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MON ONCLE D’AMERIQUE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’Eutonologie et du boudin aux pommes réunis, bonjour !

 

Le 29è jour de floréal, dans le calendrier républicain, était généralement dédié à la sénevé. Cette plante que l’on voit de plus en plus souvent en bordure de champ et que l’on nomme aussi la moutarde blanche sert aussi de fourrage.

Ce sont ses graines qui sont utilisées pour confectionner le condiment qui est à la galette-saucisse ce que le ketchup est au hamburger…

 

Or donc, nous sommes le 18 mai, jour anniversaire de la mort de Henri Laborit, décédé en 1995 et né à Hanoi en 1914. J’ai une tendresse particulière pour cet anticonformiste et son regard auguisé sur le comportement humain. J’ai encore dans l’oreille plusieurs des émissions auxquelles il participa sur radio-libertaire.

Suivant les traces de son père, il devient chirurgien de la Marine. Il développe ses propres méthodes et se met bientôt a dos sa hiérarchie. Son audace lui fermera la porte d’une brillante carrière au service de l’Etat, mais lui permettra de s’engager à fond dans la recherche.

Ces observations l’amèneront à développer des théories extrêmement importantes relativement au comportement humain. Refusant d’entrer dans le jeu protocolaire de ses confrères français, il sera tenu à l’écart du monde scientifique hexagonal, tandis que les Américains lui décerneront leur plus haute distinction scientifique, le prix Albert LASKER.

Fuyant diktat et « tradition » de la France scientifique « officielle » engoncée dans ses certitudes, il monte, en 1958, son propre laboratoire de recherches et parvient à le financer à travers la vente de brevets relatifs aux travaux qu’il mène avec son équipe. C’est le laboratoire d’Eutonologie (science de l’agression, du stress, de l’inhibition. Voir les expériences de Milgram sur l’autorité et de Laborit sur l’inhibition de l’action) à l’hôpital Boussicaut. On ne lui pardonnera jamais cette indépendance d’esprit et son décès, le 18 mai 1995, n’a suscité quasi aucun commentaire du monde scientifique et de l’Etat français.

Le grand public ne le découvre réellement qu’en 1980, lors de sa prestation dans le film d’Alain Resnais Mon oncle d’Amérique film dont il est par ailleurs l’instigateur involontaire. Tout au long de ce film, il donne des « clés » biologiques expliquant le pourquoi du comportement des protagonistes.

Bien qu’assez difficiles d’accès, ses livres sont autant de révolutions et de mises en pièces de l’argutie traditionnelle relative à la « nature humaine » et ses déviances. Au fond, le message est simple : Avant de juger ou d’expliquer ou d’excuser, il faut d’abord tenter de comprendre comment l’Homme fonctionne. Avant d’assommer l’enfant avec des lois, des règlements, des contraintes hiérarchiques, il faut lui donner les « clés » de sa propre conscience.

Bref, de nos jours, on dirait qu’il faut responsabiliser l’individu. Ce qui selon Laborit signifie lui expliquer ce qu’il est AVANT TOUTE CHOSE : Un être vivant ayant pour unique but la sauvegarde de sa structure biologique dans son environnement. Je vous conseille particulièrement « Dieu ne joue pas aux dés »1987 chez Grasset.

Loin des honneurs, loin du pouvoir et des feux de la rampe, il a avancé, inexorablement le long du chemin qu’il s’était fixé, jusqu’à son dernier souffle. Une vie vouée à la compréhension de lui-même et de ses semblables. Un bel exemple de dévouement et de désintéressement. Combien de fois a-t-il refusé des ponts d’or qu’on lui proposait (surtout aux USA), préférant l’indépendance de pensée et de travail, au mirage de la fortune. « Ce n’est pas l’Utopie qui est dangereuse, car elle est indispensable à l’évolution. C’est le dogmatisme, que certains utilisent pour maintenir leur pouvoir, leurs prérogatives et leur dominance. »

A noter que l’actrice Emmanuelle Laborit est sa petite fille.

Allez, je m’aperçois que c’est un peu long comme billet ; portez vous bien et à demain peut-être.