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A DREUZ AN ARVOR…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis
des sports de glisse et de la cuisine au thé réunis, bonjour !


Le
2 décembre correspond au 12è jour de frimaire que nos amis
Républicains avaient dédié au Raifort. Ce cousin du radis
noir, très apprécié en Alsace, est aussi appelé Cran de Bretagne
ou Moutarde des Allemands. Utilisée crue râpée comme condiment
(substitut à la moutarde), elle a une saveur très forte piquante et
poivrée. Bon pour les pot-au-feu et tous les aliments bouillis.
C’est le horseradish des anglais qui tire des larmes tant elle
est forte. Elle est également l’ingrédient principal du wasabi
japonais. Mon aïeule, pour qui la pharmacopée n’avait aucun secret,
en faisait même une mixture qu’elle nous imposait en inhalation en
cas de gros rhume. Le nez au dessus d’un bol de cette préparation
improbable, un linge par dessus la tête…Je vous assure que ça
vous dégageait les canalisations en deux temps trois mouvements.


Pour
les britophones, le 2 décembre c’est la saint Tadeg dont l’histoire
vaut d’être contée mais, une autre fois. Retenez simplement qu’il
fut tué en compagnie de Judulus, père abbé de Landévénnec par le
seigneur du Faou qui, plus tard, pour pénitence, créa l’abbaye de
Daoulas (en breton, Daou Laz, deux meurtres). Les légendes ont de
ces arrangements avec l’histoire qui parfois prêtent à sourire.
L’abbaye de Daoulas ne fut créée qu’au XIIè siècle soit cinq ou
six cent ans après l’existence présumée de Tadeg. Personnellement
je pense que Daoulas vient plutôt de « Daou glaz », deux
ruisseaux, comme la « Mignonne » et le « Lézuzan »
qui confluent sur cette commune.

Retenez
que l’abbaye et son magnifique cloitre Roman, accueille à longueur
d’année nombre d’expositions sur des sujets très variés. En ce
moment se termine l’une d’entre-elles intitulée « Grand Nord –
Grand Sud
» Inuits et aborigènes. L’année prochaine verra une
exposition consacrée à l’idée d’exotisme d’après les thèses
esquissées par Victor Segalen au début du 20è siècle. Ce Brestois,
poète, médecin de la marine, archéologue et ethnographe nous a
laissé, outre sa connaissance de la Polynésie, des essais sur
Gauguin et sur Rimbaud et surtout ce fabuleux petit écrit, le
premier de Segalen à ma connaissance, écrit en Breton et qui porte
le titre de « a dreuz an arvor », reflet d’un
voyage à bicyclette en Cornouailles, en août 1899, où il laisse transparaître sa fascination pour cette mémoire enfouie et sa détestation du catholicisme.


Et
bien voilà encore un bel exemple de digression sur « les
cénobites tranquilles », ça part dans tous les sens. La neige
s’est remise à tomber sur Keramoal, je vais de ce pas rentrer un peu
de bois. Merci à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à
demain peut-être.