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Skol al louarn…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis de l’école buissonnière* et du thé au jasmin réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 03 avril, 14è jour de germinal dédié au Hêtre et ce matin c’est un peu frisquet.

J’évoque souvent ici les pédagogues qui ont marqué l’histoire de l’éducation de leur empreinte. Ferrer, Freinet, Sébastien Faure mais aussi, Paul Robin, injustement oublié.

*Skol al louarn en breton

Le 3 avril 1837, naissance de Paul ROBIN à Toulon (Var).

Pédagogue anarchiste, il participe à la première internationale en Belgique, avant d’être expulsé de ce pays en 1869. Il se réfugie alors en Suisse où il se lie avec Michel Bakounine. Après 10 années passées à Londres, il prend, en 1880, la direction de l’Orphelinat Prévost à Cempuis (Oise). Il y insuffle toute son énergie et met en pratique une pédagogie libertaire tout à fait originale. Fonctionnant comme un internat, plus de 600 enfants y séjournèrent entre 1880 et 1894. L’enseignement y était basé sur l’observation, le développement du sens artistique de l’enfant et la prise en compte de ses désirs. Education physique, manuelle et intellectuelle ; il existait 19 ateliers différents qui donnaient à chacun une formation complète d’un métier (de la boulangerie à l’imprimerie, en passant par la photographie ou la maçonnerie). Ces ateliers procuraient également à l’école une certaine autonomie financière. La mixité était de règle, les enfants étaient emmenés pour deux mois au bord de la mer, chaque été, etc. Mais les attaques répétées contre cette école libertaire finiront par avoir raison d’elle. Paul Robin est révoqué le 31 août 1894.

Cette éducation, qui veut donner aux enfants des classes défavorisées le moyen d’accéder à l’éducation, se caractérise, outre son athéisme et son internationalisme, par le souci de développer harmonieusement l’individu dans sa globalité, tant sur le plan physique qu’intellectuel ou moral. Un autre aspect très novateur de l’œuvre que Robin accomplit à Cempuis, est la « co-éducation des sexes » qui éduque filles et garçons côte à côte, comme dans les familles naturelles.
Fatigué et usé par la vie, il se suicidera le 1er septembre 1912.
Cempuis aura une grande influence sur deux autres pédagogues libertaires : Francisco Ferrer et Sébastien Faure. Il disait : « La science officielle de l’éducation ne trouve rien de mieux à faire des jeunes adolescents que de les enfermer : les privilégiés au collège, les vulgaires à l’atelier, les parias en prison ». ici à droite, une vue de la fanfare de l’école de Cempuis.
« Laissez l’enfant faire lui-même ses découvertes, attendez ses questions, répondez-y sobrement, avec réserve, pour que son esprit continue ses propres efforts, gardez-vous par-dessus tout de lui imposer des idées toutes faites, banales, transmises par la routine irréfléchie et abrutissante. »

Sources: L’excellent bouquin de Nathalie Bremant ‘Cempuis une expérience d’éducation libertaire à l’époque de Jules Ferry » – C’est aux editions du Monde Libertaire – Le non moins excellent blog « La feuille Charbinoise » mais aussi l’incontournable Ephéméride anarchiste. On croit rêver! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.