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C’EST PAS FO…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du théâtre et des opprimés réunis, bonjour!

Nous sommes le samedi 24 mars 2012, Dieu est mort depuis longtemps et c’est le quatrième jour de germinal dédié à la tulipe…

 

Le 24 mars 1926, naissance de Dario FO à San Giano, village de Lombardie au bord du lac Majeur, dans une famille prolétaire de tradition démocratique et antifasciste. Il découvre très jeune le théâtre populaire et la tradition orale, par l’intermédiaire de son grand-père, « fabulatore » connu. Doué en dessin et en peinture ( talent qui lui permettra de dessiner lui-même les affiches de ses spectacles )il commence par étudier l’art et l’architecture à Milan.

En 1952, il écrit pour la radio ses premiers monologues comiques, intitulés Poer nano, « Pauvre nain » (ça me fait penser à quelqu’un). Il découvre le Piccolo Teatro de Giorgio Strehler, fait ses débuts d’acteur et monte des revues de satire sociale et politique.

En 1954, il épouse Franca Rame, fille d’une grande famille de comédiens populaires, qui devient son inséparable partenaire. Ensemble ils reprennent à leur façon des farces traditionnelles et écrivent de grandes comédies où ils fustigent les institutions et les classes dirigeantes tout en déployant une fantaisie débridée. En 1968, ils fondent l’association « Nuova Scena » avec l’aide du PCI, « au services des forces révolutionnaires » et s’éloignent des circuits traditionnels du théâtre.

En 1970, Dario Fo rompt avec le parti communiste et crée, avec ses camarades, un autre collectif théâtral : « La Comune ». Ces années sont celles des grands succès : Mystère Bouffe, en 1969, épopée des opprimés inspirée de la culture médiévale, apporte à Dario Fo une renommée mondiale. Inspiré d’un réel fait divers, en 1970, « mort accidentelle d’un anarchiste » (Morte accidentale di un anarchico) donne avec humour et brio, sa version abracadabrante du cas de l’anarchiste Giuseppe PINELLI, dont la garde à vue, à la questure de Milan, s’était soldée par une défenestration mal expliquée (curieusement, Mohamed Merah aussi s’est défenestré à Toulouse); ainsi que « Faut pas payer » en 1974. Elles sont écrites en liaison, l’une avec la demande de révision du procès de l’anarchiste Guiseppe Pinelli défenestré à Milan, l’autre avec la campagne d’autoréduction des factures en période d’inflation.

L’anti-conformisme de Dario Fo, ainsi que son engagement politique et social l’entraînent dans d’innombrables procès et controverses en Italie, avec l’Etat, la police, la télévision, le pape : son émission Canzonissima est censurée ; selon le pape, Mistero buffo offense  » les sentiments religieux des Italiens ». En collaboration avec Franca Rame, il écrit une série de monologues inspirés par la lutte des Italiennes pour le droit au divorce et la légalisation de l’avortement. Dans cette petite vidéo on le voit dans une imitation hilarante de berlusconi.

Artiste hors normes, il reçoit en 1997 le Prix Nobel de Littérature pour avoir « dans la tradition des bateleurs médiévaux, fustigé le pouvoir et restauré la dignité des humiliés. » Il devient aussi un des premiers Satrapes étrangers du collège de pataphysique en 2001 avec notamment Umberto ECO . L’arrivée du deuxième gouvernement Berlusconi lui a inspiré L’Anomalo Bicefalo, écrit avec Franca Rame. Bref, un théatreux comme je les aime, dans la lignée de Brecht ou de Vilar ! Bon anniversaire donc…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.