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J’ACCUSE…!

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la Bretagne historique et du
pruneau d’Agen réunis, bonjour !


En ce 24è jour de nivôse nous
célébrons (ou pas) Saint Enogat.  Patron de Dinard, on retrouve sa
trace au monastère de Saint-Méen, où il fut abbé, comme à Alet,
où il fut évêque au VIIe siècle.
Il a donné son nom à la
commune de Saint-Enogat. La paroisse de Saint-Énogat  était
jusqu’en 1858 le centre de la commune actuelle de Dinard.
Saint-Énogat est un démembrement de la paroisse primitive de
Pleurtuit et dépendait jadis de l’ancien évêché de Saint-Malo.
Dinard, simple village de pêcheurs jusqu’à l’arrivée des
Britanniques, tire son origine mythique du légendaire Roi Arthur:
Din (colline / fort) – Arz/Ar (ours / Arthur) ; l’ours, dans
la mythologie celtique, symbolise la souveraineté. Les Acta
Sanctorum prétendent que « Saint Énogat était le cinquième
successeur de saint Malo : il fut sacré au commencement de
l’année 628, sous le règne d’Hoël III et le pontificat d’Honorius
Ier, il mourut le 13 janvier 631, et l’article qui lui est consacré
se termine par cette phrase « Nihil de eo aliud comperimus »
(Nous ne savons rien de plus à son sujet). Dont
acte…
Originellement, Dinard faisait partie de la paroisse de
Saint-Énogat. Puis, à la fin du XIXe siècle, les Britanniques
commencèrent à y venir en villégiature et y firent bâtir de
somptueuses villas sur la côte. Dinard se développa alors
rapidement et devint la station de bord de mer la plus prisée
d’Europe. Mais elle connut une désaffection à partir des années
1930, lorsque la haute société partit plutôt sur la Côte d’Azur.
Aujourd’hui, Dinard est, sans nul doute, la station balnéaire la
plus « british » de France avec ses 407 villas classées. A l’époque où j’y résidais il y avait même un Consul de sa très gracieuse majesté qui y tenait salon.
La commune est aussi connue pour son célèbre festival du film
britannique.Voilà pour la petite histoire.


Le 13 janvier est aussi la date
anniversaire de la parution dans le journal « l’aurore »
de la fameuse lettre de ZOLA « J’Accuse…! »
c’était en 1898. Au travers d’un véritable pamphlet accusateur, la
contestation d’une décision de justice au nom de valeurs
universelles, l’écrivain décide de s’exposer publiquement, afin de
comparaître aux Assises pour qu’un nouveau procès, plus indépendant
puisse se dérouler. C’est cet article qui relance l’affaire Dreyfus,
au moment où, le véritable coupable (le commandant Esterházy)
étant acquitté, tout pouvait sembler perdu pour le camp dreyfusard.
Cet article représente le symbole de l’éloquence oratoire et du
pouvoir de la presse mis au service d’une cause juste et généreuse.
J’attends toujours qu’un nouveau Zola se lève, peut-être Stéphane
Hessel et son désormais célèbre « Indignez vous »…
Le titre est formé d’un seul mot, deux syllabes. L’aspect
typographique en a été particulièrement soigné. En effet, les
deux majuscules initiales et les trois points de suspension suivis
d’un point d’exclamation renforcent l’aspect dramatique de la
proclamation. (
Ça c’est
pour Magik studio). Ce dispositif typographique, un peu oublié
aujourd’hui, a marqué les contemporains de l’Affaire. Comme un peu
un logo de nos marques modernes. Au point que lorsque les
anti-dreyfusards publient en réaction un périodique antisémite, le
titre choisi est « pssst…! », reprenant les artifices
typographiques de « J’Accuse…! », mais sans les
majuscules afin d’accentuer le mépris dans la réplique. Ils n’ont pas changé…

Tiens, voici la reproduction d’une carte de voeux que m’a fait parvenir Annie, fidèle lectrice de ce blogue, je vous en fais profiter car je trouve ce montage particulièrement bien fait. Je ne sais pas qui en est l’auteur, j’aurais bien voulu le citer.



Bon et bien, cela devrait suffire pour
aujourd’hui car, comme le disait mon aïeule, qui collectionnait les
poncifs comme d’autres les boites de camembert: A chaque jour suffit
sa peine.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.