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TONTON, POURQUOI TU TOUSSES ?

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la phytothérapie et du haddock à la crème réunis, bonjour !


Si l’on en croit le calendrier républicain, nous sommes le 1er jour de ventôse dédié au tussilage. Cette plante qui fait penser un peu au pissenlit est une des plus ancienne utilisée dans la médecine traditionnelle. Elle est particulièrement réputée pour ses propriétés antitussives d’où son nom, tussilage. Les chinois l’utilisaient déjà sous la dynastie des Han pour lutter contre l’asthme. On en parle dans un ouvrage qui s’intitule classique de la matière médicale du laboureur céleste et qui sert encore de référence aux médecins traditionnels asiatiques. Pline l’ancien lui même en recommandait l’usage sous forme d’inhalation pour chasser la toux. Et comment ne pas relever cette anecdote amusante qui fait irrésistiblement penser aux facéties de nos korriganed bretons: Les Koropokkuru (homme sous les pétasites en langue aïnoue – à gauche sur la photo) sont des « lutins » de la mythologie Aïnoue, population aborigène vivant au nord du Japon et à l’extrême est de la Russie. Ces êtres mythologiques habitent sous terre et dans les tiges des feuillages du tussilage et des pétasites. De la taille d’un pied d’enfant, ces « lutins » sont à proprement parler des kamuys (« esprits » en langue Aïnoue) végétaux. Établis dans les forêts, ils apparaissent au voyageur perdu pour le guider sur sa route. On se croirait dans les monts d’Arrée. Ou ça ?

Tout à fait autre chose.

 

Que ferions nous dans ce monde de
brutes sans la poésie ? Ce 19 février est le jour anniversaire de
la disparition de René CHAR.

En
1929
René Char adhère au mouvement surréaliste. René Char a 22
ans, la plupart des autres poètes: Aragon, Eluard, Breton sont âgés
d’environ trente ans.« J’étais un révolté et je cherchais
des frères: j’étais seul à l’Isle, sauf l’amitié de Francis Curel
qui avait l’imagination nocturne. »
Sa profession de foi du
sujet débute ainsi : … « Je touche enfin à cette liberté
entrevue, combien impérieusement, sur le déclin d’une adolescence
en haillons et fort peu méritoire… ».
Mais ce n’est qu’un
passage pendant lequel il signera quelques tracts et un recueil en
commun avec Eluard et Breton en 1930, « Ralentir travaux ». (ici à gauche, en compagnie d’Albert Camus)

 

En
1934
, il reprend son indépendance. Son oeuvre devient celle d’un
solitaire ne souffrant aucune compromission. Elle témoigne de son
insoumission devant les agressions du monde. Char est un homme
d’action, le devenir du monde l’importe au plus haut. En 1937, il
dédie son Placard pour un chemin des écoliers aux « enfants
d’Espagne ». Démobilisé en 1940, il entre presque aussitôt
dans la Résistance sous le nom de guerre d’Alexandre. Il écrit son
journal, chronique de la résistance, qui sera publié sous le nom
les Feuillets d’Hypnos (1946). En 1948, le danger de pollution de la
nature lui inspire une pièce, le Soleil des eaux. En 1965, il mène
campagne contre l’implantation de fusées nucléaires sur le plateau
d’Albion.

La
poésie de Char
puise sans cesse dans le réel et dans la terre. Il
est enraciné dans son pays natal et s’inspire abondamment de la
Provence, de ses pierres, sa flore et sa faune. Mais ce côté
bucolique n’est que l’apparence d’une recherche toujours plus
rigoureuse de son état d’homme « Cet élan absurde du corps
et de l’âme, ce boulet de canon qui atteint sa cible en la faisant
éclater, oui, c’est bien là la vie d’un homme! On ne peut pas, au
sortir de l’enfance, indéfiniment étrangler son prochain ».

René
Char
meurt d’une crise cardiaque le 19 février 1988. En mai de la
même année, paraîtra un recueil posthume  » L’éloge d’une
soupçonnée
« . Extrait de « commune présence »

Tu
es pressé d’écrire,
Comme si tu étais en retard sur la
vie.
S’il en est ainsi fais cortège à tes
sources.
Hâte-toi.
Hâte-toi de transmettre
Ta part de
merveilleux de rébellion de bienfaisance.
Effectivement tu es en
retard sur la vie,
La vie inexprimable…

Voilà
qui nous rabiboche avec la vie justement. Allez, merci à vous pour
votre fidélité à ce blog fait de bric et de broc. Peut-être
est-ce comme le dit René Char, ce sentiment d’être en retard sur la
vie… Portez vous bien, à demain peut-être et n’oubliez pas:
Indignez vous !