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Esprit es-tu là?

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des esprits frappeurs et du chocolat Poulain réunis, bonjour !

Nous sommes le samedi 31 mars, 11è jour de germinal dédié à la pervenche.

Voici déjà un moment que je voulais trouver une petite place dans notre galerie de portraits pour cet étrange personnage qu’était Allan Kardec ou Alan Kardec, de son vrai nom Hippolyte Léon Denizard Rivail, né à Lyon le 03 octobre 1804 et décédé le 31 mars 1869. C’est un pédagogue français, fondateur de la philosophie spirite ou spiritisme. Il est généralement surnommé le « codificateur du spiritisme ». Son œuvre influence aujourd’hui fortement la culture et la vie publique brésilienne.

Il va à l’école primaire locale jusqu’à ses dix ans, Il devient interne au château d’Yverdon, sur le lac de Neuchâtel, chez le célèbre pédagogue Pestalozzi qui met alors en pratique les principes de l’« Émile » de Rousseau. Dans cette « école mutuelle », il apprend avec d’autres jeunes gens de la bonne société européenne. Les influences de Pestalozzi furent très fortes sur le futur Kardec, et des principes de la pédagogie se retrouveront dans sa doctrine spirite: la fraternité universelle ou l’ouverture aux femmes.

En 1832, il épouse Amélie Boudet (ici le couple en portrait), une institutrice qui travaille avec lui dans son école et dans la poursuite de son œuvre pédagogique. Lorsque l’école doit fermer pour des raisons financières, Léon Rivail traduit des textes allemands et publie des manuels pour gagner sa vie. Il continue à donner des cours, gratuitement, de chimie, physique, anatomie et astronomie. Il est un grand positiviste, pas du tout tourné vers le surnaturel. C’est en cette capacité de pédagogue positiviste qu’il est sollicité pour superviser des séances de tables tournantes. On lui demande aussi de mettre de l’ordre dans les communications des esprits reçues lors de séances. Cela donnera Le livre des Esprits.

Il découvre les tables tournantes en 1855, pratique venue des Etats-Unis. C’est à cette époque qu’il prend son surnom d’Allan Kardec, nom qu’il pense correspondre à celui qu’il portait lors d’une vie antérieure, alors qu’il était druide. Il converse plusieurs années avec toutes sortes d’esprits et en tire un enseignement. L’essentiel est écrit dans Le livre des Esprits (1857) et Le livre des médiums (1861). Il fonde également La Revue spirite, magazine encore publié aujourd’hui, dans plusieurs langues. Il meurt d’un anévrisme en 1869 en laissant nombre de textes en cours d’écriture. Un sixième livre dont le titre provisoire était : Les prévisions concernant le spiritisme, fut également retrouvé. Tous ces travaux inachevés furent regroupés par l’éditeur Pierre-Gaëtan Leymarie quelques années plus tard et édités sous le titre : Les oeuvres posthumes d’Allan Kardec.

Il est inhumé au Père-Lachaise, à Paris. Au-dessus de sa tombe en forme de dolmen et de son buste en bronze poli , sa devise : « Naître, mourir, renaître encore et progresser sans cesse, telle est la Loi ». De nombreuses personnalités furent séduites par le spiritisme tels, Victor Hugo, Théophile Gautier, Camille Flammarion ou Conan Doyle… De nos jours, Allan Kardec est l’un des auteurs sociologiques français les plus lus au Brésil . Plus de six millions de Brésiliens se déclarent spirites et mettent en application sa doctrine dans des milliers de centres spirites. Les principales villes brésiliennes ont toutes une rue Allan Kardec. Ici un collège portant son nom à Minas-Geraï. Allez, que la force soit avec vous, portez vous bien et à demain peut-être.

Le poste à galène…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis des oeuvres complètes de Bakounine et des Pataugas réunis, bonjour!

Nous sommes le vendredi 30 mars, dixième jour de germinal dédié au couvoir…Je constate, dans un sentiment partagé de joie et de tristesse, que vous êtes encore devant votre ordinateur alors qu’un ciel resplendissant appelle tout un chacun à s’ébrouer dans les jardins publics, à taquiner le gougeon, à titiller l’ablette, à faire les yeux doux à une Guiness-is-good-for-you, à regarder le monde sous les jupes des filles, à relire le dernier discours d’Eva Joly; euh non, là j’déconne…

Pour ma part j’ai un mot d’billet d’excuse car je déploie toute mon énergie et les faibles capacités intellectuelles qui sont les miennes à intégrer la logique MAC qui s’en va remplacer mon ancien système. Je vous fais grâce des problèmes de fiches, de câbles, de Wifi et autres étrangetés que des ingénieurs sournois ont délibérément placé sur le parcours du blogueur amateur. je me fais parfois l’impression d’avoir autant de talent qu’une poule devant une clé à molette. Je me souviens, quand j’étais enfant, mon père  m’a fait découvrir le fonctionnement des postes à galène. La galène, c’est une roche, un mélange de charbon et de cristaux, qui a comme propriété de se comporter à vrai dire comme un poste de radio ; elle peut concentrer les ondes électro magnétiques. Pour pouvoir les écouter, on avait inventé, et l’on pouvait acheter cela dans le commerce, le poste à galène, composé d’une aiguille, d’une bobine amplificatrice et d’un casque. Vous posiez l’aiguille sur la roche et le casque sur les oreilles, et vous pouviez entendre les ondes courtes. Je passais des heures sur ce truc. Aujourd’hui, il y a des lecteurs des cinq continents qui atterrissent, allez savoir comment, sur mon modeste blog, et la magie opère toujours…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Le changement…En plein dedans…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la concorde universelle et de la pince du même nom réunies, bonjour!

Nous sommes le jeudi 29 mars, 9è jour de germinal dédié à l’Aulne. Pas la rivière mais l’arbre qui peuple ses berges. Autant vous l’avouer, je n’ai guère eu le loisir de caresser le clavier car j’étais en formation chez mes coachs à moi que j’ai. Puisque comme le dit Marco tous les jours: le changement c’est maintenant…Le cénobite va abandonner le PC pour Mac. Ajouter à cela le remplacement de l’ordi par un cousin un peu plus gros et vous comprendrez que l’analphabète en informatique que je suis a du pain sur la planche. Tout ceci pour vous expliquer pourquoi je poste un ancien billet.

 

Tiens, dans les années 480, un 29 mars, naissance de celui qui allait devenir Saint Malo ou Saint Maclou si vous préférez mais ça fait un peu moquette.

C‘est un des septs saints fondateurs de la Bretagne. Vous vous souvenez, c’était le trophée Jules Vernes de l’époque. Ils arrivaient d’Irlande ou du pays de Galles sur leurs multicoques en granite de Landéda pour évangéliser les armoricains.

Malo lui, il a débarqué à Cézembre. Vous connaissez Cézembre ? En face de Saint Servan, c’est la seule plage de la côte nord exposée au sud…Il grandit puis il devint grand, travailleur et intelligent, il fait le petit séminaire et il devient l’évèque d’Aleth. Plus tard, beaucoup plus tard, pour améliorer les recettes de la paroisse et face à la baisse inquiètante du denier du culte, il donnera son nom à une marque de yaourt.

Avec son copain Saint Aaron, plus cénobites qu’anachorètes, il partage une vie érémitique du coté de la cité d’Alet. C’est à dire qu’il vivait du RMI que lui versait les paroissiens sous forme de dons en nature.

Il serait décédé pieusement un 15 novembre vers 620 à moins que ce ne soit 640; on ne sait pas exactement mais, il est mort depuis longtemps. Aujourd’hui il a rejoint l’armée des saints de Bretagne dans la vallée éponyme de Carnoët.

Voila, portez vous bien et à demain peut-être.


Tiens, du jazz, du vrai…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de l’Amérique profonde et du calamar grillé réunis, bonjour !

Nous sommes le mercredi 28 mars et c’est le jour de mon « canard » préféré. Mais c’est aussi le 8è jour de germinal dédié à la Jonquille. Et la question du jour est:connaissez vous Herb ELLIS ?

« Bien sûr que vous connaissez ce musicien et l’avez tous entendu au moins une fois ; ne serait-ce qu’avec le fabuleux et insurpassable trio d’Oscar Peterson avec Ray Brown. Vous allez vous dire : « Oui, mais à part cela, je ne sais pas grand chose de lui », et vous aurez bien raison. Lorsque l’on parle des grands guitaristes, on cite souvent les mêmes mais son nom n’est pas forcément mentionné. Pourtant, il compte réellement parmi les plus grands, sans aucun doute possible… » Ecoutez cet extrait de l’album Nothing but the blues et notez que c’est tout de même Stan Getz qui est au saxo et Ray Brown à la basse…Du joli monde quoi !

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« …Herb Ellis vient du Texas où il est né le 4 août 1921. Jack Teagarden, Jimmy Giuffre, Hot Lips Page,  Eddie Vinson, Sammy Price, Buddy Tate, Booker Ervin, Harold Land, Ornette Coleman, Teddy Wilson, Kenny Dorham, Cedar Walton, Arnett Cobb, et quelques guitaristes et non des moindres tels que Eddie Durham, Oscar Moore, Lightnin’ Hopkins et Charlie Christian ! pour ne citer qu’eux, viennent également du même endroit. .. ». « Nous avions une petite bicoque car nous étions fermiers. Il n’y avait rien aux alentours et nous étions isolés de tout. Tout y était « blues » : le paysage, la vie … J’entendais siffler le train et rien qu’à l’écoute de ça, cela vous le donnait. Nous étions le Blues! » C’est extrait d’un article de « Beethoven » par Jean-Michel Reisser du 27 février 2006
Ellis joue avec le trio d’Oscar Peterson de 1953 à 1958, bien que ce trio est musicalement reconnue pour son excellence, il rencontre à l’époque certaines critiques qui voient d’un mauvais œil un guitariste blanc dans un groupe de noirs alors que le racisme est toujours bien vivant aux Etats-Unis.

Et bien voila pour aujourd’hui, les jonquilles, le soleil, le jazz…What else? Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

C’est pas du bouleau…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’analyse concrète et du sirop d’érable réunis, bonjour !

Nous cheminons lentement vers avril et nous voici déjà le 27 mars, date qui correspond au 7è jour de germinal et qui est dédié au bouleau. Le bouleau est le premier arbre du calendrier celtique; il symbolise la sagesse. En breton on dit Bezv (coad-bezo ou bien encore Koad-argant – le bois d’argent, de bouleau, la boulaie, en Gallo la Bouillie) et dans le grand Nord Björk.

Tiens, une anecdote spécialement pour Jancyves. Il existe dans le pays de Retz, entre Saint-Père et Saint Michel, un village qui porte le nom de Caitargant (tu connais surement) et qui vient tout droit du vieux breton coat-argant. On peut imaginer qu’il y avait là un bois de bouleau et des bretons bretonnant. Amusant non!

Le nom local du bouleau est également à l’origine du nom du mois de mars dans plusieurs langues slaves, comme en tchèque (březen); il s’agirait d’une évocation de la sève qui commence à circuler à cette époque. Au Canada et en Alaska on en tire un sirop et une eau de vie. Le bois du bouleau jaune est utilisé en menuiserie sous le nom de merisier, celui du bouleau flexible sous le nom de merisier rouge. Voyez ci-dessus ce magnifique tableau de Slavicek, ce peintre de Prague (ici à gauche) qui a souvent décrit la Bohême dans ses tableaux. J’aurai jamais tant parlé du bouleau que depuis que je suis à la retraite… Oui je sais elle est facile, allez, portez vous bien et à demain peut-être.


La belle et la bette…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, TRADITION

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Amis du charme slave et de la salade niçoise réunis, bonjour!

Nous sommes donc le lundi 26 mars, sixième jour de germinal dédié à la Bette. A ne pas confondre avec le jour de la bête (666). Très utilisées dans la cuisine niçoise, toutes les parties de la plante se consomment : les feuilles hachées entrent dans la composition de la tourte de blettes, des raviolis et du célèbre tian. La partie verte remplace les usages que l’on fait ailleurs des épinards et les côtes s’accommodent de plusieurs manières : à la vapeur avec un filet de citron, frites ou en gratin avec une sauce béchamel.

Tout à fait autre chose.

Aujourd’hui on célèbre (ou pas) saint Goal, rien à voir avec le foot, il s’agit de l’un de ces nombreux saints hommes, en Inde on dirait des Sadhus, qui s’établirent en Armorique et dont je vous narre régulièrement l’histoire. Celui-ci a laissé son nom à une commune du Morbihan chère à Gilles Servat ou Louison Bobet: Locoal-Mendon.

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Locoal est une île située dans le bras de mer d’Etel, entre Sainte-Hélène et Mendon ; elle communique avec cette seconde paroisse par un pont qui rappelle celui de Saint-Cado, et elle a sous sa dépendance la presqu’île du Plec, qui l’avoisine au nord. Il paraît que les Romains donnaient à l’île le nom de Plecit, dont on a fait plus tard celui de Plec, resté depuis à la presqu’île voisine. C’est dans cette île, vers 631, que vint s’établir, avec quelques prêtres, saint Gudual, dit aussi Gurval, Goal et Gau, évêque démissionnaire d’Aleth. ici à droite, Kegil-Brehet, la quenouille de ste Brigitte sur l’ile de Plec. Le saint s’y creusa une grotte sur la côte, et ses compagnons firent comme lui. Sa réputation s’étendit bientôt au loin, et de nombreux disciples, dont le chiffre s’éleva jusqu’à 188, vinrent se fixer sur ce sol et s’y faire des cellules. Pour garantir leurs demeures contre l’envahissement des grandes marées, ils durent édifier des digues d’une lieue environ de longueur, et dont il reste encore des tronçons parfaitement reconnaissables. Mais le saint dut bientôt reconnaître que la foule l’empêchait de jouir de la solitude qu’il cherchait. Il déserta son île, comme il avait déserté Guer, et, suivi de sept de ses moines, il s’enfonça dans la forêt de Camors. Là, il construisit un monastère, dont la chapelle de Locoal garde le souvenir, et y mourut le 6 juin, vers l’an 640, âgé d’environ 50 ans. A gauche ce magnifique menhir phallique entre Locoal et mendon. Son corps, disputé entre sa mère et sa soeur d’une part, et ses disciples de l’autre, fut transporté dans l’île du Plec, et inhumé dans l’église qu’il y avait fait bâtir. Bientôt l’île prit son nom et s’appela Loc-Gudual, et plus tard Locoal. Les miracles opérés au tombeau du saint y firent affluer les pèlerins et les offrandes. Par suite, les possessions du monastère embrassèrent peu à peu le territoire de la paroisse actuelle de Sainte-Hélène, la presqu’île du Plec, et les côtes de Mendon. Cette pros­périté dura deux ou trois siècles, jusqu’aux ravages des Normands.

Voila, c’était l’histoire du jour, en attendant la prochaine, portez vous bien et à demain peut-être.

Une sacrée bonne femme…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du tango argentin et du gratin dauphinois réunis, bonjour!

Nous sommes le dimanche 25 mars, cinquième jour de germinal dédié à la poule…

Le 25 mars 1960, mort de Julia BERTRAND. Institutrice, militante anarchiste, antimilitariste, féministe et libre penseuse. Elle est née le 14 février 1877 dans les Vosges. Elle fut déléguée au congrès International des libres penseurs, tenu à Paris, du 3 au 7 septembre 1905. Elle collabore au journal féministe « La Femme affranchie », puis au journal « La Vrille » publié à Epinal par l’anarchiste Victor Loquier. Inscrite au « Carnet B » fichier des antimilitaristes, elle est arrêtée le 21 août 1914 et envoyée dans un camp. Suite à une campagne de protestation, elle est libérée le 18 février 1915, mais révoquée de l’enseignement. Elle part alors exercer à « La Ruche »" de Sébastien Faure dont je vous ai entretenu à plusieurs reprises, La photo présente l’équipe de La ruche jusqu’à sa fermeture en novembre 1917. Julia n’est réintégrée dans l’enseignement qu’en 1925. Elle participe à la presse anarchiste de l’époque « L’en dehors », « l’Idée libre » « Le Libertaire », etc. En 1944, son logement à Noisy-le-sec région parisienne, est détruit par les bombardements alliés. »Je ne croirai jamais que c’est un crime d’aimer une doctrine de laquelle s’honorent d’honnêtes savants, de sincères grands hommes comme Elisée Reclus et Pierre Kropotkine. »Extrait d’une lettre de réponse au préfet qui l’a révoquée pour avoir manifesté « ses sympathies pour l’antimilitarisme et son admiration pour la doctrine anarchiste ». Cette femme là…C’était un sacré bonhomme !

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.


C’EST PAS FO…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du théâtre et des opprimés réunis, bonjour!

Nous sommes le samedi 24 mars 2012, Dieu est mort depuis longtemps et c’est le quatrième jour de germinal dédié à la tulipe…

 

Le 24 mars 1926, naissance de Dario FO à San Giano, village de Lombardie au bord du lac Majeur, dans une famille prolétaire de tradition démocratique et antifasciste. Il découvre très jeune le théâtre populaire et la tradition orale, par l’intermédiaire de son grand-père, « fabulatore » connu. Doué en dessin et en peinture ( talent qui lui permettra de dessiner lui-même les affiches de ses spectacles )il commence par étudier l’art et l’architecture à Milan.

En 1952, il écrit pour la radio ses premiers monologues comiques, intitulés Poer nano, « Pauvre nain » (ça me fait penser à quelqu’un). Il découvre le Piccolo Teatro de Giorgio Strehler, fait ses débuts d’acteur et monte des revues de satire sociale et politique.

En 1954, il épouse Franca Rame, fille d’une grande famille de comédiens populaires, qui devient son inséparable partenaire. Ensemble ils reprennent à leur façon des farces traditionnelles et écrivent de grandes comédies où ils fustigent les institutions et les classes dirigeantes tout en déployant une fantaisie débridée. En 1968, ils fondent l’association « Nuova Scena » avec l’aide du PCI, « au services des forces révolutionnaires » et s’éloignent des circuits traditionnels du théâtre.

En 1970, Dario Fo rompt avec le parti communiste et crée, avec ses camarades, un autre collectif théâtral : « La Comune ». Ces années sont celles des grands succès : Mystère Bouffe, en 1969, épopée des opprimés inspirée de la culture médiévale, apporte à Dario Fo une renommée mondiale. Inspiré d’un réel fait divers, en 1970, « mort accidentelle d’un anarchiste » (Morte accidentale di un anarchico) donne avec humour et brio, sa version abracadabrante du cas de l’anarchiste Giuseppe PINELLI, dont la garde à vue, à la questure de Milan, s’était soldée par une défenestration mal expliquée (curieusement, Mohamed Merah aussi s’est défenestré à Toulouse); ainsi que « Faut pas payer » en 1974. Elles sont écrites en liaison, l’une avec la demande de révision du procès de l’anarchiste Guiseppe Pinelli défenestré à Milan, l’autre avec la campagne d’autoréduction des factures en période d’inflation.

L’anti-conformisme de Dario Fo, ainsi que son engagement politique et social l’entraînent dans d’innombrables procès et controverses en Italie, avec l’Etat, la police, la télévision, le pape : son émission Canzonissima est censurée ; selon le pape, Mistero buffo offense  » les sentiments religieux des Italiens ». En collaboration avec Franca Rame, il écrit une série de monologues inspirés par la lutte des Italiennes pour le droit au divorce et la légalisation de l’avortement. Dans cette petite vidéo on le voit dans une imitation hilarante de berlusconi.

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Artiste hors normes, il reçoit en 1997 le Prix Nobel de Littérature pour avoir « dans la tradition des bateleurs médiévaux, fustigé le pouvoir et restauré la dignité des humiliés. » Il devient aussi un des premiers Satrapes étrangers du collège de pataphysique en 2001 avec notamment Umberto ECO . L’arrivée du deuxième gouvernement Berlusconi lui a inspiré L’Anomalo Bicefalo, écrit avec Franca Rame. Bref, un théatreux comme je les aime, dans la lignée de Brecht ou de Vilar ! Bon anniversaire donc…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

UNE HISTOIRE DE BARBUS…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis athées, libre-penseurs et autres mécréants, bonjour!

Nous sommes le vendredi 23 mars, troisième jour de germinal dédié à l’asperge…

Bon, puisque personne ne me le demande, je vais vous donner mon avis, sinon il se peut bien que je sois le seul blogueur de la planète à n’en point parler. Or donc, le coupable présumé de la tuerie de Toulouse et Montauban vient d’avaler son bulletin de naissance et est actuellement en train de batifoler dans les jardins d’Allah avec les 70 vierges que lui a promis le mollah Omar. Après moultes palabres, les hommes du RAID ont fini par mettre un terme à son itinéraire meurtrier. Il s’agit d’un fou dément comme disait mon aïeule, quand bien même quelques commentateurs trouveront dans ses propos quelques traces apparentées aux courants Salafiste, Djihadiste ou autres idéologies de mort et de haine. Tous les qualificatifs ont été utilisés et les chaînes d’info en continu ont épuisé leur dictionnaire des synonymes… Atroce, innommable, fétide, ignoble, ignominieux, immonde, indicible, infect, inqualifiable, sordide, répugnant, infâme, nauséabond… Certes mais, je persiste à penser que cet acte isolé relève davantage de la psychiatrie que de l’idéologie. Que ce malade mental ait trouvé quelques prédicateurs barbus dans les montagnes d’Afghanistan pour utiliser son délire ne peut en aucun cas justifier les thèses de Samuel Huntington sur le choc des civilisations. Que des déséquilibrés enfourchent le dada islamiste et se mettent à tirer sur tout ce qui bouge n’autorise ni Le Pen ni Guéant à agiter l’étendard de la guerre sainte pour la défense d’une Europe blanche et chrétienne. Il me revient en mémoire la déclaration du maire d’Oslo après la tuerie perpétrée par Anders Breivik un autre furieux : « Nous allons punir le coupable. La punition, ce sera plus de générosité, plus de tolérance, plus de démocratie

Amis républicains, il nous faut raison garder! Ne nous laissons pas emberlificoter par les diatribes nauséeuses de ceux qui, au nom d’une réélection improbable, distillent la haine de l’autre auprès des couches dites populaires. Ce sont ces classes laborieuses qui ont permis au siècle des lumières d’exister et d’éclairer le monde. Ils ont fait 1789, abolit l’esclavage, initié la Commune de Paris, le front populaire, la résistance au nazisme… Ils ont détrôné des rois et des tsars, des empereurs et des dictateurs, ce n’est pas pour endosser aujourd’hui le blanc manteau des croisés. Un autre vieux barbu a écrit en 1864 à propos des luttes du peuple «  Les prolétaires n’ont rien à y perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !« . Car c’est bien de cela qu’il s’agit, les possédants ont, eux, tout à gagner, à nous faire prendre l’Helvétie pour une lanterne, la burqua pour une arme de destruction massive, et le Coran pour un manuel du petit terroriste. Pendant ce temps, ils vaquent à leurs funestes occupations qui consistent précisément à nous saigner à blanc.

Bon, je m’arrête là car cela commence à ressembler à du Mélenchon. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

AVOIR 20 ANS EN 68…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis soixante-huitards et néanmoins optimistes, bonjour!

Le 22 mars est le deuxième jour de Germinal et c’est le jour du platane alors, soyez prudent si vous prenez la route. Tiens, à propos d’élections, le 22 mars 1871, la Commune de Paris énonce que les membres de l’assemblée municipale sont contrôlés, révocables, comptables et responsables et que leur mandat est impératif. C’est pas interdit de rêver.

On l’oublie souvent mais, mai 68 a en fait débuté au mois de mars. Certains disent même que cela a commencé en Bretagne un an plus tôt. Laissons aux historiens le soin de trancher.Le 22 mars 1968, à la cité Universitaire de Nanterre région parisienne, le mouvement contestataire étudiant qui va prendre le nom de « mouvement du 22 mars », occupe les locaux de l’Université. Il est l’aboutissement d’une contestation grandissante emmenée par des groupes d’extrême-gauche, des anarchistes et des situationnistes. Né d’abord de revendications solidaires, comme la libération des manifestants arrêtés lors des actions contre la guerre du Vietnam, il déborde rapidement sur des questions de société comme la remise en cause du puritanisme social avec la revendication du droit d’accéder à la résidence universitaire des filles.

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Rapidement ce mouvement conduit par Daniel COHN-BENDIT qui se réclame alors de l’anarchie va passer de la critique de l’Université à la critique de la société et de l’autoritarisme. Il sera le ferment révolutionnaire du mai 68 français. Le 2 mai 1968, à la Faculté de Nanterre. La contestation étudiante entamée depuis le mois de mars, s’amplifie, malgré les menaces que font courir les groupes d’extrême droite qui le matin même se sont attaqués à la Sorbonne. Une journée anti-impérialiste est organisée par le « mouvement du 22 mars », mais l’Université est fermée sur l’ordre du doyen.La contestation se transportera alors à la Sorbonne le lendemain. La photo, a fait le tour du monde et traversé l’histoire. D’ailleurs, il est amusant de comparer la photo, à gauche, et l’expression graphique, à droite, qui en a été faite avec les moyens de l’époque.Le 3 mai 1968, à Paris, l’Université de la Sorbonne est occupée par les étudiants de108 Nanterre qui y tiennent meeting. Mais deux cents militants d’extrême-droite du « groupe Occident » certains sont devenus ministres aux cris de: « tuons tous les communistes » menacent de les attaquer.La police procède dans l’après-midi à l’évacuation de la Sorbonne qu’ils encerclent. Ils arrêtent alors près de 400 étudiants, mais ceux qui ont réussi à fuir se rassemblent à l’extérieur et harcèlent les forces de l’ordre aux cris de « Libérez nos camarades » ou de « CRS=SS » devant la brutalité de la police.Cela va provoquer de nombreux affrontements dans les rues avoisinantes et l’apparition dans la soirée des premières barricades dans le quartier latin, qui est placé en état de siège. Vous connaissez la suite.Et voila, aujourd’hui, Dany le rouge a viré au vert et il a mené Europe-Ecologie-Les-Verts en haut de l’affiche, quand bien même il n’est pas loin de penser que le choix d’Eva est une erreur de casting.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.