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MISERE, MISERE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la statistique et du merlan frit réunis, bonjour !

Puisque nous voici au 31 du mois d’août, on serait tenté d’entonner cette fameuse chanson de marin qui fut écrite à la gloire de Surcouf après sa victoire sur l’anglais « le Kent » lui qui commandait la frégate « la confiance ». Mais je dois avouer que l’actualité me pousse davantage à chanter « la carmagnole » si j’en crois les dernières livraisons de l’INSEE. En France, les pauvres sont de plus en plus pauvres … mais les riches sont de plus en plus riches.

La pauvreté a culminé en France en 2009, selon l’Insee.

C’est le résultat de la dernière enquête Insee : si la crise née en 2008 a affecté la France entière, elle a touché de plein fouet les plus modestes. Plongeant sous le seuil de pauvreté près d’un Français sur sept. En 2009, la proportion de pauvres a augmenté, mais encore leur pauvreté s’est accrue. Alors même que le niveau de vie des plus riches continuait de s’améliorer.

Et cette situation perdure, selon les associations de terrain…Le seuil de pauvreté en France est établi à 954 euros par mois. En 2008, 13% de Français vivaient sous ce seuil. En 2009, 13,5%, soit 400.000 personnes de plus, plus d’un actif sur 10. C’est le niveau le plus élevé depuis 2000, précise l’Insee dans sa dernière enquête qui porte sur l’année 2009. Des pauvres plus nombreux et encore plus pauvres. La moitié de ces 8,2 millions de personnes vit avec moins de 773 euros par mois.

Et pourtant, dans le même temps, entre 2008 et 2009, le niveau de vie médian des Français a progressé de 0,4%. Une progression moindre cependant qu’en 2008 (+1,7%) ou 2007 (+2,1%). Les plus aisés eux par contre se sont franchement enrichis. Les 10% de Français qui vivent avec plus de 35.840 euros par an ont vu leur niveau de vie progresser de 0,7%. Ces inégalités mises en lumière par cette enquête statistique n’étonnent surtout pas les associations de terrain. « Ca fait des mois qu’on tire la sonnette d’alarme parce que l’on voit arriver de nouveaux publics victimes de la crise, des jeunes sans emploi ou des chômeurs en fin de droit », déplore Christophe Robert de la Fondation Abbé Pierre.

Mais cela n’entame en rien le cynisme de Balkany,grand représentant de la sarkosphère, piègé par les « yes men »,qui nous explique dans cette vidéo qu’il n’y a pas de pauvres en France…



Et bien voila, je vous invite à conserver cette vidéo jusqu’aux prochaines élections.

En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

LE PETIT CHAT EST MORT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’underground et du cri de l’ormeau réunis, bonjour !

Je cherchais une occasion pour ajouter à notre galerie de portraits celui de Robert CRUMB. Profitant de son anniversaire (30 aout 1943), je vous le propose aujourd’hui.

Né à Philadelphie en Pennsylvanie, Robert Crumb plonge très tôt dans la bande dessinée, entraîné (forcé, même) par son grand frère Charles. Avec le plus jeune Maxon, les trois frères s’échappent ainsi dans un monde imaginaire loin des coups de leur père, ancien marine qui voudrait en faire les durs qu’ils ne sont absolument pas et une mère dépressive.

Comme on a pu le voir dans le magnifique documentaire de Terry Zwiggof, Charles en grandissant devint un reclus, hanté par des fantasmes homosexuels et pédophiles. Jamais il n’a quitté le domicile parental et il a finit par se donner la mort en 1994. Maxon était dans le film un artiste-mendiant crève la dalle un peu taré. Sans doute en partie grâce au film et à la notoriété de son frère, il serait aujourd’hui un artiste crève la dalle un peu taré mais plus un mendiant.

Mieux adapté socialement que ses frères, Robert est tout de même un intello frustré, brimé par ses camarades de classe. Il épouse « la première venue », Dana Morgan et utilise son talent pour le dessin dans une fabrique de cartes de vœux. En 1967 il prend pour la première fois de l’acide avec sa femme et le couple déménage à San Francisco. Crumb commence à se faire un nom dans les milieux underground avec une multitude de BD autopubliées : Zap Comix, Big Ass Comics, Snatch, Mr Natural… Ces délires dessinés sous acide, pleins de sexe, de violence et de critique sociale à double tranchant deviennent sur un malentendu un emblème de la contre-culture hippie. Crumb lui même avoue n’avoir pas alors eu conscience du côté profondément satirique de son œuvre, trop défoncé qu’il était, mais une chose est sûre : Robert Crumb déteste le rock et les hippies. Il réalise un de ses travaux les plus célèbres à l’époque, la pochette de Cheap Thrills pour Big Brother and The Holding Company, groupe de Janis Joplin, mais il n’a jamais écouté que des vieux 78 tours de blues ou de jazz dont il s’est constitué une collection de classe mondiale au fil des ans.

Au cours des années 1970 les BD de Crumb deviennent de plus en plus noires, expérimentales et paranoïaques. Les drogues montrent leur côté sombre, Crumb rencontre des problèmes financiers et supporte de moins en moins les hippies et leur amour. Son personnage Fritz The Cat est le héros d’un film à succès qu’il déteste, Dana Morgan aurait cédé les droits sans son accord. Crumb se vengera en tuant Fritz dans une de ses BD.

 

Il fait la rencontre à San Francisco d’Aline Kominsky. Il dessine notamment avec elle la série « Dirty Laundry Comics ». Il abandonne les drogues et il épouse Kominsky en 1978. Ils ont une fille Sophie en 1981. Petit à petit, entre ses BD les plus délirantes, Crumb se met en scène, un misanthrope amoureux d’une vieille Amérique fantasmée, à sa place ni dans la culture ni dans la «contre-culture » moderne.

Dans les années 1980, Crumb contribue régulièrement au magazine Weirdo. La mutation amorcée dans les années 1970 est consommée, les fantaisies infantiles, masturbatoires et de mauvais goût sont maintenant inséparables d’un contexte, celui de Crumb, auteur respecté (mais toujours pas respectable), mythe vivant de la BD alternative. Au début des années 1990, dégoûtés des USA, Aline et Robert déménagent avec leur fille dans le Sud de la France où ils ont acquis une maison en échange de six carnets de croquis de Crumb.


Robert Crumb peut maintenant vivre confortablement grâce à la reconnaissance des milieux artistiques. Ses originaux s’échangent à prix d’or, de grand musées se constituent des collections « Crumb » et il dessine régulièrement des couvertures et des illustrations intérieures pour le
New Yorker.

En 2009, il publie son premier travail de longue haleine, une adaptation de la Genèse en bande-dessinée. Paru chez Denoël graphics en France, La Genèse de Crumb figurera dans la sélection officielle du Festival d’Angoulême 2010. Sources: Bédéthèque -Fluctuat.net -Wikipédia.

Bon voila, ça s’est fait. Portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

COMMEDIANTE! TRAGEDIANTE!

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’ère secondaire et des primaires socialistes réunies, bonjour !

Tiens, on est lundi, nous sommes le 29 août c’est à dire le 12 de fructidor et c’est le jour du fenouil. Je m’étonne que Fabre d’Eglantine à qui l’on doit le calendrier républicain, n’est pas jugé bon de décréter un lundi jour de la lessive…

Si vous êtes aussi avisée que ELSA, vous n’avez pas été sans remarquer qu’en cette période estivale, il m’arrive de re-publier un billet déjà paru il y a plusieurs mois. Plusieurs raisons à cela : en premier lieu, la paresse que je revendique comme un droit inaliènable à l’instar de Paul Lafargue qui fit paraître ce merveilleux ouvrage vers 1880. Et puis les occupations quotidiennes que réclament les jardins de keramoal mais encore les excursions hors de l’ermitage et enfin l’arrivée massive (j’exagère un peu) de nouveaux lecteurs qui découvrent « les cénobites tranquilles ». Or donc, dès la semaine prochaine, l’inédit devrait retrouver sa place et les assidus lecteurs que vous êtes, leur comptant.


En attendant, jetons un œil sur ce qui se passe dans les restes du monde.

Réchauffement climatique…

Si vous êtes comme moi, vous n’avez pas échappé, minute par minute, aux pérégrinations d’Irène, ouragan abomifreux, puis tempète du siècle et enfin, coup de vent sur la côte Est. Il faut dire que nous sommes sur le territoire de l’Empire et ici, tout prend une autre dimension. Je vous parie que le prochain cyclone qui va toucher le Bengla-Desh n’occupera pas plus de quelques secondes au journal télévisé. Il y a quelques années, les associations féministes s’étaient élevé contre le fait que l’on baptise systématiquement les ouragans d’un prénom féminin… C’est vrai quoi, imaginez : Mouammar la tempête du désert, Nicolas le cyclone des Gaules, Boris le typhon des Balkans, Barak le tsunami des mers du Sud, Sylvio la tornade romaine…Allez, le concours est lancé.

Les filles de la Rochelle…

Ah, l’été à La Rochelle ! Martine à la plage, Ségo monte un bateau, François joue les gros bras, Montebourg est pris de court, un menuet pour Valls…Un vrai plaisir pour les éditorialistes en mal de titres et en attente des primaires et pour le peuple de gauche en attente d’un programme susceptible de mettre un terme aux abominations de l’UMP. Et, comme dit Mélenchon, de renvoyer à la niche (fiscale) tous ces fossoyeurs du mieux vivre ensemble qui préfèrent taxer la limonade plutôt que la spéculation. Ecoutez ce petit bijou des « 4 barbus » 1958 quand même…

Tripoli brûle t-il?

En libye, l’OTAN finit de faire le ménage avant de passer à la prochaine étape, la Syrie. Le colonel joue les filles du désert ou l’arlésienne, au choix. Vous allez voir qu’un gros chèque à un arrière petit cousin va permettre de le découvrir au fond d’un trou comme son homologue Sadam… Ancien directeur de la sécurité à la DGSE, Alain Chouet avoue néanmoins une certaine surprise de voir que « les journalistes ne s’étonnent pas que les rebelles ne crient pas « Vive  la liberté » quand ils entrent dans une ville mais « Allah Akbar ». Tout le monde a l’air de trouver ça normal. Cette révolution a commencé à Tobrouk à 15 kilomètres de la frontière égyptienne avec des gens qui  d’un seul coup ont sorti des canons et des mitrailleuses. Ils ne les avaient pas cachés sous leur lit pendant 40 ans. Quelqu’un leur a fourni. Suivez mon regard…Quand Kadhafi disait « c’est Al Qaïda qui est contre moi », il en rajoutait évidemment des tonnes, mais sur le fond, il n’avait pas tout à fait tort. C’est quelque chose qu’il va falloir assumer ».

Petits arrangements entre amis…

Et la cerise sur le gateau c’est quand nicolas (Hulot) rencontre Nicolas (Sarko), on se téléphone, on s’fait une p’tite bouffe et je suivrais avec bienveillance ta proposition d’être ambassadeur auprès de l’ONU pour préparer le sommet de la terre…

Commediante ! tragediante ! Comme disait PIE VII en parlant de Napoléon. Comment accorder encore une once de crédibilité à ces gens là ?

 

 

 

 

Allez, voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

C’EST LA SAINT AUGUSTIN…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’internationalisme et de la soupe aux choux réunis, bonjour!

Je profite de ce 28 août, jour de la saint Augustin et aussi 11è jour de fructidor dédié à la pastèque, pour évoquer une grande figure de l’anarchisme international, n’y voyez aucune allusion.

Evoquer Augustin SOUCHY, c’est s’atteler à couvrir 75 ans de révolutions dans le monde. Doyen des anarchistes allemands, il s’est éteint le 1er janvier 1984 à Munich où il avait décidé de s’établir en 1966 après des périples nombreux et périlleux à travers le monde.

Il nait en 1892, le 28 août, non loin de la frontière russo-polonaise, et quelques années plus tard, c’est tout naturellement que sa famille accueille les ennemis du tsarisme lors de la première révolution russe de 1905.
Augustin SOUCHY écoute les récits des fuyards et rêve de révolution. Il poursuit des études de laborantin à Berlin où il rencontre E. Bernstein, Karl Liebknecht, Clara Zetkin. Il lit Gustav LANDAUER, Pierre RAMUS. Le soir, il fréquente les bibliothèques. Militant socialiste et pacifiste, il est emprisonné une première fois le 18 mai 1911, journée du souvenir des morts de 1848.

Quand éclate le premier conflit mondial, il est à Vienne. Il est antimilitariste et participe au groupe Befreiung. Il est arrêté, on l’attache à un autre prisonnier et on lui accroche une pancarte sur laquelle on lit: « Attention: Anarchiste ! ». Insoumis, il refuse de participer au carnage et s’exile en Suède où il entreprend d’approfondir les idées libertaires.
La prise du Palais d’Hiver en 1917 redonne espoir à toute une génération de révolutionnaires. Il rejoint les rangs des anarchosyndicalistes et collabore au journal « Der Syndikalist ».

Il est en Russie en 1920 pour participer, sur invitation de Lénine, au second congrès de la IIIe Internationale. Augustin SOUCHY flaire la magouille marxiste et déconseille à ses camarades la collaboration avec le Komintern. Il connaît le sort réservé aux opposants au régime bolchévique. Lors de ce séjour russe, il rencontre Pierre KROPOTKINE, Alexandre BERKMAN et Emma GOLDMAN.

On le retrouve à Paris, le 20 mai 1921, devant le Mur des Fédérés, pour la commémoration du 50e anniversaire de l’écrasement de la Commune.
Il entreprend ensuite une série de voyages en Amérique du Sud pour nouer des contacts avec les organisations proches et amies sur ce continent. Séjour de plusieurs mois en Argentine. Participe au congrès des anarchosyndicalistes latino-américains à Buenos-Aires ; conférences en Argentine et en Uruguay.

Il est à Berlin quand Hitler prend le pouvoir. Augustin SOUCHY se réfugie à Paris où les exilés politiques allemands sont nombreux. Il se rapproche de Louis LECOIN, et gagne sa pitance en tant que journaliste indépendant.
1936, la révolution espagnole offre un terrain de mise en pratique d’idéal longtemps rêvé. Augustin SOUCHY arrive quelques jours avant la tentative du putsch de Franco à Barcelone. Il a la quarantaine, n’a jamais été soldat, se bat aux côtés des anarchistes.
A la veille de l’écrasement du mouvement par la coalition fasciste internationale, il regagne la France. Là, sous le coup des lois xénophobes, il est interné dans les camps de Marolles, puis Audierne (Bretagne), d’où il s’évade à l’approche des troupes allemandes.
Augustin SOUCHY réussit à gagner Marseille et croise sur sa route
VOLINE, misérable et tout à l’écriture de « La Révolution inconnue » (qui raconte l’histoire de la révolution makhnoviste en Ukraine qui a duré de 1918 à 1921).
Il s’embarque pour le Mexique via Casablanca qui accueille alors les réfugiés de la guerre d’Espagne.
Septuagénaire, Augustin SOUCHY vivra encore 20 ans. Il suit de près les mouvements sociaux, en particulier la révolution de 1975 au Portugal. Il écrit, participe à des débats. Son livre « Nacht über Spanien » (Nuit sur l’Espagne), paru en 1955, est réédité dans les années 70. Un lectorat jeune et ouvert aux idées libertaires se l’arrache. Il se sert des médias comme tribune pour défendre l’humanisme libertaire et les idées forces de l’anarchisme.
En 1977 paraissent ses mémoires: « Vorsicht: Anarchist ! -Ein Leben für die Freiheit » (Attention: anarchiste ! -Une vie pour la liberté -

Presque aveugle, il meurt de vieillesse le jour de l’an. « Direkte Aktion » lui consacre un long article pour « rendre hommage à un compagnon et un grand humaniste qui ne s’est agenouillé ni devant les dieux, ni devant les pouvoirs ».

Sources :Martine REMON. Sur le site Anarchie 23

Voila un portrait de plus pour notre galerie. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

UNCONCERNED BUT NOT INDIFFEREND…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la pataphysique et de la dure réalité réunies, bonjour !

Aujourd’hui, samedi 27 août 2011 et 10è jour de fructidor dédié à l’échelle, je vous propose un petit portrait.

 

Si je vous dis Emmanuel Rudzitsky, je vous connais, vous allez rester aussi songeur qu’une poule devant une clé à molette…Et pourtant, si je vous dis Man Ray, subitement tout s’éclaire et vous revoyez la croupe hospitalière de Kiki de Montparnasse se prenant pour le violon d’Ingres.

 

Man RAY donc, puisque c’est de lui que l’on parle, est né à Philadelphie un 27 août en 1890, il est mort à Paris en 1976. Entre les deux il a fait de la photographie un art véritable. A New York avec son ami Marcel Duchamp, ils ont bien tenté de représenter la forme américaine du mouvement Dada, avant de conclure: « Dada ne peut pas vivre à New York ».

En juillet 1921, Man Ray revient en France et Duchamp le présente aussitôt aux surréalistes, Aragon, André Breton, Paul Eluard, Philippe Soupault… Evidemment, il s’installe à Montparnasse et ne tarde pas à tomber amoureux du fameux modèle Kiki de Montparnasse. Il va aussi rencontrer Paul Poiret qui va lui permettre de réaliser beaucoup de photos de mode.(à gauche,Man Ray et Duchamp sur les hauteurs de Paris)

C‘est en 1925 que ses oeuvres seront présentées lors de la première exposition surréaliste de la galerie Pierre en compagnie de Jean Arp, Max Ernst, Miro et Picasso, excusez du peu !

Ami des mécènes Marie-Laure et Charles de Noailles, il tournera son troisième film, Les mystères du château de Dé dans leur villa de Hyères (1929). Il avait tourner auparavant, A quoi rêvent les jeunes films (1924).

Pendant trente ans, Man Ray va révolutionner l’art photographique, en 1940 il rejoint Lisbonne et s’embarque pour les Etats-Unis en compagnie de Salvador Dali et Gala ainsi que le cinéaste René Clair. A Hollywood il rencontre Juliet qui deviendra sa femme et se remet à la peinture.

Il va rejoindre quelques grands noms du surréalisme en devenant Satrape du collège de Pataphysique en 1963. Inhumé au cimetière de Montparnasse, on peut lire sur sa tombe son épitaphe:Unconcerned, but not indifferent – Détaché mais pas indifférend.

A l’heure du tout numérique, il est intéressant de se souvenir de ces bricoleurs de génie qui ont fait de la photographie, un art à part entière. Quel regard porteraient-ils aujourd’hui sur ce monde en gésine ? Relisons Aragon.

Les gens les gens Dieu les emmerde

Naître qui me le demanda

C’était l’époque de Dada

Qu’importe que l’on gagne ou perde

Renverse ta vie et ton vin

Tout nous paraissait ridicule

A nous sans soleil ni calcul

Enfants damnés des années vingt.

 

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

VOUS R’PRENDREZ BIEN UN PEU DE RIGUEUR…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la rigueur et de l’austérité réunies, bonjour !

Oui, nous sommes bien le 26 août, 9è jour de fructidor dédié à la réglisse. Hier notre premier sinistre a tenté de nous dorer la pilule et de nous faire accroire que, nom d’un petit bonhomme, on allait bien voir que son altesse Nicolas 1er était capable de faire payer les riches. La preuve, sur les 11 milliards qu’il conviendrait d’économiser, 300 millions seront ponctionnés (exceptionnellement) sur les très hauts revenus…

Soit ! Onze milliards, madame Michu, cela équivaut à 11 000 millions et, donc, les hauts revenus vont en payer 300:11 000 x 100 = 2,72% de l’addition. C’est-y pas une juste répartition de l’effort ça ? Vous me direz, ils sont moins nombreux que les pauvres. Et les très pauvres eux, ne payent pas d’impôts directs. Résultat, il ne va pas faire bon appartenir aux classes moyennes dans les temps qui viennent…

Le Fillon avec sa tête de premier de la classe il m’a fait penser à une citation de Cicéron à propos de Démosthène: Son style sent un beuveur d’eau, un grand travail, et ensemble une aigreur et austérité de nature… En réalité, il est là pour éviter à l’autre d’avoir à annoncer les mauvaises nouvelles. Ils sont en train de nous faire le numéro des deux flics au commissariat: le vachard et le pote qui veut arranger le coup.

Mais revenons à nos pauvres qui, comme chacun le sait, sont accros à la gitane maïs et à la Kronembourg et abreuvent leurs enfants (nombreux) avec des sodas enrichis au sucre. Il vont devoir cracher au bassinet au motif que nos dirigeants s’inquiètent de leur santé et de l’augmentation dangereuse de leur tour de taille. A l’heure de se serrer la ceinture, avouez que cela ferait désordre. Fort heureusement il leur restera les heures supplémentaires défiscalisées, sauf pour les entreprises, et comme c’est le patron qui choisit…Devinez qui gagne la montre en bois avec la ficelle du même métal.

Chez moi, l’austérité c’est comme les nouilles sans sel, la galette sans saucisse, Jim sans Jules, Castor sans Pollux, ça ne passe pas. Je me rallie volontiers à cette phrase de Bossuet: les vues de faire des autérités me sont devenues suspectes. Il est vrai qu’on le surnommait l’aigle de Meaux ce qui doit faire plaisir à son maire J.F. Copé qui attend 2017 en rongeant son frein.

Bref, Sarkozy est en train d’enterrer le sarkozysme au nom de la rigueur et de la gestion en « bon père de famille » ce qui pourrait être considéré comme une bonne nouvelle, quoique…Je crains fort que le remède soit pire que le mal.

Allez, gardez le sourire, portez vous bien et à demain peut-être.

O.T.A.N. EN EMPORTE LE VENT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la médecine parallèle et de la rectitude d’esprit réunies, bonjour !

Aujourd’hui, 25 août, 8è jour de fructidor dédié à l’Asclépiade de Syrie (appelée aussi herbe aux perruches), j’hésite sur le ton à donner à ce billet.

A la vérité j’aurai du prolonger mon séjour dans les montagnes, ne pas ouvrir un journal, ne pas regarder la télé, ne pas écouter la radio, ne pas surfer sur le web, bref, me tenir à l’écart des choses du monde en bon cénobite qui se respecte. Las !

Voici son altesse grand-guignol drapée dans son éternelle chemise immaculée qui nous dit tout le bien qu’il pense de Nicolas 1er et de sa formidable victoire contre les forces du mal représentées par l’épouvantable Mouammar qui n’en finit pas de finir. Les insurgés ont pris Tripoli, le Conseil de transition s’apprête à gouverner, les 4X4 remplis d’hommes en armes sillonnent les rues de la capitale…On se croirait revenu aux plus beaux jours de la libération de Paris et des tractions avant des FFI ; attention messieurs les collabos, bientôt, on rase gratis.

Mais cette « libération » là est l’oeuvre du triumvirat Sarko-Obama-Cameron et de leur bras armé l’OTAN plus que celle du petit peuple. Avant pas longtemps, le peuple libyen va recevoir la facture et ça va faire tout drôle à ceux qui n’avaient pas lu les lignes écrites en tout petit en bas du contrat. Bouygues pour la reconstruction, Total pour le pétrole, Areva pour l’atome ; les vautours sont à pied d’oeuvre et se pourlèchent déjà les dividendes.

 

Voici maintenant la divine comédie de la justice Etatsunienne. Là bas les procureurs sont élus, et pour être élus, il faut faire campagne, et une campagne cela coûte très cher, alors il faut des donateurs et ceux là aussi, un jour, vous envoient leur facture…Alors, le présumé innocent devient l’innocent tout court et la présumée victime, une menteuse éhontée qui ne mérite pas le procès. Dominique-nique-nique va regagner ses pénates en se targuant d’avoir été blanchi par la justice américaine. Nafissatou va ester au civil, il faut bien payer les avocats. Les communautés du Bronx vont crier au déni de justice et les socialistes franchouillards nous répéter qu’ils l’avaient bien dit…DSK a sans aucun doute un certain nombre de relations, il a même intercédé auprès du tout puissant pour tenter d’infléchir la décision du procureur: En effet, lors de sa conférence de presse, Cyrus Vance s’est subitement interrompu. Puis la salle de presse a été évacuée. La raison ? New York venait d’être touché, comme l’ensemble de la côte Est des Etats-Unis, par un séisme d’une magnitude de 5,8 sur l’échelle de Richter. C’est pa une preuve ça, madame Michu !

Avouez que les blogueurs ont de quoi se régaler. Attention, le compte à rebours à commencé: Mercredi 7 septembre, parution du 1er SINE-MENSUEL. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

CIGARETTES ET WHISKY ET P’TITES…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du tartan et du single malt réunis, bonjour!

Ah qu’il est doux de retrouver son crachin brestois pour célébrer le 7è jour de fructidor dédié au sucrion, que l’on appelle aussi l’escourgeon. C’est une céréale qui mériterait d’être remboursée par la sécurité sociale car elle sert à produire du malt qui entre dans la composition du visseki. On en trouve particulièrement sur l’île de Islay dont je vous recommande les breuvages. A mes yeux et à mes papilles, sans aucun doute le meilleur de tous est le Caol Ila suivit du Lagavulin; je mettrai en dernière position le Laphroaig et je ne parle pas du Bowmore qui est victime de sa très (trop) grosse production. L’illustration vient du site Claude & Flo:Vous pouvez toujours visiter The Islay Distilleries : http://www.islaywhisky.com/


Difficile pour « les cénobites » de ne pas saluer le jour anniversaire de la naissance du grand Léo.
Le 24 août 1916, naissance de Léo FERRÉ à Monaco. Poète, anarchiste, auteur-compositeur-interprète de chansons et écrivain. Il naît dans une famille aisée et très jeune se passionne pour la musique. A 9 ans, ses parents le placent en pension dans un collège religieux à Bodighera en Italie; il y passera 8 ans (lire « Benoît Misère ») et découvrira à 14 ans le mot « anarchie » dans les pages d’un dictionnaire. En 1935, il arrive à Paris pour y étudier le droit. Lorsque la guerre éclate, il est mobilisé jusqu’en août 40.
De retour à Monaco, il commence à composer. En février 1941, il se produit pour la première fois en public. En 1946, il retourne à Paris, où commence véritablement sa vie d’artiste. Il se produit dans des cabarets, il y rencontre Jean-roger Caussimon, rencontre fertile en amitiés et en créations. Mais le succès tarde à venir et sa compagne le quitte, écoutez La vie d’artiste.

Edith Piaf lui vient en aide en interprètant une de ses chansons « Les Amants de Paris ». En juin 1950, il enregistre son premier disque (78t). En 1952, Catherine Sauvage enregistre sa chanson « Paris-Canaille » qui devient rapidement un succès national. Léo est véritablement lancé. En mars 1955, il est en vedette à l’Olympia.
Dès lors tout va très vite, il adapte les textes des poètes, Rimbaud, Verlaine, Aragon, Baudelaire. Le succès est au rendez-vous et l’argent aussi. Mais en 1961, il est victime de la censure, un de ses albums est pilonné: « Mon général », « Regardez-les », etc. Dès lors ses chansons se font plus engagées: en 1964, c’est « Franco la muerte », mais aussi « Ni Dieu ni Maître ». Début 1968, il collabore au « Monde libertaire » (qu’il aidera ensuite par des galas de soutien comme ce 10 mai 68) et à la revue « La Rue ». En 1969, il enregistre son spectacle à Bobino, puis part s’installer en Toscane (Italie). Sa carrière et son succès se poursuivront au delà des frontières, mais il continuera de soutenir « Le Monde libertaire », « Radio Libertaire » et le « Théatre Libertaire de Paris ». Malade, il meurt en Toscane le 14 juillet 1993.

 » Cette parole d’Evangile
Qui fait plier les imbéciles
Et qui met dans l’horreur civile
De la noblesse et puis du style
Ce cri qui n’a pas la rosette
Cette parole de prophète
Je la revendique et vous souhaite NI DIEU NI MAITRE
« 


Il fallait bien ça pour une reprise. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

LE CLOWN SE MEURT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

 

Amis du romantisme et du tournedos Rossini réunis, bonjour !

Et bien voilà, je n’ai pas vu le temps passer et nous sommes le 23 août, 6è jour de fructidor dédié à la tubéreuse. En Italie, on interdisait aux jeunes filles de se promener le soir dans les jardins où poussait la tubéreuse, car elles n’auraient pas su résister aux jeunes gens, eux-mêmes grisés par son parfum érotique. Quel dommage ! Voici le portrait d’un autre grand romantique que j’aime particulièrement mais que l’histoire a décidé d’oublier, semble t-il. Giani Esposito.

Le père de Giani Esposito est d’origine napolitaine et sa mère française, issue d’une famille alsacienne. Ils habitent Paris. Giani aurait donc du naître français, mais sa mère voulait choisir la nationalité de son enfant et, comme c’était impossible en France, elle choisit d’accoucher en Belgique.
C’est ainsi que le petit Giani Sandro Esposito voir le jour à Etterbeek le 23 août 1930. Il a 9 ans quand il part en Italie. Il y restera jusqu’à l’âge de 19 ans.
C‘est probablement une période importante dans son évolution littéraire puisqu’il commence déjà à écrire. A 11 ans, lorsqu’on éteint les lumières dans sa chambre, il écrit sur les murs. Et, à 15 ans, il part en Calabre pour écrire des poèmes.
Il fait des études classiques jusqu’au bac mais, parallèlement, il travaille avec des sculpteurs car il se sent une vocation pour cet art et veut en faire son métier.

Il suit les cours de comédie de Tania Balachova et de Michel Vitold. Il fait ses premiers essais de comédien dans « L’obstacle » d’Alphonse Daudet mis en scène par Jacqueline Audry (qui le dirigera plus tard au cinéma dans « Huis-clos ») et dans « Doña Rosita la célibataire » de Federico García Lorca aux « Noctambules ». Mais sa véritable carrière commence au Festival d’Arras (en 1950 ?) où il est à la fois acteur et compositeur de musique.
1953 : il commence à apprendre le solfège et le piano. Il écrit ses premiers morceaux et trouve un contrat de quatre mois au cabaret « La rose rouge ». Il enchaîne avec un autre contrat de même durée à « l’Ecluse ». Ce cabaret, ouvert en 1947 et devenu mythique. Beaucoup de ses pensionnaires feront une grande carrière (Cora Vaucaire, Barbara, Marie Paule Belle, Philippe Noiret, Pierre Richard, Marcel Marceau, Pia Colombo, Yvan Dautin, Jacques Fabbri, les frères ennemis, etc). Giani y passe la même année que Serge Sauvion, Hélène Martin, François Deguelt et Jacques Brel.

Mais on peut dire que les années 1953 à 1957 sont ses années cinéma.
« Mon mari est merveilleux » de André Hunebelle et « La môme Vert de gris » de Bernard Borderie.
« Huis clos » de Jacqueline Audry, « Les femmes s’en balancent » de Bernard Borderie, « Cadet Rousselle » de André Hunebelle et « French Cancan » de Jean Renoir pour lequel il avait une immense admiration.
« Cela s’appelle l’aurore » de Luis Buñuel, « Le dossier noir » d’André Cayatte, « Les hussards » d’Alex Joffé et « Les mauvaises rencontres » d’Alexandre Astruc.
1959 : une année marquante puisqu’il fait la rencontre de Pascale Petit au festival de Moscou alors qu’il tourne « Normandie Niemen ». Ils éprouvent tous les deux un grand intérêt pour le mystère et l’occultisme ce qui les rapproche. Mais surtout, c’est cette année-là qu’apparaît dans les bacs, un super 45 tours qui contient quatre titres: « Prière pour une rupture », « Le temps des fiançailles », « Avec toute notre pudeur » et surtout « Les clowns » qui deviendra sans doute sa chanson la plus connue et la plus reprise. En février, c’est le 33 tours 25cm avec le même titre rebaptisé « Le clown ». Curieux parcours que celui de ce titre qui sera une seule fois mis au singulier. Pourtant, lorsqu’on lit le texte, c’est manifestement la bonne orthographe.
Il dessine les illustration du « Justine » de Sade pour le Club Français du Livre.
1963 : alors que sortent les deux opus de « La vie conjugale » d’André Cayatte, il se marie avec Pascale Petit et devient père de Bougidarka (qui signifie « don de dieu »).

Toujours à la recherche de nouvelles façons de s’exprimer, il commence à écrire une pièce en alexandrins.
1966 : naissance de sa seconde fille Nathalia qui deviendra plus tard connue sous le nom de Douchka. En fait son véritable nom est Crassimira (qui signifie « Beauté rayonnante dans le monde »).

1967 : sa carrière musicale s’accélère puisqu’il signe un contrat avec Pathé-Marconi pour trois albums et des 45 tours. Il sort le 33 tours « Jardiniers qui doutez ». Au cinéma, c’est « La vengeance de Surcouf », la suite de « Surcouf » avec Sergio Bergonzelli seul aux commandes. Mais c’est à la télévision qu’on le voit surtout: « Les amoureux » de Jean-Paul Roux, « Malican, Père et fils » de Yannick Andréi, « Marion Delorme » de Jean Kerchbron et surtout « Le chevalier tempête » de Yannick Andréi qui inaugure les émissions de la télévision en couleurs qui débarque en France.

Séparé de Pascale Petit, il se tourne à nouveau vers la musique et sort deux 45 tours: « Petite marche sur les pieds du voisin » en juin et « Deux colombes » en novembre. Il a écrit cette chanson pour Dalida qui en fera une interprétation bouleversante.
Il va passer une partie de l’hiver en Normandie (à Saint-Aubin) afin de finir son 33 tours suivant: « Les ombres sont chinoises » qui sera dans les bacs en 1970.

1972 : il termine la pièce en alexandrins commencée en 1964. Elle s’intitule « Le bateleur », d’après le personnage du tarot. Il la destine à Jacques Dufilho et la jouera 70 fois au festival d’Avignon avec sa compagne, Ersie Pittas.
Cette même année sort également un de ses disques les plus aboutis, « Paris le désert », avec de magnifiques chansons comme « Humilité » ou « La réponse en mariage ».

Le 26 décembre 1973, on doit le transférer d’urgence à l’hôpital américain de Neuilly. Il est atteint d’une tumeur cérébrale et d’une hépatite virale.
Il aura juste le temps de commencer la nouvelle année avant de s’éteindre, le 1er janvier 1974 à Neuilly.

Voila pour cette rentrée, portez vous bien et à demain peut-être.

VERITE EN DECA DES PYRENEES…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la littérature exotique et du caramel au beurre salé réunis, bonjour!

Aye aye aye, caramba, madame Michu! Je vous adresse cette carte postale depuis l’autre côté des Pyrénées. A la radio ils parlent de canicule… Cani quoi? oui bon, de ce côté ci c’est pire. 40° à l’ombre, on devrait dire à l’hombre. Vivement l’hiver. On s’est arrêté dans un joli petit bled, c’est comme qui dirait Locronan sauf que c’est Basque. La langue est basque, le cochon est basque, la bière est basque, le béret est basque… Les routes sont basques, elles montent, elles montent et elles tournent, elles tournent. En soirée on fait étape dans une auberge basque, la soupe est basque, le fromage basque, les chanteurs basques et toujours 38° à l’ombre des arbres basques.

On a pris la poudre d’Espelette, heu non, d’escampette, pour aller voir les voisins en Aragon et là, après moultes cols aux noms imprononçables, on fait une nouvelle étape pour la nuit dans une sorte d’espèce de genre d’auberge espagnole. Les autochtones sont aussi surpris que nous que l’on puisse s’arrêter chez eux mais l’accueil est chaleureux (pas seulement à cause de la météo). On se décide à regagner la Gaule le lendemain en empruntant le col du Somport. Au dessus de nos têtes planent des vautours qui attendent de toutes évidence que l’on meurent d’épuisement. C’est à ne pas y croire, on double des pékins qui font cela à vélo…Je sais bien que l’on est sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle et que la foi déplace les montagnes mais là, ça m’épate.

La suite des aventures d’un cénobite en Ibérie, demain si vous le voulez bien et si ma clé 3G supporte la température.