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LE PERE PEINARD…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

,

Amis
de la littérature libertaire et du canard à l’orange réunis,
bonjour !

Troisième
jour de ventôse, le 21 février est dédié au violier, c’est une espèce de giroflée.
Cela me rappelle une comptine que nous imposait mon aïeule lors des
sorties nature le jeudi après-midi:

Giroflée, girofla, on dit
qu’elle est malade. Giroflée, girofla, on dit qu’elle en mourra. Giroflée, girofla…
Si
vous connaissez la suite. Je crois que c’est sur un air de polka.


Tout
à fait…

« …Autre chose, le
« cénobite tranquille » a eu une sacrée veine : un peu
partout, dans les cambrousses, comme dans les grandes villes, il
s’est trouvé des bons bougres à qui il a tapé dans l’œil. Et
les gars lui ont donné un bath coup d’épaule !

C’est pas le tout, en effet, de
pisser des tartines à tire-larigot. Faut encore que ces tartines
soient lues, mille bombes ! C’est à ça que se sont attelés
les fistons. Et pourquoi donc se sont-ils tant grouillés ?
Parce que le cénobite tranquille n’a pas froid aux châsses, mille
marmites ! Parce qu’il gueule toutes les vérités qu’il
sait; même celles qui sont pas bonnes à dire ! Y en a qui vont
jusqu’à affirmer qu’il a le caractère si mal bâti, que c’est
surtout celles-là qu’il dégoise. Et puis, parce qu’il y a autre
chose, nom de dieu ! Si le « cénobite tranquille »
gueule dur et ferme, c’est pas par ambition personnelle: la
politique… ouh là là, faut pas lui en parler !

Oui, voilà la grande binaise. Si
les bons bougres gobent le « cénobite tranquille »,
c’est parce que le « cénobite tranquille » est un bon
bougre kif-kif à eux: il est resté prolo, tout en pissant des
tartines, – et y a pas de pet qu’il fasse sa poire comme un daim.

Et, sacré tonnerre, il ne
flanchera pas ! Il continuera son petit bonhomme de chemin,
cognant dur sur les exploiteurs, braillant ferme après tout les
fumistes, criant à la chien-lit derrière les députés et les
sénateurs.

Et ça, en attendant le grabuge
final, où on foutra en capilotade toute cette racaille. » Le
Père Peinard; Almanach du Père Peinard, 1894
.

Emile
Pouget
ne me tiendra pas
rigueur de la supercherie, j’ai remplacé le nom de son journal
le
père peinard
 par
celui d’un blog qui vous est cher.


C‘est
un 21 février en 1894 que paraît le dernier numéro de son journal (il y en a eu d’autres par la suite édités depuis l’Angleterre notamment).
 Celui-ci,
dans un style bien particulier, à la fois mélange d’argot, de
néologismes et d’expressions savoureuses de son cru, va faire des
bourgeois, patrons, curés, militaires et autres profiteurs, ses
cibles favorites.

Aujourd’hui,
c’est sûr, Emile Pouget aurait un blog dans lequel on aurait pu lire
ce billet.

Ça
c’était des blogueurs, milles marmites !

Allez, le bonjour vous va, portez vous bien, à demain peut-être et, n’oubliez pas: Indignez vous !