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L’EMBROUILLEUR…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Si votre téléphone semble perdre le nord d’un seul coup, si vous n’avez plus de réseau, si il n’y a plus d’abonné au numéro que vous demandez, si tout s’arrête brutalement…Regardez bien autour de vous et essayez de repérer le papy brouilleur d’ondes.

Je suis persuadé que l’histoire l’aurait beaucoup fait rire; l’homme du jour c’est Boby LAPOINTE.

« Élevé par mes parents. Études au collège. Fort en maths. », comme il le raconte lui-même dans ses mémoires, son côté fantasque et farceur se révèle très tôt. Dès son adolescence, avec quelques camarades de jeu, il prend plaisir à narguer le bourgeois et à ridiculiser la société bien-pensante et le clergé.

Cependant, son rêve est de voler : il ambitionne de devenir pilote d’essai, et se montre bon en sciences (notamment en mathématiques) à l’école tout en se révélant casse-cou avec des engins (plus ou moins) volants qu’il conçoit, réalise et essaie, sans se soucier des fractures qu’il accumule ni des hospitalisations subséquentes.

Après avoir obtenu son baccalauréat, il commence à préparer le concours d’entrée à deux grandes écoles françaises : l’École centrale et Supaéro pour assouvir sa passion de l’aviation et des maths. Son génie technique le conduit aussi à inventer dans cette même décennie un système d’embrayage automatique pour automobile qu’il présente aux principaux constructeurs, mais ceux-ci estiment cette invention sans avenir. Louis Leprince-Ringuet, à qui Boby Lapointe présenta un traité de mathématiques, fut impressionné par sa rigueur de raisonnement et lui confia qu’il aurait pu se lancer dans la recherche. Il créa par la suite un mode de calcul basé sur le binaire, appelé la numération Bibi.

Puis c’est la guerre, il a 20 ans, il est envoyé en Autriche au titre du STO, il s’évade et rejoint sa région natale. Une anecdote veut qu’il ait utilisé le pseudonyme de Robert Foulcan pendant son périple qui le voit revenir à La Ciotat comme scaphandrier.

Il fait ses grands débuts au « Cheval d’or » célèbre cabaret parisien dans lequel il croisera Brassens, Anne Sylvestre ou Raymond Devos.

A partir de 1960, il se produit « aux trois baudets » et c’est le début du succès. Souvenez vous de: Ta Katie t’as quitté – La maman des poissons – Marcelle – Framboise… Plus tard on le retrouvera au cinéma dans « Max et les ferrailleurs » ou « Les choses de la vie ». Enfin, il repart en tournée pour promouvoir son dernier album, le fameux « comprend qui peut ». Vous voyez la pochette, pull marin et le nez dans les pâquerettes…Un portrait naïf que l’on doit au peintre Maurice Green. Sa dernière apparition en public se fera en première partie d’un concert de Pierre Perret à Bobino.

Boby Lapointe est décédé au mois de juin 1972 à Pézenas. (c’est moins loin que Caracas…)

Allez, ça sent la fin de semaine, dimanche c’est la « Tro bro Léon » le Paris-Roubaix Breton, il va y avoir du monde dans les ribinous (petits chemins) du coin, l’aber Benoist est en émoi ! En attendant le podium, portez vous bien et à demain peut-être.