Vous lisez actuellement les articles publié en avril 2011

Page 1 de 3

DOCTEUR SAX…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

, , , ,

 

 

Amis des « Cénobites tranquilles » et du livre de poche réunis, bonjour !

 

C‘est donc en ce 30 avril de l’an de grâce 2011 qu’apparaît aux yeux du monde, béat d’admiration, cela va sans dire même si ça va mieux en l’écrivant, ce 600è billet des « cénobites tranquilles » que l’univers blogosphérique dans son entier nous envie…

 

Il y a 52 ans, le 30 avril 1959 paraissait ce merveilleux livre de Jack Kerouac, Docteur sax. Et c’est bien parce que mon aïeule, dans sa stricte éducation, a su m’inculquer l’ immense modestie qui me caractérise que je ne tracerai aucun parallèle entre ces deux chefs-d’oeuvre.

 

Docteur Sax, c’est l’histoire d’un jeune garçon qui s’éveille à la vie dans une ville ouvrière grise et morne de la Nouvelle-Angleterre. C’est l’histoire de Jack Duluoz, canadien français comme Jack Kerouac lui-même, qui grandit sous les porches obscurs et parmi les immeubles bruns de Lowell, Massachusetts. C’est l’aventure empreinte de terreur vécue avec intensité par un adolescent.
Toujours tapie dans un repli de l’âme de Jack, se trouve l’ombre du Docteur Sax, avec sa cape qui flotte au vent et son chapeau mou dissimulant à demi un regard chargé de haine. Il fait partie d’une horde de fantômes, de monstres et de démons qui peuplent ce monde fantastique. Souvenir et rêve se mêlent dans un univers démentiel qui occupe une place grandissante dans l’esprit de Jack jusqu’au point de s’imposer avec une violence effroyable dans une véritable vision d’apocalypse. Mais la réincarnation du mal sera finalement anéantie et, avec elle, les fantômes et les démons qui hantaient l’âme du héros.


Un critique américain, J. Donald Adams, a dit de Kerouac qu’« il était capable de décrire le monde de l’expérience physique beaucoup mieux que quiconque depuis Hemingway », relisez
le soleil se lève aussi. La description des odeurs, des bruits dans la petite ville de Lowell est parfois empreinte d’une telle fantaisie bouffonne qu’elle témoigne d’une invention verbale inépuisable. L’auteur a transcrit des passages entiers en canadien français, ce patois savoureux que parlent Jack et ses parents ainsi que la joyeuse bande qui gravite autour d’eux et dont la verve truculente anime des scènes d’une vigueur rabelaisienne.

Le 24 octobre 1969, on enterrait au cimetière catholique de Lowell, morne petite ville industrielle du Massachussetts, le corps de Jack Kerouac, mort d’une hémorragie abdominale à l’âge de 47 ans. Il avait 91 dollars sur son compte en banque… Quelques années plus tôt, il avait fait le voyage jusqu’à Brest (Finistère – France) et s’était présenté sous le nom de Jean-Louis Le Bris de Kerouac, à la recherche de ses ancêtres bretons. Depuis quelque temps, il n’était plus que l’ombre de lui-même, revenu auprès de sa mère. Il resta sourd à la musique de Woodstock dont il aurait pu y reconnaître, comme Ginsberg, la moisson de ce que lui et ses amis avaient semé. Un chapitre était clos. Kerouac le clochard céleste, lampant sa gnôle à même le goulot et scandant ses blues à l’escale de la grande-route avait été la star numéro un du mouvement beat qu’une Amérique un peu effarouchée avait vu exploser en 1955-57.

Bon allez, c’est promis, pour le 1000è billet, la rédaction organisera un apéro géant dans les jardins de Keramoal (c’est une idée de ma fiancée qui assumera l’organisation) en attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

LE PLAT PAYS DU JAZZ…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

, , ,

 

Amis de la blanche hermine et du kig ha farz réunis, bonjour !

Le 29 avril correspond au 10è jour de floréal dans le calendrier républicain. Il était dédié au rateau.

 

C‘est bien connu, nos amis belges sont capables du meilleur comme du meilleur (j’veux me facher avec personne) les meilleurs chanteurs: Brel, Arno, Mauranne… Le meilleur waterzoï, les meilleures bières: Gueuze, Trappiste…Le meilleur système politique, euh non, la ils ne sont pas au top. Mais savez vous, une fois, qu’ils ont aussi produit quelques uns des meilleurs jazzmen de la planète. Voici quelques mots sur l’un d’entre eux:

 

 

Toots Thielemans est un nom que l’histoire de la musique, et du jazz en particulier, a accroché depuis longtemps au rayon des légendes. Né à Bruxelles en 1922, Toots découvre le jazz durant l’occupation allemande et Django Reinhardt devient alors son idole. Guitariste, siffleur, harmoniciste, il rejoint la tournée européenne de Benny Goodman en 1950.

Par la suite, c’est aux Etats-Unis qu’il commence à se faire un nom dans le Charlie Parker’s All Stars ou le quintet de George Shearing. Voici une vidéo qui le montre interprétant Little suede shoes dont je vous avais fait écouter l’original par le Bird him self.

 

Il parvient à créer un style, son style, et à donner à l’harmonica une place majeure sur la scène jazz. Sa carrière décolle et Toots Thielemans est demandé par un grand nombre de musiciens. Sur scène ou en studio, il accompagnera Ella Fitzgerald, Quincy Jones, Jaco Pastorius en encore Bill Evans. Quincy Jones dit de lui « Je peux dire sans hésitation que Toots est un des plus grands musiciens de notre temps. Nous avons travaillé ensemble un nombre de fois incalculable. C’est quelqu’un qui sait vous toucher au coeur et vous faire pleurer. » Bel hommage, non !

 

Bon, c’est pas tout, le jardin m’attend et je n’aime pas faire attendre…Au menu du jour, plantations. Un arbre fruitier et des herbes aromatiques car j’ai dans l’idée que le barbecue sortira de bonne heure cette année. Les paysans commencent déjà à se demander si il n’y a pas quelques subventions à gratter, because sécheresse…Et la sécheresse, c’est terrible, ça pousse à la boisson; c’est pas les belges qui me démentiront.

 

Allez, demain, si vous êtes fidèle au rendez vous, vous pourrez lire le 600è billet des « cénobites tranquilles » espace d’humeur et d’humour, faut-il le rappeler. En attendant portez vous bien.

FEMMES, FEMMES, FEMMES…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

, , ,

 

Amis de la gent féminine et du roti Wellington réunis, bonjour !

Nous voici le 28 avril, jour de la Hyacinthe. Pourquoi dit-on LA alors que Hyacinthe était un beau jeune homme qui fut aimé d’Apollon et de Zéphyr ?

Alors qu’Apollon lui apprend à lancer le disque, Hyacinthe est accidentellement (ou à cause de Zéphyr, selon la version) frappé à la tempe par le disque, et meurt. De son sang naissent des fleurs qu’on appelle, d’après le nom du jeune homme, qui ne sont probablement pas des jacinthes mais plutôt des iris. Voyez cette représentation de la mort de Hyacinthe par Jean de Broc.

 

Je ne sais plus qui a dit: les femmes font l’histoire, les hommes l’écrivent. Voilà pourquoi j’aime à vous parler d’icelles qui ont participé aux grandes luttes du passé. Louise Michel, Olympe de Gouge, Nathalie Lemel, Victorine Brocher et tant d’autres.

 

Anna Paulina Mekarski, plus connue sous le nom de Paule Mink où Minck, naît à Clermont-Ferrand. Son père est un comte polonais, cousin du Roi Stanislas II. Ayant pris part à la révolution polonaise de 1830, il doit fuir son pays et se réfugie l’année suivante en France, où il devient Saint-simonien.

Vers 1867, Paule s’installe à Paris, où elle gagne sa vie, comme lingère et en donnant des cours de langue. Paule Mink est républicaine et s’oppose à l’Empire. Bien plus, elle milite pour le socialisme et la cause des femmes. Elle collabore à divers journaux tel que celui de la fédération rouennaise de l’A.I.T., La Réforme sociale, et prend la parole lors de conférences. Elle créait également une organisation féministe et révolutionnaire dans une forme mutualiste, la Société fraternelle de l’ouvrière.

En 1870, alors que la France est en guerre avec la Prusse, Paule Mink participe activement à la défense d’Auxerre. On veut, par la suite, lui décerner la Légion d’honneur, mais elle la refuse.

Durant la Commune, elle s’implique fortement dans l’agitation sociale. On la retrouve en tant qu’oratrice dans des Clubs, notamment celui de l’église St Sulpice et celui de l’église Nôtre Dame de la croix. A Montmartre, elle fait partie du Comité de Vigilance des citoyennes aux côtés d’André Léo et de Louise Michel et ouvre une école gratuite dans l’église Saint Pierre. Elle part, également, en province, à plusieurs reprises, pour y porter l’idéal communal et tenter de la rallier à Paris. La semaine sanglante a lieu alors qu’elle est justement en tournée, ce qui lui permet d’échapper à la répression versaillaise. 

Elle se réfugie en Suisse où elle rencontre James Guillaume dont j’ai parlé ici. Elle participe au 5e Congrès de la Paix à Lausanne et continue à mener son combat pour le féminisme et le socialisme.(Ici à droite en compagnie de Louise Michel)

A la faveur de l’amnistie de 1880, elle revient en France et s’installe dans le Midi. Elle assiste, en tant que déléguée des ouvrières de Valence, au congrès du Parti Ouvrier de France, au Havre, en novembre 1880. Elle y plaide pour une instruction civile, intégrale et identique pour toutes et tous.

Le 31 mai 1881, elle se voit infligée un mois de prison pour avoir participé à un meeting de protestation contre la condamnation d’une nihiliste russe du nom de Jessy Helfman. 

Menacée d’expulsion du territoire français, du fait de son origine russo-polonaise, Negro, un ouvrier mécanicien anarchiste, l’épouse. Il reconnaît également deux de ses filles nées en Suisse. 

Elle meurt à Paris le 28 avril 1901. Son incinération, le 1er mai au Père-Lachaise, donne lieu à une grande manifestation rassemblant des socialistes, des anarchistes et des féministes. Elle se termine en affrontements avec la police.

 

Voila, c’est tout pour aujourd’hui, merci encore de votre visite, je ne le répéterais jamais assez, portez vous bien et à demain peut-être.


 

LA PRIME A LA CLASSE (ouvrière)…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

, , ,

 

Amis de la culture ouvrière et de la salade niçoise réunies, bonjour !

Et voilà, c’est reparti comme en quarante, enfin, comme en 2007 ! Ils veulent nous servir la même soupe, un peu réchauffée soit, mais c’est la même. Le social, le pouvoir d’achat, les patrons voyous, les dividendes des uns, les stocks options des autres et les difficultés quotidiennes madame Michu…

 

La nouveauté c’est la prime, et cela se crie sur tous les toits et s’écrit dans toutes les colonnes des journaux bien pensants. Et ma prime, tu la sens ma grosse prime ? L’indécence hissée au rang de politique d’État, c’est à pleurer.

Il est vrai que le prolo, c’est bien connu, n’est pas très finaud. C’est qu’il voterait Le Pen si on le laissait faire. J’vous parle même pas des DSK ou des Borloo, ça fait des lustres qu’ils ont oublié ce qu’était un ouvrier. Leurs experts en expertise leur avaient dit: la classe ouvrière a disparu dans les oubliettes de l’histoire. Jaurès, l’Internationale, la lutte des classes, tout ça c’est du passé. Justement, faisons table rase ! Au bourrier les trente cinq heures, l’émancipation ouvrière, le temps libre, et le temps des cerises.

 

Aujourd’hui c’est la mondialisation coco. Le village planétaire. Vous allez voir ce que vous allez voir, après avoir éradiqué le communisme, on va éliminer l’islamisme.

Il ne doit en rester qu’un…Le MARCHÉ, on ne veut voir qu’une tête, tête de gondole évidemment. Et surtout, une tête bien pleine de vide, des cerveaux disponibles pour Coca-Cola, pour Gamble et Procter, pour Areva et consorts.

 

Alors, en avant la musique, les pipoleries, les mariages princiers et les chaleurs de la première dame. Les puissances occidentales dépensent des milliards dans leurs drôles de guerre, foutaises! Les banquiers se font des couilles en or, billevesées! Bettencourt va payer moins d’impôts, c’est du mauvais esprit! Guéant s’installe à l’extrème droite, médisance! Le populo veut du pain et des jeux, cela fait des siècles que ça dure. Alors en avant le Loto, le Foot, les J.O., le tour de France, Rolland Garros et les 24 heures. N’oubliez pas de saupoudrer le tout d’un peu de télé réalité qui porte si mal son nom. Et surtout, servez chaud les suppressions de postes, les fermetures de classes, les blocages de salaires, la fin des services publics. Ça devrait passer comme une lettre à la poste avant sa privatisation.

 

Mais, nom d’un petit bonhomme, qui saura me dire pourquoi les peuples se complaisent dans la servitude volontaire comme le disait il y a cinq siècles Etienne de la Boétie. Cinq cents ans et pas un chapeau de vendu comme le dit Jancyves, fidèle lecteur du terroir Nantais, cinq cents ans, et on continue de payer la vaseline à cette bande de profiteurs qui n’en finit pas de se goinfrer. Et ce leitmotiv servit tous les soirs à la grand’messe cathodique par le père Pernaud et l’archi prètre Pujadas: Puisqu’on vous dit que les caisses sont vides, cessez vos revendications, soyez responsables messieurs les syndicalistes, le Marché va arranger tout cela, on voit le bout du tunnel, la relance s’amorce, la reprise est pour bientôt…Et ma prime, tu la sens ma grosse prime ?

 

Il y a des jours je voudrais répondre, et mon pavé, tu le sens mon gros pavé dans ta vitrine de bourgeois malfaisant, d’affameur, de profiteur, de parasite…

Mais, comme disait mon aïeule, il faut raison garder, n’est-il pas ?

Tout à fait autre chose.

Pour répondre à Corsico à propos de la photo de Prévert publiée hier.  Oui, il s’agit bien d’une photo de Doisneau prise en 1953 devant le magasin Merode, rue du Général Leclerc à Paris. Mais le doute était permis comme le prouve cette autre photo de René Maltête et qui utilise le même « truc ». Mais autant Doisneau, contrairement à la légende, organisait la mise en scène (le baiser de l’hotel de ville) autant René Maltête saisissait l’instant.Par ailleurs, vous pouvez trouver toute une série d’autres photographies sur le site qui lui est dédié ICI. Je crois que c’est son fils Robin Maltête qui le gère et qui veille jalousement aux respects de ses droits. Mon aïeule qui connaissait les pages roses du dictionnaire sur le bout des doigts, n’aurait pas  manquer d’ajouter; Perseverare diabolicum.

Les lecteurs de ce blog sont d’une vigilance à toute épreuve et d’une fidélité sans faille. Merci à eux.

 


Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

EN PLACE POUR LA PHOTO…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

, , , , ,

 

Amis de la photo argentique et de la brioche vendéenne réunies, bonjour !

Nos amis républicains, toujours en avance d’une longueur, avaient dédié ce 26 avril, 7è jour de floréal, au muguet.

Ce qui m’amène, sans transition aucune, à ce petit billet. C’est en faisant le tri dans quelques vieux cartons que je suis tombé sur une photo de cet artiste dont je voulais vous dire quelques mots.

 

René Maltête est né le 8 mai 1930 à Lamballe dans les Côtes d’Armor. Il commence à prendre des photos dès l’âge de 16 ans. Un photographe moins célèbre que Doisneau, moins médiatisé que Ronis, moins bobo que Artus Bertrand, moins  « historique » que Capa, assez atypique ! Anarchiste, anti-conformiste, non-violent, anti-militariste, pacifiste, etc. Pas de sécurité sociale, pas de patron, pas de retraite, pas de contraintes. « Militant ardent et inventif, il avait engagé l’humour sous la bannière des causes qu’il défendait, la protection de la planète et la condamnation de la guerre… ses amis complices se souviennent pour longtemps des dépôts solennels de gerbes en l’honneur « des futurs morts des prochaines guerres » en pleine cérémonie officielle avec sous-préfet compassé et fanfare militaire bégayante. » (Anne Certain)

 

Un mode de vie assez difficile à vivre pour les proches… Il travaillait pour l’agence Rapho, comme Robert Doisneau, en temps que « photographe illustrateur », de façon totalement indépendante. Il nous lègue une oeuvre originale, attachante, impertinente et toujours d’une réelle et quelquefois cruelle, ironie.

 



1951 : Il « Monte » à Paris pour être assistant-réalisateur et se retrouve, en 1952, assistant-metteur-en-scène-stagiaire de Jacques Tati et de Claude Barma. Les temps sont durs, il doit pratiquer plusieurs petits métiers pour subsister.
En 1958, il intègre la célèbre agence Rapho.
En 1960, il réussit à faire publier son livre « Paris des rues et des chansons », muni de textes de Prévert, Vian, Brassens, Trenet, Mac Orlan. D’autres livres suivront.


Photographe vagabond, poète, humoriste, écologiste avant l’heure, René Maltête avait le talent de piéger avec son objectif des situations insolites de notre vie quotidienne. Drôles, poétiques, tendres, les photos de René Maltête ont été publiées dans la presse du monde entier, « Stern », « Life », « Epoca », « Camera », « Asahi Camera », « Punch », et de nombreuses expositions et cartes postales ont contribué à populariser son oeuvre.
René Maltête est mort le 28 novembre 2000.

Je crois que c’est à lui que l’on doit cette fameuse photo de Prévert, ci-dessous…A vérifier !

 



 

 

 

 

 

 

 

voilà pour aujourd’hui, humeur et humour restent les deux mamelles des « cénobites tranquilles ». Avouez qu’en ces temps de décrépitude, cela fait du bien, un petit bain d’irrévérence. En attendant la prochaine livraison, portez vous bien et à demain peut-être.

ANCOLIE, MELANCOLIE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

, , ,

 

Amis de la métaphysique et du filet mignon réunis, bonjour !

Nous voici donc le 25 avril, 6è jour de floréal que nos amis républicains avaient eu la bonne idée de dédier à l’ancolie. La fleur est aussi jolie que le nom qu’elle porte. Comme j’ai vu dans une petite vidéo récente que mon p’tit gars Rudy se lançait dans l ’apprentissage des arpèges, je lui dédie à mon tour cette pièce musicale de Jean-Félix Lalanne, justement intitulée Ancolie…

 

Comme chaque année à pareille époque mon esprit vagabonde du côté de Lisbonne et des jeunes capitaines du Mouvement des Forces Armées qui, l’oeillet à la boutonnière, allaient redonner l’espoir à toute une population pour se débarrasser d’une dictature. Sans l’OTAN, sans Sarkozy et sans les drones de l’armée Etatsunienne. C’était en 1974 et je goutais le vinho verde de la région du Minho sans vraiment être conscient que j’assistais à un retournement de l’histoire.

 

 


 

L‘actualité, décidément, se plait à jouer avec nos souvenirs. Nous venons d’apprendre le décès de Marie-France Pisier, égérie du cinéma d’auteur, de Truffaut à Busnuel en passant par Robe-Grillet et Téchiné. Pourquoi est-ce que j’évoque mes souvenirs ? Parce que en Mai 68, alors que j’assistais à une réunion à Nanterre du mouvement du 22 mars, je remarquais une belle jeune fille qui semblait très liée à l’animateur de la rencontre (Dany Cohn-Bendit), j’appris plus tard qu’il s’agissait de Marie-France Pisier. Etonnant, non !


 

Loin du fracas « révolutionnaire » des pays arabes (je mets des guillemets car la main des occidentaux est trop prégnante pour que j’y crois une seconde) l’actualité nous réserve aussi son lot de pipoleries plus ou moins affligeantes. Je passe sur le mariage du siècle dont on se fout comme de notre première montre Kelton, pour sourire (jaune) à la rumeur de la semaine. Ainsi donc, madame Michu, notre première dame serait enceinte… A 44 ans c’est-y pas risqué de vouloir donner un autre descendant à notre tsar Nicolas 1er ? Mais bon, que ne ferait-on pas pour grappiller quelques points dans les sondages…

 

Allez, je m’arrête là pour aujourd’hui, je ne voudrais pas devenir irrévérencieux. En attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

UN TEXTE DE FRED VARGAS…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

 

Amis de notre mère Nature et du merlan frit réunis, bonjour !

Allez, aujourd’hui c’est dimanche et le dimanche, on a le droit de rêver. Alors, rien que pour vous, ce joli texte de Fred VARGAS.

« Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes.

Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal.

Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance, nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine.

Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés.

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s’est marrés.

Franchement on a bien profité.

Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.

Certes.

Mais nous y sommes.

A la Troisième Révolution.

Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.

Oui.

On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse).

Sauvez-moi ou crevez avec moi

Évidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance.

Peine perdue.

Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.

Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, — attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille — récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés).

S’efforcer.

Réfléchir, même.

Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.

Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.

Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.

Pas d’échappatoire, allons-y.

Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être.

A ce prix, nous réussirons la Troisième Révolution.

A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore. »

Fred Vargas

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

L’AUBEPINE DORSALE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

, , ,

 

Amis de la phylogénétique et du rougail saucisses réunis, bonjour !

 

Vous voudrez bien noter, chers lecteurs, que nous sommes le samedi 23 avril, autrement dit le 4è jour de floréal dédié à l’aubépine.

Ah l’aubépine, outre le fait qu’elle vient souvent au secours du contrepèteur de base, c’est une fleur qui illumine nos talus de la plus belle façon. Que n’a t-on raconté sur cet arbuste si décoratif…Son bois était parait-il le mieux adapté pour fabriquer les pieux qui convenaient pour se débarrasser des vampires. Sa facilité d’hybridation fait qu’on en recense plus de 1200 espèces. D’ailleurs, un jardinier espagnol, Miguel Sulcudor, de la ville de Vigo, s’était passionné pour les greffes sur les aubépines. il greffait de l’aubépine rose, du poirier, du néflier, en mélangeant sur un même arbre ces variétés. Il produisait ainsi des arbres qui donnaient des fruits d’un côté et des fleurs de l’autre. Il réalisait aussi des greffes en écusson sur un même tronc en panachant aubépine rose, poirier, néflier, ce qui donnait des arbres où chaque branche était différente. Il donna à ces créations le nom de Sulcudus et plusieurs dizaines de ce type d’arbres furent plantées dans les différents parcs et jardins de la ville. Faute d’entretien, beaucoup de ces arbres ont dégénéré et seul subsiste le greffon d’aubépine rose qui a supplanté le reste ; néanmoins, on peut encore admirer quelques magnifiques spécimens de Sulcudus dans le parc de Pontevedra où chaque année au mois de mai, ces arbres se couvrent de fleurs roses et blanches (aubépine et poirier) et qui dès août produisent profusions de belles poires pour le bonheur des promeneurs. En France, des greffeurs amateurs se sont inspirés des créations de Miguel Sulcudor et l’on peut trouver, notamment en Bretagne, sous le nom de « Soulcoudus » des aubépines donnant plusieurs sortes de fleurs et de fruits sur un même arbre.

Voilà pour la petite histoire de l’aubépine qui a séduit Marcel Proust lui même dans «  A la recherche du temps perdu »: « je revenais devant les aubépines comme devant ces chefs-d’oeuvre dont on croit qu’on saura mieux les voir quand on a cessé un moment de les regarder … ». Et puis, si le coeur vous en dit, vous pouvez vous lancez dans la culture de l’aubépine bonsaï, c’est très zen !

 

Tout à fait autre chose.

 

Patibulaire…Mais presque !

Cela n’a strictement rien à voir avec ce qui précède mais ce sont des photos qui m’ont intrigué d’une espèce que l’on n’aimerait pas rencontrer au coin d’un bois, enfin, au coin de la mer si l’on peut dire ainsi… Ce sont des prédateurs qui vivent cachés comme les assujettis à l’impôt sur les grandes fortunes et qui ne supportent pas qu’on observe leur train de vie.


 

 


Il s’agit de l’Uranoscope qui vit dissimulé sous le sable et ne sort que la nuit pour faire la fête. Un drôle de paroissien !

Décidément, ce blogue ça devient n’importe quoi…Faudrait peut-être que notre cénobite se mette à l’infusion d’aubépine en lieu et place de son Signatory vintage de l’Isle of Jura.

Allez, merci bras pour votre visite toujours très appréciée. Portez vous bien et à demain peut-être.

QUAND LA MER MONTE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

,

 

Amis de la musique baroque et du coco paimpolais réunis, bonjour !

En ce troisième jour de floréal, dédié à la fougère, rendons hommage à un chanteur populaire qui vient de tirer sa révérence.

Il s’est eclipsé incognito, sans tambours ni trompettes comme il avait vécu. Je viens de découvrir le décès du chanteur Jean-Claude Darnal, mardi, le 12 avril, à l’âge de 81 ans. Même s’il s’est fait connaître par ses chansons pour enfants, il a aussi écrit pour les plus grands, comme Edith Piaf, les Frères Jacques, Catherine Sauvage ou Juliette Gréco. Ecrivain, scénariste, chanteur, dramaturge, ce touche-à-tout a édité ses premiers disques sous la houlette de Boris Vian, à la fin des années 50. Parmi ses titres qui appartiennent au patrimoine de la chanson française, outre « Dites-moi m’sieur », « Le tour du monde », on peut souligner « Quand la mer monte », repris par Raoul de Godewarsvelde, ici en vidéo, ou encore « Le soudard », chanson antimilitariste reprise par bien des interprètes. 

Jean-Claude Darnal est né en 1929. Sa première vocation, son premier rêve : capitaine au long cours mais la vie de marin est trop dure pour ce rêveur. Il revient à Paris, étudie les Lettres et le Droit à la Sorbonne mais il abandonne, préférant écrire pour ses amis, peindre, dessiner… Il prend sa guitare, chante à Saint-Germain-des-Prés, récolte quelques piécettes. Il part pour un tour du monde en auto-stop mais il s’arrête à l’Adriatique. En revenant à Paris, il découvre que ses chansons ont un certain succès et sont interprétées par les plus grands de l’époque comme Edith Piaf, Petula Clark, Juliette Gréco, les Compagnons de la chanson, les Frères Jacques…

Alors lui aussi se lance dans la chanson. Il fera la première partie de Georges Brassens aux Trois Baudets et à l’Olympia. Et puis, ce seront ses propres tournées en France, au Québec, en Afrique…

A la fin des années soixante, il présente des émissions pour enfants à la télévision française avec Pierre Tchernia. Il écrira une autobiographie « On va tout seul au Paradis ». Il écrira aussi pour le théâtre, la radio et la télévision. Salut l’artiste !

Et bien voila, on finit la semaine en chanson. Tiens, j’en profite pour faire quelques rappels: Vous pouvez suivre l’actualité de ce blog sur Twitter #erwandekeramoal, vous pouvez toujours voter pour votre blog préféré, colonne de droite en haut, (c’est pour des raisons de référencement, je ne touche rien sur la pub.) et vous pouvez bien sûr continuer à consulter quotidiennement « les cénobites tranquilles ». Portez vous bien et à demain peut-être.

 

NE ME QUITTE PAS…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

 

Amis de la poésie et de la poésie réunies, bonjour !

Aujourd’hui, je vous convie à (re)découvrir une grande dame de la chanson.

Nina Simone, de son vrai nom Eunice Kathleen Waymon, née le 21 février 1933 à Tryon (Caroline du Nord) USA, est une pianiste et chanteuse américaine. Elle avait choisi la première partie de son pseudonyme en raison d’un amant latino américain qu’elle affectionnait énormement et qui l’appellait niña (fille en espagnol). Voici la magnifique chanson de Brel « ne me quitte pas » sur des images du film « les amants du pont neuf »…Sublime !

Son père et sa mère descendaient d’anciens esclaves. Ils étaient tous les deux des chrétiens très pratiquants s’attachant à transmettre des valeurs morales à leurs enfants. Elle était très attachée à son père mais sa mère était très distante envers elle, s’occupant peu de ses enfants, consacrant tout son temps à la religion et laissant les tâches ménagères à sa fille aînée Lucille.
Elle grandit en Caroline du Nord dans une famille de huit enfants dont elle était la sixième. Elle montre très tôt de grandes dispositions pour le chant et le piano qu’elle pratique à l’église. Elle est remarquée par Mrs Miller qui conseille à sa mère d’encourager ses dispositions. Mrs Miller créa un fonds pour recueillir l’argent destiné à payer la formation d’Eunice. Elle proposa également de payer pendant un an les cours de piano de Eunice et la présenta à Muriel Massinovitch « Miss Mazzy » qui deviendra une seconde mère (la mère blanche) pour Eunice.

En 1943, âgée de dix ans, elle donne son premier concert public dans la bibliothèque de la ville. Un couple de blancs demande à ses parents, assis au premier rang, de partir. Eunice, ne comprenant pas, intervient et oblige le couple de blancs à renoncer. C’est son premier contact avec la ségrégation raciale.
Elle décrocha une place de pianiste au Midtown Bar & Grill, payée le triple de ce qu’elle gagnait à Philadelphie. Pour cacher à ses parents cette activité, elle prend le nom de Nina Simone, de Simone Signoret, son actrice favorite, qu’elle vit dans le film Casque d’or à Philadelphie. La première journée, elle ne fait que jouer au piano mais le patron du bar l’avertit que si elle ne chante pas, elle sera renvoyée. Elle chanta donc. Bien que ce ne fut pas un grand succès dans l’immédiat, son style s’imposa peu à peu, entraînant un changement dans l’atmosphère du bar. Puis elle retourna à Philadelphie où sa vie reprit son cours.

Elle rencontre Tex Axelrod, passionné de musique, qui lui fait découvrir les différents types de musique et notamment Billie Holiday. C’est sous son influence qu’elle chante I love you porgy. En rentrant de cette saison, elle renvoie ses élèves et tente sa chance dans les clubs de Philadelphie. . Elle avoue à ses parents d’où vient l’argent qu’elle leur envoie tous les mois. Cette révélation coupe les derniers liens avec sa mère qui est contre la musique du diable.

Le succès vient peu à peu et Nina Simone enregistre ses premiers disques. Son premier album remporte un grand succès et le single qui en est extrait (I love you porgy / he needs me) est vendu à un million d’exemplaires.

Nina Simone, très concernée par les droits civiques et notamment le racisme, enregistre plusieurs chansons à ce sujet. En 1969, elle obtient à nouveau un grand succès en reprenant « Ain’t got no/I got life », issu de la comédie musicale Hair. Toujours très concernée par le racisme, elle quitte son pays et passe les années qui suivent entre plusieurs pays : Libéria, Suisse, Trinité, Hollande, Belgique, Grande-Bretagne et France.

En 1987, sa chanson My Baby Just Cares For Me, extraite de son tout premier album, est utilisée dans une publicité pour le parfum Chanel numéro 5. Le disque est réédité et rencontre un énorme succès. En 1993, Jeff Buckley, le fils de Tim, reprend le sublime « Lilac Wine » dans son album « Grace », et en 2001, son tube Feeling good est repris par le groupe anglais Muse.

En 1993, Nina Simone part vivre vers Aix-en-Provence, dans le sud de la France. Elle décède le 21 avril 2003 dans le village de Carry-Le Rouet dans les Bouches-du-Rhône.

 

En ces sombres heures de « zemmourite » aigüe, il est bon de se souvenir de ces artistes qui ont su enrichir notre culture de la leur…Vive le métissage, portez vous bien et à demain peut-être.