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GLANEURS & DECADENCE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la tradition et du poulet au curry réunis, bonjour !

Nous sommes le 15 octobre, 24è jour de vendémiaire dédié à l’amaryllis.

Trente-huit euros. C’est désormais ce que risquent de payer tous ceux qui seraient pris à Nogent-sur-Marne en train de glaner, c’est-à-dire de récupérer des détritus. Dans la ville, la décision du maire fait polémique.

De tous temps le glanage a générer des polémiques, des lois, des arrêtés, des pratiques coutumières ou pas. Le maire (UMP) de Nogent-sur-Marne lui vient de faire très fort. Il est vrai que le glanage a toujours provoquer une poussée d’urticaire chez les bourgeois, comme si cette pratique les renvoyait à leur mauvaise conscience.

Savez vous ce que c’est que faner écrivait madame de Sévigné à son cousin…Elle aurait pu itou ajouter : savez vous ce que c’est que glaner ? Lorsqu’elle lui raconte, en se justifiant, le renvoi de Picard, son domestique rétif à aller glaner dans les champs

Comme pour le blé, le glanage est autorisé, mais réglementé : « On ne pourra glaner les olives que 15 jours après l’ouverture de la cueillette ».
Pendant la récolte des olives, on paie 2 gardes du terroir à 12 sols par jour et on établit une garde bourgeoise, qui est faite par tous les habitants (à raison de 15 personnes par jour, commandées par un conseiller de la « première main »). « Les voleurs sont passibles d’une amende de 30 sols ou même de la peine du carcan. » Nous rappelle cet édit du XVIIIè siècle.

On glane ce qui pousse du sol (pomme de terre, choux, etc.), on grappille ce qui pend (raisins, figues, olives, pommes, etc.).

« Il est interdit de glaner, râteler ou grappiller sur un fonds non encore entièrement dépouillé ou vidé de ses récoltes, avant le lever ou après le coucher du soleil, ou contre la défense du propriétaire.
Le glanage, le râtelage et le grappillage sont de même interdits, sauf autorisation du propriétaire, dans tout enclos rural attenant à l’habitation
. » (Genève:réglement police rurale 1955)

Aujourd’hui, les glaneurs ne sont plus dans les champs mais dans nos villes. Ils sont la face visible de la précarité qui s’installe, de la pauvreté qui se généralise, obligeant une mère de famille, un SDF, un retraité à chercher sa pitance dans nos poubelles. La décision du maire de Nogent m’a remis en mémoire ce magnifique texte de Gaston COUTE que je vous livre en vidéo interprèté par Yves Deniau.

Décidément, on vit une drole d’époque…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.