LES FILS DU VENT…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

,

Amis du jazz manouche et du ragout de hérisson réunis, bonjour !

Nous sommes le 23 janvier quatrième jour de pluviôse, dédié au Perce-neige, les puristes de l’orthographe ne manquent pas de relever qu’il faudrait dire LA perce-neige. Personnellement je m’en soucie comme de ma première pipe en terre.
Cela me fait penser qu’à Keramoal, les jonquilles montrent déjà le bout de leur nez et je n’en suis qu’à mi-parcours de ma taille d’hortensias…
Travaillez, prenez de la peine, aurait dit mon aïeule, toujours en mal de citation. Ce lundi m’ayant vu me réveiller atteint d’une flemmingite aigüe, je vous propose un billet déjà paru ici même.

Le 23 janvier c’est le jour qu’a choisit le petit Jean REINHARDT pour mettre le nez à la fenêtre de sa roulotte, c’était en 1910 à Liberchies en Belgique. Plus tard, il allait nous entraîner dans de somptueuses cavalcades sous le nom de DJANGO REINHARDT. L’enfant fait partie d’une famille de Rroms nomades habitués à traverser l’Europe de part en part. Il passe donc sa jeunesse à voyager pour fuir la première guerre avant que sa famille ne se fixe finalement à Paris d’abord sur les Fortif’, la zone mal famée jouxtant la porte de Choisy puis à la porte d’Italie. Ecoutez Les yeux noirs.
 

La rencontre avec le banjo de son oncle à l’âge de dix ans est décisive. Fasciné par l’instrument, le jeune Django n’a dès lors de cesse de s’écorcher les doigts sur ses cordes oxydées. Il fait son apprentissage en observant avec attention les musiciens de passage au campement, et acquiert bientôt une dextérité hors du commun. Il se mettra ensuite, avec le même bonheur, au violon et finalement à la guitare pour notre plus grand bonheur.
À l’âge de 13 ans, il court déjà le cachet dans les bars et bals de Paris, ainsi que dans les demeures des gens aisés, tout en continuant de jouer surtout pour son propre plaisir. La réputation du jeune virtuose se répand chez les amateurs de musique et en 1928, l’accordéoniste Jean Vaissade permet à Django d’enregistrer son premier disque. L’adolescent ne sachant ni lire ni écrire, même pas son propre nom, les étiquettes portent la mention « Jiango Renard, banjoïste ».

Aujourd’hui, les Rroms sont inscrits au tableau de chasse de Nicolas 1er et de ses sbires. Triste époque madame Michu !
Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

2 commentaires

  1. Sceptique

    la vraie, la bonne, adoucit les moeurs, car elle met tous le monde d’accord. Merci pour cet hommage à Django Reinhardt, et à la musique rom.

    P.S. Le groupe de professionnels que a pris comme nom ce titre, « les yeux noirs », a fait un tabac. Le connaissez-vous?

  2. Jonquille bleue

    Tu expliqueras çà aux ossi aux fils du Vent : ils comprendront… mais Mme Michu cé – sur!!!
    De la part de Raoul Vanigem :
    « Tout n’est-il pas mis en branle pour troubler, par les meilleures raisons du devoir et de la culpabilité, le loisir serein d’être en paix en sa seule compagnie ? Georg Groddeck percevait avec justesse dans l’art de ne rien faire le signe d’une conscience vraiment affranchie des multiples contraintes qui, de la naissance à la mort, font de la vie une frénétique production de néant.

    Nous sommes si pétris de paradoxes que la paresse n’est pas un sujet sur lequel on puisse s’étendre simplement, comme y convierait la nature si toutefois la nature pouvait s’aborder sans détours.

    Le travail a dénaturé la paresse. Il en a fait sa putain dans le même temps que le pouvoir patriarcal voyait dans la femme le repos du guerrier. Il l’a affublée de ses faux-semblants, quand la morgue des classes sociales exploiteuses identifiait l’activité laborieuse à la seule production manuelle.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera jamais publié. les champs marqués d'une asterisque sont obligatoires (*).