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Ras la citrouille…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR, TRADITION

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Amis de la tradition et du 2.0 réunis, bonjour !

Nous sommes le mercredi 31 octobre 2012, dixième jour de Brumaire dédié à la charrue.

HALLOWEEN: Et voila, c’est reparti pour un tour. Les marchands du temple ne désespèrent pas de nous refiler leur camelote. Messieurs les vendeurs de citrouilles, nous n’avons que faire de vos zombis de pacotille, vos Freddys ensanglantés et autres fantômes hollywoodiens…,Nous, nous arrivons en ligne droite des Thuatha De Danann, nos épopées sont celles de Cûchulain et nous avançons vers Avalon. Chez nous, la Samain est celle des druides, bardes et ovates. La Celtie n’a pas attendu l’évangélisation, fusse celle de St Patrick, pour ouvrir, une fois l’an, la porte entre la saison claire et la saison noire, entre le jour et la nuit, entre le monde des vivants et celui des morts. Si vous passez du coté de l’ile de Sein, le mercredi après midi, vous y verrez peut-être de vieilles Sénanes, tout de noir vétues, penchées sur la tombe de leurs disparus et, si vous approchez avec discrétion, vous les entendrez parler. Elles racontent aux défunts les évènements de la semaine. Pourquoi ne pas profiter de cette
période de l’année et de cette tradition que les immigrants Irlandais et Ecossais ont emporté dans leurs bagages vers le nouveau monde (all hallow even: le soir de tous les saints et la légende de Jack o lantern) pour raconter aux enfants la très vieille et très ancienne tradition Celtique. Son panthéon n’a pas à rougir de celui des Grecs ou des Egyptiens. Ses sagas n’ont rien à envier à l’Illiade, à l’Odyssée, aux milles et une nuits ni même à la bible. Oui mais voila, ça ne se vend pas ça, coco ! Alors, de grâce, épargnez nous vos orgies de cucurbitacées.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

La zénitude…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la nature naturante et du chouchenn chaud réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 30 octobre 2012, 9è jour de Brumaire dédié à l’Alisier. Pas une raison pour en faire des tonnes (tonnes à lisier) dirait mon aïeule dont l’humour n’avait d’égal que son intérêt pour les lichouseries comme on dit à Douarnenez…

A propos de gourmandise, c‘est de manière très égoïste que je m’intéresse aux abeilles. Je suis en effet un gros consommateur de miel et je serai très marri si celles-ci cessaient de produire ce délicieux nectar qui explique à lui tout seul mon teint de rose et ma santé de fer… L’abeille étant le premier et plus important pollinisateur dont la nature nous ait doté, l’humanité commettrai une folie en ne s’inquiétant pas de sa disparition. Or voici plusieurs boutiques par moi visitées et dont les rayons (amusant) sont désespérément vides si ce n’est quelques ersatz à la provenance douteuse. Pourtant, il est hors de question que les crêpes qui constituent l’essentiel de mes petits déjeuners soient enduites d’autre chose que de ce miracle de la nature. Je lance donc un appel aux lecteurs, aux twittos, à l’ONU, au SAMU, à Dédé l’Abeillaud, aux Pages Jaunes, à madame Irma, pour me signaler une adresse où je puisse me ravitailler avant l’hiver en miel breton garanti sans OGM.


Bon, allez, un peu de beauté dans ce monde de brutes…

Heureusement il y a la trompette de Miles, le talent de Duke, le génie du « Bird » , le tempo de Cab’Calloway, la maestria de Bill Evans, les fulgurances de Dizzy Gillespie, les envolées du Big Fats, le spleen de Billie Holiday, pour nous rassurer sur les capacités de l’humanité à produire autre chose que du Régent et du Gaucho, des pesticides, des insecticides, des herbicides, des fongicides… Mais à quand un prix Nobel pour celui qui inventera la connerieticide ?

La zénitude étant la force principale désarmée…(Je ne suis pas mécontent de celle-là) je vais reprendre le train-train du retraité pépère et retrouver une activité normale comme disent les guignols. Enfin, c’est une façon de parler car l’heure du repos n’est pas encore arrivée; de longs et pénibles travaux… Tout cela pour dire que la réfection de l’ermitage est en cours et que les travaux de peinture ont commencé. Allez, portez vous bien et, à demain…Peut-être.

29 octobre

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la raison pure et de l’onglet aux échalotes réunis, bonjour !

Nous sommes donc le lundi 29 octobre 2012. En ce huitième jour de brumaire nous célébrons la scorsonère. Je vois à votre air ébahi que vous n’avez pas reconnu ce que nous, petites gens, appelons (à tort) le salsifis noir. Elle est connue depuis fort longtemps : La Quintinie (jardinier du Roi Soleil) disait d’elle «  [...] c’est une de nos principales racines, admirable cuite, soit pour le plaisir du goût, soit pour la santé du corps ». « Scorsonère » est apparu sous cette forme en 1671. Auparavant, il s’écrivait scorzonera, emprunté à l’italien scorzonera, de scorzone, serpent venimeux, dont la scorsonère était censée être l’antidote. Une autre explication voudrait que le mot signifie « écorce noire » à cause de la couleur de la pelure, mais elle semble de moins en moins acceptée. Et maintenant vous pouvez rejoindre la cuisine, cela se prépare comme le panais.

Le 29 octobre 1981 voit la disparition du grand Georges Brassens. « Les cénobites tranquilles » dédie cette chanson merveilleuse à toutes ses lectrices…

 

Et puisque c’est aujourd’hui la St Narcisse, on a le droit de se faire plaisir. Je me suis donc concocté un programme en deux temps: D’abord, petit détour par la forêt d’Ambroise pour une séquence cueillette, puis, au retour, une halte au plan d’eau du Drennec pour un tête à tête avec un brochet de ma connaissance. C’est pas beautiful ça, c’est pas fantastique mes bodys boys ? Allez, faut qu’j'y aille, portez vous bien et, à demain…Peut-être.

 

Jude, Alphonse, Erik et les autres…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’absurdie et du pain au chocolat réunis, bonjour !

Nous voici donc réunis en ce dimanche 28 octobre 2012, 7è jour de Brumaire dédié à la figue, pour célébrer les JUDE (c’est Jude son prénom). « Apprenons de ce saint apôtre Jude à demeurer en repos, non sur l’évidence d’une réponse précise, mais sur l’impénétrable hauteur d’une vérité cachée ». dixit: Bossuet c’est beau comme du Morano… On dit que c’est le patron des causes perdues; dommage qu’elles soient davantage perdues pour les ouvriers que pour les patrons. J’en profite donc pour souhaîter une bonne fête à mon aîné que ses pérégrinations professionnelles ont conduit chez les émirs en lui dédicaçant cette chanson culte.

Et puisque ce billet s’ouvre sous le signe de l’absurde, continuons. Sans doute ai-je déjà évoqué ici mon amour immodéré pour la ville de Honfleur; à cause de Satie et des tendres souvenirs glanés avec ma belle amie mais aussi pour avoir donné le jour à ce grand humoriste qu’était Alphonse ALLAIS, décédé un 28 octobre en 1905.

Célèbre pour sa plume acerbe et son humour absurde, il fut pionnier de la peinture abstraite. On lui doit notamment « Récolte de la tomate sur le bord de la mer Rouge par des cardinaux apoplectiques » présentés au Salon des arts incohérents, précédent d’une génération le Carré blanc sur fond blanc de Kasimir Malevitch, généralement considéré comme le premier exemple en la matière. Il est aussi, l’auteur de la première composition musicale minimaliste : sa  Marche Funèbre composée pour les Funérailles d’un grand homme sourd, est une page de composition vierge, parce que « les grandes douleurs sont muettes ».

Alphonse Allais a composé des centaines de contes humoristiques, tous ou presque écrits dans l’urgence. Poète autant qu’humoriste, il a cultivé entre autres le poème holorime, c’est-à-dire constitué de vers entièrement homophones, où la rime est constituée par la totalité du vers. Exemple :

« Par les bois du djinn où s’entasse de l’effroi. Parle et bois du gin ou cent tasses de lait froid. »

Alphonse Allais et Erik Satie sont nés dans la même rue de Honfleur à quelques mètres de distance. Il se sont rencontrés au cabaret Le chat noir, le premier avait surnommé l’autre L’ésotérik Satie. L’Association des amis d’Alphonse Allais (AAAA) est une organisation regroupant des personnes qui apprécient l’humour d’Alphonse Allais. Elle a son siège au Petit musée d’Alphonse à Honfleur. Alphonse Allais appartenait au club des hydropathes dont l’objectif premier était de célébrer la littérature et en particulier la poésie : les participants déclamaient leurs vers ou leur prose à haute voix devant l’assistance lors des séances du vendredi soir. Mais les membres professaient également le rejet de l’eau comme boisson au bénéfice du vin. On y retrouve Charles Cros, Jules Laforgue ou Maurice Mac-Nab. Que du beau monde !

Pour finir en beauté, quelques citations: On étouffe ici, permettez moi d’ouvrir une parenthèse. Ou encore: il était Normand par sa mère et Breton par un ami de son père.

L‘humour, la dérision, l’absurde, voilà bien des denrées en voie de disparition tant les hommes d’aujourd’hui veulent se prendre au sérieux. Allez, merci encore pour cette visite inopinée, je ne m’y attendais vraiment pas, portez vous bien et à demain peut-être.

 

ICI LONDRES…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la France libre et du Tokay pinot gris réunis, bonjour !

Melpomène se parfume à l’héliotrope, je répète: Melpomène se parfume à l’héliotrope… Mais qu’est-ce que je raconte moi; j’ai pourtant pris mes gouttes ce matin. Ah oui, cela me revient comme un pâté chaud…

Nous sommes le samedi 27 octobre 2012, sixième jour de brumaire dédié à l’héliotrope et la phrase ci dessus est un « message personnel » donné par la BBC, Radio Londres, dans le cadre de la fameuse édition quotidienne Les français parlent aux français pour annoncer la passage dans la capitale britannique de René Massigli, futur commissaire aux affaires étrangères de la France libre. Radio Londres fut créée, entre autres, par Jean Marin, né natif de Douarnenez et fut animée par un certain André Isaac plus connu sous le nom de Pierre DAC. Du coup je me suis renseigné sur cette fameuse Melpomène qui se parfumait à l’héliotrope. Dans la mythologie grecque, Melpomène est la Muse du Chant, de l’Harmonie musicale et de la Tragédie quand elle est associée à Dionysos. Son maintien est grave et sérieux : elle est richement vêtue, et chaussée de cothurnes; elle tient d’une main un sceptre et des couronnes, de l’autre un poignard ensanglanté, parfois une massue d’Héraclès dont le théâtre aimait célébrer les exploits. Elle possède comme autres attributs la couronne de pampres et le masque de tragédie. Parfois on lui donne pour suivantes la Terreur et la Pitié.

Michel-Roger Augeard a compilé tous ces messages et en a fait un livre paru chez JC Lattès: Melpomène se parfume à l’héliotrope. Stéphane Hessel, est l’un des anciens résistants interviewés dans l’ouvrage. Il se souvient d’autant mieux de cette phrase qu’il fut impliqué dans le difficile transfert à Londres de l’ambassadeur de France en Turquie, René Massigli.

 

Pour ma part j’écoute Radio Libertaire et cela me change des niaiseries quotidiennes des grands médias. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Lochu tu t’en souviens…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, HISTOIRE

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Amis du néo-Malthusianisme et des demoiselles* du Guilvinec réunis, bonjour !

Nous sommes le vendredi 26 octobre 2012, c’est le 05 Brumaire et, c’est le jour de l’oie… Oyez donc ceci.

A plusieurs reprises, j’ai évoqué ici la figure de ce grand anarchiste révolutionnaire, à moins que ce ne soit l’inverse, je veux parler de Nestor Makhno. Et puisque le 26 octobre est le jour anniversaire de sa naissance, petite piqure de rappel.

Il a vu le jour en effet le 26 octobre 1889 à Houliaïpole en Ukraine. Issu d’une famille d’anciens serfs, il a connu une enfance très miséreuse.. C’est sans doute cette condition qui va l’amener à se révolter très jeune. C’est en 1906, période de grande répression tsariste, qu’il fait la rencontre de paysans anarchistes de Goulaï Polié. A la suite des attentats contre le gouverneur de la province, il est arrêté mais échappe à la peine de mort grâce à son jeune âge. Il ne sortira de prison que neuf ans plus tard au moment de la révolution et va découvrir les idées de Kropotkine. Le 6 janvier 1918, l’assemblée constituante Russe est dissoute. La situation est si confuse que les armées austro-allemandes en profitent pour pénétrer en Russie et menacer le régime bolchevique. Le 3 mars 1918, par l’accord de Brest-Litovsk, Lénine accepte le démantèlement de l’ex-Empire russe.

L‘Ukraine, sous protectorat austro-allemand, est de nouveau confrontée aux exactions commises et au retour des Allemands et des propriétaires terriens. Septembre 1918 voit donc la naissance de la fameuse « Makhnovchtchina » (en vidéo la chanson écrite par Etienne Roda-Gil en 1961 et interprétée par Les Béruriers noirs) et de ses drapeaux noirs.

En moins de 3 mois, les makhnovistes libèrent une importante partie de l’Ukraine orientale. La réaction ne tarde pas à se réorganiser et le Général Dénékine compose une nouvelle armée que l’on appellera « les blancs » en opposition à l’armée rouge de Trotsky. Makhno est pris entre le marteau et l’enclume, il se soulève contre les blancs mais les rouges se méfient des anarchistes et ne tardent pas à les laisser tomber.

Makhno mène la lutte jusqu’en 1919, contre les forces blanches et les troupes d’occupation allemandes et autrichiennes. Puis, les makhnovistes, déclarés hors-la-loi par les bolcheviques, prennent les armes contre les rouges . En août 1920, Makhno est blessé lors d’un combat contre l’armée bolchevique. Craignant pour sa vie, le Conseil décide de lui faire quitter l’Ukraine. On le retrouve à Paris où il reprend ses activités sous une forme plus théorique. Dans ses mémoires, « mes compagnons de Brest et d’ailleurs », préfacées par Léo Ferré, René Lochu dit avoir rencontré Makhno à Brest (Finistère) en 1927. Contre la tyrannie des possédants, contre la dictature – fusse t-elle du prolétariat – contre le fascisme, contre le stalinisme, le Franquisme… Les anarchistes n’ont jamais hésité à se mobiliser.

Peut-être un jour comprendra t-on que, quelle que soit la langue employée, Anarchisme, ça veut pas forcément dire « bordel ». En attendant, des petits blogueurs sur leur petit clavier continuent d’entretenir la mémoire.

Allez, je vous remercie d’être passé par ici, vous savez que vous pouvez revenir quand ça vous chante, c’est ouvert tous les jours. Portez vous bien et à demain peut-être.

*je parle des langoustines bien entendu.

 

Un p’tit tour par Gouesnou…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la tradition et du blé noir réunis, bonjour !

Hé oui, nous aurions pu être le 4 brumaire, jour de la betterave dans le calendrier républicain, mais nous sommes le jeudi 25 octobre 2012, jour de la St Crépin (poil aux saints). En Bretagne bretonnante on célèbre Gouesnou. J’en parle car le saint homme a laissé son nom à un village qui se trouve à deux pas de mon ermitage et je sais que cela fera plaisir à Michel qui est friand de mes histoires de saints.

On prétend que cette paroisse fut fondée par Saint Gouesnou, neuvième évèque du Léon et qu’elle fut donnée à l’abbaye de Saint Georges de Rennes par la duchesse Berthe de Champagne, bien connue dans son canton, veuve du duc Alain, surnommé Barbe-torte, qui mourut à Nantes en l’an 952. Autrefois on portait ses reliques en processions le jour de l’Ascension. L’an 1342, Charles de Blois les porta. En 1417, le duc Jean V, son oncle. En 1455 le duc Pierre II en compagnie du connétable Arthur. Né en Bretagne insulaire, il perd sa mère à l’âge de dix huit ans. Son père Tudon part pour l’Armorique avec ses enfants, Gouesnou, sa soeur Tudona et son frère ainé Masien. Ils auraient débarqué près de Brest, peut-être à Landéda. Un jour le saint rencontre le tyran Conomor; celui-ci lui promet  »autant de terre qu’il pourrait clore de fossez en un jour ; le saint accepta le don et ayant mandé à son frère qu’il vînt à son aide, il prit une fourche et, la traînant par terre, il marcha environ deux lieues de Bretagne en quarré et à mesure qu’il traînait ce bâton fourché, la terre, chose étrange, se levait de part et d’autre et formait un gros fossé qui servait pour séparer les terres qui luy avaient esté données de celles du seigneur fondateur, lequel enclos est toujours tenu en telle révérence qu’autrefois il servait d’azile et de lieu de refuge aux malfaiteurs. » 

A la mort de Houarzon, évêque du Léon, Gouenoù lui succède ; il dirigera le diocèse pendant trente-quatre ans, jusqu’à sa mort, survenue accidentellement au cours d’une visite rendue à saint Corbasius à Quimperlé. Accident de char sans doute, la route de Quimperlé est très piègeuse. Disciple de Paol-Aourelian, il l’aurait accompagné en Armorique. Si sa Vie en fait un évêque du Léon, une autre, plus tardive, ne lui donne que le titre d’abbé, et il apparaît dans le Missel de Bréventec sous la simple mention de confesseur. A gauche, comme disait Dufilho: La fontaine de la chapelle. Bon et bien maintenant, vous savez tout…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Prière de ne pas oublier…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la philosophie transcendantale et du waterzoï de poulet réunis, bonjour !

Le 24 octobre correspond au troisième jour de Brumaire, que nos amis républicains dédièrent à la poire lors de la conception de leur fameux calendrier, ce qui m’amène par un étrange cheminement intellectuel dont l’explication serait trop longue et, autant le dire, par trop fastidieuse pour s’intégrer dans ce billet, à vous parler de Rosa Louise McCauley Parks. (ici à droite en compagnie de Martin Luther King)

Rosa Parks devient célèbre lorsque, le 1er décembre 1955 dans la ville de Montgomery, elle refuse d’obéir au conducteur de bus James Blake qui lui demande de laisser sa place à un blanc et d’aller s’asseoir au fond du bus. Il faut savoir qu’à cette époque là, les quatre premiers rangs sont réservés aux blancs. Les noirs doivent s’asseoir au fond du car. Ils peuvent néanmoins utiliser la zone centrale jusqu’à ce que des blancs en aient besoin.

Arrêtée par la police, elle se voit infliger une amende. Elle fait appel de ce jugement. Un jeune pasteur noir inconnu; Martin Luther King, lance alors une campagne de protestation et de boycott contre la compagnie de bus qui dura 381 jours. Le 13 novembre 1956, la cour suprême casse les lois ségrégationnistes dans les bus, les déclarant inconstitutionnelles.

Dans son autobiographie, Rosa se souvient de sa jeunesse: « Pour aller à l’école, les enfants Blancs prennent le bus, les autres vont à pied. Elle se souvient des fontaines publiques réservées aux Blancs…Je pensais que l’eau pour les Blancs avait meilleur goût que celle des Noirs. » (ici à gauche, une marche du KKK)

La veille du procès, 35 000 tracts sont distribués pour inviter les Noirs à ne plus emprunter les bus. Des dizaines de bus vont rester au dépôt pendant des mois. Les extrémistes Blancs du Ku Klux Klan vont animer une campagne de violence contre Luther King, tirant contre les bus et les églises fréquentés par des Noirs.

Par la suite, Rosa Parks devient une icône pour le mouvement des droits civiques. En octobre 1995 elle a participé à la « Million Man March » qui rassembla plus d’un million de Noirs à Washington. A la fin de sa vie, miséreuse, elle dut faire appel à son église pour l’aider à payer son loyer. Elle est décédée le 24 octobre 2005. La classe politique dans son ensemble lui a rendu hommage, sa dépouille est restée exposée deux jours dans la rotonde du Capitole pour un hommage public.

Elle a connu tous les honneurs possibles et imaginables, toutes les médailles, toutes les décorations… A Yaoundé, capitale du Cameroun, une avenue porte son nom. Un terminus de la ligne 7 du réseau de bus à Rennes a été créé en 2010. (a droite, le bus aujourd’hui au musée de Dearborn dans le Michigan) Le révérend Jesse Jackson à dit d’elle: « Elle s’est assise pour que nous puissions nous lever. »

A la vérité, une grande dame qui méritait bien de figurer dans notre galerie de portraits.

Bon allez, si j’ai pas un Award après ça, c’est à désespérer. En attendant les résultats, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Cinquante nuances de niaiserie…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la théorie des probabilités discrètes et du chinchard en papillote réunis, bonjour !

Comme le disait mon aïeule, adepte de la ceinture Gibaud: A la saint Séverin, chauffe tes reins. Nous sommes le 23 octobre c’est à dire le deuxième jour de brumaire qui est, qui l’eut cru, dédié au céleri. Puisque le buzz de la rentrée se concentre autour du livre de E.L. JAMES cinquante nuances de grey; roman porno soft pour desperate housewife de province, profitons en pour célébrer l’anniversaire de la naissance de Restif de la Bretonne.

Aujourd’hui nous célébrons (ou pas) le jour anniversaire de la naissance de Nicolas Edme Restif plus connu sous le nom de Restif de la Bretonne, encore un mal-élevé. Il a eu la bonne idée de naître un 23 octobre en 1734 à Sacy, près d’Auxerre. Fils de paysan aisé il va se consacrer à la typographie.
Il s’installe à Paris et va faire paraître de nombreux ouvrages dans les domaines de l’érotisme mais aussi des guides de la vie parisienne et des biographies. Cependant l’œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie « Monsieur Nicolas » en huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797. Ce livre fleuve se présente comme la reconstruction d’une existence et expose les tourments de l’auteur/narrateur comme à propos de la paternité – le titre complet est Monsieur Nicolas, ou le Cœur humain dévoilé -, mais témoigne aussi de son temps et constitue une source très abondante de renseignements sur la vie rurale et sur le monde des imprimeurs au XVIIIe siècle.

Outre ses activités d’écrivain et d’éditeur, il semblerait qu’il agissait comme indicateur de la police royale ce qui a bien failli lui attirer de gros problèmes au moment de la révolution. Il va mourir dans la misère le 3 février 1806 et sera inhumé au cimetière sainte Catherine.
Admirateur des idées de Rousseau, dont il estimait du reste assez peu le talent, Restif voulut, à son exemple, émettre des projets de réforme sociale, et montra dans ce qu’il
 écrivit sur le gouvernement, sur l’éducation, sur les femmes, le théâtre, etc., de la singularité et de la bizarrerie, mais également de la hardiesse, de l’originalité, quelquefois de la justesse. Le Marquis de Sade et Restif, dont les points de vue sont quasi opposés, se détestaient ; le premier a dit du second qu’il dormait avec une presse au pied de son lit tandis que Restif a traité Sade de « monstre », terme qu’il affectionne particulièrement et qu’on retrouve fréquemment sous sa plume. En revanche, il était apprécié notamment de Benjamin Constant, et de Schiller. Très critiqué par les puristes (on lui donna comme sobriquet « le Voltaire des femmes de chambre » ou « le Rousseau du ruisseau » mais Lavater l’appela « le Richardson français »), et Gérard de Nerval lui consacre une biographie dans Les Illuminés, et il fait l’objet,tardif) de l’admiration des surréalistes.

Dans « l’anti-Justine« , il débute ses propos comme ceci: « Personne n’est plus outré que moi des sales ouvrages de l’infâme de Sade... ».  Sa fécondité fut extraordinaire, et son succès très grand. À une époque où tant d’œuvres fadement libertines remplissaient les boudoirs et les salons, une partie du public se prit de passion pour des romans qui portaient le cachet de la vérité et de la franchise.

Allez, vive le libertinage et à bas la calotte (si j’ose dire) portez vous bien et à demain peut-être. 

 

Germaine Montero…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la chanson à textes et du tarot de Marseille réunis, bonjour !

Nous sommes le lundi 22 octobre 2012 et c’est le premier jour de Brumaire dédié à la pomme. Je voulais profiter de cette date pour évoquer une grande voix, que hélas, on n’entend plus guère. Germaine MONTERO.

Germaine Heygel naît à Paris le 22 octobre 1909, d’un père alsacien et d’une mère normande. Elle passe les premières années de sa vie à Montrouge en banlieue parisienne. Après des études au lycée de Versailles et un séjour en Grande-Bretagne, elle se rend en Espagne au début des années trente et suit des cours à l’université de Valladolid. À Madrid, où elle habite par la suite, elle rencontre le poète et dramaturge Federico Garcia Lorca. Il la fait débuter au théâtre en 1932-1933 dans l’interprétation des grands classiques espagnols. De retour à Paris après le coup d’État franquiste de 1936, elle prend le pseudonyme de Montero. En 1938, elle se révèle au public parisien dans la pièce Font aux Cabres de Lope de Vega. Elle joue ensuite dans Noces de sang de Garcia Lorca et dans Divines Paroles de Valle Inclan. En 1939, elle débute en tant que chanteuse dans le cabaret d’Agnès Capri en y interprétant un florilège de chansons populaires espagnoles. Voici une interprétation de La fille de Londres de Pierre Mac-Orlan (1952).

Germaine Montero mènera toujours de front et avec un égal succès ses carrières de comédienne et de chanteuse. Au théâtre, elle joue Pirandello, Cocteau, Brecht (Mère Courage), Anouilh, Claudel, Montherlant… En 1947, elle participe à la création du festival d’Avignon aux côtés de Jean Vilar. Elle entre par la suite au TNP qu’il dirige. Au cinéma, elle tourne dans de nombreux films, dont Le soleil a toujours raison (1943, de Pierre Billon, adaptation et dialogues de Jacques Prévert), Lady Paname (1950, Henri Jeanson), Monsieur Ripois (1954, René Clément), Mélodie en sous-sol (1963, Henri Verneuil). En dehors des chansons espagnoles qui firent son succès, Germaine Montero mit sa voix au service des grands auteurs français. Elle est l’interprète fétiche de Pierre Mac Orlan : Je peux vous raconter, Ça n’a pas d’importance, La Chanson de Margaret, La Fille de Londres (titre repris par Juliette Gréco et Catherine Sauvage). Comme Yves Montand, Patachou, Cora Vaucaire, Mouloudji et d’autres chanteurs de la Rive gauche, elle a interprété les chansons de Jacques Prévert et Joseph Kosma (Barbara, Les Enfants qui s’aiment, Les Feuilles mortes, En sortant de l’école, Et puis aprèsJe suis comme je suis). Elle a aussi chanté Léo Ferré (Paris Canaille, Le Piano du pauvre), Mouloudji et Georges Van Parys (Un jour tu verras) et Léon Xanrof. Son répertoire contient par ailleurs des chansons plus anciennes : La Semaine sanglante Jean-Baptiste Clément, 1871, Nini peau de chien (Aristide Bruant, 1904), Du gris (Benech et Dumont, 1920), La Butte rouge (Montéhus, 1922), La Java Bleue (Vincent Scotto et Geo Koger, 1938). En mars 1955, elle enregistre dix chansons de Pierre-Jean de Béranger, parmi lesquelles Les Cinq Étages, Les Gueux, À mes amis devenus ministres et Ma grand-mère.

Elle a reçu le Grand Prix du Disque en 1953 et Le Grand Prix de l’Académie Charles Cros en 1970. Elle décède le 29 juin 2000, près d’Orange dans le Vaucluse. Sources

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.