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Y’EN A PAS UN SUR CENT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis des chinoiseries et du thé noir réunis, bonjour !

Nous sommes le 17 octobre, 26è jour de vendémiaire dédié à l’aubergine. Tiens, commençons cette semaine par un peu d’humour: celui-ci est glané dans les colonnes du Canard enchainé: « Ten years ago we have Steve Jobs, Bob Hope and Johnny Cash, now we have no jobs, no hope and no cash. » Amusant non!

Tout à fait autre chose.

Il est assez rare que l’on parle des anarchistes chinois, pourtant, il en est qui ont marqué l’histoire de leur empreinte.

Après plusieurs années d’une interminable agonie – l’euthanasie lui fut toujours refusée – l’écrivain chinois Pa Kin est mort le 17 octobre 2005, à l’âge de cent ans. Depuis 1949, il était une des figures littéraires officielles du régime de Pékin. Ce qu’on sait moins, c’est que Pa Kin fut un des principaux introducteurs de l’anarchisme en Chine, notamment en traduisant les œuvres complètes de Kropotkine. Le « Kin » de son pseudo était d’ailleurs un hommage à Kropotkine.

Né en 1904 à Chengdu, la capitale du Sichuan, dans une grande famille bourgeoise, la jeunesse de celui qui s’appelle encore Li Feigan est marquée par les convulsions révolutionnaires qui agitent l’empire du Milieu. En 1912, l’empereur est déchu et la république proclamée. En 1919, en pleine vague de grèves et d’agitation sociale, l’adolescent s’engage au sein du groupe anarchiste de Chengdu. Il est alors ébloui par la pensée de Pierre Kropotkine et les articles de l’Américaine Emma Goldmann, avec qui il entretiendra une correspondance. Il part étudier à Nankin puis à Shanghai, et apprend le français, le russe, l’anglais et l’esperanto. Shanghai est alors l’épicentre des luttes révolutionnaires en Chine, qui vont culminer avec la tentative ratée d’insurrection communiste en 1927. Le mouvement anarchiste chinois, pris en étau entre les nationalistes et les communistes, décline. Li Feigan part en 1927 faire des études à Paris « pour aller vers l’Occident à la recherche de la vérité », comme de nombreux jeunes Chinois progressistes.

En France, il milite au sein du mouvement anarchiste et s’engage dans la campagne internationale pour la libération de Sacco et Vanzetti. Ce séjour à Paris est également l’occasion de publier son premier roman : Destruction, pour la première fois sous le nom de Pa Kin. L’œuvre littéraire de Pa Kin aura donc deux versants : la traduction d’une part, le roman d’autre pa

Revenu en Chine en 1929, il devient un des intellectuels en vue du mouvement anarchiste, en publiant divers romans où s’affrontent la Chine féodale et révolutionnaire, dont son chef-d’œuvre quasi autobiographique, Famille (1931), portrait au vitriol du système familial, féodal et patriarcal.

Les années 1930 sont, en Chine, celles de l’invasion japonaise, qui va sceller l’alliance entre communistes et nationalistes pour la libération nationale. Lui s’enthousiasme pour la Révolution espagnole qui, à l’autre bout du monde, porte les espoirs d’une société libre, socialiste et libertaire. Mais il est en Chine, et la nécessité politique prime.

La guerre terminée, en 1945, il s’attaque à la traduction des œuvres complètes de Kropotkine, et publie l’un de ses derniers romans, très pessimiste, Nuit glacée (1946). Le mouvement anarchiste est alors disloqué dans son pays, mais Pa Kin reste le principal correspondant en Chine de la Commission des relations internationales anarchistes (CRIA), bureau de liaison du mouvement anarchiste.

Les communistes s’emparent définitivement du pouvoir en octobre 1949 et il va devenir impossible, pour un écrivain de la stature de Pa Kin, de ne pas adhérer à une des organisations satellites du Parti. Il rejoint donc l’Association des écrivains chinois, et devient député à l’Assemblée nationale populaire. Glorifiés, ses romans sont portés à la scène et à l’écran.

Sa vie sera désormais ballotée au gré des fluctuations et retournements brutaux propres aux organisations léninistes et staliniennes. Il sera du côté des bourreaux en 1957, à l’époque du « tournant antidroitier », et s’associera à la dénonciation des écrivains accusés de déviance. Ses romans sont censurés puis réédités, tronqués de tout élément proanarchiste. Il n’entreprendra désormais que des traductions, des essais et ses mémoires.

En 1966, à l’occasion de la Révolution culturelle, c’est à son tour de faire partie des victimes. Publiquement humilié, dénoncé comme « traître à la nation », placé sous surveillance, il passe dix ans à faire et refaire son autocritique. Il ne sera réhabilité qu’en 1977, après la mort de Mao et l’éviction de la « Bande des quatre ». Ici à gauche, à Shangaï, lors de ses obsèques.

Sources:Alternative Libertaire-Novembre 2005.

Voila pour ce début de semaine qui aurait du être consacré à la désignation de Machin à l’issue de la primaire citoyenne mais, vos gazettes vont déborder de commentaires…Le cénobite n’aime guère les chemins battus. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.