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MADAME DE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Bonjour à tous, dimanche matin 4 avril, on dirait que ça s’est calmé un peu côté météo; on en a peut-être fini avec les perurbations des équinoxes.

Il semblerait que ma galerie de portraits ne soit pas très respectueuse de la parité qui, désormais, s’impose à nous. Je profite donc du fait qu’elle soit née un 4 avril pour vous parler un peu d’elle. Elle ? Oui elle, LOUISE LEVEQUE DE VILMORIN. Elle naît dans une célèbre famille de grainetier remontant au XVIIIème siècle.

Sa sœur aînée deviendra une célèbre journaliste culinaire sous le nom de Mapie de Toulouse-Lautrec.

Louise de Vilmorin publie son premier roman, Sainte-Unefois en 1934. Ce succès immédiat et mérité la fait reconnaître du Tout-Paris, et elle enchaîne immédiatement les succès littéraires. Rappelez vous de « Madame de… »

Louise de Vilmorin publie aussi plusieurs recueils de poèmes, imprégnés de fantaisie et de féerie, dont : Le Sable du Sablier, l’Alphabet des aveux. Sa fantaisie se manifeste dans les figures de style dont elle est friande, holorimes (mot qu’elle orthographie « olorime ») dont voici un exemple que l’on attribue souvent à Victor Hugo mais que l’on doit en réalité à Marc Monnier:

Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,

Gall, amant de la reine, à la Tour Magne à Nîmes :

Ma seule Étoile est morte, – et mon luth constellé

Galamment, de l’arène, alla – tour magnanime

Bon, on aime ou pas…

Elle est aussi l’instigatrice du célèbre « Pot au feu » cher au Paris mondain, soirées dominicales au cours desquelles elle réunissait ses amis au « Salon bleu » de son château de Verrières-le-Buisson. S’y retrouvaient régulièrement Alain Cuny, Pierre Bergé, René Clair, Max Ophuls, Anaïs Nin, Paul Meurisse, les peintres Jean Hugo et Bernard Buffet, les danseurs Roland Petit et Zizi Jeanmaire, Léo Ferré, imaginez la brochette.

Plusieurs de ses œuvres furent adaptées au cinéma, comme Le Lit à colonnes, Amélie ou le temps d’aimer (1961) de Michel Drach avec Marie-José Nat et Jean Sorel, ou La Française et l’Amour (1960) avec Darry Cowl et Micheline Dax. Et le chef-d’oeuvre de Max Ophuls, Madame de… (1953) avec Danielle Darrieux, Charles Boyer et Vittorio de Sica.

Cette femme étonnante n’a jamais voulu se plier au conformisme de son temps. Elle a cotoyé, et quelquefois de très près, les plus grands. Elle a été fiancée à Antoine de Saint-Exupéry, puis est devenue la grande amie d’André Malraux dont elle fut un bref moment la compagne, tout en fréquentant l’éditeur Gaston Gallimard. Qu’à cela ne tienne, elle épousa un Américain avec qui elle eut trois filles, puis un Européen dont elle partagea la vie à partir de 1937 dans la région des Carpates. Plus intéressée par la conquête que par l’amour, elle ne prit pas ombrage de l’infidélité de son mari.

Elle signait d’un grand L et d’un trèfle à quatre feuilles, lui rappelant ses quatre frères, qu’elle fit graver sur le cuir d’une porte de sa maison de Verrières-Le-Buisson.Elle fut inhumée sous un cèdre du parc. André Malraux, mort fin 1976, y fut également enseveli, mais sa dépouille en fut retirée en 1996 pour être transportée au Panthéon, sur décision de Jacques Chirac (de quoi j’me mêle) alors Président de la République. Pour son indépendance d’esprit, sa liberté, elle méritait bien de figurer ici. En plus, ma fiancée est une fan et pas seulement à cause de son prénom…

Voila, elle est épatante cette petite femme là, comme disait l’immense Michel Simon dans une de ses célèbres chansons.

Allez, c’est fini pour aujourd’hui, vous pouvez éteindre votre ordinateur et reprendre une activité normale. Merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.