Vous lisez actuellement les articles publié en mai 2012

Page 1 de 4

Le portrait d’Adrian Gray…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

,

Amis de l’équilibre des masses et du boeuf Miroton réunis, bonjour !

Nous sommes le jeudi 31 mai, 12è jour de Prairial dédié à la Bétoine; et non pas l’abbé Toine comme le suggère madame Michu. La bétoine jouissait dans l’antiquité d’une réputation prestigieuse qui lui conférait des pouvoirs magiques (on la disait capable de chasser les mauvais esprits; c’est dire si elle aurait du boulot aujourd’hui) et faisait d’elle un remède quasi universel. Le nom bétoine est dérivé de celui d’un peuple ibérique, les Vettones, qui utilisa cette plante dont la réputation s’est maintenue jusqu’au Moyen-Âge et au delà.

On utilisait autrefois les feuilles séchées de cette plante comme du tabac à priser ou comme substitut du thé ; les jeunes pousses sont consommables en salade avec modération. Personnellement, je ne m’y risquerais pas…

Tout à fait autre chose. 

Au hasard de mes pérégrinations sur le web, j’ai rencontré un artiste pas tout à fait comme les autres. C’est sur le magnifique blog de Marc Lafontan que j’ai déniché ce billet à propos de Adrian Gray.

« il avait un business à Madasgacar, est tombé malade suite à un virus, et comme effets secondaires est devenu allergique à toute forme d’électricité, TV, ordinateur, etc… Réfugié en Angleterre, il habite dans une grotte en bord de mer, se chauffe au bois… et s’est lancé dans un art spectaculaire… il arrange les roches dans un ensemble qui pousse les limites de la gravité… Superbe… Non, pas de colle, pas de velcro, pas de tige métal cachée, les différents articles que j’ai lu (c’est Marc Lafontan qui parle) témoignent de gens et de journalistes qui l’ont vu faire et ont eux mêmes essayé… le gars voit deux roches qui lui plaisent, trouve un angle, et essaye, des fois pendant des heures, de les faire tenir ensemble selon sa vision… »

Allez-y voir, il y a des photos magnifiques et des vidéos surprenantes, y compris des sceptiques qui se demandent où est le truc. Voir son blog Stonebalancing.

Vous je ne sais pas, mais moi j’ai bien envie de croire en cette poésie là. Par les temps qui courent la rêverie est un luxe que l’on peut encore s’offrir sans que les marchands du temple ne cherchent à la taxer. Allez, soyez remercié d’avoir fait le détour pour visiter ce modeste blog qui, samedi prochain, signera son 1000è billet. En attendant portez vous bien et à demain peut-être.

Le cénobite ramène sa fraise…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

, , , ,

Amis de la botanique-nique-nique et du carpaccio réunis, bonjour !

Nous sommes le mercredi 30 mai, onzième jour de Prairial dédié à la Fraise. Curieusement, celui qui importa ce délicieux fruit en France s’appelait Frézier… Etonnant non ?

Esprit universel curieux de tout, Frézier préleva à Concepción (entre Valdivia et Santiago du Chili), et rapporta en France (en les arrosant quotidiennement, alors que l’eau douce était à bord de tous les voiliers en bois une denrée précieuse) cinq plants d’une nouvelle espèce de fraisier dite Blanche du Chili (la Fragaria chiloensis), à gros fruits blancs différents des fraises des bois alors connues en Europe. Le nom de Frézier est par une coïncidence extraordinaire une déformation du mot fraise : Julius de Berry, un de ses ancêtres, avait servi un plat de fraises des bois au roi Charles III le simple à la fin d’un banquet à Anvers en 916, roi qui le remercia en l’anoblissant et lui donnant le nom de Fraise, qui se déforma en Frazer après émigration de la famille en Angleterre puis en Frézier, après que la famille fut revenue faire souche en Savoie. C’est donc grace à Amédée François Frézier, mort à Brest en 1773, que vous dégustez les merveilleuses gariguettes qui ont fait le renom de Plougastel

Et puis tiens, Comment ne pas saluer l’anniversaire de la naissance de Bakounine, ce camarade vitamine comme disait Léo Ferré… Révolutionnaire russe, véritable fondateur du mouvement anarchiste international, théoricien et homme d’action, incarnation même de l’esprit de révolte. Issue de l’aristocratie, il fait ses études à l’école militaire de St-Pétersbourg d’où il sort officier d’artillerie à 17 ans. Mais passionné par le philosophie de Hegel, il renonce à la carrière militaire et part étudier à Berlin puis à Dresde. En 1844, il est à Paris, il y rencontre Proudhon et fréquente les milieux socialistes. Il est expulsé de France en 1847 mais y revient un an plus tard pour participer à « l’ivresse révolutionnaire » de 48.

Assurément, aujourd’hui, sa voix se mêlerait au concert des indignés pour fustiger tous ces valets empressés de la finance qui nous veulent à genoux… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 



 

 

A tous les enfants…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

, , , , , ,

Amis de l’antinomie et du chou de Bruxelles réunis, bonjour !

Nous voici le mardi 29 mai, dixième jour de Prairial dédié à la Faux. Nos cousins de la belle province continuent contre vents et marées de défier l’entêtement imbécile d’un pouvoir acculé et condamné à forcir la répression. Cela m’a fait penser à cette admirable artiste qui a beaucoup chanté les poètes québecois: Catherine Sauvage. C’est aujourd’hui l’anniversaire du jour de sa naissance, un 29 mai 1929…

Dès le lycée, elle s’oriente vers le théâtre où elle joue sous son véritable nom, Janine Saunier. Après huit ans d’études du piano, au chant et à l’art dramatique, elle rencontre dans les années 1950 Léo Ferré, qui lui compose entre autres Paris Canaille et Graine d’ananar. En 1954, elle obtient le « Premier prix du disque » pour la chanson L’Homme de Ferré. En tournée au Canada, elle fait la connaissance de Gilles Vigneault qui lui donne Mon Pays, Le Corbeau, la Manikoutai.

Arrivée à Paris, elle adopte le patronyme Sauvage, elle va chanter au « Quod-Libet », à « l’Arlequin », au « Boeuf sur le toit » et puis bien sur à « L’écluse ».

Elle contribue à faire connaître Léo Ferré en interprétant ses chansons : « Ça a été la rencontre de ma vie. Comme un bonheur n’arrive jamais seul, dit-on, Jacques Canetti est venu m’écouter un beau soir. Il était toujours à la recherche d’artistes pour la firme de disques dont il était le directeur artistique ainsi que pour les « Trois Baudets » qu’il avait créé.  » Ci-après elle interprète un texte de Boris Vian.

Catherine Sauvage a chanté Louis Aragon, Jacques Audiberti, Charles Baudelaire, Bertolt Brecht, Francis Carco, Colette, Robert Desnos, Paul Éluard, Alfred Jarry, Federico Garcia Lorca, Victor Hugo, Pierre MacOrlan, Jacques Prévert, Raymond Queneau, Pierre Seghers, Charles Trenet, Gilles Vigneault. Pas vraiment le genre d’auteurs que l’on retrouve à l’Eurovision…

« Je chante Léo depuis toujours… il représente l’une des grandes rencontres de ma Aux trois baudets avec Brassenscarrière, l’autre étant le pianiste accompagnateur Jacques Loussier, lui aussi je l’ai connu lorsqu’il démarrait dans le métier. En 1949, avec Léo Ferré, nous partagions la même scène au cabaret « Les Trois Maillets » au 56 rue Galande, dans le cinquième arrondissement de Paris. Nous avons eu des succès communs. En 1954, mon interprétation de L’Homme m’a valu le Grand Prix du Disque. » Léo Ferré, dit d’elle : « c’est elle qui chante mes chansons avec la plus grande conviction. Je la préfère à toutes les autres. Elle a enregistré près d’une centaine de mes chansons. » Elle a enregistré «  Avec le temps » avant Léo Ferré, en 1972.

Après les Trois-Baudets en 1953, elle passe en vedette en 1954 à l’Olympia, en 1955, puis en 1960, à Bobino pour un long tour de chant. Toujours dans cette salle, elle fait un retour en 1968 et occupe la tête d’affiche. Elle interprète aussi bien Léo Ferré, Louis Aragon que Gilles Vigneault, poète alors inconnu qu’elle rencontre au Québec et dont elle est la première à chanter les textes en France. En 1991, elle enregistre un album entièrement consacré à Jacques Prévert.

Sa dernière apparition en scène a été pour les Francofolies de La Rochelle en juillet 1994. Elle a également joué au théâtre dans des pièces comme L’échange de Paul Claudel, Le Cercle de Craie caucasien de Bertolt Brecht. Catherine Sauvage est l’une des 250 personnalités qui, constatant la montée en puissance du Front national, ont lancé l’« Appel des 250 » (1990) qui donna naissance au mouvement « Ras l’front ». Elle meurt en mai 1998.

Allez, voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Ca branle dans le manche…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

, ,

Amis de la satirologie et du pain bénit réunis bonjour !

Nous sommes, bon an mal an, arrivés ensemble jusqu’à ce 28 mai, 9è jour de prairial, qui s’enorgueillit d’être dédié au serpolet. Vous ne pouvez pas vous tromper, le serpolet c’est bon pour tout. En infusion, en compresse, en bain, dans la cuisine, notamment avec les viandes blanches, ce proche cousin du thym est une vraie panacée. C’est le genre de truc qui devrait être remboursé par la sécurité sociale si cela ne risquait d’aggraver le déficit…Encore faut-il rappeler que ce dernier n’est pas imputable aux dépenses des pauvres gens mais, en grande partie, aux mauvais, voire aux non-paiements du patronat…

Tout à fait autre chose: Ce 28 mai est jour anniversaire de la triste et funèbre fin de la Commune de Paris. Ce fut dans le sang, les pleurs, la déportation bref, la répression féroce et cruelle comme savent si bien la manier les forces de la réaction. Un siècle et demi plus tard, les méthodes n’ont guère changées…

La semaine sanglante.

Il y a 141 ans, le 28 mai 1871 marquait la fin de ce que l’histoire allait garder en mémoire sous le nom de semaine sanglante. C’était la fin d’une utopie joyeuse, d’un espoir en la capacité des hommes à vivre libres et égaux en droit. C’était la fin de la Commune.

Aujourd’hui, j’ai une pensée pour tous les indignés de la planète de Madrid à Montréal en passant par Athènes et les pays arabes. Les sbires de Bachar al Assad en Syrie ou les flics de Québec ne connaissent qu’une logique: la répression. Mais je vous le dis, amis lecteurs, ça branle dans le manche !

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Chanson réaliste…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

, , ,

Amis de la nostalgie et du far breton réunis, bonjour !

Aujourdhui, 27 mai, cest le 8è jour de prairial dédié au lis martagon.

Hier il y avait à la télévision, un nouveau jeu retransmis en eurovision s’il vous plaît… C’est assez simple dans sa conception, il s’agit de crier le plus fort possible au milieu d’une débauche d’effets spéciaux. J’imagine qu’il y a tout un tas de capteurs qui enregistrent les décibels. Au surplus, les commentaires sont aussi plats que la plupart des costumes sont grotesques. Vous vous souvenez, madame Michu, de ces chanteurs qui avaient de la voix ?

Je voulais évoquer une figure de la chanson réaliste que sans doute les moins de vingt ans ne doivent pas connaître. Et pourtant, qui n’a pas un jour entendu la tante Ginette ou le cousin Jules entonner lors des noces et banquets familiaux une de ses rengaines.

je veux parler de Berthe Francine Ernestine FAQUET plus connue sous le nom de Berthe SYLVA. Allez, souvenez vous, les roses blanches, du gris, on a pas tous les jours vingt ans, Frou-frou… Elle aurait passé son enfance à Brest avant de se faire employer comme femme de chambre. On dit qu’elle serait née un 7 février 1885 à Kerloïs en Lambézéllec tout près de l’ermitage de Keramoal, village qui aujourd’hui est devenu un quartier de Brest.

Elle se serait mise à la chanson vers 1910, après avoir abandonné un premier enfant. De ses débuts, on ne possède pas beaucoup de témoignages, excepté une interview durant laquelle elle parle de voyages en Amérique du Sud, en Russie, en Roumanie et en Égypte, ainsi qu’une photo prise pendant la Première Guerre mondiale, sur laquelle on la voit aux côtés d’Eugénie Buffet et du chansonnier aveugle René de Buxeuil.

En 1928, Berthe Sylva est employée au Caveau de la République. Léon Raiter la remarque et lui propose de passer à l’antenne de Radio Tour Eiffel. Cest grâce à Léon Raiter, l’auteur des Roses Blanches, qu’elle se met à enregistrer.Le succès est foudroyant. Le Raccommodeur de Faïence, enregistré en 1929, se serait vendu à 200 000 exemplaires en deux ans. Les tournées en province se multiplient. Elle partage un moment l’affiche avec Fred Gouin, aujourd’hui tombé dans loubli, avec qui elle grave des duos tels Ferme tes jolis yeux (1932). Leur relation est passionnelle. Fred Gouin fut très affecté par la perte de son amante et amie. Il prit le maquis durant les années de guerre, puis quitta le monde de la chanson pour se reconvertir dans le commerce des frites.

Berthe Sylva se fixe à Marseille au moment de l’Armistice de 1940. Le chanteur Darcelys y fut l’un de ses amis les plus fidèles. Elle meurt minée par la boisson et la pauvreté. Sa maison de disques finance les obsèques auxquelles seuls quelques amis assistent. Sa dépouille fut transférée à la fosse commune. Quelques années après, il ne se trouva personne pour renouveler la concession qui fut levée. Après sa disparition, on retiendra d’elle, non pas les chansons qui racontent les bluettes et les joies du bal, mais celles qui dénoncent la misère, l’injustice, l’enfance blessée, la perte d’un être cher, la désillusion et l’échec sentimental. Berthe Sylva est décédée le 26 mai 1941 à Marseille.

Et bien voila qui nous change des bluesmen du Mississippi et de Chicago. Mais enfin, la chanson réaliste française cest un peu notre blues à nous qu’on a… Allez, vive l’éclectisme, portez vous bien et à demain peut-être.

Du haut de cette église, Sant Sieg nous contemple…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

, , ,

Amis de la toponymie bretonne et du cidre bouché réunis, bonjour !

Nous sommes le samedi 26 mai, septième jour de Prairial dédié au Fromental encore nommée: l’avoine élevée… Nous célébrons (ou pas) les SEOG; autre nom de Sieg ou encore Sieu… Tiens, petite histoire:

Les larmes de Saint Sieu.

Saint Sieu est le patron de Lancieux, petite station balnéaire entre Saint-Briac et Saint-Jacut-de-la Mer (en Côtes d’armor). C’était un disciple de saint Brieuc. C’est par la mer que, de l’embouchure du Gouët, il s’était rendu à l’estuaire du ruisseau du Lastier pour établir son monastère. La veille du jour de la mort de saint Brieuc, il vit en songe celui-ci gravir les degrés d’une échelle qui touchait le ciel. Il prit en toute hâte le chemin du Champ du Rouvre et arriva pour recueillir le dernier souffle de son maître.

Cette mort lui causa un profond chagrin et quand il revint à son monastère, en mémoire de celui qu’il ne cessait de regretter, il fit jaillir une fontaine du rocher. Cette source n’assèche jamais. Elle coule goutte à goutte, comme des larmes qui tombent.

Saint Sieu avait bâti une église. A cette époque là, les saints étaient tous maçons; alors qu’aujourd’hui, les maçons sont loin d’être tous des saints…

Quand il mourut, ses paroissiens l’ensevelirent dans cette église. Le lendemain de son inhumation on trouva le corps au bord de la mer. Il en fut de même à plusieurs reprises. Les Lancieutains comprirent alors que leur saint patron voulait qu’une église fût édifiée à l’endroit même choisi par lui pour mourir. Quand on l’eut mis dans l’église neuve, il ne la quitta plus. C’est pas beautiful ça, mes body boys…

Bon, c’est pas tout ça, j’ai de l’ouvrage qui attend que je rejoigne la vraie vie. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Ascenseur pour les fachos…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

, , ,

Amis du Jazz-dans-tous-ses-états et du double scotch réunis, bonjour !

Nous sommes le vendredi 25 mai, c’est le sixième jour de Prairial dédié à la Mélisse. L’an passé les jardins de Keramoal avaient vu fleurir un plant de Mélisse-citronnelle mais hélas, le gel de l’hiver ne lui a laissé aucune chance. Or donc, replantation ce printemps. Le titre de ce billet m’a été inspiré par la montée du vote d’extrême droite en Europe. Quelquefois je rêve que je suis éditorialiste à Libé… Mais ça ne dure pas longtemps, rassurez vous.

Le 25 mai 1996 voit le décès de Barney WILEN. C’est un des grands saxophonistes Français et, c’est assez rare pour le noter.

Il a débuté sa carrière en se produisant dans les boites du coté de Nice sous l’incitation de Blaise Cendrars (il faudra que je consacre un billet à cet immense poète; à moins que je ne l’ai déjà fait…). On lui doit d’avoir travaillé avec Miles Davis sur la bande originale du film « ascenseur pour l’échafaud ». Miles Davis qui lui est né un 25 mai en 1926, étonnant non !

 

Plus tard il a enregistré avec le fameux quintette de Thélonious Monk et on lui doit aussi la musique du film « Les liaisons dangereuses » de Roger Vadim.

La bande dessinée de Loustal, « Barney et la note bleue » est largement inspirée de sa vie. Plus tard il en a d’ailleurs tiré un disque intitulé « La note bleue ».

Je vous conseille particulièrement « Cookin’ at st germain » avec Bud Powell.

Bon, et bien voilà, le soleil est de retour sur la pointe bretonne; encore un peu et l’on se plaindra de la chaleur… En attendant la canicule, portez vous bien et à demain peut-être.

L’ENDEHORS…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

, ,

Amis de la liberté de conscience et du canard laqué réunis, bonjour !

Nous sommes le jeudi 24 mai, cinquième jour de Prairial dédié au canard. Ceci explique cela… A propos de canard, en voici un qui n’était pas boiteux et qui a laissé son nom dans l’histoire de la presse libertaire.

Le 24 mai 1864, naissance de ZO D’AXA (de son vrai nom Alphonse GALLAUD) à Paris. Pamphlétaire et propagandiste de l’anarchisme individualiste, fondateur de journaux, et écrivain. Pour échapper au joug d’une famille bourgeoise, il s’engage à 18 ans dans l’armée mais, se rendant compte de son erreur, il déserte… en compagnie de la jeune femme de son capitaine! Ce qui, de mon point de vue, méritait déjà une médaille. Il se réfugie à Bruxelles, où il débute dans le journalisme. Après un séjour en Suisse, puis en Italie, il rentre en France à l’amnistie de 1889. En mai 1891, il publie le premier numéro de l’hebdomadaire « L’Endehors » (titre qui à lui seul définit sa pensée philosophique). De nombreux anarchistes y collaborent, mais le journal est bientôt condamné par la justice. Après l’arrestation de Ravachol et de ses compagnons, Zo d’Axa lance une souscription pour aider les familles des détenus. Pour ce motif, il est arrêté et subit un mois de prison à Mazas. Libéré, il est de nouveau inquiété et préfère s’exiler à Londres. Il voyage ensuite en Europe. Expulsé d’Italie, il rejoint la Grèce, puis Constantinople. Le 1er janvier 1893, il est arrêté en débarquant à Jaffa, et mis au fer sur un navire français qui le ramène à Paris, où il purgera 18 mois de prison. A sa sortie, il publie le livre « De Mazas à Jérusalem », qui obtient un vif succès. Il existe un blog, savoureusement libertaire, qui porte le nom d’en dehors.

En 1898, c’est l’affaire Dreyfus. Zo d’Axa publie  » la feuille » pamphlet illustré par Steinlen (dont je reproduis ci contre, un bois gravé), Luce, Willette, Hermann Paul, etc.

Il y pourfend les institutions mais aussi les foules moutonnières. « L’honnête ouvrier n’a que ce qu’il mérite ». Son grand succès sera la présentation de l’âne nommé « Nul » aux élections et qui, recueillant les bulletins blancs ou nuls, sera déclaré élu par « La Feuille », après une bagarre mémorable dans les rues de Paris, entre « partisans de l’âne et partisans de l’ordre » ; dernier baroud d’honneur pour Zo d’Axa. Il quitte ensuite la France, et voyage dans le monde entier, de la Chine aux Amériques, en passant par l’Afrique, avant de venir se fixer à Marseille. Il choisira une mort volontaire, le 30 août 1930. Lire sa biographie réalisée par Alexandre Najjar: « Le mousquetaire Zo d’Axa 1864-1930″.

Voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Merveilleuse Angélique…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

, , ,

Amis de l’anarchisme serein et du Saint-Pourçain réunis, bonjour !

Nous sommes le mercredi 23 mai de l’an 2012, c’est le quatrième jour de Prairial dédié à l‘Angélique. Rien à voir avec Michelle Mercier qui était encore toute petite à l’époque des faits…

L’angélique, dite encore “herbe aux anges”, doit son nom à ses prétendues vertus magiques. Cette ombellifère géante passait en effet pour conjurer les envoûtements et les sorciers ne résistaient pas à sa bonne odeur. Accrochée au cou des enfants, elle les protégerait en particulier des maléfices de toute nature. Mais elle pouvait également servir d’amulette aux adultes.

Les médecins de la Renaissance la surnommaient “racine du Saint-Esprit”, à cause de ses “grandes et diverses propriétés contre de très-graves maladies”. Ainsi Paracelse (1490-1541) rapporte-t-il que, lors des grandes épidémies de peste de 1510, de nombreux Milanais furent sauvés grâce à ses prescriptions : de l’angélique en poudre dissoute dans du vin. Selon Olivier de Serres (1539-1619), la précieuse plante “sert à tenir la personne joyeusement”. Je connais d’autres plantes qui remplissent aussi cet office mais on me dit qu’elles ne sont pas en vente libre…

Édité en 1716, un Dictionnaire botanique et pharmaceutique à durable succès qualifie l’angélique de “stomacale, cordiale, céphalique, apéritive, sudorifique, vulnéraire. Elle résiste au venin. On l’emploie pour la peste, pour les fièvres malignes, pour la morsure du chien enragé, à laquelle on l’applique en cataplasme. On en avale un dragme** contre la peste, qui chasse le venin par la sueur.” Un Niçois qui mourut en 1759 à l’âge de 123 ans et trois mois (cela reste à vérifier !) attribuait sa longévité à son habitude de chiquer de la racine d’angélique en guise de tabac…L’angélique (Angelica archangelica) pousse à l’état sauvage dans les régions septentrionales et en Europe centrale. Elle n’est plus guère cultivée pour la confiserie et la liquoristerie qu’à Niort et dans la plaine de la Limagne.

**Le dragme était la huitième partie de l’once. Cela vient du Grec Drakma (quatre grammes et 30 centigrammes) qui a donné le nom de la monnaie Drachme dont les Grecs vont peut-être redécouvrir tout le charme…

Bon, maintenant, moi je vous raconte cela, je dis rien… Allez portez vous bien et à demain peut-être.

 

D’humeur et d’humour…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

, , , , , ,

Amis de l’épanaphore* et de la rotisserie française réunies, bonjour !

*exemple: le fameux « Ni dieu, ni maître » cher à ce vieux Blanqui est une épanaphore; à ne pas confondre avec l’anaphore remis au goût du jour par François Hollande lors de son débat face à Sarkozy.

Nous sommes le mardi 22 mai, c’est dire si Juin arrive à grand pas, troisième jour de Prairial dédié au trèfle. On dit que celui qui porte quatre feuilles est censé porté bonheur… Pour les puristes, il convient de préciser qu’en fait il s’agit de la même feuille qui présente quatre folioles; ceci étant dû à une mutation relativement rare du trèfle blanc.  C’est aussi un symbole courant pour représenter l’Irlande : la tradition veut que saint Patrick, le patron de l’île, se soit servi de la feuille de trèfle pour illustrer le mystère de la Trinité. On peut aussi remarquer que les folioles de la plante évoquent le symbole celte à trois branches spiralées appelé triskell.

Fort heureusement pendant que les grands de ce monde se retrouvent en G8 et autres assemblées de l’OTAN pour traiter de problèmes éminemment cruciaux, comme par exemple regarder un match de foot… Je dois reconnaître que Fanch à l’air de penser qu’il y a peut-être plus urgent…

 

 

 

… Des inventeurs géniaux ont enfin résolu le problème du verre de vin à caser sur le bras du fauteuil pendant la pause détente.

Ah, si toute l’intelligence humaine pouvait se concentrer sur ces petits riens qui vous changent la vie…

Allez, merci à vous d’avoir pris le temps de faire le détour par « les cénobites tranquilles ». J’en profite pour vous informer que vous n’êtes pas seul puisque 50 000 visiteurs ont fait le même choix que vous. Pas une raison suffisante pour se prendre au sérieux évidemment; Portez vous bien et à demain peut-être.