Chicago : cette date, fixée par les syndicats américains et le journal anarchiste « The Alarm » afin d’organiser un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures, aura des conséquences inattendue pour la classe ouvrière internationale. La grève, suivie par 340 000 salariés, paralyse près de 12 000 usines à travers les USA.

Le mouvement se poursuit les jours suivants. Le 3 mai, le meeting qui se tient près des usines McCormick donne ensuite lieu à des affrontements avec les vigiles privés qui protègent les « briseurs de grève ». La police appelée en renfort tire sur la foule, provoquant la mort de deux ouvriers.

Le 4 mai, tout Chicago est en grève et un grand rassemblement est prévu à Haymarket dans la soirée. Alors que celui-ci se termine, la police charge les derniers manifestants. C’est à ce moment-là qu’une bombe est jetée sur les policiers, qui ripostent en tirant. Le bilan se solde par une douzaine de morts, dont sept policiers. Cela déclenche l’hystérie de la presse bourgeoise et la proclamation de la loi martiale. La police arrête huit anarchistes, dont deux seulement étaient présents au moment de l’explosion. Mais qu’importe leur innocence ; un procès, commencé le 21 juin 1886, se clôt le 20 août par sept condamnations à mort. 

Allez, c’est pas tout, faut pas rater la commémo (humour). Portez vous bien et à demain peut-être.