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LES AMANTS DU BAGNE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la liberté de la presse et du poivre de Cayenne réunis, bonjour !

La semaine dernière, ARTE a eu la bonne idée de diffuser le téléfilm de Thierry Binisti, Les amants du bagne avec Antoine de Caunes dans le rôle de Albert Londres.
Mais cette histoire est surtout celle de Paul Roussenq, mort un 3 aoùt 1949 à Bayonne. Il était né  en 1855 à st Gilles du Gard de parents ouvriers agricoles. C’est à travers la lecture d’Elisée Reclus qu’il deviendra sensible aux thèses anarchistes. Routard dès 16 ans, il est arrêté et condamné à trois mois de prison pour vagabondage. En appel, le 5 mars 1903, il jette un croûton de pain à la tête du procureur ce qui lui vaut d’être envoyé 5 ans à Biribi dans les bataillons disciplinaires d’Afrique.
En 1908, le tribunal militaire le condamne à 20 ans de travaux forcés. Il arrive à Cayenne en Janvier 1909. Alors que tout est fait pour le briser, sa révolte reste entière…Il va faire 3779 jours de cachot.
Après une campagne de presse et notamment la publication des articles d’Albert Londres sur le bagne, Roussenq est enfin libéré. Il va donner des conférences et voyager. Fiché comme suspect pendant la guerre, il est interné au camp de Sisteron. Il va en profiter pour écrire ses mémoires l’enfer du bagne. Il mettra fin à ses jours en se jetant dans l’Adour à Bayonne.
Le téléfilm met davantage l’accent sur l’engagement d’Albert Londres qui était journaliste au Petit Parisien et les questions relatives à la liberté de la presse que sur le sort réservé aux anarchistes. Ah c’est sûr…Ce n’est pas l’affaire Seznec !

Y aura-t-il dans notre paysage journalistique actuel un Albert Londres pour dénoncer les dérives outrancières de notre tsar Nicolas 1er ? Ce dernier a décidé une fois pour toutes de doubler le Front National sur sa droite. Les relents Vichystes de ces derniers jours me donnent envie de gerber. L’ambiance est très « années trente » et me rappelle cette réflexion: Quand ils ont arrêté les juifs, je n’ai rien dit, je ne me sentais pas concerné. Quand ils ont arrêté les Francs-maçons, je n’ai rien dit ne me sentant pas concerné. Quand ils ont arrêté les homosexuels, je n’ai rien dit…Quand ils sont venus m’arrêter, il n’y avait plus personne pour s’indigner.

Allez, je vais encore me faire des copains, je devrais peut-être me limiter au jardinage et au bricolage qui sont, c’est bien connu, les deux mamelles du retraité paisible. Gardez le moral, portez vous bien et à demain peut-être.