L’ARMEE DU SALUT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la rhétorique et du couscous poulet réunis, bonjour !

 

A l’heure du flash, du tweet, du digest, il est de plus en plus difficile de proposer une analyse qui dépasse les 140 mots. Qu’à cela ne tienne, les « cénobites » prennent le risque de l’impopularité. La raison tient au fait que je ne supporte plus les commentateurs qui, à longueur d’émissions et d’éditos, se pâment devant le soi-disant printemps Arabe en restant constamment au niveau de l’émotion, du spectacle, de l’image susceptible de « faire » le 20h. Mais depuis Timisoara, les images, j’ai appris à m’en méfier. Voici donc ce que j’en pense moi de ces mouvements.

En effet, force est de constater que les mouvements qui ont ébranlé les pays Arabes depuis décembre 2010 n’ont pu être transformées en révolutions effectives, faute d’une opposition qui aurait été capable de constituer un gouvernement provisoire et de se substituer aux équipes en place.

Les organes du pouvoir sont ainsi restés tout au long des événements dans les mains de l’establishment des régimes contestés, en Tunisie comme en Égypte, et ce avec l’approbation de l’armée qui, tout en jouant la carte de la sympathie populaire en se déclarant favorable au changement, a réussi à encadrer les émeutiers et à éviter les débordements. Si en Tunisie, les troubles qui secouaient la rue se sont peu à peu dissipés après le départ de Ben Ali, le remaniement, s’est fait en faveur de troisièmes et quatrièmes couteaux du régime, visages inconnus de la population et dès lors recevables par elle. Et ce n’est pas le départ de Ghanoussi remplacé par Béji Caïd Essebsi, qui fut premier ministre sous la dictature de Bourguiba et président de la Chambre des députés sous celle de Ben Ali qui changera la donne…

Mais, aucun membre de l’opposition n’a été convié à participer à ce « gouvernement de transition » et l’opposition demeure complètement écartée du processus de réformation de l’État.

GAME OVER…

Le même scénario se profile en Egypte: Hosni Moubarak a lui aussi choisi de quitter ses fonctions. Il a laissé le gouvernement au Conseil supérieur des forces armées, présidé par le maréchal Mohamed Tantaoui, fidèle du régime et très proche du Pentagone.

L’armée égyptienne, désormais à la tête du pays, a progressivement dispersé les manifestants. Elle aurait également discrètement procédé à plusieurs arrestations parmi les meneurs, lesquels appelaient à ne pas se démobiliser . Le parlement a été dissout et les réunions syndicales interdites.

Les généraux égyptiens, issus de l’establishment moubarakiste et directement liés à Washington, principal bailleur de fonds de l’armée égyptienne, ont de la sorte réussi à préserver la stabilité régionale, la sécurisation du Canal de Suez, les intérêts états-uniens et européens et les traités d’entente avec l’État d’Israël.

les milieux populaires, très pauvres, seraient en fin de compte satisfaits par des réformes socio-économiques, même faibles, qui leur apporteraient un niveau de vie un peu moins mauvais. Ce sont bien là, en effet, les fondamentaux à l’origine des révoltes qui secouent le monde arabe, en Égypte plus profondément encore qu’en Tunisie : le prix des céréales et la dictature économique, en réalité plus féroce que la dictature policière, qui s’exerce sans pitié sur des millions de sujets misérables qui vivent dans la plus extrême précarité.

En conclusion, la « transition » n’est pas celle escomptée ; quelques grandes figures, symboliques, sont tombées, mais, structurellement, tout reste pareil.

Le dispositif installé par les États-Unis et l’Europe pour contrôler la région a résisté. En cela, de la Maison blanche au Palais de l’Élysée, en passant par Bruxelles, on ne peut que se réjouir du dénouement des événements : pour l’instant, si les dictateurs sont partis, les dictatures demeurent.

Reste, bien sûr, à savoir comment évoluera la situation en Libye. En Algérie, où le pouvoir semble maîtriser la situation, tout comme au Maroc, où la monarchie tente, avec succès semble-t-il, d’amadouer la contestation naissante par des réformes sociales; au Bahreïn également, où le bras de fer se poursuit, comme au Yémen, avec, dans les deux cas, l’intention déclarée de l’Arabie saoudite (c’est à dire les USA) d ‘intervenir militairement en faveur du pouvoir, si la révolte devait prendre de l’ampleur. Voila, maintenant attendons la suite des évènements.

Un point de vue très largement inspiré par les travaux du Cercle de chercheurs sur le Moyen-Orient et notamment les analyses de Pierre Piccinin.

Allez, si vous avez tout lu jusqu’au bout, vous gagnez un point. En tout cas merci d’être passé, portez vous bien, à demain peut-être et n’oubliez pas: Indignez vous !

 

 

 

 

 

2 commentaires

  1. jancyve

    35fa86b8e4de724db1ea72f2c99ca135? « > Gai rossignol et merle moqueur n’attendront pas le temps des cerises pour finir en dindons de la farce

  2. oui oui

    054868e7671d82f8ead4b204248cb9bc? « > Continue comme ça; ca me va très bien.
    merci à toi

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