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Science sans conscience…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT


Amis de la rôtisserie française et du Saint-Pourçain réunis, bonjour!

Nous sommes le lundi 09 avril, 20è jour de germinal dédié à la ruche. J’aurai pu vous parler de Dédé l’abeillaud qui n’a pas réussi à faire son miel dans cette campagne électorale et qui s’en est allé butiner vers d’autres horizons; mais non…

Cela faisait déjà un moment que le clavier me démangeait et que je souhaitais vous en parler. Je profite que le 9 avril soit le jour anniversaire de sa disparition pour le faire. Auteur savoureux, il évoque la bonne chère, la bombance, la démesure mais aussi, un attachement absolu à la liberté individuelle. Sans ses puissants mécènes et protecteurs il aurait sans doute fini sur les bûchers de l’inquisition, pour preuve ses ouvrages interdit et brulés par La Sorbonne. Je veux parler de RABELAIS. Il y a des mots qui ont ce pouvoir d’évoquer chez le lecteur la joie et le bonheur. C’est le cas des Grandgousier, Pantagruel et autre Gargantua; de la guerre quand elle est Picrocholine, des moines quand ils sont de Thélème… Au prochain coup de blues, à la prochaine petite déprime qui pointe le bout de son nez, laissez tomber les antidépresseurs et (re) lisez quelques pages au hasard dans l’œuvre de Rabelais lui qui croyait fermement que la liberté totale ne conduit pas au chaos mais à l’harmonie.

Le 9 avril 1553, mort de François RABELAIS, à Paris. Né vers 1494 à Chinon, à la métairie de la Devinière. Moine, médecin, écrivain, il fut tout cela à la fois.
Revendiqué comme un précurseur de l’anarchisme après sa description d’une abbaye imaginaire (Thélème), fonctionnant sur des principes libertaires. En 1532, il publie « Les horribles et épouvantables faits et prouesses du très renommé Pantagruel ». En 1534, il accompagne l’évêque Jean du Bellay (son protecteur qui deviendra cardinal) à Rome. A son retour, est édité « La vie inestimable du grand Gargantua, père de Pantagruel ». Nommé docteur à Montpellier en 1537, « Le tiers livre » paraît, mais la Sorbonne condamne l’ensemble de son l’oeuvre. Il voyage alors à nouveau en Italie, et c’est à Lyon qu’il publie le « Quart livre » (1548). Son « Cinquième Livre » ne sortira qu’après sa mort, en 1564.

Rabelais réalise la transition entre deux époques : s’il est encore un homme du Moyen Âge qui aime la liesse et la farce, il est aussi un contemporain de la Renaissance, humaniste savant, médecin féru de grec et partisan du retour à la nature . On lui doit entre autres la fameuse citation: « science sans conscience n’est que ruine de l’âme… »

Une autre description des plus réjouissantes me plait tout autant: « Toute leur vie était régie non par des lois, des statuts ou des règles, mais selon leur volonté et leur libre arbitre. Sortaient du lit quand bon leur semblaient, buvaient, mangeaient, travaillaient, dormaient quand le désir leur en venait. Nul ne les éveillait, nul ne les obligeait à boire ni à manger, ni à faire quoi que ce soit. Ainsi en avait décidé Gargantua. Et leur règlement se limitait à cette clause : FAIS CE QUE TU VOUDRAS. »

Ah, les moines de l’abbaye de Thélème; ils me font penser à ceux de saint Bernardin « qui se levaient tard et se couchaient matin, pour aller à mâtines vider les p’tits flacons »; vieille chanson de carabins que l’on peut encore trouver sur quelques 78t dans la collection « le plaisir des dieux ».

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.