RABELAIS.Cela faisait déjà un moment que le clavier me démangeait et que je souhaitais vous en parler. Je profite que le 9 avril soit le jour anniversaire de sa disparition pour le faire. Auteur savoureux, il évoque la bonne chère, la bombance, la démesure mais aussi, un attachement absolu à la liberté individuelle. Sans ses puissants mécènes et protecteurs il aurait sans doute fini sur les bûchers de l’inquisition, pour preuve ses ouvrages interdit et brulés par La Sorbonne. Je veux parler de RABELAIS. Il y a des mots qui ont ce pouvoir d’évoquer chez le lecteur la joie et le bonheur. C’est le cas des Grandgousier, Pantagruel et autre Gargantua; de la guerre quand elle est Picrocholine, des moines quand ils sont de Thélème…Au prochain coup de blues, à la prochaine petite déprime qui pointe le bout de son nez, laissez tomber les antidépresseurs et (re) lisez quelques pages au hasard dans l’œuvre de Rabelais lui qui croyait fermement que la liberté totale ne conduit pas au chaos mais à l’harmonie. En ce tout début de XVI° siècle, nous avons encore un pied dans le moyen age et pourtant, Rabelais nous invite déjà à la Renaissance et à l’instar de Thomas More et de son Utopia, essaie de nous décrire la société idéale.Le 9 avril 1553, mort de François RABELAIS, à Paris. Né vers 1494 à Chinon, à la métairie de la Devinière. Moine, médecin, écrivain, il fut tout cela à la fois. Revendiqué comme un précurseur de l’anarchisme après sa description d’une abbaye imaginaire (Thélème), fonctionnant sur des principes libertaires. En 1520, moine à Fontenay le Comte, il se passionne pour l’étude du grec, puis voyage et se fixe à l’Université de Montpellier où il fait des études de médecine. En 1532, il publie « Les horribles et épouvantables faits et prouesses du très renommé Pantagruel ». En 1534, il accompagne l’évêque Jean du Bellay (son protecteur qui deviendra cardinal) à Rome. A son retour, est édité « La vie inestimable du grand Gargantua, père de Pantagruel ». Nommé docteur à Montpellier en 1537, « Le tiers livre » paraît, mais la Sorbonne condamne l’ensemble de son l’oeuvre. Il voyage alors à nouveau en Italie, et c’est à Lyon qu’il publie le « Quart livre » (1548). Son « Cinquième Livre » ne sortira qu’après sa mort, en 1564.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

RABELAIS.

Cela faisait déjà un moment que le clavier me démangeait et que je souhaitais vous en parler. Je profite que le 9 avril soit le jour anniversaire de sa disparition pour le faire. Auteur savoureux, il évoque la bonne chère, la bombance, la démesure mais aussi, un attachement absolu à la liberté individuelle. Sans ses puissants mécènes et protecteurs il aurait sans doute fini sur les bûchers de l’inquisition, pour preuve ses ouvrages interdit et brulés par La Sorbonne. Je veux parler de RABELAIS. Il y a des mots qui ont ce pouvoir d’évoquer chez le lecteur la joie et le bonheur. C’est le cas des Grandgousier, Pantagruel et autre Gargantua; de la guerre quand elle est Picrocholine, des moines quand ils sont de Thélème…Au prochain coup de blues, à la prochaine petite déprime qui pointe le bout de son nez, laissez tomber les antidépresseurs et (re) lisez quelques pages au hasard dans l’œuvre de Rabelais lui qui croyait fermement que la liberté totale ne conduit pas au chaos mais à l’harmonie. En ce tout début de XVI° siècle, nous avons encore un pied dans le moyen age et pourtant, Rabelais nous invite déjà à la Renaissance et à l’instar de Thomas More et de son Utopia, essaie de nous décrire la société idéale.

Le 9 avril 1553, mort de François RABELAIS, à Paris. Né vers 1494 à Chinon, à la métairie de la Devinière.
Moine, médecin, écrivain, il fut tout cela à la fois.
Revendiqué comme un précurseur de l’anarchisme après sa description d’une abbaye imaginaire (Thélème), fonctionnant sur des principes libertaires. En 1520, moine à Fontenay le Comte, il se passionne pour l’étude du grec, puis voyage et se fixe à l’Université de Montpellier où il fait des études de médecine. En 1532, il publie « Les horribles et épouvantables faits et prouesses du très renommé Pantagruel ». En 1534, il accompagne l’évêque Jean du Bellay (son protecteur qui deviendra cardinal) à Rome. A son retour, est édité « La vie inestimable du grand Gargantua, père de Pantagruel ». Nommé docteur à Montpellier en 1537, « Le tiers livre » paraît, mais la Sorbonne condamne l’ensemble de son l’oeuvre. Il voyage alors à nouveau en Italie, et c’est à Lyon qu’il publie le « Quart livre » (1548). Son « Cinquième Livre » ne sortira qu’après sa mort, en 1564.

Rabelais réalise la transition entre deux époques : s’il est encore un homme du Moyen Âge qui aime la liesse et la farce, il est aussi un contemporain de la Renaissance, humaniste savant, médecin féru de grec et partisan du retour à la nature . À travers lui, le Moyen Âge et la Renaissance, loin de s’opposer, découlent harmonieusement l’un de l’autre. On lui doit entre autres la fameuse citation: « science sans conscience n’est que ruine de l’âme… » mais, celle que je préfère c’est celle-ci, tirée de Gargantua: « Vous convient être sages, pour fleurer sentir et estimer ces beaux livres de haute graisse, légers au pourchas et hardis à la rencontre. Puis, par curieuse leçon et méditation fréquente,
rompre l’os et sucer la substantifique moelle. »
Ca vous met en appétit non?

Une autre description des plus réjouissantes me plait tout autant: « Toute leur vie était régie non par des lois, des statuts ou des règles, mais selon leur volonté et leur libre arbitre. Sortaient du lit quand bon leur semblaient, buvaient, mangeaient, travaillaient, dormaient quand le désir leur en venait. Nul ne les éveillait, nul ne les obligeait à boire ni à manger, ni à faire quoi que ce soit. Ainsi en avait décidé Gargantua. Et leur règlement se limitait à cette clause : FAIS CE QUE TU VOUDRAS. »

Ah, les moines de l’abbaye de Thélème, ils me font penser à ceux de Saint Bernardin « qui se levaient tard et se couchaient matin pour aller à Matines vider les p’tits flacons… » Vieille chanson de carabins que l’on trouve encore sur quelques 78 tours dans la collection « aux plaisirs des Dieux ». Allez, merci de cette visite et surtout, portez vous bien, repassez quand vous voulez et à demain peut-être. Je vous laisse à présent car j’ai un rendez vous avec une truite de 35cm, il ne s’agit pas de le rater.

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