EVID AN ANAON…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la tradition Celtique et du lait ribot réunis, bonjour !


Nous
voici le 2 novembre, dans le calendrier Républicain c’est le jour de
la Mâcre, plante aquatique que l’on nomme aussi la châtaigne d’eau,
on dit que les Chinois en sont très friands. Pour les Bretons, 2 miz du, c’est an anaon.

En
Bretagne c’est un grand jour que celui-là. Il est consacré aux
trépassés, ici on dit Anaon. Peut-être connaissez vous ce recoin
de côte entre pointe du Van et du Raz, c’est la baie des trépassés,
bae an anaon. Mon aïeule m’a souvent conté l’histoire du Treizour (le passeur) chargé de mener les âmes vers l’autre monde et qui accostait la nuit venue sur ses rivages.

Dans
la tradition celtique c’est le début de l’année, Samain, ce moment particulier où le
temps et l’espace, le monde visible et invisible communiquent. Ce
jour est consacré à la rencontre entre les habitants de ce monde et
ceux du Sidh, l’autre monde, à ne pas confondre avec l’au delà. Le
Sidh est un monde intermédiaire, ses habitants peuvent en sortir et
même inviter des humains à y entrer.

Pour
les Celtes c’est donc, avant le début de l’année, un seuil hors du
temps, un point de rupture.

Le
cérémonial de Samain vise aussi à honorer les Ancêtres et à
établir un contact avec les disparus, considérés comme source de
conseil, de sagesse et d’inspiration, car pour la traversée de la
période obscure qui s’annonce, il nous faudra une lumière qui
éclaire nos pas. C’est pourquoi, à cette période où la Porte est
ouverte, nous pouvons solliciter d’être guidés par des Âmes
supérieures.

Il existe à Plougastel-Daoulas (près de Brest –
Finistère) une tradition qui à ma connaissance n’existe nulle part
ailleurs. Sans doute le caractère d’isolat qui a longtemps marqué
cette commune y est-il pour quelque chose. Il s’agit des Breuriez.

Le
terme de breuriez, du breton breur, frère, pourrait se traduire par
clan, et représente l’une des vingt-et-une petites unités
territoriales de la commune de Plougastel. La cérémonie du breuriez
se déroule l’après-midi du 1er novembre de chaque année. Elle
regroupe les habitants faisant partie de la frairie qui se retrouvent autour de l’arbre à pommes. L’arbre, garni
de pommes par les soins de l’acquéreur de l’année précédente, est
présenté à l’assemblée avant le début des enchères. L’arbre
revient à celui qui a misé le dernier. L’ancien acquéreur ôte
alors la pomme du sommet et la garde pour lui. Le nouvel acquéreur
distribue ensuite les pommes de l’arbre aux enfants présents.

L‘ensemble des sommes recueillies par la vente de petits pains
bénits, de nèfles et de pommes est remis au clergé (y-a pas de
petits bénefs), pour les messes à l’intention des défunts de la
frairie. Cette cérémonie du breuriez, transmise à Plougastel par
tradition, de génération en génération, n’a pas d’équivalent
connu, et trouve probablement son origine dans les coutumes
celtiques.

Il s’agit là d’une très vieille et très ancienne
coutume qui montre combien les anciens avaient dans leur culture  ce
culte des trépassés. La religion Catholique Apostolique et Romaine
a vite fait de récupérer tous ces signes et de de les intégrer
dans ses propres rituels. Je me souviens étant tout minot d’un pilhouer (chiffonnier) qui quêtait en murmurant evid an anaon.

Voila pour ce clin d’oeil à la tradition celtique dont on peut trouver encore quelques traces malgré les récupérations en tous genres, et en particulier la christianisation forcenée sans parler des marchands du temple qui veulent à tous prix nous imposer halloween…

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

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