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VOUS AVEZ DIT PRIMAIRE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la démocratie participative et du cochon de lait réunis, bonjour !

Figurez vous, chers lecteurs, que ce 30 juin n’est rien moins que l’équivalent du 12 messidor, dédié à l’artichaut. Quand on réside dans le Léon comme votre serviteur, le jour de l’artichaut c’est un peu la fête nationale.

Je parle du camus de Bretagne, pas le violet de Provence, ni même l’épineux de Sicile. Non, il s’agit bien de ce bon gros chardon qui, comme disait le regretté Coluche : « Les artichauts, c’est un vrai plat de pauvres. C’est le seul plat que quand t’as fini de manger, t’en as plus dans ton assiette que quand tu as commencé ! ».

Inutile de vous dire que c’est aussi l’anniversaire de la disparition de Bakounine, notre maître à tous…Enfin, façon de parler, il utilisait souvent le fameux ni dieu ni maître, titre du journal de Blanqui.


 

Tiens, à propos de pauvres, c’est les grecs qui vont se régaler. Ils ont aimé Dominique, ils vont adorer Christine. Une main de fer dans un gant de velours, mais le dépeçage va continuer, la vente à l’encan est déjà programmée, les fonds de pension aiguisent leurs crocs, à toi les ports, à moi la distribution de l’eau, à l’autre les routes…Tout doit disparaître, pour les Hellènes c’est les soldes d’été !

Chez nous, les pauvres n’ont plus de soucis à se faire, tout ce que la gôche compte de chevalier blanc est déjà dans les stalles de départ. A ma gauche Martine, casaque rouge toque blanche spécialiste des longues distances ; à ma droite Valls avec les loups, casaque bleu pâle toque avec cocarde ; au centre, le batave, casaque mimolette toque dégarnie, il bénéficie d’un allègement substantiel ; à ses côtés Ségo du Poitou, casaque immaculée qui tente un retour sur les pistes. L’opposition viendra de Mélanchonpatou, casaque pourpre faucille-marteau, un amateur des courses d’obstacles. Mais il ne faudrait pas négliger parmi les autres partants de ce grand prix du président de la République quelques vieux chevaux qui connaissent le parcours et qui sont toujours en mesure de créer la surprise.

Et pendant que l’électeur-turfiste fait son papier et le blogueur le sien, la rumeur va bon train. Lorsque il s’agit de décrocher un marocain le bal des lèche-bottes est toujours très animé. Qui pour remplacer la reine Christine à Bercy, telle est la question. Ensuite nous assisterons au traditionnel jeu des chaises musicales et nous subirons les commentaires des spécialiste et des experts qui viendront nous expliquer le pourquoi du comment et ce qu’il convient de penser de ce non-évènement.

Dans la rubrique des faits divers d’été, je voulais signaler une disparition inquiètante. Oui, ma libellule a disparu ! Je répète, ma libellule a disparu ! Jusqu’à hier elle décorait joliment un coin des jardins de Keramoal et le soir venu s’illuminait de mille couleurs. Mais au matin, horreur, apocalypse divine, damned, foutredieu, jarnicoton, ma libellule avait disparu…S’est-elle lassée d’être en butte aux lazzis (c’est du Brassens) des merles moqueurs et autres mésanges impertinentes ? A t-elle décidé d’aller voir ailleurs si j’y suis ? Un coquin en aurait-il fait l’objet de son méfait croyant que tout ce qui brille était or ? Je me perds en conjectures.

Quand même une bonne nouvelle, la libération de Guesquières et Taponnier…Nous les oublieront sans doute…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

LA MAMAN DES POISSONS…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la contrepèterie et du poisson au citron réunis, bonjour !

Nous sommes le 29 juin, c’est vous dire si le départ du Tour de France est pour bientôt ! Ce jour correspond au 11 de messidor généralement dédié à la coriandre. C’est aussi le jour anniversaire de la disparition d’un magicien des mots dont je m’aperçois que je ne lui ai pas encore accordé la place qui lui revient dans ma galerie de portraits. Je veux parler de Boby Lapointe.

Robert, Jean-François, Joseph, Pascal Lapointe, dit Boby est né le 16 avril 1922 à Pézenas (Hérault) et décédé dans cette ville le 29 juin 1972, chanteur français, surtout connu pour ses textes parsemés de calembours, de contrepèteries et d’à-peu-près.

« Élevé par mes parents. Études au collège. Fort en maths. », comme il le raconte lui-même dans ses mémoires, son côté fantasque et farceur se révèle très tôt. Dès son adolescence, avec quelques camarades de jeu, il prend plaisir à narguer le bourgeois et à ridiculiser la société bien-pensante et le clergé. Son génie technique le conduit à inventer un système d’embrayage automatique pour automobile, que les constructeurs exploiteront avec succès bien plus tard. Louis Leprince-Ringuet, à qui Boby Lapointe présenta un traité de Mathématique, fut impressionné par sa rigueur de raisonnement et lui confia qu’il aurait pu se lancer dans la recherche. Il créa par la suite un mode calcul basé sur le binaire, appelé la numérotation Bibi.

Mais à l’âge de 20 ans, il doit abandonner ses études et est envoyé à Linz, en Autriche, en 1943 au titre du STO. Éternel insoumis, il s’évade la même année et rejoint, en mai 1944, sa région natale après sept mois d’errance sous différents noms d’emprunt. Une anecdote veut que parmi eux, il ait utilisé le nom de Robert Foulcan… Sa grande stature et sa force physique lui permettent de devenir scaphandrier au port de La Ciotat, essentiellement pour échapper aux recherches dont il est l’objet par les Allemands et la milice locale.

Son amour des mots et son envie d’écrire le poussent à partir de ce moment à composer des chansons dont le style est très marginal, tout en calembours, jeux de mots et contrepèteries, trop intellectuel pour qu’on lui donne facilement sa chance. Il rédige également un recueil de poésie et un traité sur les calembours. C’est en 1956 qu’il débute officiellement sa carrière musicale : Bourvil et Gilles Grangier choisissent une de ses chansons (Aragon et Castille) pour un passage musical où Bourvil chante, dans le film Poisson d’avril. Bien que le film comme la chanson ne connaissent pas de succès, Lapointe est enfin introduit dans le milieu parisien. Il fait ses grands débuts en tant que chanteur dans un cabaret parisien, le Cheval d’Or.

Dans les années 1960, Lapointe et Brassens enchaînent les tournées et les récitals. Mais son côté fantasque lui fait commettre des erreurs. Quand il ouvre un café concert, « Le Cadran Bleu », la faillite survient rapidement. Brassens le dépanne en épongeant une partie des dettes et l’aide à trouver des petits boulots pour vivre. Il reprend donc une carrière plus cinématographique, en jouant pour le réalisateur Claude Sautet : il est ainsi le demeuré brutal de Max et les ferrailleurs ou le chauffeur de bétaillère dans Les Choses de la vie. En 1968, aux frontières de la cornichonnerie et du génie, il invente le système bibi-binaire, système de numération qui préfigure une voie que suivra l’évolution de l’informatique. Ce système sera publié en 1970 dans le livre Les Cerveaux non humains, introduction à l’Informatique (S.G.P.P.), de Jean-Claude Quiniou, Jean-Marc Font, Gérard Verroust, Philippe et Claudine Marenco. Atteint d’un cancer, il meurt à cinquante ans à Pézenas entouré des siens le 29 juin 1972. Il n’aura enregistré qu’une cinquantaine de chansons, mais leur diffusion continue car il n’a pas été remplacé dans son registre indémodable.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

LA CRISE SELON BOFF…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la lutte finale et de la salade niçoise réunies, bonjour !

C‘est aujourd’hui le mardi 28 juin qui correspond au 10è jour de messidor dédié à la faucille. Pas de quoi en devenir marteau mais, tout de même.

Je livre à votre sagacité légendaire cette réflexion de Léonardo BOFF, prix Nobel alternatif en 2001 et chef de file de la théorie de la libération au Brésil. Il a été membre de l’ordre des frères mineurs franciscains mais, la congrégation pour la doctrine de la foi, dirigée par celui qui allait devenir Benoist le seizième, lui a cherché des poux dans la tonsure. Aujourd’hui il a rejoint le statut de laïc avec femme et enfants. Il a une bonne tête et personnellement, je lui donne le bon dieu sans confession…

Je suis convaincu que la crise actuelle du capitalisme n’est pas simplement conjoncturelle et structurelle. Il s’agit de la phase terminale. Le génie du capitalisme à s’adapter à toute circonstance est sur sa fin. Je réalise que peu de gens soutiennent cette thèse. Deux raisons, cependant, me conduisent à cette interprétation.

«La première est la suivante: la crise est en phase terminale parce nous tous, mais particulièrement le capitalisme, nous avons dépassé les confins de la Terre. Nous occupons et pillons la planète entière, brisant son équilibre délicat et épuisant ses ressources et services au point de ne pouvoir reconstituer ce que nous avons pris. Dès le milieu du XIXe siècle Karl Marx écrivait prophétiquement que le capital avait tendance à détruire ses deux sources de richesse et de reproduction : la nature et le travail. C’est ce qui se passe aujourd’hui.

 

La nature est en effet soumise à un stress considérable, jamais connu auparavant, du moins durant le dernier siècle. Les événements extrêmes que l’on peut constater dans toutes les régions et les changements climatiques, qui tendent à un réchauffement mondial croissant, parlent en faveur de la thèse de Marx. Comment le capitalisme va-t-il se reproduire sans la nature ? Il se heurte à une limite indépassable .

Le capitalisme rend le travail précaire ou s’en passe. Un puissant développement est possible sans travail. L’appareil de production informatisé et automatisé produit plus et mieux, avec presque pas de travail. La conséquence directe est le chômage structurel.

Des millions de personnes ne vont jamais entrer dans le monde du travail, même comme armée de réserve… En Espagne, le chômage touche 20% de la population totale et 40% des jeunes. Au Portugal, 12% du pays, et 30% des jeunes. Cela signifie une grave crise sociale comme celle qui fait rage en ce moment en Grèce. L’ensemble de la société est sacrifié au nom d’une économie faite non pas pour satisfaire les besoins humains, mais pour payer la dette aux banques et au système financier.

 

La deuxième raison est liée à la crise humanitaire que le capitalisme génère. Auparavant, elle était limité aux pays périphériques. Aujourd’hui elle est mondiale et a atteint les pays du centre… Les victimes, reliées par des nouvelles voies de communication, résistent, se rebellent et menacent l’ordre existant… Le capitalisme lui-même créé le poison qui peut le tuer.

Les rues de plusieurs pays européens et arabes, les « Indigné(e)s » qui remplissent les rues d’Espagne et de Grèce sont l’expression d’une rébellion contre le système politique existant, qui est à la remorque du marché et de la logique du capital. Les jeunes Espagnols crient: » Ce n’est pas une crise, c’est du vol ». Les voleurs sont retranchés à Wall Street, au FMI et à la Banque centrale européenne.

Au fur et à mesure que la crise s’aggravera, les multitudes qui ne supportent plus les conséquences de la surexploitation de leurs vies et de la vie sur Terre croîtront. Et elles continueront à se rebeller contre ce système économique en train d’agoniser, non pas sous l’effet de la vieillesse, mais du venin et des contradictions qu’il a créés, punissant la Terre Mère et accablant la vie de ses fils et filles.»

Voila, c’est un peu long mais bon, faites un effort de temps en temps. parce que c’est pas Martine, Ségo ou François qui vont vous parler comme cela. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.


 

 

 

POTEMKINE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du septième art et de la sole meunière réunis, bonjour !

Nous voici le 27 juin, hé oui, que le temps passe vite. C’est le 9è jour de messidor dédié à l’absinthe et c’est le moment ou jamais de souhaiter un bon anniversaire à madame dansmacuizine, éminente collègue de la blogosphère qui atteint l’âge canonique de…

Pour ne rien vous cacher, je ne suis pas sûr que ce message vous parvienne car je me bats contre une sale bête qui répond au joli nom de packed.win32.krap.hc et qui a eu la mauvaise idée d’élire domicile dans mon ordi.

 

Le 27 juin 1905, une mutinerie éclate à bord du Potemkine, le principal cuirassé de la flotte de guerre russe. Il devait son nom à un dignitaire russe très proche de la grande Catherine qui finit sa carrière comme généralissime des armées russes. C’est lui qui inventa les villages en carton, pour satisfaire la Tsarine au cours de son fameux voyage dans le midi de l’Empire (1787). Tout le long du Dniepr, pays aride et inhabité, des villas et des jardins furent installés afin de charmer les yeux de l’auguste visiteuse. Des masses populaires furent amenées des coins les plus éloignés de l’empire, des troupes furent échelonnées le long de la route avec mission d’acclamer la souveraine et d’exprimer l’enthousiasme des peuples nouvellement conquis. Aujourd’hui, chez nous, quand Nicolas 1er se déplace, c’est un peu la même chose…Il n’y a que des gens qui l’applaudissent et qui ne sont pas plus grand que lui.

Mais revenons à notre cuirassé. Le drame survient à Odessa, sur la mer Noire. Un marin est tué par un officier pour s’être plaint de la viande avariée. Aussitôt, l’équipage se soulève à l’instigation d’un meneur révolutionnaire, Afanasy Matiouchenko.

Tandis que huit officiers rejoignent les mutins, le commandant et plusieurs autres officiers sont tués et jetés la mer. C’est que, depuis la défaite de Tsushima, un mois plus tôt, face à la flotte japonaise, les officiers de la marine tsariste ont le plus grand mal à se faire respecter par leurs hommes.

Les marins du Potemkine s’emparent du navire et hissent les drapeaux rouge et noir de la révolution. Deux autres navires se joignent à la sédition. Le surlendemain, l’insurrection s’étend au port d’Odessa et à d’autres ports de l’Empire. L’état de siège est déclaré et la répression fera plusieurs centaines de morts. Après une longue errance dans la mer Noire, la plupart des mutins finiront par obtenir l’asile politique en Roumanie, dans le port de Constantza. La mutinerie s’inscrit dans la série de troubles sociaux, politiques et militaires, qui empoisonnent le régime tsariste en cette année 1905.

Sa célébrité vient surtout du film qu’en tirera le réalisateur soviétique Serge Eisenstein en 1925 : «Le cuirassé Potemkine». Chacun se souvient de la scène du landau qui dévale les marches du fameux escalier d’Odessa, un travelling de six minutes. Cette scène mythique a été reprise aussi bien par Brian de Palma dans les incorruptibles que par Terry Gilliam dans Brazil.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

UN BATEAU POUR GAZA…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’autodétermination et de l’andouille de Guéméné réunies, bonjour !

Aujourd’hui, dimanche 26 juin, 8è jour de messidor dédié à l’échalote. C’est dire si dans le Léon c’est un peu la fête nationale…

UN BATEAU POUR GAZA.

Alors que le blocus illégal de Gaza se poursuit, une nouvelle flottille d’aide internationale doit se diriger vers la bande de Gaza dans les prochains jours. Le but de cette flottille, organisée par des militants internationaux pacifiques, est de mettre fin au siège illégal de la bande de Gaza imposé par les autorités israéliennes depuis juin 2007. Cette punition collective a provoqué une crise humanitaire sans précédent, et continue d’exister en dépit de la Résolution 1860 du Conseil de Sécurité de l’ONU et des injonctions de la communauté internationale.

Selon les organisateurs, la flottille transportera des marchandises humanitaires, de l’eau, de la nourriture et des médicaments, et aucune arme ne sera chargée à bord. Parmi les 350 personnes prévues au total à bord, figurent des élus et hommes politiques français, dont Olivier Besancenot, le député communiste du Havre, Jean-Paul Lecoq, ou encore la députée européenne Nicole Kiil-Nielsen, ainsi que des personnalités du monde du sport, dont le marin breton Jo Le Guen, et des militants associatifs comme Julien Bayou, du collectif Jeudi Noir pour le droit au logement.

Parmi les autres bateaux, figurent un navire italien, un irlandais, un espagnol, deux gréco-suédois-norvégiens et un cargo de la diaspora palestinienne. De son côté Israël ne déroge pas : « Aucun navire n’atteindra Gaza », selon un militaire israélien.Israël se dit « déterminé » à intercepter la flottille internationale qui entamera dans quelques jours un périple vers la bande de Gaza afin de briser le blocus imposé par l’État hébreu.

« Israël a le droit à l’auto-défense », a prévenu l’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Ron Prosor. « La flottille ne présente rien de constructif », relève de la « provocation et n’a rien à voir avec une aide humanitaire », a-t-il soutenu, estimant qu’elle s’inscrivait « clairement dans une démarche politique ». Les Israéliens ont averti qu’ils feraient tout pour neutraliser la flottille.

Néanmoins, l’armée semble vouloir prendre des précautions pour ne pas réitérer le scandale provoqué par l’assaut meurtrier de la première flottille. En mai 2010, neuf passagers turcs d’un des navires de la première flottille du même type avaient été tués par un commando israélien qui cherchait à empêcher tout débarquement à Gaza, soulevant une vague de réprobation internationale. De nouvelles techniques ont donc été testées pour intercepter les navires, telle l’utilisation de canons à eau. Un exercice que l’armée israélienne a rendu publique grâce à une vidéo.

Jusqu’à quand la communauté internationale acceptera t-elle que cet État voyou foule au pied le droit et les résolutions de l’ONU ? Cela fait soixante ans que les palestiniens sont otages d’une politique mortifère, nous ne les oublions pas…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

DIEU ME DAMNE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de ma vieille Bretagne et du lait ribot réunis, bonjour !

En ce 25 juin je voulais vous inviter à vous souvenir de cet éveilleur de conscience que fut Emile le Skanv dit Milig et plus connu sous son nom de scène : GLENMOR.

« Plaise à tous les saints de noble compagnie, noter que l’ivresse, chez lui, engendrait la bonté et qu’en somme tous les ferments conjugués le délivraient de ses tendresses. »

C‘est extrait d’une plaquette tirée à quelques exemplaires par Martial Pézennec – Retraites paysannes- et que Milig avait eu la gentillesse de me dédicacer à la fin des années 70 au cours d’une soirée en son manoir du Poul en Mellionnec. La demeure aujourd’hui est devenue chambre d’hôtes tenue par des sujets de sa très gracieuse majesté. Magnifique plaquette dotée d’une typographie et bois gravés de Claude Huart. La dédicace est à l’adresse de mes garçons dont l’un se prénomme Glenn en hommage à ce rebelle né un 25 juin 1931 à Mael-Carhaix.

Et c’est encore au mois de juin, il y a quinze ans, qu’il nous a quitté.

Je l’ai connu et fréquenté à une époque où la « bretonnitude » n’était pas encore au goût du jour et il n’était guère de bon ton d’afficher son penchant pour la désuète culture bretonne. A gauche on nous traitait de « Breiz atao » en nous assimilant tout en vrac à l’Abbé Perrot et les milices du même nom, à Debeauvais et son parti nationaliste, tandis que les Gaullistes nous présentaient comme les indignes héritiers de l’infime minorité qui avait choisi la voie de la collaboration durant l’occupation.

Glenmor c’est levé, solide comme un menhir sous les rafales, voix de stentor, et son chant a fait trembler la République une et indivisible et ses petits hussards centralisateurs. Derrière lui sont venus Styvell, Servat, Kirjuel, Ducos, Dan ar Bras…On a redécouvert les sœurs Goadec et les frères Morvan, le Plinn et le khost ar c’hoat et les festou-noz qui avaient cédé la place aux bals popu ont repris force et vigueur.

Il était très croyant (il a fait le petit séminaire et poursuivit ses études chez les pères blancs) mais bouffait du curé à tous les repas, une soirée en sa compagnie était souvent aussi arrosée que la pointe St Mathieu par gros temps de Sud-Ouest et il fallait quelquefois le coucher à l’arrière de son « tube » Citroën qui lui tenait lieu de carrosse. En 1965, il donne son premier grand concert public, c’était à Paris, salle de la Mutualité et, lorsqu’il entonne « Kan Bale Nevenoe », nous étions nombreux à frissonner…

Glenmor, « glen » comme la douce terre du Kreiz-Breizh , « mor » comme l’indomptable mer d’Iroise . « Suis né barde de petite Bretagne / de moindre pays / Personne ne me tint conseil / Seuls les chemins / et les vents me furent maîtres. » Ainsi allait Milig, croyant et libertaire, attaché à une Nation disparue, conservateur mais visionnaire, pétri de contradiction comme cette terre bretonne qu’il n’a jamais renié lui, le fils de paysan. Adieu l’émile, je t’aimais bien comme disait Jacques Brel qui composa pour lui cette chanson « Le moribond ». A droite, le manoir du Poul en Mellionnec où il vécut avec Katell.

Allez, merci encore pour votre fidélité à ce petit blog sans prétention, portez vous bien et à demain peut-être.

AU FEU…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la tradition et de la poule au pot réunies, bonjour !

Le 24 juin est effectivement le jour de la saint Jean, quand bien même nos amis républicains l’avaient dédié au romarin. Je me souviens qu’enfant, le feu de St Jean mobilisait tout le quartier. Jeunes et moins jeunes se démenaient des jours et des jours avant l’événement pour réaliser le tas de bois le plus grand qui soit. Et puis il fallait assurer sa surveillance car, une tradition tenace voulait  que les bandes des autres quartiers tentent de s’emparer du butin ainsi stocké. Il y avait une expression intraduisible, on disait; « faire an hi erez », c’est du douarneniste qui vient du verbe « jalouser » je crois. Le quartier du Port Rhu qui était le théâtre de nos exploits voyait s’affronter les bandes de l’Enfer, du Treiz et de l’usine à gaz (la seule à revendiquer l’appellation d’origine port-Rhu).

 

On n’étonnera personne en déclarant que fêter la Saint Jean n’a pas grand chose de catholique (!) ni même de très chrétien. Une fois de plus, un vernis chrétien est venu s’ajouter à une tradition particulièrement ancienne et qui fleure bon le paganisme. Mais si puissant était le culte du feu que l’église se garda bien d’y toucher. Au pire elle tenta de l’apprivoiser et les fêtes du solstice furent dédié à Jean-Baptiste (y-a pas de petit profit).

Mais la Saint-Jean n’avait pas que ses feux : elle avait aussi ses herbes, ses fameuses herbes de la Saint-Jean qui, cueillies le matin, pieds nus, en état de grâce et avec un couteau d’or, donnaient pouvoir de chasser les démons et de guérir la fièvre. On sait que, parmi ces fleurs mystérieuses, se trouvait la verveine, la plante sacrée des celtes. On la cueille encore sur les dunes de Saintonge en murmurant une formule bizarre, nommée la verven-Dieu et dont le sens s’est perdu.

De quelqu’un qui se couchait tard, on disait jadis : « Il est allé ramasser un charbon de Saint-Jean ». Le fait est que ces charbons passaient en Bretagne pour avoir toutes sortes de propriétés merveilleuses. Il en suffit d’un recueilli dans les cendres du tantad et dévotement placé, au retour, dans un coin du foyer, pour préserver la maison de l’incendie et de la foudre. On disait encore qu’en balançant les nouveau-nés devant la flamme de trois tantads, on les gardait à tout jamais contre le mal de la peur…

En quelques paroisses de la Haute-Cornouaille, la cérémonie avait d’ailleurs une conclusion assez funèbre : quand les danses avaient cessé et que le feu était près de s’éteindre, on l’entourait de grandes pierres plates destinées, à servir de siège aux anaon, aux mânes grelottants des pauvres morts de l’année, avides de se reposer quelques heures en tendant leurs mains débiles vers les cendres…

Aujourd’hui, le Port-Rhu s’est transformé en marina, les cendres de nos feux sont à jamais dispersées et c’est Naguy qui anime la fête de la musique à la télé…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

DE SOLON A GOLDMAN-SACHS…

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Amis de la démocratie et du pâté d’alouette réunis, bonjour !

C‘est aujourd’hui le 23 juin, jour anniversaire de ma filleule Salomé que j’adore, tellement qu’elle est belle, tellement qu’elle est intelligente, tellement qu’elle fait du cheval comme d’autres font de la trottinette… Quinze ans déjà, que cela passe vite quinze ans, comme disait le poète. J’aurai voulu parler d’espoir, d’avenir, de projets, d’insouciance, bref de toutes ces choses qui devraient illuminer le ciel d’une adolescente. Et puis, patatras, je tombe sur ce texte, un appel à la solidarité des grecs à l’initiative de Mikis Théodorakis et je ne résiste pas au désir de vous en livrer un extrait.

 

« La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches. Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elle-même générées sous forme de dettes. Comment peut-on proposer un ancien collaborateur de la Goldman Sachs pour diriger la Banque centrale européenne ? De quelle sorte de gouvernements, de quelle sorte de politiciens disposons-nous en Europe ?
Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire a été le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté et d’Europe.

Nous ne vous demandons pas un traitement de faveur parce que nous avons subi, en tant que pays, l’une des pires catastrophes européennes aux cours des années 1940 et nous avons lutté de façon exemplaire pour que le fascisme ne s’installe pas sur le continent.

Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. Bâtissons ensemble une Europe nouvelle ; une Europe démocratique, prospère, pacifique, digne de son histoire, de ses luttes et de son esprit. Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme. »

 

Espérons avec Moustaki qu’il soit encore temps…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

GARDAREM LOU LARZAC…

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Amis de mes amis et du fromage de brebis réunis, bonjour !

22 juin 2011, 655è billet des cénobites tranquilles, 4è jour de messidor dédié à la véronique.

Il est des êtres humains auxquels le destin réserve un sort exceptionnel

Pierre Martin est de ceux là, toute sa vie a été consacrée à la paix et à l’amitié entre les peuples. Je l’avais rencontré alors que je traînais mon sac de couchage sur le plateau du Larzac au début des années 70. Il était un des animateurs infatigables de cette fameuse lutte contre l’extension du camp militaire qui dura une dizaine d’années, préfigurant ce qui allait se passer à Plogoff contre l’implantation d’une centrale nucléaire. A droite, le Larzac en 1977, bon d’accord, j’étais pas tout seul…

Ce grand militant des causes justes qui, pacifiste et libertaire, sa vie durant, refusa avec une conscience exigeante de prendre une arme pour éliminer son semblable, était doté d’une stature exceptionnelle qu’il dissimulait sous une modestie et une totale générosité. Tour à tour et parfois en même temps, il sera sociologue, économiste ou expert en coopération pour le développement, mais le militant pacifiste restera avant tout un vrai citoyen du monde.

Q
uel destin singulier que celui de Pierre Martin, incarcéré pour objection de conscience : il se retrouve prisonnier de guerre, lorsque les hordes nazies de l’Allemagne Hitlérienne envahissent la France, en 1940. Sa volonté inébranlable de ne pas porter les armes, le conduit à faire du « tourisme pénitentiaire « .
Lui à qui le Mahatma Gandhi avait écrit que, s’il était résolu à agir dans l’esprit de la non-violence, il se devait de la pratiquer, là où il se trouvait : Plus il approfondissait la pratique de la non-violence, plus il souhaitait rencontrer Gandhi. C’est ainsi qu’en 1948, il entreprend de rallier l’Inde et enfourche sa bicyclette. C’est en Libye, qu’il apprend qu’une violence fanatique venait de ravir la vie du Mahatma.
En 1959, il rejoint l’expédition internationale contre l’explosion atomique au Sahara. Les autorités françaises le bloquent au Ghana, il y mène quinze jours de grève de la faim devant l’Ambassade de France, à Accra.
En 1962, il anticipe son départ en congé en France pour assister Louis Lecoin dans sa grève de la faim, qui a permis de convaincre de Gaulle de la nécessité de reconnaître l’objection de conscience.
Ceux qui liront son ouvrage « Candide face au Moloch », comme ceux qui s’abreuveront aux sources fécondes du pacifisme, découvriront un homme qui n’a jamais abdiqué face à l’histoire.
Grand humaniste laïque, il restera toujours vivant par la constance de son engagement.

 

Voila un salut à un grand bonhomme qui nous a quitté un 22 juin en 1998 et qui méritait bien de figurer en bonne place dans notre galerie de portraits.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

I’M IN THE MOOD…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’apophtegme et du Coco boer réunis, bonjour !

Cahin caha nous avons atteint le solstice d’été et, en ce 21 juin, 3è jour de messidor, nous célébrons l’oignon. J’ai longtemps hésité à consacrer ce billet à la fête de la musique, Jack lang, le solstice d’été, ou la soupe à l’oignon. Finalement j’ai opté pour un petit hommage à John Lee HOOKER, décédé il y a dix ans le 21 juin 2001.

John Lee Hooker est un des onze enfants d’un métayer du Delta, prédicateur de son état et qui décédera peu après sa naissance. Il sera initié au blues par son beau-père Willie Moore. A treize ans John Lee quitte le domicile familial et atterrit à Memphis où il va pouvoir jouer avec B.B. King. En 1937, il gagne Cincinnati dans le Nord et exerce plusieurs petits boulots. Quelques années plus tard il rejoint Detroit, cité de l’industrie automobile, comme des milliers de Noirs sudistes. Très vite il devient le principal bluesman de la ville. Ce n’est qu’en 48 qu’il va enregistrer et devenir professionnel. C’est de cette époque que date le célèbre I’m in the mood.

Au début des années soixante il va écumer les festivals avec un répertoire de blues et de folk-songs accompagné par sa guitare acoustique. En 62 il fait partie de la toute première tournée européenne de l’American Folk Blues Festival. 1970 le voit s’adapter avec facilité et succès à l’émergence du Rock-blues. Succès colossal qui va faire de lui une figure emblématique, quasi patriarcale du Rock. Dans les années qui suivirent John lee Hooker va devenir une star internationale incontestée. Parmi ses derniers albums, retenez Urban blues qui contientl’original de Motor city is burning appelé à devenir le premier tube de MC5. Hooker a influencé et collaboré avec les plus grands tel Van Morrisson, les Beattles, Santana ou Keith Richards. Une pensée émouvante pour sa participation dans le film The Blues Brothers dans lequel il interprète son tube Boom Boom.

Son style, unique et authentique à la fois, en a fait l’un des artistes les plus importants de cette musique, et son influence sur le blues blanc et le Rock durant tout le XXe siècle est considérable.

 Allez, portez vous bien et à demain peut-être.