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UN TAXI POUR TOBROUK…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis
de la poésie universelle et  de la saucisse de Molène réunies,
bonjour !

Nous sommes le jeudi 24 février et, le jeudi c’est poésie…

ألا
أيها الظالم المستبد

حبيب
الظلام عدو الحياه

سخرت
بأنات شعب ضعيف

و
كفك مخضوبة من دماه

و
سرت تشوه سحر الوجود

C‘est
très joli en arabe mais néanmoins, je vous laisse apprécier ce
texte en français d’un poète tunisien à la vision prémonitoire.
Il a été écrit au début du XXè siècle par un jeune poète Abou
el Kacem Chebbi
.

En 2002, alors que la seconde Intifada touche le
Proche-Orient, la chanteuse Latifa Arfaoui décide de mettre en
musique le poème, en faisant clairement allusion au conflit
israëlo-arabe dans son clip.Ici à droite Abou Chebbi à l’age de dix huit ans.

Ô
tyran oppresseur…

Ami de la nuit, ennemi de la
vie…
Tu t’es moqué d’un peuple impuissant
Alors que ta main
est maculée de son sang
Tu abîmes la magie de l’univers
Et tu
sèmes les épines du malheur dans ses éminences

Doucement !
Que ne te trompent pas le printemps,
La clarté de l’air et la
lumière du jour
Dans l’horizon vaste, il y a l’horreur de la
nuit
Le grondement du tonnerre et les rafales du vent
Attention !
Sous la cendre, il y a des flammes
Celui qui plante les épines
récolte les blessures

Regarde là-bas où tu as moissonné
les têtes humaines
et les fleurs de l’espoir
Et tu as englouti
de sang, le cœur du sol et tu l’as abreuvé de larmes à
l’ivresse
Le flot, torrent du sang va te brûler

Et l’orageux brûlant va te
dévorer.

De santé fragile, le jeune homme
mourra subitement à l’âge de 25 ans. Clin d’oeil de l’histoire, les
deux premiers vers de son poème la volonté de vivre seront
intégrés dans le texte de l’hymne national tunisien à l’occasion
du retour de Bourguiba. Plus haut, la photo de son buste à Tozeur.

Lorsqu’un
jour le peuple veut vivre,
Force est pour le destin de
répondre,
Force est pour les ténèbres de se dissiper,
Force
est pour les chaînes de se briser.

voilà pour
aujourd’hui, le poète a toujours raison comme le disait Jean Ferrat
en évoquant Aragon. En attendant la suite, portez vous bien, à
demain peut-être et, n’oubliez pas: Indignez vous !