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KARRIG AN ANKOU…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’écologie et du point de croix réunis, bonjour !


Nous voici le 18 juin, mais rassurez vous, je ne vais pas en remettre une couche sur l’appel du grand Charles. En vérité, c’est le dernier jour de Prairial consacré au chariot (avec un seul « r ») cela fait partie des mystères de la langue française… D’ailleurs, le Conseil Supérieur de la langue française, recommande l’orthographe charriot avec deux « r ». En effet, pourquoi en mettre deux à carrosse, charrue, charrette, carriole et un seul à chariot ?  D’ailleurs en Breton, on en met deux à Karrig.

Mon aïeule, dont je vous ai si souvent parlé, avait le don inné de la pédagogie active. C’est toujours tard le soir, lorsqu’il faisait bien noir, que l’orage grondait et que la faible lueur de la lampe Pigeon annonçait sa fin prochaine (de la lampe, pas de l’aïeule), qu’elle décidait de nous parler du chariot de la mort… Karrig an Ankou, c’est le nom que lui ont donné les Bretons. Un squelette des plus affriolants conduit une carriole dont l’essieu grince gravement. Lorsque vous l’entendez c’est qu’un proche va mourir.

Il est vrai qu’à cette époque là, on craignait davantage les manifestations surnaturelles que celles de la nature. L’urbanisation outrancière n’avait pas encore jeté les rivières hors de leurs lits et le bétonnage excessif et les constructions en zone inondables n’avaient pas encore produit les catastrophes que nous connaissons aujourd’hui. Après la Vendée et le drame de l’Aiguillon sur mer, c’est au tour du Sud-Est de payer son écot à la cupidité des promoteurs et à leurs alliés objectifs, ceux qui signent les permis de construire.

Mais voilà, nos contemporains ont les esgourdes ensablées et surtout, rebattues par le vrombissement des Vuvuzelas et ils n’ont pas entendu assez tôt le crissement alarmant de la charrette de l’Ankou.

Aujourd’hui, c’est le jour anniversaire de la disparition de René Dumont (18 juin 2001), lui qui fut parmi les premiers à prêcher dans le désert et qui fut aussi le premier candidat écologiste à une élection présidentielle (1974) dénonçait déjà à cette époque là, les dangers de l’urbanisation à outrance et de l’agriculture productiviste. Cet altermondialiste avant l’heure publiait dès 1973 « L’utopie ou la mort«   au Seuil, livre dans lequel il nous mettait en garde… Selon Dumont, les hommes ont trop voulu dominer la nature au lieu de chercher à s’associer à elle! Son livre, énonce les principaux travers du capitalisme « triomphant »:
Les firmes multinationales ( en diversifiant leurs activités ) et les conglomérats qui détiennent une part croissante des pouvoirs économiques…Tous ceux qui « font la pluie et le beau temps » (au propre comme au figuré) sur la planète, sans se soucier des personnes et de l’éthique! Dumont dénonce ces minorités de privilégiés qui détiennent le pouvoir tant dans les pays riches que dans les pays pauvres; ceux là dont le premier souci n’est pas le sous-emploi et la pauvreté mais leur maintien au pouvoir par tous les moyens!

Et bien voilà pour cette petite réflexion sur l’état du monde. Allez, le bonjour vous va, portez vous bien et à demain peut-être.