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QUAND L’OTAN INSTALLE AL-QAEDA A TRIPOLI…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la tectonique des plaques et du filet de cabillaud réunis, bonjour !

Bon, cette fois ci, c’est la rentrée, nous sommes le 02 septembre. Les cartables sont prêts, les trousses bien rangées, la nouvelle maîtresse est gironde, Hollande a encore perdu un kilo, madame dansmacuizine a un nouveau blog tout neuf, et les champignons sont en avance.

Vous connaissez mes doutes sur la croisade de l’OTAN en Libye, même si je me réjouis chaque fois que l’un de ces grandguignols dictatoriaux disparaît de la scène. Et l’irritation qui est la mienne tous les soirs au JT, lorsque l’envoyé spécial chante les louanges des combattants de la liberté, ne cesse de grandir.

J’emprunte donc à pépé Escobar (heu, sans son accord préalable), sur le site legrandsoir.info, cette analyse fort intéressante pour comprendre les enjeux de la situation en Libye.

Vous connaissez ce monsieur ?

Son nom est Abdelhakim Belhaj. Certains au Moyen-orient ont peut-être entendu parler de lui mais en occident et ailleurs son nom est pratiquement inconnu.

Alors voici une séance de rattrapage. Parce que l’histoire de comment un agent d’Al-Qaeda a pu se retrouver haut-commandant militaire à Tripoli va – une fois de plus – briser l’immense champ de miroirs qu’est « la guerre contre le terrorisme » et compromettre sérieusement la propagande patiemment concoctée par l’OTAN sur son « intervention humanitaire » en Libye. La forteresse de Kadhafi, Bab-al-Aziziyah, fut envahie et conquise la semaine dernière principalement par les hommes de Belhaj – qui ont été le fer de lance de la milice des Berbères dans les montagnes du sud-ouest de Tripoli. La milice est connue sous le nom de Brigade Tripoli et elle a été secrètement entraînée pendant deux mois par les Forces Spéciales US.

Abdelhakim Belhaj, alias Abu Abdallah al-Sadek, est un djihadiste libyen. Né en mai 1966, il a fait ses premières armes avec les moudjahidin lors du djihad anti-soviétique en Afghanistan dans les années 80. Il est le fondateur du Groupe islamique combattant en Libye et de facto son émir. Après le 11/9, Belhaj s’est installé au Pakistan et aussi en Irak, où il s’est lié d’amitié avec ni plus ni moins que l’ultra radical AbuMusab al-Zarqawi – tout ceci avant qu’Al-Qaeda en Irak ne prête allégeance à Oussama Ben Laden et Ayman al-Zawahiri et ne renforce radicalement ses actions.

En 2003, Belahj a été finalement arrêté en Malaisie. En 2004, les Américains ont décidé d’en faire cadeau aux services secrets Libyens – jusqu’à sa libération par le régime de Kadhafi en mars 2010, en compagnie de 211 autres « terroristes ».

Puis en 2007, Zawahiri, le numéro 2 d’Al-Qaeda à l’époque, annonça officiellement la fusion entre la GICL et Al-Qaeda du Maghreb Islamique (AQMI). Depuis, GICL et AQMI sont la même organisation et Balhaj était et est le chef (émir). Venons-en à février 2011, Belahj, en homme libre, décide de retourner à ses activités djihadistes et d’engager ses hommes dans le soulèvement planifié de la Cyrénaïque. Ce n’est pas un hasard si tous les hauts commandants militaires des rebelles sont du GICL/AQMI, de Balhaj à Tripoli à un certain Ismael as-Salabi à Benghazi en passant par Abdelhakim al-Assadi à Derna, sans oublier un membre important, Ali Salabi, qui siège au cœur du CNT. (Bon, l’image de BHL c’est un peu sournois de ma part mais j’ai pas pu résister) C’est Salabi qui a négocié avec Saif al-Islam Kadhafi la « fin » du djihad du GICL/AQMI, leur garantissant ainsi un nouvel avenir radieux sous l’étiquette de « combattants de la liberté. Kadhafi est peut-être une relique dictatoriale du passé, mais on ne monopolise pas le pouvoir pendant 40 ans pour rien et sans que ses services de renseignement n’apprennent deux ou trois choses.

Depuis le début, Kadhafi a dit que l’opération était appuyée de l’étranger et par Al-Qaeda ; il avait raison sans doute. Il a aussi dit que l’opération était un prélude à une occupation étrangère dont l’objectif était de privatiser et prendre le contrôle des ressources naturelles de la Libye. Il se pourrait qu’il ait – une fois de plus – raison. Dix ans après le 11/9, il n’est pas difficile d’imaginer un certain crâne jeté au fond de l’océan sourire de toutes ses dents.

Voilà, à vous de vous faire votre propre jugement. Portez vous bien et à demain peut-être.