In memoriam Pierre-Valentin BERTHIER.

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, HISTOIRE

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Amis de la mélancolie et du melon au porto réunis, bonjour !

Nous sommes le samedi 21 juillet, troisième jour de Thermidor dédié au melon.

Je m’empresse de répondre à une amicale sollicitation de Jean-Pierre qui me fait remarquer que j’ai passé sous silence la disparition de Pierre-Valentin  Berthier. Toujours à l’affût des dernières informations il m’informe par ailleurs que des fous insensés se sont lancé dans la réédition de la magistrale et démesurée oeuvre de Sébastien Faure, dont je parle fréquemment ici, L’encyclopédie anarchiste. Excellente initiative. Pour ma part, je continue à la consulter en ligne sur encyclopédie-anarchiste.org.

Pierre-Valentin  Berthier donc,  est né le 18 septembre 1911 à Issoudun. Il passe deux  ans et demi à l’  » école primaire supérieure  » avant d’en être chassé pour  indiscipline.  Pendant  une  décennie,  il exerce le métier d’artisan mégissier  dans  l’atelier  de  ses  parents.  En 1932,  il est arrêté pour insoumission. Malade, il est relâché peu après.

Le  pacifisme  est  alors  et  restera toute sa vie son principal cheval de bataille. D’abord antimilitariste et ensuite anarchiste, quoiqu’il apprécie très  peu  les étiquettes, quelles qu’elles soient. Et déjà, il participe à un  certain  nombre  de  feuilles  pacifistes  et  libertaires  : La Patrie Humaine,  journal  dirigé par Victor Méric, La Clameur,  » organe mensuel de l’Union des Intellectuels pacifistes « 1, Le Contre Poison,  » organe mensuel d’éducation  sociale.  Pour  la  Paix  » ou La Conquête du Pain, dirigée par Bidault.

En 1936 c’est une autre presse qui lui permet de gagner sa vie : il devient le  correspondant  local du Journal du département de l’Indre qui deviendra Le  Département  sous  l’Occupation  puis  La  Marseillaise  du  Berry à la Libération.  Après  avoir été 15 ans journaliste à Issoudun, P.-V. Berthier perd  sa  place  lorsque  le  journal accentue son obédience communiste. En 1951,  il  rejoint  alors  la  capitale  où  il  sera  correcteur  dans des imprimeries, des maisons d’édition comme Amiot-Dumont et des journaux comme le  Monde,  où  il  prend  sa retraite en 1976. En parallèle, il continue à apporter  sa  contribution  à  la  presse  anarchiste. Avec Charles-Auguste Bontemps,  il est l’un des plus proches collaborateurs de Louis Lecoin avec Défense  de  l’Homme.  Puis  il  écrira dans Liberté. Il écrit également au Monde  Libertaire  dès  1954. Il réalise de longues chroniques pour L’Union pacifiste  qui  prône le désarmement unilatéral à titre exemplaire.

Outre celui de la presse, Berthier appartient au monde de la littérature, dans lequel il est entré par le biais de la poésie.  Après quelques nouvelles, ses premiers romans paraissent dans les années 1950. En 1957, L’enfant des ombres est, selon Thierry Maricourt, le roman  » dans lequel se révèle le talent de son auteur « . Dans ce plaidoyer contre la guerre, on voit apparaître un personnage par lequel va se faire l’introduction d’idées libertaires : Planchette, évocation de Fernand Planche, à qui Pierre-Valentin Berthier a emprunté quelques souvenirs et événements. Deux ans plus tard, l’auteur expose ses conceptions économiques dans un roman intitulé On a tué M. Système. Outre les romans, il s’intéresse à la langue française, à laquelle il consacrera une dizaine d’ouvrages, en majeure partie réalisés avec Jean-Pierre Colignon, correcteur au Monde, qui voit en lui  » un ouvrier du verbe instruit sur le  » tas « , pour qui le langage est un matériau noble, comme le bois, le fer ou l’or  » Pierre-Valentin Berthier est également l’auteur de quelques essais : une biographie de Gaston Couté, parue en 1958 et rééditée en 1980, un essai sur la famille et un sur la  » laïcité égarée  » parus tous deux en 1995. Sources: http://www.alalettre.com/auteurs-contemporains-b.php et ICI et encore  ICI et même ICI

Voilà un oubli réparé. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

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