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Quand le Dourdu devint l’Elorn…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la dragonnade et du suffrage universel réunis, bonjour !

Nous sommes le lundi 07 mai 2012, 18è jour de Floréal dédié à la Corbeille d’or dans le calendrier républicain.

Sans doute eut-il fallu que je consacrasse (imparfait du subjonctif mon n’veu) ce billet aux résultats de l’élection présidentielle mais, considérant que vos gazettes habituelles allaient le faire mieux que moi, je vous invite à explorer la tradition bretonne. Il plaît aux cénobites de ne point suivre les sentiers battus…

 

Vous ai-je déjà parlé de Neventer que l’on fête aujourd’hui en Bretagne (FH 56,35% – NS 43,65%)  En voilà un qui a laissé son nom à la commune de Plouneventer (FH 52,66% – NS 47,34%), en Finistère ( FH 58,87% – NS 41,13%) evel just, et qui est l’archétype du bon saint chassant les vieux dragons des terres païennes. Si l’on en croit le noble et discret messire Le Grand, chanoine de Saint-Pol (FH 54,74% – NS 45,26%), premier conseiller du Duc François II et recteur de Plounéventer en 1412, c’est à dire le propre grand oncle d’Albert Le Grand à qui nous devons un collectage fabuleux des contes et légendes de Bretagne, c’est une véritable épopée que vécurent Neventer et son pote Derrien, de retour des croisades, dans les parages.Tout cela sur les rives de l’Elorn, magnifique rivière à truites et saumons qui prend sa source dans les monts d’Arrée à un kilomètre à peine du Tuchenn-Kador. Ici à droite, c’est une représentation de saint Derrien.

Ces deux saints débarrassèrent la région d’un dragon qui revendiquait chaque jour sa ration de chair humaine. Ce jour là, ils virent le comte Élorn, désespéré par les actes de cruauté du dragon qui dévorait hommes et bêtes dans le pays, se jeter dans le fleuve, car le sort avait désigné son fils Riok, alors âgé de deux ans, pour en être la prochaine victime. La rivière qui portait alors le nom de Dour du (l’eau profonde) devint l’Elorn…   Mais, il semble bien que les personnages de  Néventer et de  Derrien soient nés de l’imagination d’un recteur ennuyé de n’avoir aucune légende à raconter à ses paroissiens ce qui était fort dommageable lorsqu’il s’agissait d’évangéliser tous ces mécréants de basse-Bretagne…Il existe encore une « gwerz » chantée par les bardes locaux et qui conte cette histoire:

 

0 velet e ranken rei 
Voyant qu’il me fallait donner      
Va mab d’ezan da zevori, 
Mon fils à dévorer 
Ker bras e bet va zizesper, 
Si grand a été mon désespoir 
M’oun en em strinket er rivier. 
Que je me suis jeté dans la rivière.

 

Quand à Rioc, le seigneur du patelin, sauvé des griffes du dragon, il a laissé son nom à la jolie petite commune de Riec-sur-Belon (FH 58,92% – NS 41,08%). Ah, une douzaine de Belon et une bonne bouteille de muscadet de chez Cherreau et Carré. Je vous conseille le « vieilles vignes »  le comte de Chasseloir, c’est un vrai délice qui donne au Muscadet ses lettres de noblesse. A droite, le château de La Roche-Maurice (FH 65,91% – NS 34,09%) d’où se serait jeté le Comte Elorn…

Ah, la belle époque où existaient des chevaliers errants pour chasser les malfaisants… Aujourd’hui, on utilise le suffrage universel. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.