LA FACEBOOKISATION…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’agonistique et de la bouillie d’avoine réunies, bonjour !

En ce 31 mars, 11è jour de germinal, dédié à la pervenche, voici le procès verbal de mes dernières circonvolutions mentales concernant l’intervention occidentale dans les restes du monde. (pervenche – procès verbal…Difficile de la rater.)

 

La facebookisation de la jeunesse arabe est une instrumentalisation qui flatte les pulsions de liberté et de démocratie des jeunes et leurs fantasmes généreux, c’est le romantisme du XXIè siècle.

Et pourtant ceci est une vieille histoire…La question des relations entre le Monde arabe et l’Europe, entre les deux rivages de la Méditerranée, s’est posé essentiellement à quatre moments de l’histoire. D’abord,la grande période arabo-musulmane, celle de la transmission des sciences grecques à l’Occident; ensuite, l’époque des croisades; puis l’époque des impérialismes, à partir du XIXe siècle; et enfin la situation actuelle, qui s’articule autour de deux thèmes centraux: le pétrole et l’immigration.

L’Occident revenchard a attendu son heure pour faire revivre les croisades. Au cours de l’automne 1917, le général Sir Edmund Allenby a envahi la Palestine et, le 11 décembre, lui et ses officiers sont entrés dans la ville sainte de Jérusalem par la porte de Jaffa. Le Premier ministre, Lloyd George, considérait cela comme un cadeau de Noël et écrivit que la chrétienté avait repris «possession de ses lieux saints». Le général français, Henry Gouraud, entra à Damas en juillet 1920. Après avoir frappé sur le tombeau de Saladin, Gouraud s’écria: «Réveille-toi Saladin, nous sommes de retour. Ma présence ici consacre la victoire de la croix sur le croissant.» Et aujourd’hui, les Guéant, Coppé et consorts veulent nous imposer un débat sur l’Islam sous couvert de laïcité ! Il est amusant de noter, ironie de l’histoire, que les croisades et l’immigration empruntent les mêmes routes…En sens inverse.

Nous y voilà! le pétrole et toujours le faciès de l’émigré, surtout s’il est arabe et musulman. Décidément et sans verser dans le choc des civilisations que Samuel Huntington avait appelé de ses voeux, il faut convenir que les croisades au besoin matinées de mondialisation de capitalisme sauvage et naturellement de pétrole, se sont installées dans la durée.

On peut penser que plus rien ne peut arrêter la dynamique d’effritement des anciens pouvoirs arabes au profit de l’inconnu. Chacun s’interroge sur ce qui en restera quand l’inexorable tsunami de la contestation balaiera les pouvoirs en place. On peut parier que les royautés du golfe ne seront pas balayés ou au pire l’Occident trouvera la parade pour en faire transitoirement des monarchies parlementaires, ce qui n’amènera pas le bonheur aux Arabes mais permettra d’assurer encore pour quelques décennies le confort énergétique de l’Occident et assoiera définitivement Israël.

A nouveau, la partition du Monde arabe est en marche. La Syrie ne sera plus comme avant, les suivants d’El Assad accepteront une partition des Kurdes qui rêvent avec leurs frères Irakiens et Turcs d’avoir leur Etat. La Turquie est de ce fait, visée. Il ne faut pas oublier que tous les pays du Moyen-Orient ont été constitués sur la base du partage des territoires entre Français et Britanniques définis lors  des accords Sikes-Picot en 1916 et non sur des notions de peuple.(A gauche la photo de Picot le diplomate français qui mena les négociations).

Et les troubles en Syrie pourraient amener un éclatement du pays où aujourd’hui différents peuples coexistent. Après un tel éclatement, on irait vers celui du Liban, puis celui du Yémen. Puis en Egypte, l’entité copte serait confirmée dans la Haute-Egypte…N’oubliez pas non plus que trois Etats coexistent en Irak et que le Sud-Soudan vient de faire sécession.

Voilà pourquoi je pense que la facebookisation de la jeunesse arabe est une instrumentalisation. Mais au final le résultat est le même car c’est un nouvel impérialisme qui se met en place et qui docilise les jeunes en leur donnant l’illusion que ce sont eux qui décident. C’est la même méthode utilisé par la dictature du marché qui arrive à « fabriquer des victimes consentantes » accros à la consommation. Le malheur est que ces jeunes se réveilleront un jour plus frustrés que jamais , et ces pays sont partis pour un nouveau joug avec une classe dirigeante jaillie de nulle part, mais déjà éduquée et formatée par l’impérialisme planétaire pour prendre le pouvoir d’une façon soft…. Sources: des lectures de Chems Eddine Chitour – Antoine Sfeir…

Et voila pour aujourd’hui, la semaine prochaine on fera plus léger. Les « cénobites tranquilles » c’est aussi sur Twitter:#erwandekeramoal. En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

3 commentaires

  1. oui oui

    054868e7671d82f8ead4b204248cb9bc? « > Défendre l’idée de démocratie comme valeur phare de liberté ne serait-il pas une forme d’anarchie, cher Cénobite ?

  2. Le cénobite

    Chère Oui-oui,
    je ne crois pas à la démocratie lorsqu’un peuple est servile envers les puissants, obséquieux envers le banquier, rampant devant le pouvoir, haineux envers l’immigré, envieux envers le voisin, boulimique de stupidités télévisuelles, culturellement handicapé, aveugle dans l’obscurité de ses croyances et superstitions, agenouillé devant la madone de la consommation…N’oublions jamais que c’est la démocratie qui a porté Hitler au pouvoir. Que c’est en son nom que l’Occident mène croisade en Irak, en Afghanistan, en Lybie…Et que, quand on est bien élevé, on ne dit plus démocratie…On dit pétrole !

  3. corsico

    c2e4da27651d0b827ab74cb38ac4539a? « > Une démocratie qui parvient à alimenter la méfiance et l’intolérance dans l’esprit de ses contemporains
    est elle encore une démocratie ?
    une démocratie qui cloisonne en cliques, en sectes, en factions les individus est elle encore une démocratie?
    Une démocratie qui alimente les insultes, les mauvais traitements pour des divergences d’opinions en matière de religion, de politique , de race et de couleur, est elle encore une démocratie?
    Une démocratie qui privilégie fortune et commerce, où la circulation des idées, des faits, des expériences est
    étouffée par l’injure et l’intolérance, est elle encore une démocratie?
    Tout celà fait que le coeur de la démocratie, sa garantie ultime, se trouve dans la possibilité de s’arrêter spontanément, en détruisant systématiquement la condition essentielle du mode de vie démocratique avec encore plus de sûreté que la coercition pure d’un état totalitaire qui, les exemples foisonnent, ne peut survivre qu’ en cultivant la peur,le soupçon et la haine dans le quotidien des individus.

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