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Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’anarchisme éclairé et du foie de veau au vinaigre réunis, bonjour !

Peut-être l’ignorez vous mais depuis de longs mois maintenant, la ville de Brest (29) est en plein chantier pour raison d’implantation d’un tramway. Les responsables du projet ont eu la bonne (?) idée de faire appel à la population pour la dénomination des futures stations. L’une d’entre elles pourrait porter le nom d’une combattante qui s’illustra notamment pendant la commune et accompagna Louise Michel dans sa déportation en Nouvelle Calédonie. Les internautes ont jusqu’au 5 juin pour effectuer leur choix. Il suffit de se rendre sur le site du TRAM. Je vous invite donc à voter en masse pour que Brest n’oublie pas cette communarde. Faites passer l’info, tweetez, facebookez, embrassez qui vous voulez… Du coup, histoire de vous rafraichir la mémoire à propos de cette pétroleuse, je vous recopie le billet que je lui avais consacré l’année dernière.

Le 8 mai 1921, mort de Nathalie LEMEL à l’hospice d’Ivry, elle était née à Brest où ses parents, les époux Duval, tenaient un bistro..

 

Révolutionnaire, internationaliste, communarde et féministe; voilà ce que l’on pourrait écrire sur sa carte de visite. Étonnante histoire que celle de ce petit bout de femme, elle mesurait moins de un mètre cinquante, qui fut une des meneuses de la Commune de Paris. (elle a pas l’air commode, la bougresse…)
Elle est née, le 26 août 1827. Après avoir fondé une librairie à Quimper, elle vient s’installer à Paris et trouve un emploi d’ouvrière dans un atelier de reliure. En 1866, elle adhère à la première Internationale fondée par Marx, Engels et Bakounine et fonde avec Eugène Varlin « La marmite », c’était un peu les restos du coeur de l’époque, on appelait cela:coopérative alimentaire. Pendant la Commune de Paris, des centaines de repas seront ainsi servis aux plus démunis.
En compagnie d’Élisabeth DMITRIEFF, une russe noble devenue socialiste, elle organise « L’union des femmes pour la Défense de Paris et les soins aux blessés ». On la retrouve également, un drapeau rouge à la main, sur la barricade de la place Pigalle qu’elle a elle-même érigée, exhortant les gardes nationaux à plus de courage.
Arrêtée le 21 juin 1871 et désespérée par l’échec de la Commune, elle tente de se suicider (à l’absinthe!), sans succès. Lorsque ses amies réclament sa grâce, elle envoie elle-même une lettre au préfet, expliquant qu’elle refuse tout recours en grâce et réfute toute action qui pourrait être menée en sa faveur. Elle est donc déportée en Nouvelle Calédonie le 24 août, en compagnie de Louise Michel. Embarquées toutes les deux sur « le Virginie » elles partageront la même baraque sur la presqu’ile Ducos.
Graciée en 1879, elle revient à Paris et trouve un travail à « L’intransigeant ». Devenue aveugle, elle mourra dans la misère. Brest, Quimper et Paris ont rendu hommage à cette combattante en donnant son nom à une rue, mais je doute que quelques passants se souviennent de Nathalie Lemel née Duval. Alors, donnons son nom à une station du futur tramway à défaut de le nommer désir…

Eugène Kerbaul lui a consacré une étude sous le titre « Une Bretonne, révolutionnaire et féministe » aux éditions Le temps des cerises.

Portez vous bien et à demain peut-être.