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Critique de la raison…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la raison pure et du miel d’acacia réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 20 novembre 2012, 30è jour de Brumaire dédié au rouleau (l’engin agricole).

Je cherchais une opportunité pour évoquer devant vous ce philosophe cher à mon coeur et à mon esprit: Georges Palante. Profitons du 150è  anniversaire de sa naissance, 20 novembre 1862, pour en dire quelques mots. Philosophe et libertaire, prônant un individualisme aristocratique, il découvre dès l’adolescence quil est atteint d’une maladie rare et invalidante, l’acromégalie, dérèglement hormonal, provoquant l’allongement des membres qui l’incite à s’isoler. Après des études à Arras, Paris et Douai (licence en 1883), il obtient en 1885 un premier poste à Aurillac comme professeur de philosophie. Influencé par l’oeuvre de Schopenhauer, de Nietzsche et de Stirner, il développe une philosophie individualiste radicale et « une morale désespérée, mais élégante, de la résistance ». En 1911, il entame pour le « Mercure de France » une chronique philosophique. En 1916, à St-Brieuc où il exercera jusqu’à sa retraite, il fait la connaissance de l’écrivain Louis Guilloux. Celui-ci s’inspirera de la vie de Georges Palante dans son roman « Le sang noir » 1935.

J’ai eu le bonheur de rencontrer Louis Guilloux quelques années avant sa mort par l’intermédiaire d’un ami historien de Saint Brieuc. Il avait encore pour Palante une immense affection et un profond respect. Son personnage de Cripure, c’est Georges Palante, son professeur de philosophie au lycée de St Brieuc. Il était un fanatique de la Critique de la raison pure de Kant, d’où la contrepèterie : Cripure de la raison tique… En 1925, le pessimisme prenant le pas sur la lutte, Palante met fin à ses jours en se tirant une balle dans la tempe. Palante fait le constat quil existe des antinomies entre l’individu et la société, et que ces dernières ne peuvent en aucun cas être résolues. Pour autant, Palante ne condamne pas l’idée même de société, et il préfère opposer à cette dernière un combat que mènera chaque individu, afin d’éviter pour ces derniers de tomber dans les pièges que tend la société. Ainsi, sa vision de l’individualisme se veut constructiviste : il faut construire lindividu, afin de lui permettre de vivre au sein de la société, tout en évitant que cette dernière ne le broie. Ainsi, Palante se déclare « athée social », condamnant l’esprit grégaire qu’il n’aura de cesse de pourfendre tout au long de sa vie.. .Voila qui me plait bien et qui ne va pas déparer aux cimaises de notre galerie de portraits.

Allez, vous revenez quand vous voulez, la clé est sur la porte ! En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.