MEMOIRES D’UN BAS-BRETON…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la bretonitude et du kig
sal aux lentilles réunis, bonjour !


Voici l’histoire d’un drôle de
paroissien qui nous a laissé des textes époustouflants sur la
condition paysanne de ce 19ème siècle. Lorsque j’ai lu « mémoires
d’un paysan bas-breton
» publié aux éditions an here il y
a une dizaine d’années, j’ai d’abord cru à une imposture tant la
force du texte était présente. Il est mort un 29 août en 1905 ce
qui lui vaut de rejoindre notre galerie de portraits.

Jean-Marie Déguignet, né le 19
juillet 1834 à Guengat, est issu d’une famille de condition très
modeste. Son père était fermier à sa naissance, mais au bord de la
ruine, il perdit son bail deux mois plus tard. Il dut louer un vieux
taudis rue Vily à Quimper. Deux ans après, il emménagea avec sa
famille dans un penn-ty au village de Guelenec à Ergué-Gabéric où
il vendit ses services chez des fermiers pour huit à douze sous par
jour.

Sa famille subit de plein fouet
la misère engendrée par l’épidémie de mildiou des années 1845 et
46 – celle qui provoqua l’émigration des Irlandais.
Il devint
donc mendiant. Après cette crise, il parvint à se faire engager
dans plusieurs fermes comme vacher, notamment à la ferme-école
d’agriculture de Kermahonnet en Kerfeunteun. Récupérant des
feuilles oubliées par des élèves, il apprend à écrire et lire le
français par lui-même.

En 1854, il s’engagea dans
l’armée de Napoléon III. Il y restera 14 ans. Il participa à la
Guerre de Crimée, à la campagne d’Italie, à la soumission de la
Kabylie en Algérie, ainsi qu’à l’expédition du Mexique. Lors de
ces campagnes il apprit l’italien et l’espagnol, aidé en cela par
ses connaissances en latin apprises au catéchisme. Il servit
successivement dans le 37e, le 26e, le 63e et le 7e régiment
d’infanterie de ligne.

Revenu en Bretagne, il se maria
et devint fermier à Ergué-Armel pendant 15 ans. Il sera ensuite
tenancier d’un débit de boisson, puis agent d’assurances. Sa femme
mourut alors dans un delirium tremens, et il abandonna ce
commerce.

Il obtint ensuite une licence
pour être débitant de tabac à Pluguffan. Mais en butte à
l’opposition du curé qui incitait depuis sa chaire au boycott de son
commerce, car Déguignet était ouvertement anticlérical, il dut
quitter la commune au bout de quelques années.

Retombé dans la misère, il
passera ses dernières années à Quimper où il fréquentait la
bibliothèque municipale pour y lire les journaux républicains. Il
rédigea même sa vie par deux fois, car il en avait vendu le premier
manuscrit à Anatole Le Braz et cru que ce dernier avait voulu faire
disparaître son témoignage.

Il fut retrouvé mort à la porte
de l’hospice de Quimper, le matin du 29 août 1905.

Si l’occasion vous en est donnée,
jetez vous sur un de ses textes, vous ne regretterez pas le voyage.Vous pouvez aussi voir le site grandterrier.net

Allez, bonne lecture, portez vous bien et à demain peut-être.


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