Réveille toi Pelayo…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis des luttes ouvrières et du méchoui réunis, bonjour !

Nous sommes le vendredi 13 (hé oui), 25è jour de Messidor dédié à la pintade. Cela ne s’invente pas… Voici un billet spécialement dédicacé à l’ami Beni qui cultive les fabadas en Asturie comme d’autre cultive l’art d’être grand-père en Bretagne…

En gilet jaune, casque sur la tête, les centaines de mineurs en grève de la marche noire, venus à pied du nord de l’Espagne, ont fait leur entrée mardi dans Madrid, à la veille d’une grande manifestation pour crier le désespoir de toute une profession.

Aux cris de Les voilà, ce sont les mineurs du charbon!, Madrid brûle!, la colonne venue d’Aragon, dans le nord-est, a parcouru dans la matinée les derniers kilomètres, avant de rejoindre l’autre colonne, arrivée des bassins miniers des Asturies et du Leon, dans le nord-ouest de l’Espagne.

Tous ensemble, ils ont participé mardi soir à une marche nocturne vers le centre de Madrid, avant la manifestation prévue mercredi jusque devant le ministère de l’Industrie et qui a donné lieu à des affrontements. Visiblement fatigués après des centaines de kilomètres de marche, certains portaient des foulards rouges et des chemises noires portant les inscriptions: Non à la fermeture des mines de charbon. En grève depuis deux mois, ils protestent contre la réduction des aides publiques au secteur minier, décidée cette année par le gouvernement de droite, qui selon eux condamne plus vite que prévu toute une profession. Ici à gauche: Manifestation à Oviedo.

J‘espère que la lutte des mineurs des Asturies sera plus efficace que celle des britaniques en 84/85 face à Thatcher. Cette épreuve de force fut sans doute le laboratoire d’essai nécessaire au libéralisme qui décida dès lors le démembrement systématique de l’appareil industriel occidental. Cette décision fut sans aucun doute prise entre la poire et le fromage dans un de ces diners, d’un de ces clubs, quelque part à Davos ou à Bilderberg… De l’autre côté, là-bas il y a des milliard de petites mains qui sont prêtes à suer sang et eau pour quelques roupies. Il est possible dorénavant de se passer de ces nantis de la classe ouvrière occidentale avec leurs salaires mirobolants, leurs acquis sociaux outranciers, et leurs syndicats à la solde du trotskysme international… Ils ont donc fermé les puits, puis les fonderies, les hauts-fourneaux et aujourd’hui, les usines de bagnoles. Privatisé l’eau, l’électricité, la santé, les transports, l’éducation… Vous connaissez la suite.

Les mineurs d’Asturias viennent de comprendre qu’ils étaient sacrifiés sur l’autel du libéralisme et qu’ils appartenaient à une espèce en voie d’extinction. Une fois encore l’histoire bégaie et les gueules noires du Yorkshire ressemblent comme deux morceaux de charbon à celles d’Oviédo. Margaret Thatcher, Mariano Raroy, deux valets de la haute finance dont les mêmes politiques conduiront aux mêmes conséquences. Réveille toi PELAYO*, ils sont devenus fous…

* Premier roi fondateur des Asturies dont la statue s’élève, majestueuse à Covadonga, contemporain de Erispoë en Bretagne.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.


2 commentaires

  1. jancyve

    Pas de blog aujourd’hui, notre cénobite « national » ferait-il comme le grand Georges, resté coucher le jour de la fête du même « nom » ou alors Keramoal est isolé par la tempête et la montée des eaux

    • erwandekeramoal

      Comment cela « pas de blog… » Peut-être que le Web n’arrose pas la Loire-Atlantique…

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