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THAT’S THE JAZZ…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la solitude enchantée et du foie gras poêlé réunis, bonjour !

Vous venez d’apprendre qu’il vous faudra travailler deux années supplémentaires, votre taxe d’habitation a augmenté de 15%, le joint de culasse donne des signes de lassitude et la lombalgie qui vous plie en deux n’a pas l’air de vouloir s’arranger. Prenez un verre de scotch et glissez sur la platine un vieux 33t de Illinois Jacquet, du sax, du vrai.

La vidéo fait un peu « amateur »,ça s’appelle « final performance« , je crois que ça a été tourné à Chicago.


Laissez vous porter. Ce saxophoniste ténor était né un 31 octobre en 1922 en Louisiane. A moitié Sioux et moitié créole, il a joué dans les orchestres de Lionel Hampton, Cab Calloway et count Basie avant de créer son propre big band.
C‘est en Californie qu’il sera remarqué par Nat King Cole et très vite il deviendra célèbre autant pour son style propre, le screeching que pour son fameux chapeau en croûte de porc.  Il a été le premier musicien de jazz à être artiste résident à l’université de Harvard. Il a joué le C-Jam Blues avec le président Bill Clinton sur la pelouse de la Maison Blanche au bal inaugural de Clinton en 1993. Il apparaît dans le court-métrage Jammin’ the blues avec Billie Holiday et Lester Young. Il remplace Lester Young dans l’orchestre de Count Basie en 1946.
La légende dit qu’il insistait pour que son nom soit prononcé « à la française », Jacques. Il est mort d’une crise cardiaque chez lui à New-York en juillet 2004. Je vous recommande Swing’s the thing de 1957 qui a été réédité en CD.

Voila pour un dimanche en musique, le vent s’est calmé mais, ce n’est pas pour autant que je vais aller affronter les hordes de camping-cars au cap Fréhel. Le départ de la route du Rhum se fera sans moi. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

DEVOIR DE VACANCES…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du « beau parler» et de la figue de barbarie réunis, bonjour !


Nous sommes le 30 octobre, soit le 9è jour de brumaire qui était dédié à l’alisier et, c’est bien connu, tous les cochons vous le diront, en Bretagne, l’alisier se ramasse à la tonne !!! (Mdr comme ils disent sur Facebook). Depuis hier nous encaissons un suroît qui devrait animer un peu le départ de la route du rhum. Le baromètre flirte avec les 970, c’est dire si ça bastonne au dessus des chênes de Keramoal.

 

Le beau parler donc, car en effet, comme le disait mon aïeule qui avait, vous le savez maintenant, un sens aigu de la formule: Beau parler n’écorche langue


Or donc, en voici la démonstration. Les évènements de ces dernières semaines posent à nouveau la question de l’exercice de la démocratie et de son pendant que les Grecs anciens nommait Ochlocratie. Alors oui, je sais bien qu’il s’agit là d’un terme quelque peu tombé en désuétude mais la réalité qu’il recouvre reste d’actualité.

Si l’on en croit le Robert, l’Ochlocratie, c’est le gouvernement par la foule, la multitude, en d’autres termes, la rue, ce que de Gaulle appelait « la chienlit ». Dans le contrat social, Rousseau en parle comme d’une dégénérescence de la Démocratie: L’origine de cette dégénérescence est une dénaturation de la « volonté générale », qui cesse d’être générale dès qu’elle commence à incarner les intérêts de certains, d’une partie de la population, et non de la population tout entière; il peut s’agir, à la limite, d’une « volonté de tous », non d’une « volonté générale ».

Par exemple, en France, les manifestations contre le C.P.E. ont eu pour effet de faire reculer le pouvoir. Selon le point de vue politique, on y a vu une expression de la Démocratie ou de l’Ochlocratie :

  • la Gauche et les syndicats, opposés au CPE, ont vu dans ces manifestations une expression démocratique à part entière : le peuple s’est exprimé sur une loi sur laquelle il n’a pas été consulté, et manifeste ainsi sa souveraineté contre ceux qui tenteraient de la lui confisquer.

  • La droite et le patronat, favorables au CPE, ont vu dans ces manifestations et dans leurs conséquences une tyrannie de la rue sur le Parlement, « la victoire de la violence, le gouvernement de l’émeute et le mépris du suffrage universel ».

Un même mouvement populaire peut donc être interprété, selon le point de vue politique, comme Demos, et par conséquent moyen d’expression démocratique, ou bien comme Ochlos, et par conséquent négation de la démocratie.

Aujourd’hui, quand le gouvernement amène le parlement à voter une loi dont les fondamentaux sont refusés par 70% des français, fait-il oeuvre de Démocratie au motif qu’il est issu du suffrage universel ? Les syndicats, en demandant au chef de l’Etat de ne pas promulguer cette loi font-ils eux, oeuvre d’Ochlocratie ?

Voilà, je ramasserai les copies après les vacances car, me semble t-il, le débat n’est pas clos. Et puis, tant qu’à se faire traiter…Autant que cela soit d’Ochlocrate, ça a de la gueule.

Allez, une nouvelle fois merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

OCTOPUSSY…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la raison pure et de l’onglet aux échalotes réunis, bonjour !

En ce huitième jour de brumaire nous célébrons la scorsonère. Je vois à votre air ébahi que vous n’avez pas reconnu ce que nous, petites gens, appelons le salsifis.


Nécrologie.


Paul est mort ! Rassurez vous, il ne s’agit pas de notre ami et voisin amicalement surnommé vigiepaul, que les dieux lui prête longue vie, non, Paul c’est le poulpe qui s’est fait une réputation mondiale en prédisant avec précision les résultats du Mondial de football cet été en Afrique du sud. Dès qu’il a appris que les représentants du peuple français avaient voté la loi sur la réforme des retraites, il a décidé que la vie ne valait plus la peine d’être vécue. Même le Front National et l’inénarrable Bruno Gollnish avait tenté de récupérer son image comme en témoigne cette vidéo.

« Il semble qu’il soit mort en douceur pendant la nuit, de causes naturelles« , a expliqué la direction de l’aquarium d’Oberhausen (ouest de l’Allemagne) dans un communiqué.

L
e poulpe prophète, qui rendait ses verdicts en choisissant de la nourriture placée dans des boîtes en plexiglas aux couleurs des équipes en lice, avait prédit tous les résultats de l’équipe d’Allemagne au Mondial, ainsi que la victoire en finale de l’Espagne.
Né en 2008 à Weymouth (Angleterre) avant d’être tr
ansféré en Allemagne, Paul s’était vu remettre une statue en bronze à son effigie par une délégation espagnole ainsi que le titre de « citoyen d’honneur » de Carballiño (nord-est de l’Espagne) pour ses qualités de devin.
La direction et le personnel du Centre de vie marine d’Oberhausen ont fait part de leur chagrin, assurant qu’ils étaient néanmoins sûrs que Paul « a bénéficié d’une bonne vie ».
L’aquarium a réalisé des profits importants en commercialisant la marque du poulpe, notamment sur des vêtements et des applications de téléphonie mobile.
Voila bien une pieuvre de plus que la vie n’est pas aussi simple qu’on pourrait l’imaginer en lisant Guy des Cars.

 

République bananière.

Figurez vous madame Michu, que les
principaux journalistes qui ont couvert l’affaire Bettencourt/Woerth
viennent d’être victimes de cambriolage. Curieuse coïncidence non ?

Chez Médiapart, au Point et même au
Monde, Hervé Gattegno, Gérard Davet, Fabrice Lhomme, et Fabrice
Arfi se sont fait dérober leurs ordinateurs, GPS, CD et autres
disques durs.

On se croirait revenu au temps du
watergate ou du S.A.C. Quand fleurissaient les officines barbouzes
chargées des basses oeuvres du pouvoir. Jusqu’où iront-ils pour
masquer leurs magouilles, leurs « petits meurtres entre amis »,
leurs combinaziones, faut-il que l’opinion publique ait le nez dans
le guidon du vélo qu’on vient de lui offrir pour son départ
(retardé) à la retraite pour ne rien voir. C’est pas chez Pujadas
ou chez Ferrari qu’ « on » a fouillé les placards, non,
ceux là sont aux ordres de sa majesté.

 

Allez, un jour viendra…En
attendant ce jour, je m’ennuie quelquefois; alors je vais au bourg,
boire avec don Pedro…
C’était la chanson de Zangra du
formidable Jacques Brel. Merci à vous d’être passé , portez vous
bien et à demain peut-être.


SACRE ALPHONSE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’absurdie et du curry (de
Camaret) réunis, bonjour !


Puisque nous sommes le 28 octobre,
célébrons les JUDE comme il se doit. C’est le saint protecteur des
causes désespérées pour les catholiques, à l’instar de Sainte
Rita. Il est le saint patron des causes perdues, celui qui continue
quand plus rien ne retient, à part l’espoir et la foi d’aller au
bout de ces espoirs… Nos syndicalistes vont peut-être se retourner
vers lui par les temps qui courent. Permettez moi davoir une pensée
toute particulière et toute paternelle pour un Jude qui se trouve
outre Atlantique dans ce berceau du jazz qu’est Chicago.


Et puisque ce billet s’ouvre sous le
signe de l’absurde, continuons. Sans doute ai-je déjà évoqué ici
mon amour immodéré pour la ville de Honfleur; à cause de Satie et
des tendres souvenirs glanés avec ma belle amie mais aussi pour
avoir donné le jour à ce grand humoriste qu’était Alphonse ALLAIS,
décédé un 28 octobre en 1905.

Célèbre pour sa plume acerbe et son
humour absurde, il fut pionnier de la peinture abstraite. On lui doit
notamment « Récolte de la tomate sur le bord de la mer
Rouge par des cardinaux apoplectiques »
présentés au
Salon des arts incohérents, précédent d’une génération le Carré
blanc sur fond blanc
de Kasimir Malevitch, généralement
considéré comme le premier exemple en la matière. Il est aussi,
l’auteur de la première composition musicale minimaliste : sa
Marche Funèbre composée pour les Funérailles d’un grand homme
sourd
, est une page de composition vierge, parce que « les
grandes douleurs sont muettes ».

Alphonse Allais a composé des centaines de contes humoristiques,
tous ou presque écrits dans l’urgence. Poète autant qu’humoriste,
il a cultivé entre autres le poème holorime, c’est-à-dire
constitué de vers entièrement homophones, où la rime est
constituée par la totalité du vers. Exemple :

« Par les bois du djinn où s’entasse de l’effroi,

Parle et bois du gin ou cent tasses de lait froid. »


Alphonse Allais et Erik Satie sont nés dans la même rue de Honfleur
à quelques mètres de distance. Il se sont rencontrés au cabaret Le
chat noir
, le premier avait surnommé l’autre L’ésotérik Satie.
L’Association des amis d’Alphonse Allais (AAAA) est une organisation
regroupant des personnes qui apprécient l’humour d’Alphonse Allais.
Elle a son siège au Petit musée d’Alphonse à Honfleur. Alphonse
Allais appartenait au club des hydropathes dont l’objectif premier
était de célébrer la littérature et en particulier la poésie :
les participants déclamaient leurs vers ou leur prose à haute voix
devant l’assistance lors des séances du vendredi soir. Mais les
membres professaient également le rejet de l’eau comme boisson au
bénéfice du vin. On y retrouve Charles Cros, Jules Laforgue ou
Maurice Mac-Nab. Que du beau monde !

Pour finir en beauté, quelques citations: On étouffe ici, permettez moi d’ouvrir une parenthèse. Ou encore: il était Normand par sa mère et Breton par un ami de son père.


L‘humour, la dérision, l’absurde,
voilà bien des denrées en voie de disparition tant les hommes
d’aujourd’hui veulent se prendre au sérieux. Allez, merci encore
pour cette visite inopinée, je ne m’y attendais vraiment pas, portez
vous bien et à demain peut-être.

QUI VEUT GAGNER DES MILIAU…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’apathéia* et du ris de veau
aux morilles réunis, bonjour !


En ce 27 octobre ou encore 6è jour de
brumaire, comme l’a souhaité Fabre d’Eglantine, nous célébrons
l’Héliotrope. Il vous reste 65 jours avant de crier « Bonne
année » à votre voisine de table qui en terminera avec son
troisième éclair au chocolat.

Les bretonnants eux, vont célébrer
Saint Milliau: Roi ou  Comte
de Bretagne (une partie) aux alentours de l’an 530.
Petit fils d’Alain le long et fils de Budic 1er. On retrouve ce nom
dans plusieurs communes du Finistère (29) et des Côtes d’Armor(22): Pluméliau, Ploumilliau et son
fameux calvaire, Guimiliau et son retable, et bien sûr, la
magnifique île Milliau en face de Trébeurden, dans les Côtes
d’Armor cette fois, et qui fut habitée plusieurs milliers d’années
avant l’arrivée des grands bretons comme en témoigne cette allée
couverte… (à droite). Encore un qui ne devrait pas tarder à rejoindre la
vallée des saints à Carnoët.

A cette époque là, les Bretons qui
débarquaient de la grande île se regroupaient en petites colonies
indépendantes, civiles pour les unes, les « Plou » et
monastiques pour les autres, les « Lann ». Ce n’est qu’au
fil des ans qu’ils formèrent petit à petit des semblant d’Etats: La
Domnonée au Nord de l’Armorique,approximativement les Pays du Léon et de Tréguier, la Cornouaille à l’Ouest et
« Bro-weroc », le Vannetais au Sud. Miliau fut donc un des chefs
de la Cornouaille. C’est pas fantastique ça mes body boys ?

Ici à gauche, le fameux retable de Guimiliau, (remarquez le style flamboyant-Renaissance), à ne pas confondre avec Lampaul-Guimiliau qui, à quelques kilomètres possède aussi un enclos paroissial parmi les plus beaux de Bretagne, par contre, le potier, installé sur la même place, n’est pas des plus commerçants. A noter que parfois l’orthographe utilisée est « Milio ». oui, je sais, c’est compliqué…

Voila pour le côté « Guide vert », pour le Gault & Millaut, je ne sais pas si il y a un lien avec notre saint pas plus que pour le viaduc du même nom. Pour les visites, n’hésitez pas à réclamer la clé au bistro-épicerie-quincaillerie-dépôt de pain, en face de l’église…

Allez, comme le disait mon aïeule, longtemps avant J.M. Caradec, qu’elle est belle ma Bretagne quand elle pleut.


En attendant le retour des beaux jours, vous êtes toujours les bienvenus sur « les cénobites tranquilles », comme le temps, ça change tous les jours. Portez vous bien et à demain peut-être.

*L’apathéia est la tranquillité de l’âme d’après Origène.


NI BLANC NI ROUGE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du néo-Malthusianisme et des demoiselles* du Guilvinec réunis, bonjour !

Nous sommes le 26 octobre, toujours en brumaire et, c’est le jour de l’oie…Oyez donc ceci.

A plusieurs reprises, j’ai évoqué ici la figure de ce grand anarchiste révolutionnaire, à moins que ce ne soit l’inverse, je veux parler de Nestor Makhno. Et puisque le 26 octobre est le jour anniversaire de sa naissance, petite piqure de rappel.

Il a vu le jour en effet le 26 octobre 1889 à Houliaïpole en Ukraine. Issu d’une famille d’anciens serfs, il a connu une enfance très miséreuse.. C’est sans doute cette condition qui va l’amener à se révolter très jeune. C’est en 1906, période de grande répression tsariste, qu’il fait la rencontre de paysans anarchistes de Goulaï Polié. A la suite des attentats contre le gouverneur de la province, il est arrêté mais échappe à la peine de mort grâce à son jeune âge. Il ne sortira de prison que neuf ans plus tard au moment de la révolution et va découvrir les idées de Kropotkine.
Le 6 janvier 1918, l’assemblée constituante Russe est dissoute. La situation est si confuse que les armées austro-allemandes en profitent pour pénétrer en Russie et menacer le régime bolchevique. Le 3 mars 1918, par l’accord de Brest-Litovsk, Lénine accepte le démantèlement de l’ex-Empire russe.
L‘Ukraine, sous protectorat austro-allemand, est de nouveau confrontée aux exactions commises et au retour des Allemands et des propriétaires terriens.
Septembre 1918 voit donc la naissance de la fameuse « Makhnovchtchina » (en vidéo la chanson écrite par Etienne Roda-Gil en 1961 et interprétée par Les Béruriers noirs) et de ses drapeaux noirs. En moins de 3 mois, les makhnovistes libèrent une importante partie de l’Ukraine orientale.
La réaction ne tarde pas à se réorganiser et le Général Dénékine compose une nouvelle armée que l’on appellera « les blancs » en opposition à l’armée rouge de Trotsky. Makhno est pris entre le marteau et l’enclume, il se soulève contre les blancs mais les rouges se méfient des anarchistes et ne tardent pas à les laisser tomber.

Makhno mène la lutte jusqu’en 1919, contre les forces blanches et les troupes d’occupation allemandes et autrichiennes. Puis, les makhnovistes, déclarés hors-la-loi par les bolcheviques, prennent les armes contre les rouges . En août 1920, Makhno est blessé lors d’un combat contre l’armée bolchevique. Craignant pour sa vie, le Conseil décide de lui faire quitter l’Ukraine. On le retrouve à Paris où il reprend ses activités sous une forme plus théorique.
Dans ses mémoires, « mes compagnons de Brest et d’ailleurs », préfacées par Léo Ferré, René Lochu dit avoir rencontré Makhno à Brest (Finistère) en 1927. Contre la tyrannie des possédants, contre la dictature – fusse t-elle du prolétariat – contre le fascisme, contre le stalinisme, le Franquisme…Les anarchistes n’ont jamais hésité à se mobiliser.
Peut-être un jour comprendra t-on que, quelle que soit la langue employée, Anarchisme, ça veut pas forcément dire « bordel ».
En attendant, des petits blogueurs sur leur petit clavier continuent d’entretenir la mémoire.
Allez, je vous remercie d’être passé par ici, vous savez que vous pouvez revenir quand ça vous chante, c’est ouvert tous les jours. Vous avez même la possibilité de voter pour ce blogue (colonne de droite en bas). Portez vous bien et à demain peut-être.

*je parle des langoustines bien entendu.

ET MAINTENANT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la comédie d’el arte et du poisson pané réunis, bonjour !

Devant le niveau affligeant des débats qui entourent la question de la réforme des retraites, j’ai décidé d’apporter ma pierre en y intégrant une réflexion digne des émissions d’Arlette Chabot et/ou d’Yves Calvi, voire de l’hémicycle sénatorial:


Conscient que cela fera avancer le débat, je vous invite à faire tourner cette essentielle participation sur vos réseaux sociaux.

Maintenant que les médias nous ont rebattu les oreilles avec les difficultés de tous ces bons français qui s’inquiètent de ne pouvoir trouver suffisamment de gasoil pour rejoindre la tante Ginette dans la Creuse, le temps des vacances de Toussaint; on va voir ce qu’on va voir !
Quelle que soit l’issue de ce bras de fer, il va laisser des traces, frustration, ressentiment, amertume de 70% de la population résolument opposée à cette réforme. Celle-ci va être définitivement adoptée, Sarko va présider le G20 puis nous annoncer son nouveau gouvernement. Je vous parie ma chemise que sa feuille de route sera étonnament « sociale ». Il ne faut pas désespérer Billancourt et, Neuilly n’a jamais fait une majorité.

Je dois à mon tour être en rupture de carburant car, je frise la panne sèche. Je vais donc faire très court pour ce jour d’hui en vous remerciant de votre visite et non sans vous avoir dit, à demain peut-être.

PLUS JAMAIS CA, poil aux bras…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la philosophie transcendantale et du waterzoï de poulet réunis, bonjour !

Le 24 octobre correspond au troisième jour de brumaire qui fut dédié à la poire, ce qui m’amène par un étrange cheminement intellectuel dont l’explication serait trop longue et, autant le dire, par trop fastidieuse pour s’intégrer dans ce billet, à vous parler de Rosa Louise McCauley Parks. (ici à droite en compagnie de Martin Luther King)

Rosa Parks devient célèbre lorsque, le 1er décembre 1955 dans la ville de Montgomery, elle refuse d’obéir au conducteur de bus James Blake qui lui demande de laisser sa place à un blanc et d’aller s’asseoir au fond du bus. Il faut savoir qu’à cette époque là, les quatre premiers rangs sont réservés aux blancs. Les noirs doivent s’asseoir au fond du car. Ils peuvent néanmoins utiliser la zone centrale jusqu’à ce que des blancs en aient besoin.
Arrêtée par la police, elle se voit infliger une amende. Elle fait appel de ce jugement. Un jeune pasteur noir inconnu; Martin Luther King, lance alors une campagne de protestation et de boycott contre la compagnie de bus qui dura 381 jours. Le 13 novembre 1956, la cour suprême casse les lois ségrégationnistes dans les bus, les déclarant inconstitutionnelles.
Dans son autobiographie, Rosa se souvient de sa jeunesse: « Pour aller à l’école, les enfants Blancs prennent le bus, les autres vont à pied. Elle se souvient des fontaines publiques réservées aux Blancs…Je pensais que l’eau pour les Blancs avait meilleur goût que celle des Noirs. » (ici à gauche, une marche du KKK)
La veille du procès, 35 000 tracts sont distribués pour inviter les Noirs à ne plus emprunter les bus. Des dizaines de bus vont rester au dépôt pendant des mois. Les extrémistes Blancs du Ku Ku Klan vont animer une campagne de violence contre Luther King, tirant contre les bus et les églises fréquentés par des Noirs.
Par la suite, Rosa Parks devient une icône pour le mouvement des droits civiques. En octobre 1995 elle a participé à la « Million Man March » qui rassembla plus d’un million de Noirs à Washington. A la fin de sa vie, miséreuse, elle dut faire appel à son église pour l’aider à payer son loyer. Elle est décédée le 24 octobre 2005. La classe politique dans son ensemble lui a rendu hommage, sa dépouille est restée exposée deux jours dans la rotonde du Capitole pour un hommage public.
Elle a connu tous les honneurs possibles et imaginables, toutes les médailles, toutes les décorations…A Yaoundé, capitale du Cameroun, une avenue porte son nom. Un terminus de la ligne 7 du réseau de bus à Rennes a été créé le 31 août de cette année.(a droite, le bus aujourd’hui au musée de Dearborn dans le Michigan) Le révérend Jesse Jackson à dit d’elle: « Elle s’est assise pour que nous puissions nous lever. »
A la vérité, une grande dame qui méritait bien de figurer dans notre galerie de portraits.

Bon allez, si j’ai pas un Award après ça, c’est à désespérer. En attendant les résultats, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

L’ANTI-JUSTINE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la théorie des probabilités discrètes et du chinchard en papillote réunis, bonjour !

Comme le disait mon aïeule, adepte de la ceinture Gibaud: A la saint Séverin, chauffe tes reins. Nous sommes le 23 octobre c’est à dire le deuxième jour de brumaire qui est, qui l’eut cru, dédié au céleri.

A propos des Golden Blog Awards, ça buzz sur le Net. Tous les blogs qui avaient l’outrecuidance de se mêler de ce qui les regarde se sont fait éjecter sans autre forme de procès. J’ai pour ma part adresser un mail aux organisateurs pour m’étonner de leur décision mais force est de constater que non seulement ils ne sont guère fréquentables mais au demeurant, ce sont des malotrus qui n’ont pas daigné répondre à mes demandes d’explications. Dans son excellent billet de son excellent blogue, Madame Dansmacuizine, nous explique que cela tient au fait que des vilains extrémistes, xénophobes et tout et tout se seraient inscrits. Qu’à cela ne tienne, si les organisateurs ne sont pas capables de séparer le bon grain de l’ivraie, je ne vois pas ce qui les autorise ni les légitime pour décerner un quelconque award…
Il est vrai que « seulement » 8000 internautes ont eu la bonne idée de visiter « les cénobites tranquilles », cela ne doit pas peser lourd comparé au blog de Madame Michu et de son dernier gilet d’hiver en polyglute de molygraillon…

Aujourd’hui nous célébrons (ou pas) le jour anniversaire de la naissance de Nicolas Edme Restif plus connu sous le nom de Restif de la Bretonne, encore un mal-élevé. Il a eu la bonne idée de naître un 23 octobre en 1734 à Sacy, près d’Auxerre. Fils de paysan aisé il va se consacrer à la typographie.
Il s’installe à Paris et va faire paraître de nombreux ouvrages dans les domaines de l’érotisme mais aussi des guides de la vie parisienne et des biographies. Cependant l’œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie « Monsieur Nicolas »
en huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797. Ce livre fleuve se
présente comme la reconstruction d’une existence et expose les tourments
de l’auteur/narrateur comme à propos de la paternité – le titre complet
est Monsieur Nicolas, ou le Cœur humain dévoilé -, mais témoigne
aussi de son temps et constitue une source très abondante de
renseignements sur la vie rurale et sur le monde des imprimeurs au
XVIIIe siècle.

Outre ses activités d’écrivain et d’éditeur, il semblerait qu’il agissait comme indicateur de la police royale ce qui a bien failli lui attirer de gros problèmes au moment de la révolution. Il va mourir dans la misère le 3 février 1806 et sera inhumé au cimetière sainte Catherine.
Admirateur des idées de Rousseau,
dont il estimait du reste assez peu le talent, Restif voulut, à son
exemple, émettre des projets de réforme sociale, et montra dans ce qu’il
écrivit sur le gouvernement, sur l’éducation, sur les femmes, le
théâtre, etc., de la singularité et de la bizarrerie, mais également de
la hardiesse, de l’originalité, quelquefois de la justesse. Le Marquis de Sade
et Restif, dont les points de vue sont quasi opposés, se détestaient ;
le premier a dit du second qu’il dormait avec une presse au pied de son
lit tandis que Restif a traité Sade de « monstre », terme qu’il
affectionne particulièrement et qu’on retrouve fréquemment sous sa
plume. En revanche, il était apprécié notamment de Benjamin Constant, et de Schiller. Très critiqué par les puristes (on lui donna comme sobriquet « le Voltaire des femmes de chambre » ou « le Rousseau du ruisseau » mais Lavater l’appela « le Richardson français »), et Gérard de Nerval lui consacre une biographie dans Les Illuminés, et il fait l’objet,tardif) de l’admiration des surréalistes.
Dans « l’anti-Justine« , il débute ses propos comme ceci: « Personne n’est plus outré que moi des sales ouvrages de l’infâme de Sade... ».  Sa fécondité fut extraordinaire, et son succès très grand. À une époque
où tant d’œuvres fadement libertines remplissaient les boudoirs et les
salons, une partie du public se prit de passion pour des romans qui
portaient le cachet de la vérité et de la franchise. Allez, accordons lui une petite place dans notre galerie de portraits car aujourd’hui, à n’en pas douter, il ne serait pas nominé aux Golden Blog Awards.

Voila pour aujourd’hui, le temps d’enfiler mes bottes et c’est parti pour une cueillette miraculeuse. En attendant portez vous bien et à demain peut-être.

LES AMIS DE GEORGES…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’unité syndicale et du topinambour réunis, bonjour !

Nous voici donc enfin arrivé en brumaire et pour marquer le coup, ce matin, les premières gelées étaient au rendez-vous.


Ce 22 octobre marque aussi le jour anniversaire de la naissance du grand, très grand Georges Brassens. Les cénobites tranquilles ne pouvaient passer sous silence cet évènement majeur.
Il est né en 1921 à Sète qui autrefois se nommait Cette, ceci pour la petite histoire. En 1940, agé de 19 ans, il monte à Paris et trouve asile chez Jeanne Le Bonniec que l’on retrouvera dans ses chansons plus tard. « La jeanne » et « la cane de Jeanne« , c’est pour son mari qu’il va écrire « chanson pour l’auvergnat« . En 1943 il est envoyé en Allemagne via le STO, service du travail obligatoire. Lors d’une permission, il s’évade et trouve refuge chez Jeanne où il se cache jusqu’à la fin de la guerre. Adhérent à la fédération anarchiste, il écrira de nombreux articles pour « Le libertaire »
En 47, il rencontre celle qui sera la compagne de toute une vie, Joha Heiman, d’origine estonienne, qu’il surnommait Püppchen, la petite poupée. Bien que ne vivant pas ensemble, ils resteront amants jusqu’à la fin. C’est pour elle qu’il écrivit « La non demande en mariage« .
C‘est Patachou qui va le faire découvrir au public et en 52, c’est le premier 33t. A la fin des années soixante, le fameux duo qu’il composait avec Pierre Nicolas à la contrebasse, s’enrichit d’un jeune guitariste de talent Joël Favreau. Une de ses chansons, les Deux Oncles, (tonton Nestor, vous eûtes tort, je vous le dis tout net…) où il renvoie dos à dos les
deux camps opposés de la Seconde Guerre mondiale, lui vaut des
inimitiés. Il en fera état dans une chanson ultérieure, Mourir pour des idées, ici en vidéo.
Il va mourir en octobre 1981. Il est inhumé, presque comme dans sa chanson Supplique pour être enterré sur la plage de Sète, non pas au cimetière marin de Sète où est enterré PaulValéry, mais au cimetière du Py,
juste au-dessus de l’étang de Thau. Ce cimetière est aussi appelé « le
ramassis » car c’est le cimetière dit « des pauvres » en opposition au cimetière marin qui domine la mer.
Voici la photo culte qui immortalise la rencontre des trois monstres sacrés de la chanson française, Brel, Ferré, Brassens. C’était le 6 janvier 1969 à l’initiative du journaliste de « Rock’n Folk » François-René Christiani, la photo est de Jean-Pierre Leloir. Cela s’est passé dans un petit appartement de la rue Saint Placide à Paris.
Georges Brassens a vendu environ 20 millions d’albums de son vivant, de
1953 à 1981, ce qui constitue un record pour quelqu’un ayant commencé à
vendre de la musique dans les années 50 et dont le style était largement
(et volontairement) hors mode en 1970. Avec Moustache et d’autres de ses amis, Brassens fit néanmoins une petite incursion dans le jazz avec Elégie pour un rat de cave, créé en hommage à sa compagne.

Je crois bien que Brassens est le premier chanteur dont je me souvienne avoir entendu la voix à la TSF, il ne m’a jamais quitté depuis. Je vais trouver une place tout en haut de ma galerie de portraits. La liste serait trop longue de tous ceux qui ont repris les chansons de Brassens de Paco Ibanez à Renaud en passant par Maxime le Forestier.

Bon et bien voila, les gelées sont là, la Toussaint n’est plus très loin, les trompettes de la mort ne vont pas tarder à montrer le bout de leur nez…En attendant la dégustation, portez vous bien et à demain peut-être.