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TU NE TUERAS POINT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’isolexisme et du crabe mayo réunis, bonjour !

Je sais, O lettrés lecteurs, que vous n’ignoriez rien des figures de rhétorique. Néanmoins, petit rappel : L’isolexisme est une figure consistant à réunir au moins deux mots ayant la même racine, dans le but de créer un mot nouveau, un effet emphatique ou comique. Exemple que l’on doit à ce cher Prévert : « Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie. »

voilà, nous sommes le mardi 27 septembre, 6è jour de vendémiaire dédié à la balsamine, jolie fleur s’il en est. J’adore les dames du calendrier républicain…


Tout à fait autre chose.

La semaine dernière, deux hommes sont morts, assassinés tout à fait légalement. L’un en Géorgie, Troy Davis, dont les fortes probabilités d’innocence ont mobilisé l’opinion internationale. L’autre, Lawrence Brewer, membre du Ku Klu Klan, probablement coupable d’un meurtre abject, a été exécuté au Texas. « L’un est noir, l’autre blanc. On ne doit pas condamner à mort un Noir innocent : cela est évident. Mais il faut dire aussi pourquoi on ne peut pas non plus condamner à mort un Blanc coupable, car pour le condamner on recourt à une procédure qui comporte nécessairement et généralement un risque d’erreur : le condamner, c’est exposer chacun à ce risque. Il est bon et salutaire de s’émouvoir de l’exécution d’un Noir innocent ; mais c’est une faute de ne pas s’alarmer de l’exécution d’un meurtrier blanc tortionnaire et raciste. »Catherine Kintzler-Philosophe.

Au risque de surprendre, je ne fais pas de distinguo entre un jeune noir sympathique et un gros beauf de texan raciste et pervers au moment de prononcer l’irréparable, l’irréversible. La peine de mort reste à mes yeux un résidu de la barbarie dont nous sommes tous issus. Le 17 septembre 1981, Robert Badinter, à la tribune de l’Assemblée Nationale, rappelait ce discours de Jaurès : « La peine de mort est contraire à ce que l’humanité depuis deux mille ans a pensé de plus haut et rêvé de plus noble. Elle est contraire à la fois à l’esprit du christianisme et à l’esprit de la Révolution. »

Et Badinter poursuivait en disant « En fait, ceux qui croient à la valeur dissuasive de la peine de mort méconnaissent la vérité humaine. La passion criminelle n’est pas plus arrêtée par la peur de la mort que d’autres passions ne le sont qui, celles-là, sont nobles.

Et si la peur de la mort arrêtait les hommes, vous n’auriez ni grands soldats, ni grands sportifs. Nous les admirons, mais ils n’hésitent pas devant la mort. D’autres, emportés par d’autres passions, n’hésitent pas non plus. C’est seulement pour la peine de mort qu’on invente l’idée que la peur de la mort retient l’homme dans ses passions extrêmes. Ce n’est pas exact. »

Je n’ai ni le talent de Condorcet ni la verve de Jaurès ni la fougue de Badinter mais je voudrais tant savoir exprimer le dégout et la haine que m’inspire cette pratique encore courante dans ce grand pays donneur de leçons es-Démocratie.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.