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LA SEMAINE SANGLANTE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

 

Amis de la satirologie et du pain bénit réunis bonjour !

Nous sommes, bon an mal an, arrivés ensemble jusqu’à ce 28 mai, 9è jour de prairial, qui s’enorgueillit d’être dédié au serpolet. Vous ne pouvez pas vous tromper, le serpolet c’est bon pour tout. En infusion, en compresse, en bain, dans la cuisine, notamment avec les viandes blanches, ce proche cousin du thym est une vraie panacée. C’est le genre de truc qui devrait être remboursé par la sécurité sociale si cela ne risquait d’aggraver le déficit…Encore faut-il rappeler que ce dernier n’est pas imputable aux dépenses des pauvres gens mais, en grande partie, aux mauvais, voire aux non-paiements du patronat…

 

La semaine sanglante.

Il y a 140 ans, le 28 mai 1871 marquait la fin de ce que l’histoire allait garder en mémoire sous le nom de semaine sanglante. C’était la fin d’une utopie joyeuse, d’un espoir en la capacité des hommes à vivre libres et égaux en droit. C’était la fin de la Commune.

L‘assaut commence le 21 mai, dans le quartier du Point du Jour, à Boulogne.

Les Versaillais ont en face d’eux une dizaine de milliers de fédérés déterminés.

Ils doivent conquérir les barricades l’une après l’autre. Les combats de rue feront au total 4.000 tués (877 du côté des troupes versaillaises). A droite une illustration de la prise de la derière barricade.

S‘ajoutent à ce bilan les victimes de la répression car, à l’arrière, des liquidateurs tuent méthodiquement les suspects. Une vingtaine de «cours prévôtales» jugent hâtivement les hommes et les femmes pris les armes à la main et les font fusiller sur place.

Les Communards ripostent en faisant fusiller environ 80 otages. Ils allument aussi des foyers d’incendie. Du fait de ceux-ci et des bombardements, plusieurs monuments illustres partent en fumée. Parmi eux le palais des Tuileries, le palais de Justice gothique, l’Hôtel de Ville hérité de la Renaissance, le Palais-Royal et le palais d’Orsay…

Le bilan total de la Semaine sanglante est d’environ 20.000 victimes, sans compter 38.000 arrestations. C’est à peu près autant que la guillotine sous la Révolution.

À cela s’ajoutent les sanctions judiciaires. Les tribunaux prononceront jusqu’en 1877 un total d’environ 50.000 jugements. Il y aura quelques condamnations à mort et près de 10.000 déportations (parmi les déportées qui rejoindront les bagnes de Nouvelle-Calédonie figure une célèbre institutrice révolutionnaire, Louise Michel).

Puissent les indignés du monde entier, qu’ils soient grecs, espagnols, arabes ou apatrides, s’inspirer de ce grand moment de l’histoire et chanter en coeur, ça branle dans le manche. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.