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Philosophe prônant un individualisme aristocratique et libertaire, adolescent, il découvre qu’il est atteint d’une maladie rare et invalidante, l’acromégalie (dérèglement hormonal, provoquant l’allongement des membres) qui l’incite à s’isoler. Après des études à Arras, Paris et Douai (licence en 1883), il obtient en 1885 un premier poste à Aurillac comme professeur de philosophie. Influencé par l’oeuvre de Schopenhauer, de Nietzsche et de Stirner, il développe une philosophie individualiste radicale et « une morale désespérée, mais élégante, de la résistance ».

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Amis
de la raison pure et du miel d’acacia réunis, bonjour !

Je
cherchais une opportunité pour évoquer devant vous ce philosophe
cher à mon coeur et à mon esprit: Georges Palante. Profitons de ce
jour anniversaire de sa naissance, 20 novembre 1862, pour en dire
quelques mots.

Philosophe
prônant un individualisme aristocratique et libertaire, adolescent,
il mais élégante, de la résistance".">découvre qu’il est atteint d’une maladie rare et invalidante,
l’acromégalie (dérèglement hormonal, provoquant l’allongement des
membres) qui l’incite à s’isoler. Après des études à Arras, Paris
et Douai (licence en 1883), il obtient en 1885 un premier poste à
Aurillac comme professeur de philosophie. Influencé par l’oeuvre de
Schopenhauer, de Nietzsche et de Stirner, il développe une
philosophie individualiste radicale et « une morale désespérée,
mais élégante, de la résistance
« .

En
1911, il entame pour le « Mercure de France » une chronique
philosophique. En 1916, à St-Brieuc (où il exercera jusqu’à sa
retraite), il fait la connaissance de l’écrivain Louis Guilloux.
Celui-ci s’inspirera de la vie de Georges Palante dans son roman « Le
sang noir
« (1935). J’ai eu le bonheur de rencontrer Louis
Guilloux quelques années avant sa mort par l’intermédiaire d’un ami
historien de Saint Brieuc. Il avait encore pour Palante une immense
affection et un profond respect. Son personnage de Cripure, c’est
Georges Palante, son professeur de philosophie au lycée de St
Brieuc. Il était un fanatique de la mais élégante, de la résistance".">Critique de la raison pure de
Kant, d’où la contrepèterie :
Cripure
de la raison tique…

En
1925, le pessimisme prenant le pas sur la lutte, Palante met fin à ses
jours en se tirant une balle dans la tempe.

Palante
part du constat qu’il existe des antinomies entre l’individu et la
société, et que ces dernières ne peuvent en aucun cas être
résolues. Pour autant, Palante ne condamne pas l’idée même de
société, et il préfère opposer à cette dernière un combat que
mènera chaque individu, afin d’éviter pour ces derniers de tomber
dans les pièges que tend la société. Ainsi, sa vision de
l’individualisme se veut constructiviste : il faut construire
l’individu, afin de lui permettre de vivre au sein de la société,
tout en évitant que cette dernière ne le broie. Ainsi, Palante se
déclare « athée social », condamnant l’esprit grégaire
qu’il n’aura de cesse de pourfendre tout au long de sa vie…

Voila qui me plait bien et qui ne va pas déparer aux cimaises de notre galerie de portraits. Allez, vous revenez quand vous voulez, la clé est sur la porte ! En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

LA LEGENDE DE BRAN…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis
de la Celte attitude et de la saint jacques « juste poëlée »
réunies, bonjour !

Pour
les Bretons, le 19 novembre marque la Saint BRAN.

Pas très loin de
Keramoal, face à la mer, du côté de Kerlouan, quelques vieux
connaissent encore la légende de Bran. Elle raconte le souvenir d’un
combat livré au 10ème siècle par Even le Grand aux hommes du Nord.
L’illustre chef breton les força à la retraite, mais ils ne
s’embarquèrent pas sans emmener des prisonniers, parmi lesquels le
petit-fils du Comte Even, celui qu’on appelle Bran le corbeau,
l’oiseau divin des celtes. Il ne reverra jamais les côtes de
Bretagne.

Le temps a passé ; à Kerlouan, sur le champ de bataille à
Neiz-Vran, un grand chêne domine le rivage. Chaque année, en
novembre, des oiseaux de mer se posent sur ses branches, des oiseaux
au plumage noir et blanc, avec une tâche de sang au front. Au cœur
de la nuit apparaît un jeune corbeau, bien fatigué, qui se repose
en haut du chêne et dit « chantez pour moi, oiseaux de mon pays,
vous qui n’êtes pas mort loin de la Bretagne
». Alors les oiseaux
entonnent un chant si beau que la grande mer salée s’arrête de
bouger et fait silence pour les écouter !

C’est beau comme un camion rouge…

 

Le
19 novembre c’est aussi la date anniversaire de la mort d’un grand
peintre et graveur Belge: James ENSOR.

Anarchiste,
symboliste et expressionniste, il est né à Ostende en 1860. Fils
d’un ingénieur Anglais ruiné, sa maman tenait une boutique de
souvenirs. En 1877, il s’inscrit à l’académie des beaux arts de
Bruxelles et commence à fréquenter les milieux artistiques de la
capitale. Il se lie avec Félicien Rops et le professeur Rousseau qui
vont l’introduire plus avant dans l’anarchisme. En 1881, il expose ses
premières oeuvres et va intégrer divers cercles artistiques
d’avant-garde mais, ses toiles ne suscitent qu’incompréhension et
refus de la part des salons d’Anvers et Bruxelles. C’est en 88 qu’il
peint le tableau qui le rendra célèbre par la suite: « Entrée
du Christ à Bruxelles
».Ici à droite.

Soutenu
par Emile Verhaeren (les villes tentaculaires), il expose au salon de
la « libre esthétique » puis à Paris en 1894 sans
pourtant soulever un grand enthousiasme. Pamphlétaire insolent et
savoureux, il ne rencontrera la reconnaissance officielle qu’à
partir de 1929, année où il devient citoyen belge et où la
bourgeoisie, pas rancunière, lui décerne le titre de Baron,
organisant une grande rétrospective de son oeuvre au palais des
beaux arts de Bruxelles.

 

Voilà
pour ce jour d’hui, 438è billet mis en ligne par « les
cénobites tranquilles ». Et comme il n’est jamais trop tard, voici un conseil de notre ami SINE pour le choix de votre beaujolpif mis en ligne sur sa zone. Merci de votre attention, de votre
indulgence à l’égard de l’auteur et surtout de votre fidélité.
Pour ceux qui, par le plus grand des hasards, auraient échappé à
cette recommandation, vous pouvez toujours voter pour ce blogue
(colonne de droite en bas). Portez vous bien et à demain peut-être.

REGARD EN COING…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la bio-diversité et de la perdrix aux lentilles réunies, bonjour !

Nous voici le 18 novembre c’est à dire le 28 de brumaire et c’est le jour du coing. J’ai découvert cet été qu’au milieu du jardin de Keramoal, dans un embrouillamini buissonneux, se cachait un cognassier qui ne demandait qu’à s’épanouir. Après une bonne taille, il conviendra d’en surveiller la croissance… du « coing » de l’oeil.
Tiens, petit coucou à Dany la Giennoise, je suis sûr que, pareille à la madeleine de Proust, le coing lui évoque les fameux Cotignac d’Orléans, cette sucrerie que l’on dit être l’ancêtre du Roudoudou et qui fait la fierté du Loiret dans leur non moins fameuse boite en bois. Chacun connait la pucelle d’Orléans, la porcelaine de Gien, mais les Cotignac, j’avoue que ça m’en bouche un…Coing.. Le coing est très parfumé d’où sa présence dans toutes sortes de préparations depuis les tartes jusqu’aux confitures et gelées. Je me souviens en avoir dégusté au Portugal, en accompagnement du fameux Leitao, le cochon de lait et où il porte le joli nom de Marmelo qui a donné en français marmelade qui signifiait à l’origine confiture de coings.
C’est pas beautiful ça, mes body boys ? On apprend tous les jours quelque chose sur « les cénobites tranquilles ».

Tout à fait autre chose.

Je vous ai dit ma déception relative à l’expo consacrée à Larry Clark au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris. Et bien voila qui va peut-être me réconcilier avec cette institution.




C‘est le photographe allemand Kai Wiedenhöfer qui accroche cette fois ci ses clichés aux murs du musée. Cela s’appelle GAZA 2010. 85 photographies en couleurs, l’exposition s’articule autour de deux thèmes majeurs les décombres et les portraits : 35 photographies de bâtiments détruits dont 10 panoramiques montrant les stigmates des bombardements. 50 portraits de Gazaouis blessés au cours de l’opération « Plomb durci ». Vous ne serez pas surpris si je vous dis que le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives en France) a tenté de faire interdire cette expo. Le CRIF qui avait manifesté son soutien à l’armée  israélienne  lors de
l’opération Plomb durci en 2008,  au cours de  laquelle Tsahal avait
bombardé des populations civiles au phosphore  blanc,  s’indigne dans un
communiqué de l’exposition photos  du Musée  d’art moderne consacrée à
Gaza. Dépèchez vous, c’est jusqu’au 5 décembre.

J‘ajoute, pour ceux que la lecture ne rebute pas que le prix Gondecourt 2010,du nom d’une petite ville
nordiste, a été décerné lundi au journaliste Charles Enderlin

Le correspondant de France 2 à
Jérusalem est récompensé pour son livre « Un enfant est mort »
(Don Quichotte), racontant la façon dont il a été harcelé après
la diffusion des images de la mort à Gaza d’un jeune Palestinien
en 2000.

Ce prix, qui récompense une
enquête journalistique, a une valeur symbolique de 7,62 euros, à
l’instar du Goncourt.

Enderlin, est persécuté depuis
dix ans pour avoir diffusé les images de la mort d’un enfant
palestinien. Dans son livre, il raconte comment, en Israël mais
surtout en France, des militants proches de la droite et
l’extrême-droite israélienne le harcèlent et le traînent en
justice depuis une décennie pour les images montrant la mort de
Mohammed al-Dura.


Allez, on s’arrête là pour aujourd’hui, à chaque jour suffit sa peine, comme disait mon aïeule, jamais en reste d’un proverbe. Merci d’avoir fait le détour par « les cénobites tranquilles », portez vous bien et à demain peut-être.

REMANIER N’EST PAS JOUER…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la continuité sans le changement et de la daube de boeuf réunies, bonjour !

Remanier c’est, arranger, changer, corriger, modifier, refondre, renouveler, reprendre, retoucher, réviser, revoir, transformer… C’est vous dire si l’on était en droit d’attendre des bouleversements de cette nouvelle mouture du gouvernement. Et bien, comme le disait avec beaucoup d’à propos mon aïeule: « On change tout mais on touche à rien !« . (A gauche, dessin de Miassu, il date un peu mais est toujours d’actualité.)

On voit bien que Borloo n’est plus dans le coup, lui, aurait attendu jeudi pour que l’annonce du nouveau gouvernement coïncide avec la sortie du Beaujolais nouveau.

C‘est Machin à la place de Truc et Une telle qui remplace Duchmoll sous la conduite de Fillon qui remplace Fillon. Fadela Amara retourne dans sa HLM d’où elle n’aurait jamais dut sortir, ni pute ni soumise ni ministre. Alliot-Marie à réussi à faire de son compagnon un ministre, c’est plus facile pour la vie de famille. L’oscar du retournement de veste revient sans conteste à Maurice Leroy, il a entamé sa carrière politique au Parti communiste puis est devenu bras
droit du centriste François Bayrou, avant de rallier Nicolas Sarkozy
entre les deux tours de la présidentielle de 2007. Vice-président de l’Assemblée nationale, il avait tout
récemment estimé que Jean-Louis Borloo serait un « bon choix » pour
Matignon. Ca promet ! Et puis Juppé-faites-ce-que-je-dis-pas-ce-que-je-fais, il s’était engagé, juré craché, pas de cumul, tout pour Bordeaux.
La belle Rama Yade va pouvoir se remettre au tricot, Eric Woerth préparer sa défense, Kouchner reprendre ses livraisons de riz et Morin se mettre à rêver à 2012…Si Borloo ne le mange pas. Et bien voila, les pieds nickelés sont en ordre de marche.
Oui mais, Madame Michu, et le chômage, le pouvoir d’achat, la retraite, les salaires, la sécurité…Euh, ah oui mais non, ça c’est autre chose, faut pas tout mélanger, nous on fait un gouvernement pour les présidentielles de 2012 pas pour régler les petits problèmes de la vie quotidienne, ah non, c’est du sérieux un gouvernement. Il nous reste un an pour contrôler, maîtriser, planifier, placer nos hommes aux manettes de la presse écrite, la police, la justice, la radio, la télé, le foot, le tiercé, le loto. Verrouiller internet, bâillonner Médiapart, libérer Taponier et Ghesquière, faire monter Mélenchon dans les sondages…C’est du taf ça, à plein temps qu’ils vont bosser les nouveaux sinistres.

Bon allez, je m’arrête là, on va pas se faire du mal non plus. Fort heureusement il y a des nouvelles beaucoup plus réjouissantes. Tiens, par exemple, le rapport de Dominique Versini, mais si, vous savez c’est la défenseur(e) des enfants. Jusqu’à ce jour autorité indépendante mais plus pour très longtemps.

Et qu’est-ce qu’elle nous dit Dominique-nique-nique ?
Qu’il y aurait dans notre douce France, cher pays de mon enfance, deux millions d’enfants frappés par la situation de pauvreté dans laquelle vivent leurs parents et que cette « précarité massive » à des conséquences extrêmement graves. Alors, c’est qui le ministre des enfants dans le nouveau gouvernement ? (Désolé, je n’ai pas retrouvé l’auteur du dessin.)

Décidément, c’est plus fort que moi, faut que j’y revienne. Allez, merci encore de votre visite, portez vous bien malgré tout et à demain peut-être.

SAINT EMILION ETAIT BRETON…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la liberté de conscience et de l’entrecôte marchand de vin réunies, bonjour !

Le 26 brumaire est le jour de la pistache ce qui, vous en conviendrez, nous fait une belle jambe. Mais c’est aussi le jour de la Saint Emilion et là, je voudrais en profiter pour rétablir une vérité trop longtemps ignorée…Saint Emilion était Breton !
Emilianus naquit à Vannes au début du VIII ème siècle. Laïc, il se signala dès sa jeunesse par sa charité et son attention envers les pauvres. Le Comte de Vannes l’engagea comme intendant de sa maison. Il fut très vite en butte aux lazzis comme dit Brassens et se décida à l’exil. Sur son chemin vers St Jacques de Compostelle il est accueilli par Martin, un abbé bénédictin du Saintonge qui l’engagea à devenir moine. A nouveau il fut la cible des envieux, c’est Don Mabillon, lui même Bénédictin et historien au 17è siècle qui le raconte. Emilianus décida dès lors de se retirer pour vivre une vie d’anachorète. Que n’a t-il choisit les cénobites ! Il s’arrêta dans la forêt de Combes et cet ermitage est aujourd’hui devenu la ville de Saint Emilion. L’ermite s’installa dans une des grottes et y fixa son oratoire. Mais, la sainteté attire et une fois de plus le saint se vit recherché. On venait le voir, lui poser des questions, l’entendre et se convertir. Enfin, il se résolut à fonder un monastère et il y mourut en 767. L’église de Saint Emilion, monolithe, creusée dans la pierre est peut-être ce qu’il en reste. Vous connaissez la suite, quand il y a des moines, il y a des vignes, fussent celles du seigneur, elles donnent aujourd’hui quelques grands crus à faire pâlir un saint homme.


En bonus voici une version de « Gwin ar Challaoued » par les Tri Yann. On dit que cette chanson était entonnée par les Bretons qui s’en allaient piller les caves françaises pour leurs vins réputés.
Allez, à la vôtre, portez vous bien et à demain peut-être.

UN VIEUX MONSIEUR INDIGNE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’Acratie* et des raisins de
corinthe réunis, bonjour !


*L’Acratie est un terme très
ancien quasi synonyme de Anarchie mais dépourvu de la
connotation de chaos que l’on attribue trop rapidement à cette belle
idée.


Ce lundi 15 novembre correspond au 25è
jour de brumaire dédié au faisan. C’est sans doute pour cela que je
me suis décidé à préparer des…Cailles aux raisins. L’esprit de
contradiction qui anime ce blogue se retrouve jusque dans la cuisine.


Aujourd’hui, pour satisfaire
« oui-oui », lectrice assidue de ce blogue, je veux
évoquer un vieux monsieur encore vivant et dont la jeunesse ne cesse
d’étonner. Stéphane HESSEL.

Diplomate, ambassadeur, grand
résistant, il a collaboré à la rédaction de la déclaration
universelle des droits de l’homme, celle de 1948. Peut-être les rédacteurs se sont-ils inspiré du cylindre de Cyrus rédigé en -539 par le créateur de la Perse et considéré comme la première charte des droits de l’homme ?

Il est né à
Berlin en 1917 dans une famille de la grande bourgeoisie allemande.
Et voilà t-il pas qu’à 93 ans, il publie un petit livre des plus
réjouissants sous le titre « Indignez vous  !»
(chez Indigène Editions, 32 pages et seulement 3 euros), petit
opuscule qui pourrait être sous titré: traité à l’usage des
jeunes générations.

Sa maman n’est autre que l’héroïne de
Jules et Jim, le célèbre roman de Henri-Pierre Roché dont
Truffaut fit le non moins fameux film avec Jeanne Moreau. Prisonnier
évadé en 1940, résistant lors de la seconde guerre mondiale,
Hessel rejoint le général de Gaulle à Londres en mai 1941. Fin
mars 1944, il est envoyé en mission en France. Quelques mois plus
tard, il est arrêté, déporté en Allemagne (train du 8 août), à
Buchenwald, d’où il échappe à la pendaison, après avoir échangé
son identité avec celle de Michel Boitel ; puis à Dora, où il
échappe aussi à la pendaison. Enfin, lors de son transfert vers
Bergen-Belsen  il saute du train et parvient aux lignes américaines
à Hanôvre d’où il est renvoyé à Paris.

Stéphane Hessel a signé l’appel collectif de résistants de la
première heure à la commémoration du 60e anniversaire
du Programme du Conseil National de la Résistance du 15 mars 1944.
Ce texte invite notamment « les jeunes générations à faire
vivre et retransmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux
toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle. »

Le 21 février 2008, sur la place de la République à Paris,
Stéphane Hessel dénonce le non-respect de l’article 25 de la
Déclaration universelle des Droits de l’Homme par le Gouvernement
français et lance un appel pour que le Gouvernement mette des fonds
à disposition pour que tous les sans-logis puissent obtenir un toit.

Indignez vous ! Réunit de brefs discours sur la
résistance, le sens de l’histoire, l’engagement, la Palestine. Avec
des mots simples, sans emphases, juste le rappel de quelques
convictions. « L’immense écart qui existe entre les très
pauvres et les très riches…Le traitement fait aux immigrés, aux
sans-papiers, aux Roms…La bande de Gaza, la Jordanie
»
voilà à ses yeux des raisons actuelles de s’indigner.

Procurez vous ce petit livre et faites moi part de vos
commentaires, je suis preneur. En attendant, bonne lecture, portez
vous bien et à demain peut-être.

ENCORE UNE LOUISE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la philosophie des lumières et
de la pile Mazda réunies, bonjour !


Vous savez comme sont les gens, ils ont
leurs hobbys. Tenez, ma fiancée par exemple est fan de toutes les
Louises de la terre. Ce n’est pas un groupe sur Facebook, simplement
un intérêt particulier porté à ces dames que leurs parents ont
affublé de ce charmant prénom. Depuis Louise de Vilmorin jusqu’à
Louise attaque en passant par Louise Von Salomé et sa filleule adorée… En toute fin de ce billet, vous pouvez écouter « Louise » cette belle chanson à faire pleurer dans les chaumières.

C‘est donc pour
abonder son carnet d’adresse que je vais évoquer aujourd’hui Louise
Renée de Penancoët de Keroual
. Je le fais avec d’autant plus de plaisir
que c’est une voisine.


C‘est par une nuit qu’elle vit le jour
en 1649 au château de Keroual en Guilers, près de Brest. Il reste
encore de ce domaine, le fameux bois de Keroual là même où se
déroule le non moins fameux festival Astropolis, aux portes de Brest.

Vieille noblesse
bretonne et donc, éducation religieuse au couvent Sainte Ursule à
Lesneven où elle est sensée apprendre les bonnes manières.
Apparemment elle apprend vite car quelques années plus tard elle
arrive à Versailles pour se mettre au service de « Madame »,
c’est à dire la duchesse d’Orléans, belle-soeur, cousine et
ancienne liaison du roi.

Le roi qui ne va pas tarder à
remarquer la jouvencelle et à lui confier une mission diplomatique,
devenir très « proche » du roi d’Angleterre Charles II.
Au mois d’octobre 1671, elle est invitée à une réception donnée
par la comtesse d’Arlington en présence du roi. « La suite
serait délectable, malheureusement je ne peux pas la dire et c’est
regrettable…
»(Georges Brassens). Admirez le raccourci ! C’est ainsi que Louise
de Keroual devient la maîtresse du roi d’Angleterre. Dès l’année
suivante elle va donner naissance à un garçon qui sera créé duc de
Richmond. Elle reçoit des terres et des titres et la voici duchesse
de Portsmouth, comtesse de fareham et baronne de patersfield. En
1684, mission accomplie, Louis XIV la fait duchesse d’Aubigny.

Il est amusant de noter que la
princesse de Galles, Lady Di, était une des descendantes du fils que
Louise de Keroual avait eu avec Charles II. Louise de Penancoët de
Keroual va s’éteindre à Paris, rue des saints pères, le 14
novembre 1734. L ‘année suivante, son petit fils, duc de
Richmond va créer la célèbre loge maçonnique d’Aubigny où furent
initiés le duc d’Antin et Montesquieu. C’est une des premières
loges maçonniques créées en France.à gauche, Charles Lennox duc de Richmond, partisan des Lumières et soutien à la révolution américaine.


Et bien voilà une petite histoire qui
nous rapproche de la grande. C’est tout l’éclectisme des « cénobites
tranquilles » de vous parler le samedi d’un anarchiste
lorientais et le dimanche d’une courtisane brestoise. Allez, merci
encore de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

CROSSE EN L’AIR…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la Philocratie* et du pâté Hénaff réunis, bonjour !

Nous sommes le 13 novembre de l’an de grâce 2010 et malgré mes conseils vous êtes encore devant votre ordinateur…C’est le jour de la Garance, plante aujourd’hui tombée en désuétude qui servait essentiellement à produire de la teinture pourpre. A tel point qu’on la nommait « rouge des teinturiers ».  les racines et les tiges souterraines contiennent de l’alizarine,
qui a la propriété de donner aux tissu une belle couleur rouge. Les
uniformes de l’armée française l’employaient abondamment avant la
première guerre mondiale (c’est peut-être pour cela que les « piou-piou » faisaient une belle cible). Cette teinture naturelle a été remplacée par
des colorants synthétiques. La culture de la garance, très ancienne
(elle est attestée depuis plus de 3000 ans en Inde) n’est plus qu’un
souvenir.

*C’est un concept inventé par Voltaire.

L‘homme du jour est un militant anarchiste breton, François Le Leve, né dans le Morbihan un 13 novembre en 1882.

En 1900, il entre comme apprenti à l’Arsenal de Lorient. Il devient très vite un militant actif du syndicat des travailleurs du port, animateur du groupe libertaire des « temps nouveaux » et surtout, administrateur de la bourse du travail. En contact avec Emile Masson, il collabore à la revue « Brug » (à ne pas confondre avec Bleun-Brug d’obédience catho. créée par l’abbé Perrot) qui tente d’implanter les idées libertaires dans le milieu paysan breton.(à droite une couverture d’un numéro de Brug)
Fiché au fameux « carnet B » des antimilitaristes, il va pourtant rejoindre Jean Grave et Kropotkine et signer le « manifeste des seize » en mars 1916 favorable à l’intervention armée. En 36, il participe aux comités du Front populaire et poursuit son action syndicaliste.
En 43, sous le feu des bombardements qui frappent la ville de Lorient, il s’enfuit pour Vannes où il retrouve René Lochu (tu t’souviens Lochu ?) et prend part au comité départemental de la résistance. Il sera arrêté par la police allemande en mars 44 et déporté au camp de Neuengamme près de Hambourg. Libéré, il meurt d’épuisement le 20 juin 1945 durant le voyage de retour en France.

Allez, voila pour le 432è billet édité par « les cénobites tranquilles », la collection complète sera bientôt disponible aux éditions…Mais non, je plaisante. En tous cas c’est gentil à vous d’être passé, si j’en crois mes statistiques, même les jours fériés ne vous rebutent pas. Je peux donc, plein d’espoir, vous dire, portez vous bien et à demain peut-être.

CONNAISSEZ VOUS L’AZEROLE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis
de la féminine engeance et  des vermicelles aux crevettes réunis,
bonjour !


En ce
12 novembre, 22è jour du mois de Brumaire, dédié à
l’Azérole…Ah, vous ne connaissez pas l’azérolier ? C’est un joli
petit arbre fruitier du même genre que l’aubépine que l’on trouve
dans le bassin méditerranéen. Dans le sud de la France, ils
appellent cela la pomette. On dit qu’en décoction c’est
excellent pour lutter contre l’hypertension artérielle,
personnellement je préfère la Lagavulin. Ses fruits sont
généralement utilisés en gelée ou en confiture. Voilà une info
digne de figurer dans le blog de Madame-dans-ma-cuizine.


J‘avais
entrepris de vous parler de Joseph Albert conséquemment au
fait qu’il était décédé un 12 novembre mais je m’aperçois que
j’ai déjà évoqué ce diable boiteux dans un de mes billets. Au
train où vont les choses, j’aurai bientôt besoin d’un(e) secrétaire
archiviste. Simple piqure de rappel donc pour les ceusses qui n’ont
pas tout suivi.

Il est
né à Bordeaux de parents inconnus et sera recueilli par
l’assistance publique. A sa majorité, il monte à Paris et se fera
appeler Libertad. A la suite d’une maladie dans sa prime
enfance, il perdra l’usage de ses jambes et se déplacera à l’aide
de béquilles. C’est Aristide Briand qui va lui trouver une place de
correcteur dans son imprimerie où il édite « La lanterne ».

Très
vite il va faire partie du groupe libertaire montmartrois « les
iconoclastes ». Il prend position en faveur de Dreyfus aux
côtés de Sébastien Faure et défend l’idée de la propagande par
le fait. On lui doit le mouvement dit des « causeries
populaires » bien avant celles de Michel Onfray.

Juste
une citation de Roger Langlais:  « Si Libertad a fait
face, de son vivant, à tant de calomnies, de haine et de
dérision…S’il a été travesti en agitateur pittoresque par les
chieurs d’encre, c’est sans doute que son existence même était
intolérable…
». On peut retrouver un certain nombre de ses
textes, notamment ceux publiés dans son journal « l’Anarchie »
à partir de 1897.


Sacré
bonhomme qui mérite bien une petite place dans notre galerie, je le
mettrais entre proudhon et Kropotkine.


Allez
voilà pour ce vendredi mais, je m’aperçois que l’heure avance et,
comme dirait Jean-Yves, pas un chapeau de vendu ! Portez vous bien et
à demain peut-être.

MAUDITE SOIT LA GUERRE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis
de la concorde universelle et du Saint Pourçain réunis, bonjour !

A
chaque 11 novembre mes pensées se dispersent du côté de la Somme,
de Verdun, du chemin des dames; dans le feu, le fer, la boue et le
sang et surtout, l’immense saloperie qui poussait les hommes à
s’entretuer au profit d’une classe de possédant. J’y ai laissé mes
deux grands pères qui y ont définitivement élu résidence sous une
petite croix blanche. Pour eux et pour tous les autres voici la
chanson de Craonne par Mouloudji.



Les pacifistes, les antimilitaristes et les insoumis de tout poil se retrouveront une nouvelle fois pour le 11 novembre à Gentioux (Creuse), village célèbre pour son monument aux Morts qui proclame sans détour : Maudite soit la guerre ! Il y en a quelques uns en france mais, ils se compte sur les doigts.
Le monument aux Morts de Gentioux rappelle les noms des cinquante-huit habitants de la commune tués pendant la guerre de 14-18 et des cinq décédés durant celle de 39-45. La ressemblance avec les monuments classiques s’arrête là.
Le monument de Gentioux n’a rien à voir avec tous les monuments patriotiques guerriers qui hantent nos communes. À la place des sculptures vantant l’héroïsme, la bravoure, le sens du devoir et du sacrifice, à la place des soldats virils brandissant drapeaux et fusils afin « qu’un sang impur abreuve nos sillons », nous trouvons à Gentioux un petit écolier en sarrau et en sabots, un orphelin en bronze, casquette à la main et poing serré, devant l’inscription : « Maudite soit la guerre ! ». À lui seul, le gosse au visage sombre représente les paysans et les ouvriers qui ont été sacrifiés dans une guerre infâme.
C’est Jules Coutaud, maréchal-ferrant, maire SFIO de Gentioux de 1920 à 1965, qui avait eu la bonne idée de faire ériger un tel monument. Gazé pendant la « Der des ders », il savait de quoi il causait. En 1922, la Préfecture refusa de participer à l’inauguration du monument qui faisait tâche dans le paysage militariste. (A gauche le monument de Plozévet, 29, réalisé par René Quillivic et représentant Sébastien Le Gouil foudroyé par la perte de ses trois fils.)

Chaque 11 novembre depuis les années 80, des militants pacifistes de diverses sensibilités viennent entonner La Chanson de Craonne devant le monument en levant le poing contre la connerie militaire. Ensuite, un détour par le cimetière de Royère-de-Vassivière est proposé pour visiter la tombe du maçon Félix Baudy, un soldat fusillé « pour l’exemple » en 1915 et, chose rare, réhabilité en 1934. Là, on peut lire sur une plaque : « Maudite soit la guerre. Maudits soient ses bourreaux. Baudy n’est pas un lâche mais un martyr ».
En 2008, pour les 90 ans de l’Armistice de la guerre de 14-18, un collectif s’était déplacé à Gentioux pour demander la réhabilitation de tous les fusillés « pour l’exemple ». Durant la Première Guerre mondiale, 2500 soldats français sont passés devant des cours martiales. Parce qu’ils refusaient la barbarie et la guerre impérialiste, tous ont été condamnés. Parce qu’ils refusaient de crever pour les profiteurs de guerre, parce qu’ils voulaient mettre fin à la boucherie, parce qu’ils refusaient de tirer sur leurs camarades ouvriers allemands et fraternisaient avec « l’ennemi », parce qu’ils voulaient la paix, le pain et la liberté, 650 troufions, parfois tirés au sort, ont été sauvagement assassinés.(Ici à droite, le monument de Haïm Kern dédié aux « fusillés pour l’exemple », sur la commune de Craonne dans l’Aisne.) Aujourd’hui, le cercle Jean-Marie Deguignet (voir mon billet du 19 août) invite tous les pacifistes à se rassembler devant le seul monument pacifiste du Finistère, à Primelin.

Alors, chers amis ne comptez pas sur moi pour la commémo…Je pense que je vais opter pour la cueillette, les trompettes de la mort ont fait leur apparition. Allez, merci d’être passé encore une fois, portez vous bien et à demain peut-être.