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PISSENLIT ET ZENITUDE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la fraternelle union et du chutney réunis, bonjour !

Ce 26è jour de ventôse nous rappelle que nous abordons la deuxième quinzaine de mars, il était généralement dédié au pissenlit.

Ah, le pissenlit ! Quelle plante merveilleuse et pleine de ressources. Tiens, la salade de pissenlits est particulièrement excellente. J’en ai dégusté du côté de Nancy où elle porte le nom de salade à la meurotte. Découpez les feuilles en fines lamelles, faites revenir des lardons dans une poële (moi je les préfère fumés) et déglacez ensuite avec du vinaigre.  arrosez les pissenlits avec le jus restant. Mon aïeule, dont je vous ai déjà vanté les mérites éducatifs, se plaisait à nous faire confectionner du miel de pissenlit. J’ai longtemps cru qu’il s’agissait d’une pratique strictement familiale et quelque peu surprenante…Que nenni. La preuve, j’ai retrouvé cette vidéo qui démontre le contraire et qui trouverait toute sa place sur l’excellentissime blog de Stéphanie.

Notre desperate housewife appelle cela: Miel de dents de lion, les anglais disent dandelion, autre nom du pissenlit (c’hwervizon en breton). Le nom de pissenlit vient quand à lui des vertus diurétiques que l’on accordait à cette plante.

Eh, dis donc, Erwandekeramoal, tu vas quand même pas nous faire tout un billet sur le pissenlit ? Et les cantonales, et l’imminence d’une catastrophe nucléaire majeure au Japon, et Khadafi qui se refait la cerise, et Gbagbo qui est toujours là, et Marine à Lampedusa, et Carlos Ghosn qui n’envisage même pas de démissionner, et le souvenir de MY-LAI le 16 mars 1968, et… Que se passe t-il donc, pas l’ombre d’un anar à se mettre sous la dent, pas l’évocation d’une pétroleuse du XIX° siècle, pas un clarinettiste de Memphis titubant entre marihuana et bourbon ?

Le monde retient son souffle et monsieur le cénobite nous parle de pissenlit…Quel détachement ! Il est vrai que La position zen considère que la seule réalité de l’univers est celle de la conscience ; il n’y a donc rien d’autre à découvrir que la vraie nature de sa propre conscience unifiée.

Les koans (c’est une énigme zen qui ne peut être résolue par l’intellect, mais uniquement par la pratique de la pleine conscience, de la concentration et de la vision profonde.) nous enseignent cet art de la méditation. « Pourquoi y-a t-il quelque chose plutôt que rien ? », « si tout retourne à l’un, où l’un retourne t-il ? ». Je vous conseille la lecture du Recueil de la Falaise Bleue, édité par le maître zen Yuan Wu au XIIème siècle, il rassemble jusqu’à 100 koans. Un koan ne peut être résolu par un raisonnement logique ou une argumentation, ni par des débats sur l’esprit et la matière. Il ne peut l’être que par l’énergie de  pleine conscience et de concentration. Une fois le koan compris, nous sommes en paix.

Voila pourquoi, madame Michu, la contemplation d’une salade de pissenlits peut vous ouvrir des espaces de compréhension incommensurables et l’explosion d’une centrale nucléaire au Japon influer sur le climat au dessus des jardins de Keramoal.

Allez mille mercis pour votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.