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Au 31 du mois d’août…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la perfide Albion (y-en a) et de la panse de brebis farcie réunies, bonjour !

Nous sommes le 31 du mois d’août, 14è jour de Fructidor dédié à la noix. Et à propos de coque de noix, je ne pouvais pas laisser passer ce jour sans entonner avec vous cette chanson qui a accompagné tant de nos soirées quelque peu agitées.

Celle-ci est d’autant plus intéressante qu’elle relate un fait historique. Il s’agit de la prise du « HMS KENT« , bâtiment appartenant à sa très gracieuse majesté dont on voit ici une représentation, par un petit navire « la confiance » commandée par Surcouf, corsaire Malouin.

Le 7 octobre 18OO (?), dans la baie du Bengal, le Kent, navire anglais de guerre face à La Confiance. A trois hommes contre un, deux canons pour deux, le Kent était sûr de vaincre. Surcouf, fin tacticien, réussit toutefois à donner à ses hommes le courage nécéssaire à la prise du Kent. Soixante-dix anglais furent tués, dont le capitaine, et seuls (!) vingt hommes de Surcouf succombèrent.

La légende nous a légué ce fameux dialogue: « Officier anglais : Nous, Anglais, nous nous battons pour l’honneur, et vous les Français, vous vous battez pour l’argent !

Robert Surcouf : Chacun se bat pour ce qui lui manque ! »

Cela ne l’a pas empêché de finir baron et armateur et porteur de la légion d’honneur. Il faut reconnaître qu’il n’a pas le profil de Long John Silver ou de Barberousse et qu’il fait davantage penser à un gras bourgeois de l’époque… En tous cas, un malouin malin :

Bon, allez, c’est la fin des vacances, je vous parie deux paquets de lessive contre un paquet de mer à la pointe du raz que le soleil va revenir ! En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Je m’indigne, tu t’indignes, il ou elle…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la vertu outragée et du bicarbonate de soude réunis, bonjour !

Nous sommes le jeudi 30 août 2012, treizième jour de Fructidor dédié à l’Épine-vinette. Ses baies séchées sont utilisées en Iran dans les plats de riz.

Vous je ne sais pas, mais pour ce qui me concerne, j’ai quelques difficultés avec les indignations sélectives.

Tenez, prenez le cas de ce monsieur Assange de Wikileaks. Enfermé volontaire dans une ambassade pour éviter d’être extradé vers les États-Unis qui lui cherchent des poux dans la tonsure. En vérité, c’est la Suède qui réclame son témoignage à propos d’une affaire de moeurs. sauf qu’entre la Suède et l’oncle Sam l’extradition est envisageable.

Et bien, qui voyez vous monter au créneau pour prendre la défense de l’infortuné informateur masqué ? Mis à part les réalisateurs Oliver Stone et Michael Moore, ils sont peu nombreux et le silence se fait assourdissant comme dit l’autre. Et pourtant, souvenez vous de Polanski, lui aussi menacé d’extradition vers les États-Unis au motif, là encore, d’une histoire de moeurs, arrêté en mai 2010 alors qu’il se rendait au festival du film de Zurich.

Nous avions assisté à l’époque à un déferlement médiatique des soutiens du réalisateur, depuis le French doctor Kouchner, alors ministre des affaires étrangères, jusqu’à l’ineffable neveu de Tonton Frédéric Mitterand, alors ministre de la culture, en passant par sa granditude BHL ministre clandestin délégué aux printemps arabes…

Or, Julien Assange, le fondateur de Wikileaks, n’est à ce jour formellement accusé d’aucun crime; il est simplement réclamé comme témoin dans une affaire de harcèlement sexuel présumé dont il se serait rendu coupable en 2010. Alors que Roman Polanski était accusé d’avoir drogué puis violé une gamine de treize ans quand bien même, il avait plaidé coupable d’un « simple » délit de relation sexuelle consentie avec une mineure.

Le New York Times a donc publié un appel signé des réalisateurs Oliver Stone et Michael Moore en faveur de Julien Assange: « Comme réalisateurs, nous avons consacré nos carrières à démontrer que les médias de ce pays échouent souvent lorsqu’il s’agit d’informer les américains des actes les plus laids de notre gouvernement. C’est pour cela que nous sommes profondément reconnaissant à Wikileaks et que nous nous félicitons de la décision de l’Equateur d’accorder l’asile politique à son fondateur, Julien Assange, actuellement réfugié à l’ambassade d’Equateur à Londres. »… « Si il était extradé vers les USA, les conséquences s’en feront sentir dans le monde entier pendant des années. Mr Assange n’est pas citoyen américain et aucun de ses actes n’a été commis à partir du sol américain… Un tel précédent devrait inquièter n’importe qui, qu’il soit admirateur de Wikileaks ou pas. » Maintenant, à vous de vous faire votre propre opinion.

Allez, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

Distro ar Gelted…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la diaspora bretonne et du biniou koz réunis, bonjour !

Nous sommes arrivés ensemble jusqu’à ce mercredi 29 août, douzième jour de Fructidor dédié au fenouil, ce qui prouve, si besoin était, qu’il ne faut douter de rien…

Voici un poème que l’on doit à Youenn GWERNIG qui aurait eu 87 ans aujourd’hui. Il était né à Scaër et s’est éteint le 29 août 2006 à Douarnenez.  J’ai eu le bonheur de rencontrer le grand Youenn à plusieurs reprises et c’était toujours un bonheur de l’entendre raconter son aventure américaine, ses rencontres avec les artistes de la beat génération et son amitié avec Jack Kerouac. Dans les années 50, Youenn qui exerce alors la profession de sculpteur sur bois, rencontre un certain Milig Le SCANV, qui sera connu plus tard sous le nom de GLENMOR. Ce dernier l’entraîne alors dans sa petite troupe « Breizh a Gan », et les compères monte une opérette en breton, Genovefa. Mais l’époque est difficile pour l’identité bretonne, le souvenir de la guerre est encore chaud et l’héritage de certains « Breiz Atao » dur à porter. En 1957 Youenn s’embarque pour les Etats-Unis. Il y passera une douzaine d’années, exerçant ses talents de sculpteur dans le Bronx et s’essayant à l’écriture. En 1982 paraîtra La grande tribu, roman autobiographique dans lequel il raconte son expérience américaine.

Voici ce qu’en disait le réalisateur brestois Jean-Charles Huitorel qui lui a consacré deux documentaires:

« Je pense que nous ne sommes encore qu’au tout début de la découverte de la formidable empreinte que Youenn Gwernig a laissée dans la culture bretonne, comme Glenmor, Xavier Grall ou Servat. Il a ouvert un nouvel espace d’expression mariant la langue bretonne à une expression contemporaine. Je retiens de lui sa grande jubilation à passer d’une langue à une autre, breton, anglais, français, incarnée dans sa chanson Identity. Et je me souviens à quel point l’homme et l’oeuvre fusionnaient dans les mêmes valeurs humanistes et universelles. »

A son retour en Bretagne, il refuse de s’acquitter de la redevance TV afin de protester contre le traitement que subit la langue bretonne sur la station régionale de FR3. Comble de l’ironie, c’est à lui que la chaîne fera appel de 1983 à 1989 pour diriger les programmes en breton. Je repense souvent à ce colosse à la carrure de bûcheron qui m’évoque immanquablement la stature et le style de Félix Leclerc.

Allez, merci à vous d’avoir fait le détour par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Pour l’instant, tout va bien…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis du soleil levant et du thé Gyokuro réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 28 août 2012, soit le 11 de Fructidor de notre calendrier préféré, jour dédié à la pastèque. C’est pas pour vous empêcher de dormir sur vos deux oreilles mais je reste à l’affût des nouvelles en provenance du Japon.

Une histoire de piscine.

C’est une petite piscine – et un désastre planétaire en puissance. Un cube en béton de onze mètres de profondeur, rempli d’eau et bourré de combustibles nucléaires usagés : 264 tonnes de barres très radioactives ! Depuis un an et demi, ce bassin dit de « désactivation » repose à trente mètres du sol sur le bâtiment ébranlé du réacteur numéro 4 de la centrale de Fukushima-Daiichi. Il n’est plus protégé ni par un toit solide ni par des murs, mais par une simple bâche de plastique blanche.
Ce scénario d’apocalypse obsède la plupart des chercheurs.
Les risques d’une telle situation sont incommensurables. Si, à la suite d’un typhon (dont la saison commence fin août) ou d’un nouveau tremblement de terre, la piscine venait à se vider ou à s’écrouler, la catastrophe qui en résulterait serait probablement sans précédent dans l’histoire de l’humanité. La mise à l’air libre de ces 264 tonnes de combustibles nucléaires pourrait dégager dans l’atmosphère dix fois plus de radioactivité que l’accident de Tchernobyl, si ce n’est davantage. Ce serait, disent certains, la fin du Japon moderne et, en tout cas, une calamité pour l’ensemble de l’hémisphère Nord qui deviendrait gravement et durablement contaminé.

Justement tiens:

Un séisme de magnitude 5,1 a eu lieu dimanche (26 août) à proximité de la centrale nucléaire accidentée Fukushima-1. Aucun blessé ni dégât n’a été signalé, l’alerte au tsunami n’ a pas été déclenchée. L’épicentre se trouvait dans le Pacifique au large de la préfecture de Fukushima à une profondeur de 90 km.
Les secousses ont été ressenties par les haitants de 14 préfectures japonaises sur 47, à Tokyo compris. La société énergétique TEPCO, opérateur de la centrale de Fukushima, a annoncé que le séisme n’a pas eu d’impact sur les travaux en cours; la bâche en plastique a tenu le coup… Bon, bien, c’est rassurant ! Sources:

Et encore ceci:

Un typhon parmi les plus puissants observés dans la région depuis des décennies s’est abattu dimanche sur l’archipel japonais d’Okinawa (sud) où tous les transports étaient paralysés. Le typhon Bolaven, situé à 90 kilomètres à l’est du chef-lieu d’Okinawa, Naha, se déplaçait à la vitesse de 15 km/h avec des vents soufflant jusqu’à 250 km/h en rafales, a indiqué l’agence météorologique nippone. Mais à part ça, madame la marquise…

Allez, faites vos provisions d’iode, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Détaché mais pas indifférent…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du surréalisme et de la dure réalité réunis, bonjour !

Nous sommes le lundi 27 août 2012, dixième jour de Fructidor dédié à l’échelle.

Si je vous dis Emmanuel Rudzitsky, je vous connais, vous allez rester aussi songeur qu’une poule devant une clé à molette…Et pourtant, si je vous dis Man Ray, subitement tout s’éclaire et vous revoyez la croupe hospitalière de Kiki de Montparnasse se prenant pour le violon d’Ingres.

Man RAY donc, puisque c’est de lui que l’on parle, est né à Philadelphie un 27 août en 1890, il est mort à Paris en 1976. Entre les deux il a fait de la photographie un art véritable. A New York avec son ami Marcel Duchamp, ils ont bien tenté de représenter la forme américaine du mouvement Dada, avant de conclure: « Dada ne peut pas vivre à New York ».

En juillet 1921, Man Ray revient en France et Duchamp le présente aussitôt aux surréalistes, Aragon, André Breton, Paul Eluard, Philippe Soupault… Evidemment, il s’installe à Montparnasse et ne tarde pas à tomber amoureux du fameux modèle Kiki de Montparnasse. Il va aussi rencontrer Paul Poiret qui va lui permettre de réaliser beaucoup de photos de mode.(à gauche,Man Ray et Duchamp sur les hauteurs de Paris)

C‘est en 1925 que ses oeuvres seront présentées lors de la première exposition surréaliste de la galerie Pierre en compagnie de Jean Arp, Max Ernst, Miro et Picasso, excusez du peu !

Ami des mécènes Marie-Laure et Charles de Noailles, il tournera son troisième film, Les mystères du château de Dé dans leur villa de Hyères (1929). Il avait tourné auparavant, A quoi rêvent les jeunes films (1924).

Pendant trente ans, Man Ray va révolutionner l’art photographique, en 1940 il rejoint Lisbonne et s’embarque pour les Etats-Unis en compagnie de Salvador Dali et Gala ainsi que le cinéaste René Clair. A Hollywood il rencontre Juliet qui deviendra sa femme et se remet à la peinture.

Il va rejoindre quelques grands noms du surréalisme en devenant Satrape du collège de Pataphysique en 1963. Inhumé au cimetière de Montparnasse, on peut lire sur sa tombe son épitaphe:Unconcerned, but not indifferent – Détaché mais pas indifférent.

Al’heure du tout numérique, il est intéressant de se souvenir de ces bricoleurs de génie qui ont fait de la photographie, un art à part entière. Quel regard porteraient-ils aujourd’hui sur ce monde en gésine ? Relisons Aragon.

Les gens les gens Dieu les emmerde

Naître qui me le demanda

C’était l’époque de Dada

Qu’importe que l’on gagne ou perde

Renverse ta vie et ton vin

Tout nous paraissait ridicule

A nous sans soleil ni calcul

Enfants damnés des années vingt.


Allez, attention, le petit oiseau va sortir; portez vous bien et à demain peut-être.

 

Tous les chemins ne mènent pas aux Roms…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités, HUMEUR

Amis de la liberté (sans adjectif) et de la réglisse (sans adjuvant) réunies, bonjour !

Oui, nous sommes le dimanche 26 août, 9 de fructidor, journée consacrée à la réglisse qui est comme chacun le sait tout à fait indiquée dans la lutte contre le mauvais cholestérol. Ca c’est pour ceux qui aurait fait quelques excès durant l’été.

« Alors que Bruxelles vient de remettre la France sous surveillance en raison de sa politique d’expulsion des Roms, le gouvernement a organisé une réunion interministérielle sur les « opérations de démantèlement des campements illicites et leur accompagnement». A l’issue de cette réunion, très attendue par les Roms et les associations, la montagne à finalement accouché d’une souris: maintien du régime transitoire, poursuite des expulsions administratives, des démantèlements de camps et des expulsions par charters. » (Mediapart)

Voici un billet écrit il y a déjà deux ans et qui, malheureusement, conserve toute son actualité en attendant le changement. Les expulsions, les démantèlement des camps, tout cela est trop grave pour qu’on puisse s’en détourner. Qui se souvient que les Tziganes ont été victimes d’un génocide durant la deuxième guerre mondiale. Pour eux, c’était le triangle noir des asociaux. Henriette ASSEO, spécialiste du monde Tzigane, nous explique que le génocide à concerné sans doute entre 350 000 et 600 000 d’entre eux. Aujourd’hui, les cathos essaient de se refaire une virginité en dénonçant le sort réservé aux migrants. Même Boutin y va de sa menace: « Si ça continue…Faut qu’ça cesse, sinon, j’m'en va quitter l’UMP » et Galouzeau lui, y va de son couplet lyrique « … une tache sur le drapeau de la France » et le curé, et l’évêque et même et oui…Sa très grandiose Sainteté monsieur le Pape en personne. On me dit que, chez ces gens là, habituellement on vote à droite…Etonnant non ! Voici un extrait de l’opéra punk de Kusturica: Le temps des gitans.

A l’heure où de sinistres relents franchouillards abreuvent nos sillons, je vous recommande la lecture du livre de Xavier Rothéa. Epuisé je crois mais mis en ligne dorénavant.

France, pays des droits des Roms ?

Gitans, “Bohémiens”, “gens du voyage”, Tsiganes… face aux pouvoirs publics depuis le 19e siècle. Extrait:

« Le terme “gens du voyage” est une création du législateur français, utilisé pour remplacer celui de “nomade” après 1978. Ce terme sert de façade hypocrite à la désignation d’une minorité présente depuis au moins six siècles sur le territoire français : les Roms. Ceux-ci sont plus connus sous des dénominations exogènes telles que Tsiganes, Gitans, Bohémiens ou endogènes telles que Manouches, Sinti, Kalé, Rroms ou encore Roms. Ce dernier terme est de plus en plus employé, notamment par les militants des mouvements d’émancipation des Roms, pour désigner l’ensemble des ces populations, de manière à faire valoir leur unité culturelle et historique. »

Bon, ben, c’est copieux pour un dimanche. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Allez, cor un’ p’tite goutte…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la tarasconnade et du Frontignan réunis, bonjour !

Nous voici donc samedi 25 août, 8è jour de fructidor dédié à l’apocyn, jolie plante d’ornement, encore nommé asclépiade de Syrie. Vous me direz que ça vous fait une belle jambe mais, si je précise qu’en d’autres lieux elle répond au doux nom de Herbe aux perruches; vous avouerez que c’est quand même autre chose… Non, bon !

Au café-bar-tabac-PMU-dépôt de pain, ce matin c’est la disparition de Delarue et le déclassement de Lance Armstrong qui faisaient le buzz. C’est vous dire si les préoccupations de la France profonde sont assez éloignées de celles du cénobite qui se torture les méninges pour écrire son billet quotidien sur des thèmes aussi réjouissants que la crise, la Syrie, l’Iran, le prix du carburant, l’université d’été du PS, heu, non, là je galège… J’adore ce petit mot qui fait partie pour moi des mystères de la langue française. Ainsi on écrit je galège mais on parle de galéjade. Et pourquoi pas de hâblerie et/ou de rodomontade ? J’arrête là avant d’être accusé de ratiociner à plaisir. Car, à quoi sert de parler si c’est pour ne rien dire ?

Cela me rappelle ce fameux monument de Raymond Devos:

Et voilà, amis lecteurs, comment on s’acquitte de son engagement à écrire un billet quotidien quand bien même… On a rien à dire. En attendant que le cénobite retrouve tout l’esprit qui a fait le renom de ce blog, portez vous bien et à demain peut-être.


Un faux air de faussaire…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la culture partagée et du chinchard grillé réunis, bonjour !

Nous sommes le vendredi 24 août, 7è jour de fructidor dédié au sucrion dans le calendrier républicain. Je soupçonne Fabre d’Eglantine d’avoir un peu abusé de boissons fortement fermentées car le 4 de fructidor était lui dédié à l’escourgeon qui est à peu près la même espèce d’orge.

La semaine dernière, Gueveur m’invitait à me rendre à Douarnenez pour suivre l’intervention de Lucio Urtubia dans le cadre du festival de cinéma qui s’y tient. Hélas je n’ai pu faire le déplacement. Fort heureusement, le site Dilhad sul ( dont je vous ai déjà dit tout le bien que j’en pensais) y a dépêché un envoyé spécial, Gérard Alle à qui l’on doit le compte-rendu ci après. Je vous le propose in extenso sans l’aimable autorisation de l’auteur. La prochaine fois que je passe à Douarn, je lui paye une bière…

« S’il fallait recommencer, je recommencerais ». Sans regret, ni hésitation, Lucio raconte ses luttes, ses engagements. Né en 1931 dans le village de Cascante, en Navarre, Lucio se réfugie en France en 1954. Maçon, anarchiste, déserteur, faux-monnayeur, ce personnage rocambolesque est d’abord militant. Un militant de l’honnêteté, du devoir de créativité, de la responsabilité. Rencontre.

« Véritable légende vivante, Lucio Urtubia Jiménez était à Douarnenez pour le Festival de cinéma. Il est considéré comme le dernier specimen des « bandidos buenos » (les bons bandits). Né dans une famille pauvre, il déserte l’armée sous Franco, après avoir créé un réseau de vol de denrées et de vêtements militaires, et s’exile en France. Traqué par Interpol et la PJ, il braque des banques, puis fabrique de la fausse monnaie et des faux papiers, le tout au bénéfice de quantité d’organisations révolutionnaires à travers le monde. Il rencontre Che Guevarra et lui propose de fabriquer à Cuba des millions de faux dollars pour faire plonger l’économie américaine. Mais l’entrevue se passe mal et le projet est rejeté.

Le jour, Lucio travaille sur les chantiers comme maçon et carreleur ; la nuit, il travaille clandestinement, chez un imprimeur anarchiste. Et il fera ça pendant la majeure partie de sa vie.

Son plus haut fait d’armes date des années 80, avec la fabrication massive de travellers chèques de la Citibank, la plus grande banque du monde, pour une valeur de 20 millions de dollars. Arrêté et défendu par Roland Dumas, il refuse la proposition de la Citibank (5 ans de prison, restitution des plaques d’impression et d’une partie de l’argent). Au directeur de la banque, écœuré de devoir négocier avec un simple maçon, il dit : « C’est vous, qui êtes les bandits, pas moi. Alors, je n’irai pas en prison. Et c’est vous qui me donnerez l’argent, en échange des plaques ». Pendant ce temps, les faux travellers sont toujours fabriqués par des complices et envahissent un nombre croissant de pays. Acculé, le banquier doit se soumettre au maçon. Et l’argent ira aux mouvements politiques. De la Bande à Baader aux Tupamaros, on ne compte plus les bénéficiaires. Convaincu que jamais la jeunesse n’a été aussi libertaire dans le monde, Lucio, 81 ans, est résolument optimiste : la révolution mondiale est en marche. Et il encourage les jeunes à désobéir. Il vit au dessus le l’Espace Louise Michel qu’il a créé, à Paris, et sa porte est ouverte pour quiconque veut discuter avec lui.

A voir absolument : Lucio, le superbe documentaire de Aitor Arregi et Jose Mari Goenaga, à nouveau projeté le samedi 25, à la MJC de Douarnenez. »

Gérard Alle.  voir son site

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

Le parfum de la dame en noir…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis du romantisme et du tournedos Rossini réunis, bonjour !

Et bien voilà, je n’ai pas vu le temps passer et nous sommes le jeudi 23 août, 6è jour de fructidor dédié à la tubéreuse. Autrefois, en Italie, on interdisait aux jeunes filles de se promener le soir dans les jardins où poussait la tubéreuse, car elles n’auraient pas su résister aux jeunes gens, eux-mêmes grisés par son parfum érotique. Quel dommage ! 
La tubéreuse est surtout utilisée pour la fleur coupée et pour la parfumerie (Poison de chez DIOR). Cette odeur capiteuse, persistante, un peu inquiétante,  est également présente dans la fleur fraîche, Zola allant même jusqu’à écrire dans Nana  que « quand les tubéreuses se décomposent, elles ont une odeur humaine. »

On dit que madame de la Vallière, maîtresse de Louis XIV, faisait mettre dans sa chambre des bouquets de tubéreuses. En effet, la tubéreuse passait pour incommoder les femmes enceintes, et elle voulait prouver à la reine qu’elle ne l’était pas. Par ailleurs, on peut supposer qu’il s’agit là de l’entêtant parfum qui tourmentait Joseph Rouletabille dans le fameux roman de Gaston Leroux: le parfum de la dame en noir

« Je sentis tout à coup son parfum, le doux et pénétrant et si mélancolique parfum de la Dame en noir, une odeur pleine de mélancolie, un parfum pour tristesse intime. Quelque chose comme le parfum isolé et discret et tout à fait personnel d’une plante abandonnée, qui eût été condamnée à fleurir pour elle toute seule… »

Voici comment l’Artisan parfumeur présente son parfum Nuit de Tubéreuse:

« La nuit, la tubéreuse se déshabille, elle dévoile ses dessous chics et troublants dans un striptease hypnotisant. Elle commence par effeuiller une à une ses notes végétales, vertes et crues comme de l’herbe coupée. Elle poursuit en jetant au visage de son audience des poignées de poivre noir, en riant. Dans une pause langoureuse et aguicheuse, elle passe et repasse sur ses lèvres pulpeuses un baume de beurre de cacao, lacté et beurré. Sa féminité extravertie est à son paroxysme lorsque soudain, au détour d’un pétale blanc, elle laisse entrevoir un petit coin d’intimité, son arme fatale cachée : un vétiver brut, fumé et flamboyant, clamant sans pudeur sa virilité insolente et inattendue. Plus personne ne sait qui elle est vraiment, mais tout le monde n’a plus qu’une idée fixe, la posséder immédiatement. »

Bref, cela sent le soufre et nous éloigne de cette odeur de sainteté qui caractérise ce blog. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Henri Cartier-Bresson

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’argentique et du mouton de prés salés réunis, bonjour !

Nous sommes le mercredi 22 août 2012, 5è jour de Fructidor dédié au saumon. On sait trop peu que le grand photographe Henri Cartier-Bresson ne cachait pas ses sympathies pour les idées libertaires. Rendons lui un petit hommage en ce jour anniversaire.

Le 22 août 1908, naissance de Henri CARTIER-BRESSON, à Chanteloup (Seine-et-Marne) France. L’un des plus grands photographes du siècle et aussi un anarchiste de coeur qui ne cesse d’invoquer le plus célèbre révolté: Bakounine.

Sa famille, propriétaire d’une manufacture de coton à Pantin, essaye sans succès de lui transmettre une éducation bourgeoise et chrétienne. « Jamais! jamais! je n’ai eu la foi. C’était impossible (…) » Très jeune révolté, il refuse l’esprit de compétion du sport et se passionne pour la peinture, ce qui l’amène à fréquenter les surréalistes. Mais il abandonne la peinture et part à la découverte du monde avec un « Leïca ». En 1932, ses premières photographies sont nées à New York. En 1934, il part un an au Mexique où il témoigne de la vie dans les quartiers pauvres de Mexico.( La photo de droite est prise dans la prison de Leesbury aux Etats-Unis en 1975 ). En 1935, il est aux Etats-Unis où il s’initie au cinéma. En 1936-39, il est de retour en France et travaille comme assistant de Jean Renoir. En 1937, il réalise durant la révolution espagnole un documentaire sur les hôpitaux républicains « Victoire de la vie ». En 1940, il est emprisonné par les Allemands mais il parvient à s’évader en 1943 (après deux tentatives infructueuses), il prend alors part à une organisation clandestine d’aide aux prisonniers. Il photographie ensuite la libération de Paris puis retourne aux USA. En 1947, il fonde avec Robert Capa, David Seymour et Georges Rodger l’agence coopérative « Magnum Photos » qui deviendra la prestigieuse agence que l’on sait. De 1948 à 50, il séjourne en Inde, en Birmanie, en Chine (durant les 6 premiers mois de la Chine populaire), puis en Indonésie (lors de l’indépendance). En 1954, il est le premier photographe occidental à se rendre en Russie. En 1960, il est à Cuba puis au Mexique, etc. En 1966, il quitte l’agence Magnum mais poursuit la photographie et les editions. En 1974, il abandonne les reportages photos pour se consacrer au dessin. Le 1er mai 2000, il participe avec un recueil de photos « Vers un autre futur, un regard libertaire » aux manifestations de la CNT française. En mai 2003, est créée à Paris la Fondation HCB.

Le 3 août 2004, cet anarchiste empreint de philosophie bouddhiste et d’humanisme s’éteint chez lui à Céreste.

« L’anarchie c’est une éthique avant tout. Une éthique d’homme libre. Relisez Bakounine »

« Dans un monde qui s’écroule sous le poids de la rentabilité, envahi par les sirènes ravageuses de la Techno-science, la voracité du pouvoir, par la mondialisation -nouvel esclavage- au delà de tout celà, l’Amitié, l’Amour existent« . Sources:Ephéméride Anarchiste

Allez, en attendant la rentrée, portez vous bien et à demain peut-être.