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LA CRISE SELON BOFF…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la lutte finale et de la salade niçoise réunies, bonjour !

C‘est aujourd’hui le mardi 28 juin qui correspond au 10è jour de messidor dédié à la faucille. Pas de quoi en devenir marteau mais, tout de même.

Je livre à votre sagacité légendaire cette réflexion de Léonardo BOFF, prix Nobel alternatif en 2001 et chef de file de la théorie de la libération au Brésil. Il a été membre de l’ordre des frères mineurs franciscains mais, la congrégation pour la doctrine de la foi, dirigée par celui qui allait devenir Benoist le seizième, lui a cherché des poux dans la tonsure. Aujourd’hui il a rejoint le statut de laïc avec femme et enfants. Il a une bonne tête et personnellement, je lui donne le bon dieu sans confession…

Je suis convaincu que la crise actuelle du capitalisme n’est pas simplement conjoncturelle et structurelle. Il s’agit de la phase terminale. Le génie du capitalisme à s’adapter à toute circonstance est sur sa fin. Je réalise que peu de gens soutiennent cette thèse. Deux raisons, cependant, me conduisent à cette interprétation.

«La première est la suivante: la crise est en phase terminale parce nous tous, mais particulièrement le capitalisme, nous avons dépassé les confins de la Terre. Nous occupons et pillons la planète entière, brisant son équilibre délicat et épuisant ses ressources et services au point de ne pouvoir reconstituer ce que nous avons pris. Dès le milieu du XIXe siècle Karl Marx écrivait prophétiquement que le capital avait tendance à détruire ses deux sources de richesse et de reproduction : la nature et le travail. C’est ce qui se passe aujourd’hui.

 

La nature est en effet soumise à un stress considérable, jamais connu auparavant, du moins durant le dernier siècle. Les événements extrêmes que l’on peut constater dans toutes les régions et les changements climatiques, qui tendent à un réchauffement mondial croissant, parlent en faveur de la thèse de Marx. Comment le capitalisme va-t-il se reproduire sans la nature ? Il se heurte à une limite indépassable .

Le capitalisme rend le travail précaire ou s’en passe. Un puissant développement est possible sans travail. L’appareil de production informatisé et automatisé produit plus et mieux, avec presque pas de travail. La conséquence directe est le chômage structurel.

Des millions de personnes ne vont jamais entrer dans le monde du travail, même comme armée de réserve… En Espagne, le chômage touche 20% de la population totale et 40% des jeunes. Au Portugal, 12% du pays, et 30% des jeunes. Cela signifie une grave crise sociale comme celle qui fait rage en ce moment en Grèce. L’ensemble de la société est sacrifié au nom d’une économie faite non pas pour satisfaire les besoins humains, mais pour payer la dette aux banques et au système financier.

 

La deuxième raison est liée à la crise humanitaire que le capitalisme génère. Auparavant, elle était limité aux pays périphériques. Aujourd’hui elle est mondiale et a atteint les pays du centre… Les victimes, reliées par des nouvelles voies de communication, résistent, se rebellent et menacent l’ordre existant… Le capitalisme lui-même créé le poison qui peut le tuer.

Les rues de plusieurs pays européens et arabes, les « Indigné(e)s » qui remplissent les rues d’Espagne et de Grèce sont l’expression d’une rébellion contre le système politique existant, qui est à la remorque du marché et de la logique du capital. Les jeunes Espagnols crient: » Ce n’est pas une crise, c’est du vol ». Les voleurs sont retranchés à Wall Street, au FMI et à la Banque centrale européenne.

Au fur et à mesure que la crise s’aggravera, les multitudes qui ne supportent plus les conséquences de la surexploitation de leurs vies et de la vie sur Terre croîtront. Et elles continueront à se rebeller contre ce système économique en train d’agoniser, non pas sous l’effet de la vieillesse, mais du venin et des contradictions qu’il a créés, punissant la Terre Mère et accablant la vie de ses fils et filles.»

Voila, c’est un peu long mais bon, faites un effort de temps en temps. parce que c’est pas Martine, Ségo ou François qui vont vous parler comme cela. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.