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SUN RA…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Depuis sa naissance, le jazz a toujours produit des personnalités dont la richesse, l’originalité, l’excentricité, le génie parfois, ne cessent d’étonner.

SUN RA fait partie de celles là tant sa production (plus de 200 albums enregistrés) nous laisse quelquefois sans voix.

De la naissance de Sun Ra, on ne sait pas grand chose : on ne connaît d’ailleurs pas son vrai nom, Sonny Blount ? Hermann Sonny Blount ? Nul n’en est sûr… Hormis qu’il vit le jour dans le sud profond en Alabama, durant l’année 1914, un 22 mai. Il déclare cependant n’être sur terre que par accident, sa planète d’origine étant Saturne ! Il fera pourtant ses premiers pas dans une carrière de musicien de jazz des plus classiques dans les années 50, où il joue dans divers big bands. Il y pratiquera tous les styles de musiques noires à la mode de l’époque (blues, boogie-woogie, swing, rhythm and blues, doowop). . Parallèlement, il crée son propre label : Saturn, créant le concept de musicien indépendant avant l’heure.
L’ Arkestra connaîtra de nombreux avatars (le « Solar Arkestra », le « Myth Science Arkestra », le « 21st Century Echoes Arkestra », l’Intergalactic Reasearch Arkestra, l’Astro Infinity Arkestra…) mais les membres sont quasiment indéboulonnables ; surtout le saxophoniste John Gilmore. L’œuvre de Sun Ra est protéiforme. Il aimait à mélanger science-fiction, reprises (remixes ?) d’œuvres populaires du jazz noir américain, ambiances exotiques étranges, séances de vaudou sonores. La présentation scénique était déjà très importante. J’ai eu la chance d’assister à un de ses concerts, c’était à Nantes, en 1970 je crois. Je dois dire que dans la salle flottait une étrange odeur qui n’avait rien à voir avec le tabac gris que je fumais à l’époque…
Sun Ra considérait son utilisation de l’électronique comme « accidentelle » (comme beaucoup de choses dans son existence). Il pensait sa musique comme naturelle, utilisant les outils de son temps. C’est ainsi qu’il fut l’un des tout premiers musiciens de jazz à user d’instruments électroniques. Pianiste de formation, il aura tendance à essayer tous les appareils se rapprochant de près ou de loin à un piano. C’est donc en toute logique qu’il tentera l’expérience des premiers synthétiseurs.
Son exemple d’indépendance fut largement suivi par la suite dans le monde de la musique électronique. Sun Ra croyait beaucoup à l’existence de fantômes vivant parmi nous comme les autres êtres humains (il avait entendu dire que la mort aurait été bannie de notre planète il y a 3000 ans, les humains vivant autour de nous seraient donc des réincarnations, voire des fantômes). Au vu du nombre de musiciens actuels se disant fortement marqués, voir hantés par son œuvre, il avait sûrement raison

Là, j’ai essayé de photographier la pochette  de son 33t « Space is the place » de 1972 (bof). Ce disque fait partie d’une caisse de vinyls que je dois encore numériser grâce à un outil spécialement conçu à cet usage et que m’a offert mon fiston.

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Bon allez, et si on s’arrêtait là pour ce samedi matin. Il fait beau, le soleil est revenu, les lauriers sont fleuris, tous les oiseaux du monde viennent y faire leur nid… Je devrait peut-être arrêter d’écouter Sun Ra moi ! Portez vous bien et à demain peut-être.