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UNE PARISIENNE A LHASSA…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis
des contrées exotiques et du lama Delon réunis, bonjour !


Pour
fêter dignement le premier anniversaire des « cénobites
tranquilles », je vous propose d’accrocher à notre galerie de
portraits une grande dame disparue un 8 septembre en 1969 à l’âge
canonique de 101 ans.


Louise
Eugénie Alexandrine Marie David
, plus connue sous son nom de plume:
Alexandra David-Néel.

De
nationalité Française et Belge, c’est une orientaliste,
tibétologue, chanteuse d’opéra, journaliste, écrivaine,
exploratrice et j’en passe sûrement. Elle fut en 1924, la première
européenne à séjourner à Lhassa au Tibet.

(Ici, en 1886 lors de sa présentation au roi des Belges.)

L’orthodoxie
voudrait que l’on prononçât Né-el et non Nil mais la
mode anglo-saxonne à produit son effet.

Son
père était instituteur, militant républicain lors de la révolution
de 1848 et grand ami du géographe anarchiste Elisée Reclus. C’est
celui-ci qui l’amène à s’intéresser aux idées anarchistes de
l’époque (Stirner, Bakounine) et aux féministes qui lui inspirèrent
la publication de « Pour la vie ». Adolescente, elle
s’enfuit de Ostende pour gagner l’Angleterre. Elle devint première
chanteuse à l’opéra de Hanoï. Elle abandonne sa carrière de
chanteuse en 1902. C’est en 1904, à Tunis, qu’elle épouse Philippe
Néel. Vie de couple qui se termina définitivement en 1911 lors de
son départ pour son troisième voyage en Inde. C’est en 1914 qu’elle
rencontre Aphur Yongden, agé de 15 ans et dont elle fera plus tard
son fils adoptif. A Lachen, elle va vivre auprès d’un des plus
grands Gomchens (ermite) de l’époque et recevoir son enseignement.

C‘est
un long périple à travers la Corée, Pékin, le Gobi, la Mongolie
qui va l’emmener elle et Aphur déguisés en mendiante et moine
jusqu’à Lhassa, nous sommes en 1924.(Photo de droite.)

Puis,
Alexandra va rentrer en France où elle s’installe sur les hauteurs
de Toulon. Elle va y écrire plusieurs livres relatant ses voyages.
En 1937, âgée de 69 ans elle décide de repartir pour la Chine avec
Aphur Yongden via Bruxelles, Moscou et le transsibérien. Elle se
retrouve en pleine guerre sino-japonaise et assiste aux horreurs de
ce conflit. Fuyant les combats elle erre en Chine et finit par se
retrouver en 1946 en Inde. Elle perdra son compagnon de voyage en
1955 et, à cent ans et demi, elle demande le renouvellement de son
passeport au Préfet des Basses-Alpes. Elle s’éteindra quelques mois
plus tard. Ses cendres ont été transportées à Vârânasî en 1973
pour être dispersées avec celles de son fils adoptif dans le Gange.

A lire: Pour la vie. 1898 aux éd. Les nuits rouges

Le féminisme rationnel. 1909 même éditeur

Les enseignements secrets des bouddhistes tibétains. 1951 ed. Pygmalion

Et bien d’autres choses encore. Une sacrée grande bonne femme qui méritait bien de rejoindre nos héros dans cette galerie de portraits.

Voila pour ce mercredi, je vais chercher le « canard enchainé », ma baguette de pain, mon tabac et je repars pour 365 nouveaux billets. En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.