Le 18 juillet 1968, en  Avignon, alors que le XXIIème Festival de Théâtre vient à peine de commencer, celui-ci est cette année contesté par de jeunes révoltés qui lui reprochent de n’être qu’un supermarché de la culture au service de la classe bourgeoise. Le jour même, le préfet de    police du Gard interdit sous prétexte qu’elle pourrait « troubler gravement l’ordre public »  une pièce de théâtre : « La Paillasse aux seins nus » qui devait être jouée dans une petite salle de Villeneuve-Lès-Avignon.   Sitôt connue, cette interdiction arbitraire suscite l’indignation et va donner lieu dans la soirée à une manifestation pacifique de protestation à laquelle prend part « l’enragé » Jean-Jacques LEBEL. Le rassemblement est aussitôt chargé par des CRS qui procèdent à plusieurs interpellations. La troupe du « Living Theatre » conduite par Julian Beck et Judith Malina marque aussitôt sa solidarité avec la compagnie censurée et avec les personnes arrêtées en refusant de jouer (comble de l’ironie) leur pièce « Antigone ».

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la nostalgie et de la chasse aux dahuts réunies, bonjour !

Le 18 juillet 1968, en  Avignon, alors que le XXIIème Festival de Théâtre vient à peine de commencer, celui-ci est cette année contesté par de jeunes révoltés qui lui reprochent de n’être qu’un supermarché de la culture au service de la classe bourgeoise. Le jour même, le préfet de    police du Gard interdit sous prétexte qu’elle pourrait « troubler gravement l’ordre public »  une pièce de théâtre : « La Paillasse aux seins nus » qui devait être jouée dans une petite salle de Villeneuve-Lès-Avignon.   Sitôt connue, cette interdiction arbitraire suscite l’indignation et va donner lieu dans la soirée à une manifestation pacifique de protestation à laquelle prend part « l’enragé » Jean-Jacques LEBEL. Le rassemblement est aussitôt chargé par des CRS qui procèdent à plusieurs interpellations. La troupe du « Living Theatre » conduite par Julian Beck et Judith Malina marque aussitôt sa solidarité avec la compagnie censurée et avec les personnes arrêtées en refusant de jouer (comble de l’ironie) leur pièce « Antigone ».

Le 20 juillet , en Avignon, après les évènements qui ont précédé, un nouveau rassemblement de protestation contre la censure a lieu. Il est  dispersé par les CRS qui procèdent à de nouvelles arrestations. Mais alors que la presse locale répand ses diatribes haineuses et racistes contre la troupe du « Living Theatre »   des nervis fascisants (recrutés parmi les sportifs de la ville par le maire et les politiciens de gauche comme de droite) attaquent dans la nuit le lycée où sont hébergés les comédiens du Living, et frappent à coup de barres le directeur d’un théâtre de New-York. Ils rosseront et tondront, sur leur passage, un jeune dont le seul  tort était d’avoir les cheveux longs.

Le 27 juillet 1968, en Avignon, pour faire taire toute contestation du Festival, et alors que les manifestations et rassemblements sont désormais interdits  dans les rues de la ville, Julian Beck responsable de la troupe du « Living Theatre » se voit à son tour notifié l’interdiction, par arrêté municipal,   de jouer la pièce « Paradise Now »  et de donner des spectacles gratuitement dans la rue.

C‘était une époque épique où l’on portait haut les couleurs de l’Utopie mais, comme le disait Henri Laborit: »


Ce n’est pas l’Utopie qui est dangereuse, car elle est indispensable à l’évolution. C’est le dogmatisme, que certains utilisent pour maintenir leur pouvoir, leurs prérogatives et leur dominance. » Sur ce, je vous laisse à vos méditations, portez vous bien et à demain peut-être.

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