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Le 31 mai 1826, le tribunal correctionnel de la Seine, ordonne la destruction du roman « Jacques le fataliste… » et condamne l’éditeur à un mois de prison. Ceci me donne l’occasion de dire quelques mots à propos de l’auteur, Denis DIDEROT, »Philosophe des Lumières », romancier et encyclopédiste français.Ce libre penseur précurseur de la pensée libertaire, naît le 5 octobre 1713 à Langres (Haute-Marne). Fils d’un riche artisan coutelier, il est élève chez les jésuites et destiné à la prêtrise (tonsuré à 13 ans). Au collège d’Harcourt à Paris, il devient maître ès arts à 19 ans. Il poursuit ensuite des études tout en menant une vie de bohème, et se libère progressivement de la pensée religieuse de son temps. En 1746, il écrit ses « Pensées philosophiques » suivie de « Pensées »(1747), violentes attaques contre le christianisme. En 1749, il affine sa pensée matérialiste, avec « Lettres sur les aveugles et à l’usage de ceux qui voient », mais cela entraîne son arrestation. Après trois mois de prison, il est libéré sur les instances de son éditeur, qui vient de lui confier avec d’Alembert, la direction de « l’Encyclopédie », travail gigantesque auquel il va consacrer plus de vingt ans de sa vie. En 1751, le premier volume voit le jour. Huit ans plus tard, les 7 premiers tomes sont condamnés par le pouvoir royal mais l’Encyclopédie se poursuivra jusqu’à son terme, dans une semi-clandestinité.Il trouve encore le temps d’écrire des essais sur le théâtre dont « Paradoxe du comédien » où encore des romans comme « La Religieuse »(1760), « Le Neveu de Rameau »(1761), « Jacques le Fataliste et son maître », etc. Il entretient également une importante correspondance littéraire, et se fait même critique d’art. Après une vie bien remplie, il meurt à Paris, mais malgré son radicalisme politique et son athéisme déclaré, il est enterré religieusement. »Méfiez-vous de celui qui veut mettre de l’ordre » tel est son avertissement dans le « Supplément au Voyage de Bougainville » (1772).Nombre de ses romans seront édités après sa mort, mais cela n’empêchera pas les interdictions et les condamnations.

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Amis du libre examen et de la friture d’ablettes réunis, bonjour !

Voici mai qui s’achève alors que prairial n’en est qu’à son douzième jour dédié à la bétoine (et non pas à l’abbé Toine). La bétoine jouissait dans l’antiquité d’une réputation prestigieuse qui lui conférait des pouvoirs magiques (on la disait capable de chasser les mauvais esprits) et faisait d’elle un remède quasi universel. Le nom bétoine est dérivé de celui d’un peuple ibérique, les Vettones, qui utilisa cette plante dont la réputation s’est maintenue jusqu’au Moyen Âge et au delà.

On utilisait autrefois les feuilles séchées de cette plante comme du tabac à priser ou comme substitut du thé ; les jeunes pousses sont consommables en salade avec modération. Personnellement, je ne m’y risquerais pas ; déjà que le concombre espagnol aurait ces jours ci tendance à nous torturer les entrailles, alors la bétoine ibérique…

 

Tout à fait autre chose.

Le 31 mai 1826, le tribunal correctionnel de la Seine, ordonne la destruction du roman « Jacques le fataliste… » et condamne l’éditeur à un mois de prison. Ceci me donne l’occasion de dire quelques mots à propos de l’auteur, Denis DIDEROT,
« Philosophe des Lumières », romancier et encyclopédiste français.
Ce libre penseur précurseur de la pensée libertaire, naît le 5 octobre 1713 à Langres (Haute-Marne). Fils d’un riche artisan coutelier, il est élève chez les jésuites et destiné à la prêtrise (tonsuré à 13 ans). Au collège d’Harcourt à Paris, il devient maître ès arts à 19 ans. Il poursuit ensuite des études tout en menant une vie de bohème, et se libère progressivement de la pensée religieuse de son temps. En 1746, il écrit ses « Pensées philosophiques » suivie de « Pensées »(1747), violentes attaques contre le christianisme. En 1749, il affine sa pensée matérialiste, avec « Lettres sur les aveugles et à l’usage de ceux qui voient », mais cela entraîne son arrestation. Après trois mois de prison, il est libéré sur les instances de son éditeur, qui vient de lui confier avec d’Alembert, la direction de « l’Encyclopédie », travail gigantesque auquel il va consacrer plus de vingt ans de sa vie. En 1751, le premier volume voit le jour. Huit ans plus tard, les 7 premiers tomes sont condamnés par le pouvoir royal mais l’Encyclopédie se poursuivra jusqu’à son terme, dans une semi-clandestinité.
Il trouve encore le temps d’écrire des essais sur le théâtre dont « Paradoxe du comédien » où encore des romans comme « La Religieuse »(1760), « Le Neveu de Rameau »(1761), « Jacques le Fataliste et son maître », etc.
Il entretient également une importante correspondance littéraire, et se fait même critique d’art. Après une vie bien remplie, il meurt à Paris, mais malgré son radicalisme politique et son athéisme déclaré, il est enterré religieusement.
« Méfiez-vous de celui qui veut mettre de l’ordre » tel est son avertissement dans le « Supplément au Voyage de Bougainville » (1772).
Nombre de ses romans seront édités après sa mort, mais cela n’empêchera pas les interdictions et les condamnations.

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TRANS BIGOUDEN BLUES…

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Amis de la bigoudénie et des demoiselles du Guilvinec réunies, bonjour !

Nous sommes le 30 mai, ce qui tend à prouver que tout arrive, et ce 10è jour de prairial est dédié à la fraise, ce qui, résidant à quelques kilomètres de Plougastel, m’autorise à la ramener quelque peu…

Tiens, à propos d’impertinence j’avais évoquer ici même le projet de festival de la satire. Et bien c’est chose faite : Le premier festival de la satire en France se tiendra du 2 au 5 Juin 2011 à Dax. Pour la toute première fois, les plus grandes figures de la satire seront rassemblées lors de cette fête dacquoise qui va décloisonner et réunir les modes d’expression et les arts relatifs à la caricature et la parodie : au travers de sketchs, du dessin de presse, de la littérature, du cinéma, d’expositions, de concerts et de conférences. Le week-end de l’Ascension verra la ville occupée de part et d’autres par l’équipe de Groland, les humoristes Didier Porte et Christophe Alévêque, les célèbres Wampas et Didier Super, une vingtaine de dessinateurs de presse, de grandes plumes, des cinéastes et acteurs de renom, et de nombreux groupes musicaux. La satire étant le pouls de la démocratie, Dax fait ouvertement le choix du sourire pour analyser, comprendre et appréhender le difficile contexte social, politique, économique…

 

Restons dans le pays bigouden puisque aujourd’hui c’est la saint Riagad. Évidemment c’est un ermite irlandais qui est venu s’installer sur les côtes bretonnes aux alentours du Vè siècle et qui a laissé son nom à la commune de Treffiagat. Étrange commune que celle là qui est séparée en deux : Lechiagat côté mer et Treffiagat côté rural. Mais enfin, les bigoudens ne font jamais rien comme les autres. On y trouve le fameux menhir de Lehan, que l’on voit ici en photo, et qui est planté au milieu d’un marais. Tout laisse à croire qu’il n’y avait point de marais à l’époque de son érection. D’ailleurs, à propos d’érection, il faut remarquer que les symboles phalliques ont toujours été largement représentés dans la région ; il suffit de regarder la fameuse coiffe bigoudène.

Je connais un menhir du côté de Plonéour-Lanvern où, il n’y a pas si longtemps encore, les femmes en mal d’enfant venaient se frotter le ventre. Le mot menhir (pierre longue) s’est aujourd’hui généralisé même si en breton le mot juste est peulven (le pieu de pierre) plusieurs toponymie l’attestent comme Menez-peulven entre Douarnenez et Quimper.

 

Et puisque c’est lundi, on va faire court. Allez, j’espère que hier vous n’avez pas oublié la fête pétainiste même si les romains célébraient déjà les Matrones bien avant le régime de Vichy, portez vous bien et à demain peut-être.

LIBERTAIRE, JE CRIE TON NOM…

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Amis de l’esprit critique et du baekehoffe réunis, bonjour !

Le 29 mai est le jour anniversaire de la naissance d’un écrivain à qui je voulais rendre un petit hommage tant son engagement mérite qu’on s’y arrête ; l’amenant à défendre un humanisme basé sur la sauvegarde de l’homme et de la nature, le recours à la non-violence Bernard CLAVEL. Pour lui, « un fleuve, une terre, un vignoble, des forêts sont tellement liés à l’existence de l’homme qu’il me paraît impossible que l’humanité oublie ce lien sans courir à sa perte. » Engagement pour l’écologie et les enfants martyrs, engagement contre l’État guerrier et marchand d’armes. Engagement aussi dans l’affaire Jean-Marie Deveaux ou l’affaire Buffet-Bontemps contre la peine de mort, contre les pratiques policières, l’impéritie de la justice et du système pénitentiaire. C’est un homme en colère qui fustige policiers et magistrats indifférents ou trop répressifs. Quelqu’un a dit de lui qu’il était une espèce d’anarchiste chrétien.

J‘ai découvert cet auteur à l’occasion de l’adaptation de son livre, le voyage du père, au cinéma par Denys de la patellière, en 66 où 67 avec un Fernandel à contre emploi tout à fait exceptionnel.

Je reprends ci-dessous un article de Gilles Heuré paru dans Télérama à l’occasion de son décès en octobre 2010. « C’est un homme de la terre, un forban des bois qui, vu ses quarante déménagements en France, en Suisse, au Canada ou en Irlande, semble avoir avalé un atlas. il fut, à 14 ans, apprenti pâtissier à Dole, pénible expérience dont il tirera La Maison des autres. « Mon patron était un vrai salaud, et pendant deux ans ce fut un enfer. C’était un avorton que j’aurais pu coucher d’une gifle, mais à cette époque le patron c’était le patron et on la fermait. » Il rêve alors d’un tour du monde, mais la guerre contrarie ses rêves de voyage. Il est successivement bûcheron, lutteur de foire avec le fameux Ted Robert, qui sera le personnage de L’Hercule sur la place, ouvrier agricole avec L’Espagnol puis résistant dans le maquis du Jura.

A lire son texte sur Gauguin, par exemple, on comprend mieux son propre itinéraire; celui d’un homme prêt à tout pour vivre sa passion d’écrire, humble artisan obsédé par les immensités calmes et, pourquoi le taire, râleur impénitent et libertaire jamais défroqué. Les hommes dont il fut l’ami n’étaient pas exactement de paisibles pèlerins : Pierre Mac Orlan, Roland Dorgelès, Jean Guéhenno, Jean Reverzy, Marcel Aymé, l’anarchiste Louis Lecoin, sans oublier les sans-nom et les gens de peu qui ont croisé sa route.

Ce conteur magnifique est bien un écrivain « prolétarien », selon le mot de Michel Ragon, avec la fierté que cela suppose. Les millions de lecteurs qui ont lu ses livres ne s’y sont pas trompés : cet homme est « en prise directe avec le mot humain », comme disait Pierre Mac Orlan. Il ne triche pas. » on le voit ici en compagnie de Josette Pratte qui fut sa compagne jusqu’au bout.

Voilà pour aujourd’hui, regardez bien au fond de la bibliothèque, il y a sûrement un livre de Clavel qui attend d’être relu. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

LA SEMAINE SANGLANTE…

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Amis de la satirologie et du pain bénit réunis bonjour !

Nous sommes, bon an mal an, arrivés ensemble jusqu’à ce 28 mai, 9è jour de prairial, qui s’enorgueillit d’être dédié au serpolet. Vous ne pouvez pas vous tromper, le serpolet c’est bon pour tout. En infusion, en compresse, en bain, dans la cuisine, notamment avec les viandes blanches, ce proche cousin du thym est une vraie panacée. C’est le genre de truc qui devrait être remboursé par la sécurité sociale si cela ne risquait d’aggraver le déficit…Encore faut-il rappeler que ce dernier n’est pas imputable aux dépenses des pauvres gens mais, en grande partie, aux mauvais, voire aux non-paiements du patronat…

 

La semaine sanglante.

Il y a 140 ans, le 28 mai 1871 marquait la fin de ce que l’histoire allait garder en mémoire sous le nom de semaine sanglante. C’était la fin d’une utopie joyeuse, d’un espoir en la capacité des hommes à vivre libres et égaux en droit. C’était la fin de la Commune.

L‘assaut commence le 21 mai, dans le quartier du Point du Jour, à Boulogne.

Les Versaillais ont en face d’eux une dizaine de milliers de fédérés déterminés.

Ils doivent conquérir les barricades l’une après l’autre. Les combats de rue feront au total 4.000 tués (877 du côté des troupes versaillaises). A droite une illustration de la prise de la derière barricade.

S‘ajoutent à ce bilan les victimes de la répression car, à l’arrière, des liquidateurs tuent méthodiquement les suspects. Une vingtaine de «cours prévôtales» jugent hâtivement les hommes et les femmes pris les armes à la main et les font fusiller sur place.

Les Communards ripostent en faisant fusiller environ 80 otages. Ils allument aussi des foyers d’incendie. Du fait de ceux-ci et des bombardements, plusieurs monuments illustres partent en fumée. Parmi eux le palais des Tuileries, le palais de Justice gothique, l’Hôtel de Ville hérité de la Renaissance, le Palais-Royal et le palais d’Orsay…

Le bilan total de la Semaine sanglante est d’environ 20.000 victimes, sans compter 38.000 arrestations. C’est à peu près autant que la guillotine sous la Révolution.

À cela s’ajoutent les sanctions judiciaires. Les tribunaux prononceront jusqu’en 1877 un total d’environ 50.000 jugements. Il y aura quelques condamnations à mort et près de 10.000 déportations (parmi les déportées qui rejoindront les bagnes de Nouvelle-Calédonie figure une célèbre institutrice révolutionnaire, Louise Michel).

Puissent les indignés du monde entier, qu’ils soient grecs, espagnols, arabes ou apatrides, s’inspirer de ce grand moment de l’histoire et chanter en coeur, ça branle dans le manche. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

FROU-FROU, FROU-FROU…

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Amis de la nostalgie et du far breton réunis, bonjour !

Aujourd’hui, 27 mai, c’est le 8è jour de prairial dédié au lis martagon.

Je voulais évoquer une figure de la chanson réaliste que sans doute les moins de vingt ans ne doivent pas connaître. Et pourtant, qui n’a pas un jour entendu la tante Ginette ou le cousin Jules entonner lors des noces et banquets familiaux une de ses rengaines. je veux parler de Berthe Francine Ernestine FAQUET plus connue sous le nom de Berthe SYLVA. Allez, souvenez vous, les roses blanches, du gris, on a pas tous les jours vingt ans, Frou-frou…

 

Elle aurait passé son enfance à Brest avant de se faire employer comme femme de chambre. On dit qu’elle serait née (7 février 1885) à Kerloïs en Lambézéllec (tout près de l’ermitage de Keramoal) qui aujourd’hui est devenu un quartier de Brest. Elle se serait mise à la chanson vers 1910, après avoir abandonné un premier enfant. De ses débuts, on ne possède pas beaucoup de témoignages, excepté une interview durant laquelle elle parle de voyages en Amérique du Sud, en Russie, en Roumanie et en Égypte, ainsi qu’une photo prise pendant la Première Guerre mondiale, sur laquelle on la voit aux côtés d’Eugénie Buffet et du chansonnier aveugle René de Buxeuil.

En 1928, Berthe Sylva est employée au Caveau de la République. Léon Raiter la remarque et lui propose de passer à l’antenne de Radio Tour Eiffel. C’est grâce à Léon Raiter, l’auteur des Roses Blanches, qu’elle se met à enregistrer.

Le succès est foudroyant. Le Raccommodeur de Faïence, enregistré en 1929, se serait vendu à 200 000 exemplaires en deux ans. Les tournées en province se multiplient. Elle partage un moment l’affiche avec Fred Gouin, aujourd’hui tombé dans l’oubli, avec qui elle grave des duos tels Ferme tes jolis yeux (1932). Leur relation est passionnelle. Fred Gouin fut très affecté par la perte de son amante et amie. Il prit le maquis durant les années de guerre, puis quitta le monde de la chanson pour se reconvertir dans le commerce des frites.

Berthe Sylva se fixe à Marseille au moment de l’Armistice de 1940. Le chanteur Darcelys y fut l’un de ses amis les plus fidèles. Elle meurt minée par la boisson et la pauvreté. Sa maison de disques finance les obsèques auxquelles seuls quelques amis assistent. Sa dépouille fut transférée à la fosse commune. Quelques années après, il ne se trouva personne pour renouveler la concession qui fut levée.

Après sa disparition, on retiendra d’elle, non pas les chansons qui racontent les bluettes et les joies du bal, mais celles qui dénoncent la misère, l’injustice, l’enfance blessée, la perte d’un être cher, la désillusion et l’échec sentimental. Berthe Sylva est décédée le 26 mai 1941 à Marseille

 

Et bien voila qui nous change des bluesmen du Mississippi et de Chicago. Mais enfin, la chanson réaliste française c’est un peu notre blues à nous qu’on a…Allez, vive l’éclectisme, portez vous bien et à demain peut-être.

CRAZY BLUES…

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Amis de l’ampélosophisme* et du Pessac-Léognan réunis, bonjour !

Puisque aussi bien nous sommes le 26 mai et que ce jour était le 7è de prairial, autant vous le dire tout de suite, il était dédié au fromental encore nommé, l’avoine élevée. Avez vous remarqué comme les dames du temps jadis étaient autrement plus girondes que les échalas qui défilent pour nos grands couturiers ? Celle-ci tient d’une main la faux et de l’autre la colombe…Tout un programme, non !

*L’ampélosophisme est considéré par certains comme un humanisme de bistro et se déclare libertaire, utopique, indépendant des autres courants de pensée philosophiques politiques ou religieux. Il existe un site qui lui est consacré mais je ne suis pas sûr qu’il soit encore en activité.

Et puisque vous êtes les meilleurs lecteurs qu’un blogue n’ai jamais eu, voici pour vous une véritable pépite dénichée sous les plis de la toile (c’est joli ça), le premier disque de blues de l’histoire, gravé en 1920.

 

C‘est Mamie SMITH qui est la chanteuse, elle est née le 26 mai 1883 à Cincinnati, et décèdera en septembre 1946 à Harlem. Très populaire à Harlem dès 1914, elle est engagée par Perry Bradford qui réussi à convaincre la compagnie Okeh de l’enregistrer. Crazy blues, c’est le titre du morceau, obtient un succès considérable dès sa parution. On dit que le disque s’est vendu à 75000 exemplaires la première semaine. Dès lors Mamie entreprend une fructueuse carrière jusqu’en 1931.

Elle défraie bien un peu la chronique par ses liaisons avec avec de grands jazzmen, ce qui ne l’empêche pas d’interpréter une série de films musicaux au début du parlant. Par la suite, drogue et alcool venant elle sombre dans la misère et l’oubli. Ah, la vie est dure madame Michu.

 

Tout à fait autre chose.

J‘ai une pensée émue pour les salariés des Ponts et Chaussées (ça ne doit plus se nommer comme cela) à qui l’on demande de monter les panneaux indiquant la présence des radars puis de les démonter pour finalement les remonter quelques jours plus tard. Cela ressemble à s’y méprendre à un sketche de Raymond Devos. Il faut avouer que la valse hésitation du gouvernement aurait de quoi faire sourire si cela n’en était affligeant. Faire du populisme une politique d’Etat n’est pas chose facile. Il faut bien se garder de fâcher les cabarétiers et leur TVA, ne pas caresser à rebrousse poils les chasseurs, faire les yeux doux aux paysans pollueurs, flatter les constructeurs de bagnoles, rassurer les électeurs du front national, choyer le lobby nucléaire, chouchouter les marchands d’armes sans oublier de ménager les cathos, bichonner les pétroliers, dorloter la maréchaussée, câliner le joueur de loto, et gâter le supporteur du PSG…

Dernière minute.

Après de longues recherches, les cénobites sont enfin en mesure d’en apporter la preuve: Oui, DSK est amateur de pipe !


Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

LE PIEGE ABSCON…

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Amis de la quadrature du cercle et des mightys réunis, bonjour !

En ce 25 mai 2011, sixième jour de prairial, nous célébrons la mélisse. Si vous trouvez l’actualité particulièrement indigeste, je vous recommande expressément la tisane de mélisse. Mon aïeule, pour qui l’herboristerie n’avait aucun secret, faisait bouillir deux branches de mélisse dans un litre d’eau et laissait infuser. Pour ma part, j’avoue que ma préférence va plutôt à un vieux whisky d’Ecosse. Cela me remet en mémoire le fameux pangramme de Georges Perec : Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume. C’est une phrase qui permet d’utiliser toutes les lettres de l’alphabet, l’exercice est amusant, et par ailleurs, c’est un alexandrin.

 

Les brigades du tigre.

La France a donc décidé d’envoyer ses fameux hélicoptères de combat, Tigre, en Libye. Mais rassurez vous, nous ne sommes pas en guerre ! Non, il s’agit toujours d’appliquer « exactement la résolution 1973 de l’ONU » qui autorise l’usage de la force pour protéger les populations civiles (défense de rire). La même résolution qui exclu la présence de troupes au sol… Vous remarquerez tout de même qu’on se rapproche de plus en plus du sol libyen. Inutile de vous dire que les officiers de liaison (forces spéciales) sont depuis longtemps à l’oeuvre auprès des rebelles.

Tiens, voici l’article 35 de la constitution de notre vieux pays comme disait l’autre :

 

« La déclaration de guerre est autorisée par le Parlement. Le Gouvernement informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l’étranger, au plus tard trois jours après le début de l’intervention. Il précise les objectifs poursuivis. Cette information peut donner lieu à un débat qui n’est suivi d’aucun vote. Lorsque la durée de l’intervention excède quatre mois, le Gouvernement soumet sa prolongation à l’autorisation du Parlement. Il peut demander à l’Assemblée nationale de décider en dernier ressort. Si le Parlement n’est pas en session à l’expiration du délai de quatre mois, il se prononce à l’ouverture de la session suivante. »

Je ne suis pas sûr que cela fasse avancer le schmilblick de la démocratie dans le monde… mais, ainsi que le pressentais Pierre DAC, c’est complexe :« Le Schmilblick des frères Fauderche est, il convient de le souligner, rigoureusement intégral, c’est-à-dire qu’il peut à la fois servir de Schmilblick d’intérieur, grâce à la taille réduite de ses gorgomoches, et de Schmilblick de campagne grâce à sa mostoblase et à ses deux glotosifres qui lui permettent ainsi d’urnapouiller les istioplocks même par les plus basses températures. Haut les coeurs et chapeaux bas devant cette géniale invention qui, demain ou après-demain au plus tard, fera germer le blé fécond du ciment victorieux qui ouvrira à deux battants la porte cochère d’un avenir meilleur dans le péristyle d’un monde nouveau…  »

Or donc, si parfois la géostratégie de la politique française vous échappe quelque peu et vous apparaît comme un piège abscon, n’en faites pas une maladie, une tisane de mélisse et ça ira beaucoup mieux ;

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

SOUS LES PAVES…LA PLAGE !..

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Amis du Chicago blues et du canard laqué réunis, bonjour !

Oui nous sommes le 24 mai, cinquième jour de prairial dédié au canard. Un qui en faisait rarement et qui va rejoindre notre galerie de portraits, c’est Elmore JAMES.

Il est né à Richland, Mississippi, un 27 janvier en 1918 et a définitivement cessé de jouer de la guitare le 24 mai 1963 à Chicago.

Né sur une petite plantation il partage son temps entre le travail des champs et les juke-joints du Delta où il joue en compagnie de Robert Johnson et surtout Sonny Boy Williamson. Sa façon de jouer avec une espèce de rage et de chanter d’une voix presque éraillée, en fait une des sonorités les plus excitantes de l’histoire du blues.

Il a gravé son premier disque, Dust my broom (ici en vidéo), sur le petit label Trumpet et rencontré un succès immédiat. A partir de ce moment il va enregistrer massivement, une œuvre un peu chaotique dont beaucoup de morceaux tournés vers le Rythm & Blues des années 50 avec cuivres et la présence de Ike Turner.

A partir de la fin des années cinquante sa popularité est en baisse et c’est le producteur Bobby Robinson qui va le remettre en selle. Il en restera une œuvre magnifique, moderne, sensuelle et agressive avec des compositions extraordinaires comme Shy is crying ou Every day i have the blues, cette dernière prend place parmi les plus grands moments du blues d’après-guerre. Il est décédé d’une crise cardiaque alors qu’il préparait une tournée européenne. Je crois savoir que son fils, Elmore James Jr a repris le flambeau.Sources: la grande encyclopédie du blues de Gérard Herzaft chez Fayard.

Tout à fait autre chose, quoique…

Je viens de retrouver dans mes cartons le premier numéro de l’enragé daté du 24 mai 1968. Ce premier numéro fut publié avec l’appui de l’éditeur Jean-Jacques Pauvert et sur une initiative de SINE (déjà). Extraits: Il peut servir de cache matraque. Il peut servir de mouchoir anti-gaz. Nous sommes solidaires, et nous le resterons, de tous les enragés du monde… Dans ce journal rien n’est interdit, sauf d’être de droite !

Je ressens dans le mouvement citoyen actuel qui se développe en Espagne et qui emplit la Puerta del sol de Madrid de milliers de manifestants, comme un parfum de 68.Sous les pavés, la plage ! Pourvou qué ça doure…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.



LES SAINTS ET LES ANGES ET TOUS LES ELUS…

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Amis de la musicothérapie et du biniou bras réunis, bonjour !

C‘est à n’y pas croire, nous sommes le lundi 23 mai, troisième jour de prairial dédié à l’angélique (pas la marquise, la fleur). On l’appelle aussi l’herbe aux anges car elle avait la réputation d’être efficace contre les maléfices et autres envoûtements.

Elle est encore cultivée dans certains endroits notamment du côté de Niort (région Poitou-Charentes chère à Ségolène) pour en faire des fruits confits, on en retrouve souvent dans les cakes. Attention de ne pas la confondre avec une proche parente, la cigüe…

 

Après les anges, les saints.

En Bretagne il est un saint que l’on nomme BILI fêté le 23 mai, et qui n’a rien à voir avec the kid…

Néanmoins, Saint Bili (840-915) est un personnage qui mériterait d’être mieux connu. Il est originaire des environs de Redon. Alors qu’il était diacre à Aleth (St Malo), Bili a entrepris de rédiger une nouvelle vie de saint Malo. Il s’est inspiré d’une première vie de saint Malo endommagée (du début du IXe siècle) et des récits plus ou moins fantastiques des pèlerins. À la fin de son ouvrage, Bili raconte l’épisode des oies de Saint-Pol-de-Léon. Deux prêtres, l’un de St-Pol, l’autre de St-Malo, partirent chasser les oies dans les champs de Saint-Pol-de-Léon. Ils ne purent en attraper qu’en invoquant saint Malo. A la suite de cet événement, l’évêque Clotuuoion de St-Pol décida que saint Malo devait être fêté dans son évêché. Avec Bili, il est possible qu’on touche du doigt l’origine du Tro Breiz cette procession qui se déroule sur les traces des sept saints fondateurs de la Bretagne. Au Moyen-Age, le tour de Bretagne ou Tro Breiz désignait le pèlerinage en l’honneur des Sept Saints Fondateurs de la Bretagne. Le pèlerin allait s’incliner sur les tombeaux des évêques fondateurs: Brieuc et Malo dans leur ville, Samson à Dol-de-Bretagne, Patern à Vannes, Corentin à Quimper, Pol Aurélien à Saint-Pol-de-Léon et Tugdual à Tréguier. C’est une sorte de voyage à la Mecque à la mode bretonne. La légende dit que tout Breton qui fait le Tro Breiz est certain de gagner le Paradis. Elle ne parle pas des 70 vierges !
Par contre, ceux qui ne le font pas de leur vivant devront le faire après leur mort en avançant chaque année de la longueur de leur cercueil ! L’éternité c’est long, surtout vers la fin… Depuis quelques années la pérégrination reprend de plus belle. En fait, les véritables créateurs de la Bretagne sont davantage la coopérative de Landerneau et Ouest-Eclair mais cela, c’est une autre histoire que je vous conterai un jour…
Plus tard, Bili sera nommé évêque de Vannes. Dom Plaine rapporte dans sa vie de saint Malo (1885) qu’en tant qu’évêque de Vannes, Bili aurait incité un certain Menobred à aller récupérer les reliques de saint Malo restées en Saintonge. On pense que Bili a été tué par les Normands (et non pas par Pat Garrett) en 915 près du calvaire de la chapelle, ce qui en fait un évêque-martyr.

A gauche, la chapelle de St Bili, la légende veut que le saint aurait marcher jusqu’ici la tête entre les mains après sa décapitation.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.


APOCALYPSE NOW…

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Amis de l’apocalypse et de la semoule de blé dur réunies, bonjour !

 

Je peux bien vous l’avouer, je me suis jeté sur le dernier opus d’Enki BILAL comme la vérole sur le bas clergé… Après Animal’z, je restais sur ma faim. Enki Bilal imaginait, dans Animal’z, une planète dévastée par le dérèglement climatique et offrait un récit fascinant sur un thème très actuel : la dégradation de la planète.
Le quatrième volet du Sommeil du Monstre se déroulait à Paris. La capitale française avait déjà été annoncée dans l’opus précédent, Rendez-vous à Paris. Enki Bilal avait imaginé, dans un décor cauchemardesque et un climat apocalyptique, les retrouvailles à trente ans de Nike, Leyla, Amir, les orphelins de Sarajevo. Il y dénonçait l’obsurantisme, les nationalismes et les fanatismes par de nombreuses références à l’actualité.

Ici le prologue nous plonge d’emblée dans l ’ambiance. « LE COUP DE SANG est le nom du dérèglement climatique brutal qui s’est abattu sur la terre. La planète est complètement désorientée, dévastée, morcelée par des catastrophes naturelles hors norme…Plus que jamais, la survie est une affaire individuelle. La recherche d’eau douce devient la préoccupation première, chacun pour soi…Communications déréglées, transports maritimes dangereux, transports aériens rares, seule la terre bien dure et bien ferme offre à certains le moyens de gagner les quelques Eldorados qui subsistent encore. »

Après Animal’z qui relatait l’impact tragique et dévastateur, la planète s’apaise et se recompose, les survivants réapprennent à s’organiser. Dans cette géographie chamboulée, des déserts ont surgi. Et c’est au cœur de l’un d’entre eux, bien improbablement situé à l’emplacement de la mer Baltique, que l’on suit la trace d’un ex aumônier militaire énigmatique, installé au volant d’une Ferrari électrique lancée à plein régime. Trois personnages vont croiser sa route : deux jeunes hommes qu’il sauve in extremis de la mort par déshydratation, et un rapace blessé par balle, dont il répare l’aile cassée… L’album à pour titre JULIA & ROEM et c’est chez Casterman comme d’habitude.

Or donc, les Mayas dans leur grande sagesse ayant prévu la fin d’un cycle, les alarmistes se sont précipités pour annoncer la fin du monde le 21 décembre 2012 aux alentours de 18h et des poussières…Pour ma part je suis de ceux qui pensent que cette bonne vieille planète en a encore pour quelques milliards d’années malgré tous les outrages que lui font subir les hommes. Elle aura à connaître l’inversion des pôles, des périodes de haute canicule et d’autres de glaciation, des feux nucléaires et maints tsunamis et certainement la fin de moultes espèces dont peut-être la notre dont il faut rappeler que le génome diffère d’à peine 2% de celui des chimpanzés…Pas de quoi se prendre pour l’être parfait.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.