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A LA GUERRE COMME A LA GUERRE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la concorde universelle et du Saint Pourçain réunis, bonjour !

Nous sommes le 12 novembre et hier c’était férié…Because 11 novembre !

A chaque 11 novembre mes pensées se dispersent du côté de la Somme, de Verdun, du chemin des dames; dans le feu, le fer, la boue et le sang et surtout, l’immense saloperie qui poussait les hommes à s’entretuer au profit d’une classe de possédant. J’y ai laissé mes deux grands pères qui y ont définitivement élu résidence sous une petite croix blanche. Pour eux et pour tous les autres voici la chanson de Craonne par Marc OGERET.

 

 Les pacifistes, les antimilitaristes et les insoumis de tout poil se retrouvent chaque année à Gentioux (Creuse), village célèbre pour son monument aux Morts qui proclame sans détour : Maudite soit la guerre ! Il y en a quelques uns en France mais, ils se compte sur les doigts. Le monument aux Morts de Gentioux rappelle les noms des cinquante-huit habitants de la commune tués pendant la guerre de 14-18 et des cinq décédés durant celle de 39-45. La ressemblance avec les monuments classiques s’arrête là. Le monument de Gentioux n’a rien à voir avec tous les monuments patriotiques guerriers qui hantent nos communes. À la place des sculptures vantant l’héroïsme, la bravoure, le sens du devoir et du sacrifice, à la place des soldats virils brandissant drapeaux et fusils afin « qu’un sang impur abreuve nos sillons », nous trouvons à Gentioux un petit écolier en sarrau et en sabots, un orphelin en bronze, casquette à la main et poing serré, devant l’inscription : « Maudite soit la guerre ! ». À lui seul, le gosse au visage sombre représente les paysans et les ouvriers qui ont été sacrifiés dans une guerre infâme. C’est Jules Coutaud, maréchal-ferrant, maire SFIO de Gentioux de 1920 à 1965, qui avait eu la bonne idée de faire ériger un tel monument. Gazé pendant la « Der des ders », il savait de quoi il causait. En 1922, la Préfecture refusa de participer à l’inauguration du monument qui faisait tâche dans le paysage militariste. (A gauche le monument de Plozévet (29) réalisé par René Quillivicet représentant Sébastien Le Gouil foudroyé par la perte de ses trois fils.)
Chaque 11 novembre depuis les années 80, des militants pacifistes de diverses sensibilités viennent entonner La Chanson de Craonne devant le monument en levant le poing contre la connerie militaire. Ensuite, un détour par le cimetière de Royère-de-Vassivière est proposé pour visiter la tombe du maçon Félix Baudy, un soldat fusillé « pour l’exemple » en 1915 et, chose rare, réhabilité en 1934. Là, on peut lire sur une plaque : « Maudite soit la guerre. Maudits soient ses bourreaux. Baudy n’est pas un lâche mais un martyr ». En 2008, pour les 90 ans de l’Armistice de la guerre de 14-18, un collectif s’était déplacé à Gentioux pour demander la réhabilitation de tous les fusillés « pour l’exemple ». Durant la Première Guerre mondiale, 2500 soldats français sont passés devant des cours martiales. Parce qu’ils refusaient la barbarie et la guerre impérialiste, tous ont été condamnés. Parce qu’ils refusaient de crever pour les profiteurs de guerre, parce qu’ils voulaient mettre fin à la boucherie, parce qu’ils refusaient de tirer sur leurs camarades ouvriers allemands et fraternisaient avec « l’ennemi », parce qu’ils voulaient la paix, le pain et la liberté, 650 troufions, parfois tirés au sort, ont été sauvagement assassinés.(Ici à droite, le monument de Haïm Kern dédié aux « fusillés pour l’exemple », sur la commune de Craonne dans l’Aisne.) Il existe un autre monument pacifiste en Finistère, à Primelin.

Pas de quoi pavoiser effectivement. Allez, portez vous bien et à demain peut-être