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DEVOIR DE MEMOIRE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la démocratie et du poulet au vinaigre réunis, bonjour !

Nous sommes le 23è jour de germinal dédié au marronnier ce qui m’autorise à parler une fois encore de Israël.

Pendant que les yeux du monde sont tournés vers les milles tragédies qui nous entourent, Japon, Côte d’Ivoire, Afghanistan, les Israéliens continuent de mettre en place leur politique d’apartheid.

Les citoyens palestiniens d’Israël devaient être fiers de ce que leur ténacité collective ait triomphé de toutes les tentatives israéliennes pour éradiquer leur légitime mémoire collective. Maintenant on leur ordonne de renoncer une fois pour toutes à commémorer al-Nakba, la Catastrophe de 1948 qui a donné lieu à l’agression et à la dépopulation brutales de presque toute la Palestine afin de réaliser le « miracle » israélien.

On estime aujourd’hui que les Palestiniens qui ont la nationalité israélienne représentent un cinquième de la population d’Israël ; cela fait des dizaines d’années qu’ils sont très mal traités. Comme ils sont musulmans ou chrétiens, ils ont toujours été considérés comme une anomalie dans un pays qui se proposait d’incarner la parfaite utopie d’un état juif gouverné par les lois de la démocratie…

La question de savoir ce qu’il fallait faire des citoyens palestiniens d’Israël a longtemps hanté les politiciens israéliens. Les lois discriminatoires, la saisie illégale de terre et même l’emploi de la violence n’ont pas réussi à empêcher les Palestiniens de demander l’égalité et d’exposer au grand jour les défaillances morales de l’histoire problématique et de la démocratie sélective d’Israël. De plus tous les efforts pour fragmenter l’identité nationale palestinienne -grâce à des système de règlementation différents pour les Palestiniens d’Israël, pour ceux de Jérusalem Est, ceux de Cisjordanie, ceux de Gaza et les millions de Palestiniens de la diaspora- n’ont pas suffi à dénaturer le sentiment profond de solidarité et d’appartenance qui lie entre elles les communautés palestiniennes…

La loi votée le 28 mars était présentée par le ministre des affaires étrangères Avigdor Lieberman du parti Yisrael Beiteinu, qui se targue d’être à l’origine d’environ deux douzaines de lois discriminatoires. La campagne de 2009 de Lieberman était largement basée sur le slogan : « Pas de loyauté, pas de citoyenneté »…

Mais c’était loin d’être la seule loi qui ciblait les citoyens palestiniens d’Israël. Une autre est passée quelques jours plus tôt. La « loi de la Nakba » a été voté en dernière lecture le 22 mars et Alex Miller (Yisrael Beiteinu) en était à l’origine. Cette loi peut être considérée comme une déclaration de guerre à la mémoire collective palestinienne puisqu’elle interdit de commémorer la Catastrophe de 1948…

Haneen Zoabi, qui est aussi membre du parti Balad a dit à The Electronic Intifada : « Cette loi prétend contrôler nos souvenirs, notre mémoire collective. C’est une loi vraiment idiote qui s’en prend à nos sentiments. Il semble que l’histoire des victimes représente une menace pour l’état sioniste. »

Une loi idiote peut-être mais une loi enracinée dans la peur historique de la mémoire palestinienne. De fait la guerre contre la mémoire a sa propre logique convaincante bien qu’impitoyable. Depuis le « mur de fer » de Vladimir Jabotinsky en 1923 -qui avait pour but principal de séparer la « population native » des « colons sionistes » de Palestine- jusqu’au souhait de Uri Lubrani de « réduire la population palestinienne à une communauté de coupeur de bois et de garçons de café », les efforts pour déporter ou réduire par la force la population palestinienne sont la pierre angulaire du projet sioniste.

La constance palestinienne ne peut pas changer le cours naturel des choses. Oui les vieux vont continuer à mourir. Mais les jeunes sont loin d’oublier…

Israël semble être en train de résoudre son dilemme entre être un état juif ou un état démocratique en choisissant clairement la première option. Il n’y a rien de démocratique dans les dernières lois qui ont été votées au parlement. Israël est maintenant officiellement un état d’Apartheid et toute la Hasbra (explications en hébreu) du monde ne pourra pas résoudre la crise morale qui a atteint le coeur de la vie politique actuelle d’Israël.

Sources: Un article de Ramzy baroud directeur de PalestineChronicle.com

Voila chers lecteurs la livraison de ce mardi. En attendant la prochaine, portez vous bien et à demain peut-être.